‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 37 sur 289 · I. Palsoniscus elegans Sedg · texte numérisé non relu

I. Palsoniscus elegans Sedg

Vol. 2, pi. 10 b, fig. 4 et 5.

Paleeothrissum elegans, Géol. Trans. 2""^ Série, vol. 3, pi. 9, fig. i.

Sur plusieurs centaines d'exemplaires de Palaeoniscus du Zeclistein d'Allemagne que j'ai examinés, je n'ai reconnu que trois espèces, qui sont le P. Freieslebenii et mes P. maçropomus et magnus. En les comparant maintenant avec celles du calcaire magnésien d'Angleterre, je trouve que, malgré leurs nombreux rapports, les espèces de ces différentes localités ne sauraient être envisagées comme identiques. En effet, comme l'a déjà fort bien remarqué M. Sedgwick, son P. elegans est une espèce particulière, différant du P. Freieslebeni par des formes plus élancées, et surtout par la plus grande uniformité des écailles sur toute la surface du corps. Le P. magnus de Mannsfeld n'existe pas non plus en Angleterre 5 car l'espèce du calcaire magnésien à laquelle M. de Blainville a cru pouvoir donner ce nom spécifique, et qui est la même que son Palœothrissum macrocephalum d'Angleterre, diffère également des espèces de 3Iannsfeld, en ce que ses écailles ont leurs bords supérieur et inférieur arqués , et en ce que, à l'inverse du P. magnus d'Allemagne, celles des flancs sont beaucoup plus hautes et plus grandes que celles de la queue, je l'appelle P. comtus. Parmi les exemplaires de Palœoniscus du calcaire magnésien que j'ai vus en Angleterre, j'ai reconnu en outre trois espèces qu il est très-facile de distinguer de tous leurs congénères ; je les ai appelées P. glaphyrus , P. macrophthahnus et P, longissimus. Les différentes localités où l'on a trouvé ces poissons, sont : Midderidge, E. Thickley, Darlington , Clarence Pvailway près de Mainsforth , AVest-Bolden , Ilougliton le Spring, Witley près de Shields, et Rushyford. Elles paraissent se trouver également sur ces différens points.

Le P. elegans est réellement, comme l'observe M. Sedgwick, l'une des espèces les plus rares du calcaire magnésien. Il se distingue des autres espèces de ce genre par ses formes élégantes et se^ dimensions bien proportionnées ; ^ussi mérite-t-il à tous

égards le nom spécifique qui lui a été donné. Sa tête égale environ un cinquième de la longueur totale du corps ; mais elle est mal conservée dans l'exemplaire figuré dans cet ouvrage. La surface de tous ses os est ornée de sillons divergeant dans le sens de leur accroissement ; ces sillons sont plus larges et plus éloignés que dans le P. Freieslebeni. L'ossature de la ceinture tlioracique paraît forte proportionellement ; du moins l'on voit un large scapulaire dans l'original de ma figure. La forme générale du corps est celle d'un ovale très-allongé, de telle sorte que le milieu du dos est à peine plus élevé que la nuque et le fort de la queue. Dans cet exemplaire, cette espèce paraît encore plus large qu'elle n'est réellement, parce que les écailles du côté gauche ont glissé le long du dos, et s'étendent visiblement au-delà de l'insertion de la dorsale. Les pectorales, les ventrales, la dorsale et l'anale sont proportionnellement petites j les articulations transversales de la dorsale et de l'anale surtout sont très-distantes ; cependant elles ne paraissent pas l'être, parce que les divisions alternent d'un rayon à l'autre. L'extrémité des rayons est bifurquée jusqu'à la moitié environ de leur longueur totale. Au bord antérieur de ces nageoires, on remarque de très-petits rayons accolés aux plus longs. La caudale a exactement la forme de celle du P. Freieslebeni ; cependant le prolongement de son pédicule, qui forme son lobe supérieur, est plus étroit. Le lobe inférieur est aussi plus long que dans l'espèce susmentionnée; c'est ce qui a fait dire à M. Sedgwick que les lobes de cette nageoire étaient moins inégaux dans cette espèce que dans les autres. Ses rayons sont toustrèsgrèles, bifurques à plusieurs reprises jusque près de leur base, ce qui les fait paraître encore plus minces ; les articulations transversales des rayons du lobe supérieur sont si rapprochées, que les articles paraissent à peine plus longs que larges; celles du lobe inférieur sont plus éloignées. Le long du bord inférieur de ce lobe il y a de très-petits rayons qui ne sont visibles à l'œil nu qu'à sa base, tandis que sur le bord supérieur du pédicule du lobe allongé, il y en a de très-grands qui sont moins inclinés, et qui reposent sur les petites écailles atténuées de ce prolongement de la queue. Les écailles ont à peu près la même forme par tout le coi'ps; elles sont cependant un peu plus grandes dans sa partie antérieure, mais elles n'y sont pas de beaucoup plus hautes que longues, comme on le remarque dans le P. Freieslebeni. (Ce caractère rapproche ini peu le P. elegans du P. magnus de Mannsfeld ; mais la forme générale et les proportions du corps de ces deux espèces les distinguent sufîisamment.) Leur surface est aussi plus lisse ; on voit seulement quelques stries vers leur bord antérieur, et de petites échancrures serrées en forme de dentelure à leur bord postérieur. Yers le bout de la queue, ces stries et cette dentelure disparaissent de plus en plus , et manquent complètement sur les petites écailles allongées qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue. On aperçoit à travers les écailles de la ligne

latérale les petits tubes qui se prolongent dans le milieu de leur épaisseur, de leur bord antérieur à leur bord postérieur, oîi ils s'ouvrent entre les dentelures de ce dernier. La fig. 4 représente quelques écailles de ce poisson, prises autour de la ligne latérale en avant et au-dessus des ventrales. Il est à remarquer que les bords supérieur et inférieur de ces écailles, surtout de celles de la queue, sont aussi droits que leur bord postérieur, tandis que dans le P. comtiis ils sont sensiblement arqués. Comme dans toutes les espèces du genre, on remarque sur le milieu du dos une série d'écailles impaires, dont le bord postérieur est arrondi j celles qui avoisinent le bord antérieur des nageoires sont plus grandes que les autres ; cependant elles le sont moins que dans le P. Freiesleheni, et leur surface est marquée de moins de stries. M. Sedgwick a déjà fait la remarque qu'une partie de ces écailles sont imbriquées, tandis que les autres sont juxta-posées ; cela est vrai, en tant que le bord postérieur d'une série antérieure d'écaillés repose davantage sur le bord antérieur d'une série suivante dans toute la région antérieure du corps, et que, dans sa région postérieure, les séries d'écaillés qui se touchent ne reposent les unes sur les autres que par des bords obliques, sans se recouvrir partiellement les unes les autres. Les bords supérieurs des écailles antérieures du corps sont en outre munis d'un petit onglet articulaii'e qui s'engrène dans une fossette du bord inférieur de l'écaillé voisine. Du reste leur surface intérieure est lisse, et les onglets articulaires forment sur leur milieu des quilles à peine perceptibles, tant elles sont déprimées.

Cette espèce^i'a encore été observée que dans le Calcaire magnésien d'Angleterre.

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