PARTIE
DES CYCLOIDES ACAI\ÏHOPïER\(iIE.\S.
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l>i:S CYCLOIDES ACAIVTHOPTÉUYGIENS EIV GEIVERAL
La pluparl dos familles (|iii roiUrent dans celle division de l'ordre des Cycloïdes comptent lin grand nombre de genres et d'espèces, ((ui, à raison niênie de leur ninlliplicilé , présentent souvent de grandes difficultés à la détermination zoologiqne. Ce ^ont en général des poissons réguliers, allongés, cylindracés ou comprimés latéralement . quelquefois mais plus rarement larges et trapus. Mais malgré leur uniformité , la présence d'une dorsale épineuse , qui les distingue des Cycloïdes malacoptérygiens . ne laisse pas d'être d'un grand secours pour la méthode ; car celle nageoire nous fournit une foule de caractères spécifiques et même génériques suivant sa forme , sa position et la nature de ses rayons. Un grand nombre de genres sont même basés nniquement sur des caractères tirés de la dorsale épineuse , dont les variations sont en effet très-remarquables. Tantôt elle est contiguë à la dorsale molle ; tantôt elle eu est séparée par un espace plus ou moins considérable. Quelquefois même elle s'avance jusque sur la têle. Dans tel genre elle est très-étendue et s'étale sur une grande partie du dos ; dans tel autre elle est Irès-restreinte et ses rayons ne sont qu'en petit nombre. La forme des rayons est soumise à des variations non moins considérables. Ici ce sont de petites épines tantôt mobiles , tantôt immobiles , qui font à peine saillie au dessus de la ligne dorsale ; là ce sont de longs dards qui dépassent même l'extrémité de la caudale. 11 y a plus, ces rayons de la dorsale épineuse subissent parfois des modifications telles, qu'on a de la peine à reconnaître leur véritable nature , par exemple , dans les Baudroies , où ils s'avancent jusque sur la tête et portent à leur extrémité de grands lambeaux charnus. Il y a même un genre , celui des Echeneis , dans lequel ils forment un disque composé de lames cartilagineuses , qui recouvre toute la têle, et dont l'interprétation a de tout temps fort embarrassé les zoologistes. Enfin leur mode d'articulation varie également suivant les genres. Il est rare qu'ils soient articulés de la même manière que les rayons de la dorsale molle, et la manière dont ils se combinent avec les os du squelette et notamment avec les osselets interapophys^ires, est toujours d'une importance capitale dans l'étude des genres et des espèces fossiles.
Mais d'un autre côté , il faut convenir aussi qu'à côté de ces caractères si saillans de la prenn'ère dorsale des Acanthoptérygiens , il existe aussi des passages manifestes entre les deux types de rayons. Non-seulement l'aspect des rayons épineux n'est pas toujours bien dilïérent de celui des rayons mous , mais il y a aussi des cas où leur substance ne diffère pas , et où il est presque impossible de dire où finit la dorsale épineuse et où commence la dorsale molle. C'est ce que Cuvier lui-même a fort bien senti puisqu'il range parmi les Acanthoptérygiens
— iGd — les genres Zoarces, Ophicephalus, Lampris et Lophius qui ont des rayons simples mais flexibles au devant des rayons articulés.
Pour bien apprécier la valeur de tous ces caractères tirés de la forme et de la nature des rayons de la première dorsale . il faudrait les avoir suivis dans leur développement embryologique. Or c'est là un travail qui n'a pas encore été fait. Il serait certainement fort intéressant de voir comment les rayons souvent si différens des deux dorsales se forment et se développent dans l'embryon ; si les deux nageoires sont différentes dès l'origine , ou si leur caractère particulier n'est que l'effet des changemens qui surviennent successivement dans le développement de l'embryon.
Dans l'époque actuelle , les deux familles des Scombéroïdes et des Labres peuvent être comptées parmi les plus nombreuses de toute la classe des poissons ; la famille des Blennioïdes, bien que plus restreinte, compte cependant un nombre assez considérable d'espèces dans le seul genre Blennius. 11 n'en est pas de même dans la faune fossile. Ici les Scombéroïdes sont pour ainsi dire les seuls représentans de tous les Cycloïdes acanthoptérygiens dans les terrains crétacés , comme dans les terrains tertiaires , à tel point que tous les poissons fossiles de cette division , à l'exception de quelques espèces , appartiennent à cette famille. Ce qui a surtout lieu d'étonner, c'est que la famille des Labres ne soit représentée que par deux espèces, tandis que les espèces vivantes se montent à plusieurs centaines. La famille des Blennioïdes ne compte également qu'un seul représentant ; il en est de même de celle des Lophioïdes. En revanche , la famille des Sphyroenoïdes paraît s'être développée de bonne heure dans la série crétacée où elle compte plusieurs genres.
Enfin , une dernière remarque qui n'est pas sans importance pour la distinction à faire entre les Cycloïdes acanthoptérygiens et les Malacoptérygiens , c'est que les premiers , à l'exception des seuls Gastérostées , sont tous des poissons de mer, et qu'ils l'ont été de tout temps , tandis que les Malacoptérygiens habitent en grande partie les eaux douces.