‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 93 sur 289 · II. Semionotus Bergeri Agass · texte numérisé non relu

II. Semionotus Bergeri Agass

Vol. 2. Tab. 26, fig. 2 et 3.

Palœoniscum àrenaceum Berger Verstein der Cohurger Gegend, p. 18. T. i ; F. i. — Semionotus

Spixli Agass. Tahl. synopt. du 2"'' vol. p. 8.

Dans le Quadersandstein des environs de Cobourg, on trouve, outre des plantes, des poissons fossiles qui ont été décrits par M. le D' Bei'ger. 11 paraît cependant que l'on ne trouve les poissons que dans les couches supérieures de cette formation. On en a découvert dans les carrières de Seidmannsdorf, de Gruberstein et de Neuses, à un niveau de 1049 ^^ ^^ ^^94 pieds au-dessus de la mer. Ces fossiles sont connus depuis long-temps ; du moins M. le D' Hornscbuh rapporte-t-il dans le Johrhuch de Léonard ( i83o, 2"" Cah. ), que l'on trouva il y a environ 3o ans dans le grès de la carrière de Retscliendorf, un très-bel exemplaire d'un poisson semblable au Barbeau. Il ajoute que les empreintes de onze poissons de la grandeur et de la forme des Leucisques se voyaient sur une plaque d'un grès friable provenant de la carrière de Neuses, dans le cabinet du prince héréditaire. Cette même plaque se trouve maintenant dans la collection du Gymnase de Cobourg. Depuis, M. le D'' Berger en a encore trouvé plusieurs exemplaires, qu'il a décrits dans son ouvrage sur les plantes et les poissons fossiles du grès des environs de Cobourg.

N'ayant encore eu occasion de voir moi-même qu'un seul exemplaire assez incom^plet de ce poisson qui se trouve au Musée de Munich, je crois devoir rapporter d'abord les intéressans détails donnés par M. Berger, auxquels je n'aurai que quelques mots à ajouter.

La ligure que M. Berger a publiée représente un exemplaire beaucoup plus parfait que celui de ma planche. La forme du poisson est ovale ; sa longueur totale est de 6 pouces 3 lignes, sa plus grande largeur à l'insertion des ventrales d'un pouce 10 lignes ; derrière l'anale sa largeur n'est que de Y* de pouce On distingue trois nageoires au côté abdominal, et seulement une au côté dorsal. La pectorale est petite, faible , et se trouve placée en dessous du bord postérieur de la tête j cette aageoire étant très-mal conservée, on ne peut reconnaître ni le nombre ni la nature de ses rayons. La ventrale est à 11 lignes en arrière de la pectorale ; elle a 5 rayons, tous divisés et articulés. Sa longueur est de 7 7= lignes, et sa largeur de 4 j le long du premier de ses rayons, l'on voit plusieurs petits fulcres. L'anale, qui a 6 rayons dont le premier est long d'un pouce , présente aussi de semblables fulcres ; sa distance de la ventrale est d'un pouce, et de la caudale de 6 lignes. La dorsale, inclinée oblique-

ment en arrière, ne commence qu'à 5 lignes en avant de l'anale \ sa plus grande longueur est de i4V' lignes, et sa largeur de i4 lignes j elle a i6 rayons, qui vont en diminuant de grandeur d'avant en arrière ; le premier est garni de fulcres le long de son bord, il en a même trois ou quatre devant lui. La queue continue d'être charnue à sa partie supérieure , comme chez les Acipenser et VEsox osseus. Les rayons de la caudale, articulés et bifurques, vont en s'allongeant de haut en bas, et cette nageoire a une forme passablement tronquée. A son bord antérieur l'on voit aussi, comme en avant de la dorsale, quelques petits fulcres j le plus long de ses rayons a i pouce 3 V^ lignes.

La tête, dont les parties ne sont guère reconnaissables , n'est que médiocrement large et se rétrécit à sa partie antérieure. Elle a i6 lignes de largeur à la région de l'opercule. On n'aperçoit aucune trace de dents. Les écailles conservées ici et là sont de forme rhomboïdale ; leur bord supérieur est légèrement concave et leur bord inférieur légèrement convexe ; les angles antérieur-inférieur et postérieur-supérieur sont arrondis. Les écailles de la queue s'allongent davantage. Sur le dos, derrière la tête et jusqu'à la dorsale, on en voit d'oblongues, dont la pointe est tournée en arrière. 11 y a aussi sur le haut de la queue des écailles scutiformes, mais plus étroites. On ne peut pas distinguer si parmi les écailles du ventre il s'en trouve aussi d'oblongues.

Il faut que ce poisson, avant d'être enveloppé dans les matières qui ont formé la roche , fût déjà en partie décomposé, et qu'il ait été charrié j car ses écailles sont en partie dérangées.

Un autre exemplaire, dont M. Berger possède les deux plaques, n'a que 4 pouces II lignes de long, et i pouce i V^ ligne de large derrière la tête. On y voit un grand opercule. La pectorale est plus distincte que dans le premier exemplaire j il y a aussi des fulcres le long de son plus grand rayon. Les ventrales sont plus en arrière, et opposées au bord antérieur de la dorsale. La caudale est mieux conservée aussi ; elle est fourchue , mais la base de son lobe supérieur est oblique , à cause du prolongement du pédicule. La ligne latérale est un peu enfoncée , en arrière de l'opercule , et éloignée de 7 lignes du bord du dos ; vis-à-vis du bord antérieur de la dorsale elle en est à 8 lignes , et sur la queue à 3 lignes seulement.

Un troisième exemplaire, dont M. Berger a pareillement les deux plaques, est moins bien conservé que les précédens, mais appartient à un plus grand individu j sa largeur est de 2 pouces 5 lignes. Les écailles sont assez épaisses ^ leur surface est lisse. Les ventrales sont aussi opposées au bord antérieur de la dorsale. Le diamètre de l'orbite est de 6 lignes. L'opercule est grand, lisse; on n'y remarque ni écailles, ni granulation, ni épines, ni rayons divergens. M. Berger possède en outre trois petits exemplaires de 2 pouces environ, qui ne présentent rien de particulier.

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Dans un autre exemplaire de M. Berger, désigné dans son ouvrage sous le ]\° 5, on voit distinctement la ligne latérale passant environ par le milieu du corps, et une pectorale plus large et mieux conservée que dans les autres exemplaires ; elle offre 10 rayons articulés, dont le plus grand a des fulcres le long de son bord. Les ventrales sont placées un peu plus en avant que le bord antérieur de la dorsale. L'extrémité de la dorsale est opposée au bord antérieur de l'anale.

La plaque qui se trouve dans la collection du Gymnase de Cobourg, et qui a environ un pied carré, est la même que celle dont M. Hornscbuh fait mention, quoique M. Berger y ait reconnu i3 poissons, au lieu de ii qu'indique le premier. Ils sont très-mal conservés, et toute leur substance est carbonisée ; on ne distingue que l'empreinte des écailles, qui paraissent former environ 36 séries obliques entre la tête et la caudale. Le plus grand de ces poissons n'a que 5 7^ pouces de long et 20 lignes de large ; dans l'un d'eux l'une des pectorales présente 12 rayons.

Enfin, dans un exemplaire de Gruber-Stein, M. Berger a pu reconnaître que les écailles de la queue sont rbomboïdales et sensiblement plus petites que celle des flancs, qui sont plus hautes que longues.

M. Berger croit devoir rapporter ce poisson au genre Palœonîscuin j à cause de l'inégalité des lobes de la caudale. Je ferai remarquer cependant que la colonne vertébrale ne s'étend point, comme dans ce genre, jusqu'à l'extrémité du lobe supérieur de cette nageoire , mais qu'elle se prolonge seulement un peu vers ce côté , de manière à rendre l'insertion de la nageoire oblique. L'on ne voit pas non plus, tout le long de ce prolongement, de nouveaux petits rayons s'intercaler entre les précédens et l'extrémité du lobe. En un mot, ce poisson n'est pas un vrai Hétérocerque 5 il a seulement la base de sa caudale oblique, et les rayons extérieurs de son lobe supérieur plus courts que ceux du lobe inférieur, comme cela se voit dans beaucoup d'autres Ilomocerques. C'est à raison de cette différence, et parce que la forme de la dorsale et ses rapports avec les autres nageoires présentent des caractères particuliers, que j'ai établi le genre SemiojiotuSj qui ne comprend jusqu'ici que des poissons du Lias; car je pense, et c'est aussi l'opinion de plusieurs géologues et entr'autres de M. le comte de Miinster, que le grès de Cobourg qui contient ces poissons appartient au Lias plutôt qu'au Reuper. C'est du moins ce que paraît indiquer la forme de leur caudale.

L'exemplaire que j'ai fait figurer se trouve au Musée de Munich. Il m'avait été indiqué comme originaire du Brésil, d'oii il aurait été rapporté par MM. Spix et 3Iartius ; aussi l'avais-je désigné dans mon Tableau synoptique sous le nom de Semionotus Spixii. Mais en le comparant attentivement avec la description et la figure que M. Berger a publiées des poissons de Cobourg, j'ai reconnu leur parfaite identité 5 et pendant le séjour que j'ai fait à Munich en i833, j'ai même découvert à l'un des

angles de la plaque le nom de Cobourg inscrit à la plume sur la roche même, mais presque entièrement effacé. On distingue dans cet exemplaire quelques traces des côtes, qui étaient assez grosses. La position relative des nageoires. est comme dans les autres espèces du genre Seniionotiis ,• les ventrales, seulement, sont placées vm peu plus en avant de la dorsale. Il se pourrait cependant, comme l'a très-bien fait remarquer M. Berger, que les différences que l'on observe à cet égard dans différens exemplaires , indiquassent des espèces distinctes , dont les caractères particuliers ne pourront être précisés que lorsqu'on connaîtra un plus grand nombre d'exemplaires mieux conservés. — Les écailles sont de moyenne grandeur ; la fig. 3 en représente une, prise sur les côtés de la queue, oii elles sont plus allongées que sur les flancs. Ces dernières sont même plus hautes que longues.

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