III. Paleoniscus oknatissimus a g
Vol. 2, Tab. 10 a j fig. 5, 6, 7 et 8.
Ce poisson m'a d'abord été communiqué par M. Jameson Torrie, qui l'avait trouvé près de Burntisland en Fifesliire, dans un calcaire compact très-noir, appartenant, comme celui de Burdie-llouse, à la formation bouillère. Dans le second envoi de fossiles de Biirdie-House qui i^i'a été adressé par M. Hibbert, j'en ai trouvé deux exemplaires. 11 serait dès-lors très-intéressant de connaître exactement les rapports géologiques de ces deux localités. Dans le SvqDplément à son 3Iémoire sur Burdie- House, à page iio, M. Hibbert nous promet une description détaillée du calcaire de Burntisland.
Cette espèce se rapproche davantage du P. Robisoni que du striolatus; non seulement elle est encore plus grêle que le P. Robisoni, mais c'est avec le P. longissimus , la plus allongée du genre. Les trois exemplaires que j'en ai vus sont représentés dans les figures indiquées ci-dessus. La fig. 6 donne une idée exacte des dimensions de ce poisson, tandis que dans la fig. 5 on voit distinctement la position respective des nageoires. Dans la fig. 7, ce sont les écailles qui sont le mieux conservées; on voit sur toute leur surface et sur tous les os de la tête, des stries ondulées très-marquées. Dans la fig. 8 on a représenté quelques écailles détachées de la partie antérieure du tronc. La tête, quoique fort allongée, égale cependant le quart de la longueur totale; sa partie antérieure va en s'aniincissant insensiblement jusqu'à l'extrémité des mâchoires ; la gueule paraît avoir été très-fendue. L'orbite est aussi proportionnellement très-grande; elle est placée au bord supérieur de la tête. La surface de tous les os de la tête est marquée de sillons irréguliers très-prononcés , et dont la direction est en
général longiludinale. Le corps est fort grcle, plus même que celui du P. Rohisoni. Les pectorales sont plus grandes que les autres nageoires. Les ventrales occupent exactement le milieu entre les pectorales et l'anale; celle-ci est aussi éloignée du lobe inférieur de la caudale que des ventiales. L'égalité de la distance qui sépare les nageoires du côté inférieur du corps, donne à cette espèce un caractère particulier. La dorsale est placée entre les ventrales et l'anale; ses rayons sont plus gros, quoique plus courts, que ceux des pectorales et des ventrales. Le lobe supérieur de la caudale paraît considérablement plus gros que son lobe inférieur; cependant cette nageoire n'est bien conservée dans aucun des exemplaires que j'ai vus. Les écailles de la partie antérieure du corps sont un peu plus grandes que celles de sa partie postérieure; les stries sinueuses de leur surface y sont aussi plus marquées.
On a trouvé cette espèce dans le calcaire de Burdie-House et dans celui de Burntisland.
Jusqu'ici j'avais remarqué que les espèces de Palœonisciis du terrain houiller avaient toutes leurs écailles complètement lisses ; celles de Burdie-House les ont cependant plus ou moins striées.
Les Palœonisciis du calcaire magnésien d'Angleterre sont déjà en partie très-bien connus par les publications de M. le Prof. Sedgwick, qui en a donné d'excellentes ligures à la suite de son Mémoire sur les relations géologiques et la structure intérieure du calcaire magnésien, etc., inséré dans les Transactions géologiques, -ï^" série, vol. 3, p. 37. Il est maintenant démontré que le calcaire magnésien est l'équivalent géologique du Zechstein d'Allemagne. Après avoir décrit la structure, la posi- . tion et l'ordre de succession des couches de cette formation, M. Sedgwick en fait connaître les fossiles , sur lesquels il s'exprime comme suit : « Les excavations exécutées pour l'établissement du nouveau chemin de fer de Stockton ont conduit à une découverte d'un grand intérêt géologique. Dans les marnes schisteuses décrites précédemment, on a trouvé une grande quantité d'empreintes de plantes et de poissons. Malheureusement beaucoup d'exemplaires des premières ont été détruits par les ouvriers ; les seuls que j'aie vus paraissent être des fougères. Cependant on a conservé un grand nombre de bons exemplaires de poissons, parmi lesquels j'ai distingué des parties de sept espèces au moins. Le genre Palœothrissiun de Blainv. est celui qui en comprend le plus, et dont les espèces sont les plus communes. Ce savant naturaliste a reconnu l'identité de deux de ces espèces avec le P. magnum et le P. macroce-: 'phalumj qui sont si communs dans les schistes de Thuringe. Il est peut-être encore
digne de remarque que, parleur état de conservation et leur position, qui dénote une ToM. II. 13
jnort convulsive, les exemplaires de Durham ressemblent exactement à ceux d'Allemagne. » Plus loin il ajoute : « Il paraît que beaucoup de ces fossiles ont été détruits avant que l'on connût toute leur valeur. Cependant, ceux qui ont été conservés ayant été dispersés dans diverses collections, ce n'est qu'à l'obligeance et aux communications de plusieurs personnes du comté de Durbam (parmi lesquelles je nommerai surtout lord Barrington, le révérend T. Austin, le révérend S. Gamlin, MM. E. Pease et H. T. Smitli de Darlington, et T. Piandyl de Stockton) , que j'ai dû de pouvoir reconnaître les caractères distinctifs de ces fossiles. D'autres beaux exemplaires qui m'ont été communiqués par MM. Blansbard, de Londres, et H. Witliam, d'Edimbourg, ont complété cette série, et m'ont mis à même de publier des figures plus ou moins parfaites de toutes les espèces découvertes jusqu'ici. Dès le premier abord il m'a paru évident que plusieurs de ces fossiles, malgré leur état de mutilation, ressemblaient beaucoup aux célèbres poissons des schistes cuivreux d'Allemagne. Le plus grand nombre d'entr'eux appartient sans aucun doute au genre Palœothrissiwij, de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux,' qui est caractérisé par une caudale fourcliue dont tous les rayons sont articulés sur son bord inférieur, et dont le lobe supérieur, qui excède en longueur le lobe inféi'ieur, est couvert d'écaHles : ce genre n'a qu'une dorsale, entre l'anale et les ventrales. On peut ajouter que toutes les espèces qui offrent ces caractères paraissent avoLr eu des écailles très-dures , en partie imbriquées et en partie juxta-posées , et rangées par séries obliques. Ces derniers caractères les rapprochent, en quelque sorte, de VEsojc osseus de Linné. Cependant, comme il me paraissait très-difficile de préciser les cai'actères de ces fossiles, je soumis plusieurs des premiers exemplaires trouvés dans ces fouilles, à Texamen de M. de Blainville, qui a reconnu l'identité de deux de ces espèces avec celles de Mannsfeld, que précédemment il avait établies sous les noms de P al œothrissum magnum et macro cephalum. >) —
Dans le voyage que j'ai fait en Angleterre en 1 834, j'ai eu occasion de visiter la plupart des collections mentionnées par M. Sedgwick, parmi lesquelles j'ai surtout distingué celle de M. Witham, et d'examiner en outre un grand nombre d'exemplaires de ces poissons contenus dans les collections de la Société Géologique de Londres, du Musée du Service uni de l'armée et de la marine, de M. Murchison, du Musée d'Oxford, de la Société Royale d'Edimbourg, de M. le Prof. Jobnston de Durham, de M. Trevelyan, du Musée de Newcastle sur Tyne, de celui de Witby et d'Yorck, et de M'^'= Anne Surtees de Mainsforth. Par cet examen, j'ai pu m'assurer de l'exactitude des observations de M. Sedgwick, et j'ai eu plus d'une occasion d'admirer la netteté des figures qu'il a publiées, et dont j'ai retrouvé presque tous les originaux. Les espèces figurées par M. Sedgwick sont : i" Acrolepis Sedgwickii Ag., pi. 8, fig. 3 du 3™"^ vol. de la 2™'= Série des Trans. de la Soc. Géol.j 2" Pygopterus mandi-
bularis Ag., ibid. pi. lo, fig. i , 2 et 3, et pi. 1 1 , (indiqué dans la Géologie de Walcliner sous les noms de JSemopterjx mandibularis et de Sauropsis scoticits); 3° Plaiysomus striatus Ag., ibid. pi. 12, fig. 3 et 4 (sous le nom d'Uropteryx striatus dans la Géol. de V^ alchner) \ 4° Pl^fj'soinus macrarusA^., ibid. pi. 12, fig. i et 2; 5° Platysomus pa/vus Ag., ibid. i" Série, vol. 4j pl- 2? et Ami. of Philos, vol. 6, p. ii5. Il ne me reste à ajouter que quelques obseivations critiques sur les espèees de Palœonisciis mentionnées par M. Sedgwick, auxquelles je joindrai la description de trois espèces nouvelles qu'il n'a point connues.