V. Pal.eoniscus Voltzii Agass
Yol. 1. Tab. 6. f. i. i. 3. 4.5. 6 et 7.
Je dois à M. Voltz la communication des deux plus belles plaques que j'aie vues de cette espèce, et qui sont représentées par les figures i et 2 de la table citée. Ce sont deux plaques correspondantes du même indiAàdu qui s'est détaché de manière à être visible, sur la fig. 2, par toute sa surface droite qui est en relief; surlafig. i, il* n'a laissé qu'une empreinte creuse de cette même surface, mais si nette qu'elle en présente tous les caractères. Ces exemplaires sont dans l'état de conservation le plus parfait, à l'exception de la caudale qui est brisée; ils sont conservés au Musée de Strasbourg. Au Muséum d'histoire naturelle, il y a également plusieurs beaux exemplaires de cette espèce , parmi lesquels se trouve celui qui est représenté par la fig. 3, et dont la caudale surtout est bien conservée.
Cette espèce diffère considérablement du P. Blainvillei par sa forme allongée, par ses grosses écailles et par les proportions de ses parties. La tête paraît plus grande, parce qu'elle est presque aussi large que le tronc ; elle n'égale pourtant pas le quart de la longueur totale du poisson. L'opercule est plus large et plus grand; sa surface extérieure est lisse , comme en général tous les os de la tête , sur lesquels on ne re-
marque pas les ornemens en relief qui distinguent le P. Blainvillei; sur les rayons hranchiostègues qui sont très-larges et fort gi'os , et au bord des maxillaires inférieurs seulement , on aperçoit quelques traces des lignes d'accroissement de leurs feuillets osseux. L'orbite est fort grande et occupe exactement le milieu des côtés de la tcte. Dans l'original de la fig. 2 , on voit distinctement la ceinture tboracique formée d'un scapidaire arrondi à son bord postérieur, qui a une forte impression transverse sur son milieu et qui est placé au-dessus de l'opercule; d'un humérus arqué en forme de croissant dessous l'opercule , et dont le côté antérieur est creux et considérablement dilaté: les autres os du bas ne sont pas visibles. Cette dilatation interne de la lame antérieure de l'humérus et le dérangement que l'on observe dans la position des écailles de presque tous les exemplaires , me font penser que cette espèce était non-seulement plus étroite, mais aussi plus épaisse et plus arrondie, vers le dos surtout; car, de ce côté du corps, toutes les séries d'écaillés ont glissé les unes sur les autres, de manière à se recouvrir sur plus de la moitié de leur longueur, comme cela devrait nécessairement avoir lieu si l'on comprimait sur un plan un poisson arrondi et à grosses écailles, sans que, dans sa position , il pût se dilater sur les côtés.
Les écailles du P. Voltzii sont considérablement plus grandes que celles de l'espèce précédente; elles sont surtout plus carrées (fig. 5.), c'est-à-dire que la partie des écailles qui est visible extérieurement est généralement aussi longue que haute ; la différence dans les dimensions des écailles de la région antérieure du corps où elles sont surtout grandes, et de celles du pédicule delà queue oii' elles sont beaucoup plus petites , est plus sensible dans cette espèce que dans le P. Blainvillei , parce que dans celui-ci, malgré l'élévation considérable des écailles de la partie antérieure du corps, les séries dorso-ventrales n'en paraissaient pas plus larges , et ces séries étant les plus visibles (tandis que l'on remarque à peine les bords supérieur et inférieur de chaque écaille) , il résulte de ces différences de forme , dans les écailles de chaque série, des aspects fort différens dans les deux poissons. Du reste , toutes les écailles sont parfaitement lisses ; leurs bords supérievu's et les inférieurs sont presque continus , ils dévient fort peu sur le bord postérieur des séries précédentes. Les écailles de la ligne latérale (fig. 4-) n'ont rien de remarquable dans leur forme; elles sont percpes d'un très-petit tube qui s'ouvre vers la partie moyenne de leur surface extérieure ; la série que forment ces écailles est légèrement arquée vers le dos. La fig. 6 représente quelques écailles du rétrécissement de la queue, et la fig. 7 celles de son prolongement, sur lequel elles changent de direction comme dans les autres espèces du genre.
Les dimensions des nageoires et leur position présentent aussi des différences notables : la dorsale est plus grande; placée plus avant sur le milieu du dos, ses grands
rayons antérieurs sont considérablement plus allongés que les derniers de la nageoire; le long de son bord antérieur, et en avant de ses rayons, il s'élève un nombre plus considérable de grosses plaques écailleuses, que l'on voit surtout bien dans la fig. 3 et en profil dans l'empreinte de la fig. i ; il y en a de très-petites tout le long du bord de la nageoire; les écailles qui recouvrent les rayons antérieurs sont trèslarges et beaucoup plus grandes que celles qui sont attachées sur les rayons postérieurs, et qui sont en même temps très-courtes. L'anale est plus petite que la dorsale , sa base du moins est plus étroite, et à son bord antérieur on voit quelques écailles plus grosses et très-arrondics; il y en a de très-petites et de très-pointues le long de son bord antérieur; celles qui recouvrent les rayons antérieurs sont plus grandes que celles qu'il y a sur les rayons postérieurs , mais elles ne sont pas sensiblement plus allongées. La caudale est remarquable parles grosses écailles allongées qui protègent le bord supérieur du prolongement de la queue et qui sont plus pointues que celles du P. Blainvillei; tous les rayons de la nageoire sont recouverts d'écaillés qui deviennent extrêmement petites à l'extrémité des rayons; celles qui recouvrent le lobe inférieur sont les plus grandes et aussi plus allongées; celles du lobe supérieur présentent des dimensions inverses. Sur le bord inférieur de la nageoire, il y a de petites écailles pointues, plus grandes à sa base, mais dont les premières ne sont pas aussi avancées que celles du bord supérieur du rétrécissement de la queue. Les ventrales n'occupent pas exactement le milieu de l'abdomen comme dans le P. Blainvillei; elles sont plus reculées et plus rapprochées de l'anale ; il résulte aussi de là des rapports différens vis-à-vis de la dorsale, au tiers antérieur de laquelle elles coitcspondent, tandis que dans le P. Blainvillei elles sont en avant de son bord antérieur, ou tout au moins vis-à-vis du commencement de son insertion. D'après les fragmens qu'il est resté de ces nageoires, elles étaient aussi plus grandes. Je n'ai vu aucune trace des pectorales, à l'exception de quelques rayons brisés au point de leur insertion. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'au Pont de Muse, près d'Autun, pêlemcle avec le P. Blainvillei; mais elle est plus rare.