‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 82 sur 289 · IX. Tetragonolepis pholidotus Agass · texte numérisé non relu

IX. Tetragonolepis pholidotus Agass

Yol. 2. Tab. 23 e, fîg. 2.

Cette jolie espèce ne paraît pas avoir atteint des dimensions bien considérables; la plupart des exemplaires que j'en ai vus avaient de 6 à 10 pouces de long. On en a trouvé un assez grand nombre dans le Lias du Wurtemberg, aux environs de Boll; les plus complets sont conservés au Musée de Stuttgart et dans la collection de M. le D^ Hartmann à Gœppingen. On en a découvert aussi quelques exemplaires dans le Lias d'Angleterre, où cette espèce paraît être beaucoup plus rare que sur le Continent. J'en ai vu un presque parfait dans la collection de Lord Cole, et un autre dans celle de M™" Murcliison. Enfin, M. le comte de Munster possède une tête et des écailles d'un Tetragonolepis du Lias d'Altdorf, qui me paraît appartenir aussi à cette espèce. L'original de ma figure est déposé au Musée de Stuttgart.

La forme générale du corps de ce poisson est assez particulière : c'est un ovale trèslarge et très-obtus, terminé en arrière par un rétrécissement considérable et subit, qui

forme le pédicule de la caudale ; ce qui fait que le diamètre longitudinal excède encore de beaucoup le diamètre transversal. Ce qui distingue siutout cette espèce, c'est que la surface des os de la tête est seule granulée ; tandis que la surface de toutes les écailles est lisse. Cette granulation a même quelque chose de très-particulier, et qui éloigne davantage cette espèce du T. Leachii, qu'on ne serait tenté de le supposer au premier coup-d'œil : tous les os sont hérissés d'aspérités allongées, confluentes et divergeant vers les bords j tandis que dans le T. Leachii ce sont des points saillans isolés. Ce caractère rapproche un peu le T. pholidotus des espèces du genre Dapedius; il ne serait même pas impossible qu'il dût y être rapporté; car, n'ayant pu examiner d'une manière satisfaisante la dentition de ce poisson, je ne l'ai laissé dans le genre Tetragonolepis que parce que c'est sous ce nom que je l'ai décrit en i83i dans le Journal deLéonhard et Bronn, à une époque oîi je ne connaissais point encore précisément les caractères du genre Dapedius. Cependant je lui conserverai sa place aussi long-temps qu'il n'y aura pas de raison suflîsante pour la changer, ou pour confondre les deux genres en un seul.

Le bord postérieur des écailles des flancs et de la nuque est entier ; il n'y a que celles de l'extrémité de la queue qui soient ornés d'une dentelure, laquelle est trèsfine. Toutes les écailles, excepté celles du pédicule de la queue, ont le bord supérieur convexe et le bord inférieur concave. Leur surface extérieure présente , surtout vers le bord antérieur, de fines stries irrégulières et confluentes, entre lesquelles on remarque quelques points creux; mais il n'y a aucune granulation en relief. Celles des flancs, ou plutôt , celles qui recouvrent les parois de la cavité abdominale, sont étroites, c'est-à-dire beaucoup plus hautes que longues.

Les rayons des nageoires dorsale et anale sont courts , plus grêles que dans aucune autre espèce de ce genre , bifurques à plusieurs reprises à leur extrémité , et articulés de très-près. Le long de ces nageoires, il y â de très-petits rayons allongés, serrés et accolés au bord des plus grands. La dorsale commence au milieu du dos, et s'étend jusqu'au plus fort du rétrécissement du pédicule de la queue. L'anale commence beaucoup plus en arrière , et est par conséquent au moins d'un tiers plus courte que la dorsale; mais elle se termine à la même hauteur. La caudale est formée de rayons proportionnellement plus allongés, mais également grêles, et porte à son bord des fulcres un peu plus grands que ceux de la dorsale et de l'anale. Les ventrales sont insérées un peu plus en avant que le bord antérieur de la dorsale. Les pectorales sont placées assez haut sur les flancs; leurs rayons sont très-fins, mais leurs fulcres sont moins rapprochés que ceux des autres nageoires.

Les traces d'os que j'ai remarquées dans quelques exemplaires indiquent une colonne vertébrale assez forte ; les apophyses inférieures de la queue sont plus allongées à son extrémité, où elles servent de points d'insertion aux rayons de la caudale.

Cette espèce se trouve également dans le Lias d'Allemagne et d'Angleterre, mais elle paraît être moins rare sur le Continent.

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