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CHAPITRE XI

DU GENRE AlVIBLYURUS.

Ce nouveau genre, qui n'est point indiqué dans le Tableau synoptique de la famille des Lépidoïdes, à laquelle il appartient, doit être placé immédiatement après les Tetragonolepis , avec lesquels il a beaucoup de rapports; cependant il en diffère suffisamment pour constituer une coupe distincte, intermédiaire entre eux et les Seniionotus. Par la forme de la tête et de la caudale il se rapproche des Tetragonolepisj tandis que les autres nageoires, la forme des mâchori-es et la dentition le rapprochent davantage des S emionotus. Ses caractères principaux sont : vme longue dorsale, qui commence vis-à-vis des ventrales ; une petite anale étroite, et une large caudale tronquée. Le corps est large et aplati, la gueule très-fendue, armée de petites dents pointues 5 les mâchoires sont étroites. Je n'en connais encore qu'une seule espèce.

Amblyurus macrostomus AgasSk

Vol. 2. Tab. 25e.

Tous les exemplaires que j'ai vus de cette espèce proviennent du Lias de Lyme Régis, et se trouvent dans la collection de Miss Philpot.

Ils donnent à peine une juste idée des formes de ce poisson. Le corps est beaucoup plus large qu'il ne paraît, la partie inférieure du ventre étant repliée sur les flancs. Le pédicule de la queue est proportionnellement gros , et se termine par une caudale de grandeur considéi'able , et dont les rayons sont moins bifurques et moins articulés que dans les Tetragonolepis . L'anale est étroite et petite, et diffère ainsi notablement de celle des Tetragonolepis- Cependant la dorsale paraît être assez étendue. Les ventrales et les pectorales ont des rayons grêles. Les os de la tête sont granulés, comme ceux du Dapedius granulatus. Par l'aspect de quelques parties des os j'ai pu m'assurer qu'une tête, qui se trouve aussi chez Miss Philpot, appartient à ce genre, malgré quelque ressemblance avec les EiignatJms. Je l'ai fait représenter dans la fig. 3. La gueule est proportionnellement très-grande 5 le bord des mâchoires est armé de dents beaucoup plus grêles et plus allongées que celles des Tetragonolepis, au moins à la mâchoire supérieure j celles de la mâchoire inférieure sont en cônes plus courts. Ce

qui distingue encore ce genre des Tetra gonol epîs j et le rapproche des SemionotuSj c'est que les os maxillaires sont très-étroits et considérablement allongés. Il y a aussi une différence notable dans la disposition des rayons branchiostègues, dont le premier est large et plat, il est vrai, mais placé horizontalement entre les deux branches de la mâchoire inférieure 5 tandis que les suivans sont courts et très-étroits. ( fig. I. ) Les os du crâne et les pièces operculaires sont finement striés en lignes ondulées, et ornés d'une grosse granulation distante, comme dans le Dapedius gra~ nulatus ; au bord postérieur de l'opercule, les stries deviennent rayonnantes et plus distinctes.

L'individu, dont on voit une partie de la tête (fig. i ), donne aussi à-peu-près une juste idée de la forme du corps ; seulement il paraît un peu trop étroit, parce que le milieu du dos est déprimé. On y voit quelques-unes des apophyses épineuses dorsales de la colonne vertébrale, qui sont grêles et légèrement courbées en S. La dorsale pal'aît s'étendre environ depuis le milieu du dos jusqu'en avant de l'anale. Ses rayons, ainsi que ceux de l'anale, sont peu fourchus, proportionnellement faibles et articulés de manière que les articles sont plus longs que larges. Il en est de même des pec-» torales et des ventrales, dont les rayons sont très-peu divisés. Au bord extérieur de ces dernières il y a quelques fulcres grêles et distans. La caudale est très-caractéristique (fig. 2); ses rayons sont beaucoup moins profondément et moins souvent bifurques que ceux des Dapedius et des Tetragonolepis ; leurs articulations transversales sont aussi moins rapprochées, en sorte que les articles de chaque rayon sont plus longs que larges. Leur tiers ou leur quart inférieur est ^simple; le bord postérieur de la nageoire est tronqué et légèrement arrondi au milieu. Le bord inférieur est garni de fulcres assez grands, proportionnellement aux rayons, mais grêles. Au bord supérieur il y a, comme dans le Dapedius Coleij une série d'écaillés étroites en dessous des fulcres jusque vers la moitié de la longueur du plus grand rayon.

Les écailles qui recouvrent tout le corps sont proportionnellement assez grandes, celles des flancs et du ventre surtout (fig. 4)5 qui le sont beaucoup plus que celles qui recouvrent le pédicule de la queue (fig. 5). La surface et les bords de ces écailles sont lisses, et les bords droits ; celles de la nuque seulement ont quelques points saillans en forme de granulation très-rare. Sur les écailles des flancs, en revanche, on remarque par-ci par-là quelques points creux, et dans l'émail quelques traces de stries d'accroissement , ainsi que de très-petites rides irrégulières , quelquefois rayonnantes, vers les bords des écailles 5 les petites écailles du pédicule de la queue sont seules parfaitement lisses. Les onglets et les fossettes articulaires paraissent fort peu développées 5 du moins il m'a été impossible de les découvrir. En avant de l'anale il y a quelques grandes écailles, en forme de quille. Celles des côtés de l'abdomen sont les plu^ grandes de toutes, et celles qui bordent l'insertion des nageoires, les plus petites.

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