DU GENRE DIODON EX PARTICULIER
Ce genre se distingue par une foule de particularités intérieures et extérieures qui en font l'un des plus curieux types de la faune ichthyologique actuelle. Extérieurement il est facile à reconnaître aux aiguillons très-pointus dont son enveloppe tégumentaire est hérissée. Le corps est orbiculaire, allongé ou sphérique, suivant les espèces. La tête est grosse et obtuse ; mais le caractère le plus important réside dans les mâchoires qui , au lieu de dents , ne portent qu'une plaque divisée d'avant en arrière par une rainure très-marquée et sillonnée transversalement, qui sert d'instrument de mastication. Les plaques se détachent facilement de la mâchoire ; aussi ne sont-elles pas très-rares dans les collections de fossiles. Cependant elles paraissent être limitées aux formations récentes.
Je ne connais jusqu'ici que trois espèces fossiles de ce genre , les Diotlon tenuispinus , Erinaceus et Scillae.
J'ai pu m'assurer par la comparaison de la première de ces espèces avec les espèces vivantes, que le genre Theralichthys de Kœnig n'est autre chose qu'un Diodon de grande taille.
l. Diodon tenuispinus Âgass.
Vol. 2, Tab. 74,fig. 2-3.
Syn. Tetraodon hispidus Ut. ver. Tab. 8, fig. 3.,— Tetraodon Honckenii Itt. ver. Tab. 8, fig. 2. — De Blainv, IchUi. p. 34. — Bronn. It. N" 12 et 13.
C'est une espèce de petite taille qui n'a guère qu'un pouce de long. Son corps quelque peu informe ne ressemble pas mal dans ses contours à un gros têtard de grenouille. Ce qui le distingue de la plupart des espèces vivantes, ce sont les aiguillons très-fins et très-nombreux de son enveloppe tégumentaire. La tète est courte et tronquée en avant; la mâchoire inférieure déborde de beaucoup la supérieure f ce qui m'a permis d'y reconnaître la forme particulière de la plaque dentaire. Les nageoires sont assez développées ; la caudale en particulier ressort d'autant plus que le corps se comprime et se rétrécit d'une manière très-brusque immédiatement avant son insertion. On distingue également dans notre exemplaire, la dorsale, les pectorales et les ventrales; ces dernières sont surtout développées sur les côtés du ventre
(fig- 2).
Tau. Il , 2' Part. 35
Les premiers exemplaires que j'ai vus de cette espèce se trouvent dans la collection de M. le Docteur Hartmann à Gœppingen. Il en existe aussi plusieurs plaques au muséum de Paris. Tous proviennent de Monle-Boica et paraissent être propres à cette localité.