‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 48 sur 289 · Cheiracanthus minor Agass · texte numérisé non relu

Cheiracanthus minor Agass

Vol. 2. Tab. I c, fig. 5.

Parmi les poissons de Pomona, j'ai trouvé dans la collection de M. Traill un seul exemplaire d'ime seconde espèce de Cheiracanthus , qui est même très-incomplet, puisque l'on n'y voit que la tête et une partie du tronc. Le grand rayon de la pectorale droite y est très-distinct; cependant, les autres nageoires n'étant pas bien visibles, on pourrait être dans l'incertitude sur la position générique de ce poisson, si l'on ne voyait pas un fragment de l épineux d'une des ventrales et de celui de la dorsale à la partie moyenne du tronc. Ces indices ne sont pourtant pas concluans, car la substance du poisson étant sur plusieurs points carbonisée en plaques homogènes qui ont complètement perdu leur structure organique, il se pourrait que les deux barres a G\. bj qui paraissent être des fragmens de rayons épineux, ne fussent en effet que

des stries de matière carbonisée. Néanmoins, la structure de la tète paraît indiquer positivement le genre Cheiracanthus j plutôt que le genre Acanthodes j dans lequel les os de la tète ne sont jamais distincts. La partie visible du tronc est presque complètement une simple empreinte en creux.

L'individu dont il s'agit ici est couché sur le dos dans sa partie antérieure; on y voit la tête qui est ployée sur le côté gauche , par sa surface inférieure 5 les branches de la mâchoire inférieure forment le contour de l'arc ouvert qui teiunine la tête. A l'angle postérieur de la gueule, du côté gauche , l'on voit distinctement i3 rayons branchiostègues, étroits et arrondis vers leur base, aplatis et dilatés à leur extrémité, et insérés sur un os transverse que l'on aperçoit mieux au côté opposé de la tête , oii les rayons branchiostègues ne sont qu'en partie visibles. Cet os transverse est la corne latérale de l'os hyoïde. L'extrémité du grand rayon de la pectorale droite est très-bien conservée et se termine en pointe acérée ; on voit aussi distinctement l'impression seulement de sa base ; sa longueur totale égale celle d'une des branches de la mâchoire inférieure : il est par conséquent plus court et moins gros que dans le Ch. Murclii^ sojii. On ne voit sur toute la surface du tronc que l'empreinte des écailles, en forme de petits creux; ce qui oblige d'admettre que leur surface extérieure était convexe. Du reste, ces écailles sont aussi petites que celle de l'espèce précédente, et paraissent avoir été complètement lisses; du moins je n'ai pu découvrir aucune trace de stries, ni dans l'empreinte des écailles, ni à la surface du petit nombre de celles qui sont conservées.

Je n'ai encore vu qu'un seul exemplaire de cette espèce , provenant des schistes de l'île Pomona, et qui se trouve dans la collection de M. Traill.

Du genre Cheirolepis Agass.

Nous venons de voir deux genres dont toutes les espèces ont des écailles extrêmement petites, semblables à une fine granulation. En voici un troisième qui a le même caractère de squamation, mais qui en diffère surtout par la structure, de ses nageoires.

A l'occasion de ces écailles si petites des genres AcantliodeSj Cheiracanthus et Cheirolepis J je ne puis m'empêcher d'ajouter encore une obseivation générale sur l'uniformité constante dans la nature des tégumens des poissons qui peuplaient jadis les eaux de notre globe. Il est en effet très-surprenant que ces petites écailles mêmes diffèrent complètement, quant à leur structure, de celles des poissons vivans qui les ont également grenues; qu'au lieu d'être arrondies, elles aient la forme rhomboïdale des autres Lépidoïdes, et que leur surface soit pareillement recouverte d'émail. Ces

écailles sont si petites, que les dilït'rences mentionnées m'auraient peut-être échappé, si je n'avais pas connu les caractères invariables que présentent les grandes espèces- Mais voyant le peu d'importance que quelques naturalistes attachent aux caractères sur lesquels j'insiste, j'ai examiné de plus près les poissons qui font le sujet de cet article ; je les ai comparés avec les poissons vivans à petites écailles. Dans toutes les espèces connues des trois genres dont nous parlons, j'ai pu m'assurer que les écailles n'ont aucun rapport avec celles des poissons vivans, mais qu'elles ont, au contraire, réellement la structure des Lépidoïdes ordinaires ; il est même toujours facile de s'en convaincre, car il est rare de trouver un exemplaire qui n'ait pas quelques écailles brisées, sur la cassure desquelles on aperçoit aisément la différence de substance entre les lames de l'écaillé et sa couche d'émail. Cela étant, il ne me paraît pas raisonnable de prétendre que les écailles soient des organes peu significatifs en général, ni même dans la classe des poissons en particulier ; surtout lorsqu'on les voit conserver aussi invariablement la même structure pendant une époque aussi longue du développement de la vie organique sur la terre. Cependant les écailles du genre Cheirolcpis ont quelque chose de particulier : le milieu de leur surface est convexe, et orné de différente manière dans les différentes espèces.

Les nageoires caractérisent suitout ce genre ; elles sont placées à-peu-près comme dans le genre Acanthocles : c'est-à-dire, que la dorsale est très-reculée et opposée à la partie postérieure de l'anale. Celle-ci est placée en avant du tiers postérieur du tronc. Les ventrales occupent le milieu entre les pectorales et l'anale. Toutes ces nageoires ont des rayons très-grèles, profondément bifurques à plusieurs reprises ; ils sont certainement osseux, puisqu'ils sont si bien conservés dans tous les exemplaires que j'ai vus. Par ce caractère, les nageoires du genre Cheirolepis diffèrent déjà considérablement de celles des genres Acanthocles et Cheiracanthus ^ chez lesquels toutes ces nageoires, excepté leurs rayons épineux, disparaissent, même dans les exemplaires aussi bien conservés que les Cheirolepis ^ et que l'on trouve dans les mêmes couches. Comme ceci a lieu pour tous les exemplaires de quatre espèces appartenant à différentes formations , il est évident que c'est le résultat d'une différence essentielle de structure. Mais en quoi les nageoires des Cheirolepis s'en distinguent encore davantage, c'est qu'elles n'ont point de rayon épineux à leur bord antérieur; de petits rayons grêles, très-serrés les uns contre les autres et imbriqués comme des écailles le long des grands rayons antérieurs de ces nageoires, remplacent ici les rayons épineux qui soutiennent les nageoires dans les deux autres genres. C'est à raison de cette structure des nageoires que j'ai donné à ce genre le nom de Cheirolepis. La caudale est exactement conformée comme dans les Palœoniscus.

Ce genre est en outre remarquable par la grandeur considérable de la gueule 5 les

dents des mâchoires sont très-petites en général ^ cependant il y en a parmi quelques-unes* qui sont un peu plus grandes et qui rappellent la dentition de quelques genres de la famille des Sauroïdes. J'ai cru néanmoins devoir placer ce genre ici, parce que les formes trapues de ses espèces l'associent plutôt aux Acanthodes qu'aux Pygoptères.

Je connais déjà deux espèces de ce genre , dont l'une a été découverte récemment dans les schistes de l'île de Pomona, tandis que l'autre se trouve dans les géodes de Gamrie. Cette dernière a déjà été indiquée par M. Pentland, Géol. Trans.j vol. 2, p. 364- C'est son second ichthyolithe de Gamrie.

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