CHAPITRE Vin
DU GEiVRE PALIMPHYES Agass
J'ai établi ce genre pour quelques poissons des schistes de Glaris. qui m'ont paru présenter des caractères assez tranché, pour pouvoir être rangés sous un chef particuHer. M. de Blainville fait de l'une des espèces (P. lomjusj une Chipe qu'il décrit sous le nom de Clupea elonyata; mais ce qui prouve bien que cette détermination est fausse, c'est que le poisson dont il s'agit a positivement deux dorsales , et que les ventrales sont fixées à la ceinture thoracique, ce qui n'existe jamais dans les Clupes. On pourrait, avec plus de raison, les rapprocher des Liches ; mais ils en diffèrent également par leurs pectorales, qui sont proportionnellement beaucoup plus développées et par leurs vertèbres plus nombreuses.
La tête est, à ce qu'il paraît, volumineuse; mais il n'est pas possible d'en déterminer rigoureusement la conformation, d'après les exemplaires que j'ai pu examiner. On ne connaît pas encore la dentition ; mais comme la gueule est peu fendue, on est autorisé à penser que les dents étaient peu développées , probablement en velours, comme dans la plupart des Scombéroïdes. La charpente du tronc n'est pas très-vigoureuse ; les osselets sont grêles et paraissent dépourvus de crêtes latérales. La première dorsale a des épines assez serrées, et je suis porté à croire qu'elles étaient réunies en nageoire , comme chez les Thons. Les rayons de la seconde dorsale sont serrés et dichotomisés, ainsi que ceux de l'anale ; mais je n'ai pas pu m'assurer si les osselets qui s'étendent jusque près de l'origine de la caudale portaient des rayons réunis par une membrane continue , de manière à ne former qu'une seule nageoire avec la seconde dorsale, ou bien s'ils ne portaient que des fausses pinnules.
L Palimphyes longus Agass.
Vol. 5, Tab. 19.
C'est un poisson très-allongé, et qui paraît d'autant plus grêle que sa tète est très-prépondérante. Nulle part, en effet, le tronc n'atteint la largeur de la tête ; tandis que la longueur de cette dernière égale à-peu-près le tiers de la longueur totale. Les différens os de la tête ne sont sans doute pas reconnaissables d'une manière précise ; mais l'on voit cependant que la bouche est petite, et que ce sont les os du crâne et de la joue qui sont les plus volumineux.
Comme dans tous les poissons de Claris, ienvcloppe tégumentairo a complètement disparu. En revanche, le scpielelte osseux est Irès-dislinct ; la colonne vertébrale, plutôt grêle que massive , est composée de vertèbres (|ui s'allongent insensiblement en arrière , tout en diminuant graduellement de volume ; je compte vingt-deux caudales et dix-sept ou dix-huit abdominales. Les apophyses sont grêles, ainsi que les osselets interapophysaires. Il y a deux dorsales , et bien que la première ne soit conservée que d'une manière incomplète , il résulte cependant du nombre des osselets interapophysaires qu'elle devait être assez longue. La seconde dorsale s'insère en face de l'anale ; ses rayons ne sont pas mieux conservés que ceux de la première, mais l'on voit par les osselets interapophysaires, qu'ils ont dû être plus serrés ; les osselets eux-mêmes sont aussi plus petits. L'anale à dû s'étendre à-peu-près jusqu'à l'origine de la caudale , à en juger d'après ses osselets interapophysaires. Les premiers rayons qui sont seuls conservés, sont de même longueur que ceux de la dorsale. La caudale est fortement échancrée ; ses rayons sont très-divisés ; on remarque au lobe supérieur, en avant du premier grand rayon , une série de quatre ou cinq petits rayons indivis qui n'existent point au bord inférieur. Les pectorales, situées au dessous des ventrales, sont composées de rayons assez larges et, à ce qu'il parait, dichotomisés dans toute leur longueur. Les ventrales présentent la même structure et à-peu-près le même nombre de rayons.
C'est une espèce propre aux schistes de Claris. L'original de ma figure se trouve au Musée de Zurich.
H. Palimphyes BREVis Agass.
Vol. .0, Tab. 20 et Tab. 2d , fîg. 1 et 2.
C'est cette espèce qui m'a servi à déterminer la place que doit occuper ce genre dans la classe des poissons , en m'apprenant que c'est un véritable Scombéroïde. Sa forme trapue le distingue suflisamment du P. Ioikjks. Tout son squelette est plus vigoureux. Les vertèbres postérieures surtout sont plus courtes et leurs articulations plus saillantes. J'en compte vingtquatre caudales et une quinzaine d'abdominales. La tête est, il est vrai , prépondérante par sa grosseur, mais elle est moins allongée que celle du P. longus. La gueule paraît être aussi plus largement fendue. Les apophyses vertébrales sont très-serrées par suite de la forme trapue des vertèbres. Les côtes forment également une grille très-serrée autour de la cavité abdominale. Les nageoires se distinguent par plusieurs particularités. Des deux dorsales qui sont parfaitement conservées dans l'exemplaire de Tab. 21 , la seconde correspond exactement à l'anale ; et la première, à l'extrémité des ventrales. A les voir l'une à côté de l'autre, on ne dirait pas qu'il y a une bien grande différence dans la nature de ces deux nageoires. Cependant il est presque hors de doute que la première est épineuse et la seconde molle. Celle-ci a en outre les rayons un peu plus longs que la première. Chaque rayon est supporté par un osselet , et il parait que le nombre des osselets correspond à son tour exactement à celui des apophyses.
L'anale cependant fait exception en ce sens que les osselets qui la portent sont plus nombreux que les apophyses. Cette nageoire s'étend du reste fort en arrière , jusque près de l'origine de la caudale. Mais les rayons, ainsi que les osselets, vont en diminuant graduellement de lono-ueur. Les pectorales sont de toutes les nageoires les mieux fournies , ainsi qu'on le voit surtout bien dans l'exemplaire de Tab. 21, fig. 2 , où cette nageoire est suspendue verticalement au-dessous des ventrales. Ses rayons sont ici au nombre de seize. Le cinquième est le plus long. Les ventrales sont un peu moins larges, mais également bien fournies. La caudale enfin est de moyenne grandeur, médiocrement échancrée au milieu et composée de quinze ou seize rayons , dont les premiers seulement sont un peu plus courts que les autres. Les trois ou quatre dernières vertèbres caudales concourent à soutenir cette nageoire au moyen de leurs apophyses. La dernière vertèbre n'est point élargie en une plaque , comme cela a lieu dans d'autres genres de la même famille ; elle n'a que deux simples apophyses dirigées en arrière, qui pourraient cependant avoir été réunies par une dilatation latérale des parties saillantes.
Des schistes de Glaris. Les originaux de mes figures se trouvent dans les collections de Lord Enniskillen et de Sir Philipp Egerton et au Musée de Zurich.
in. Pali.mphyes latus Agass.
Vol. 2, Tab. 28, fig. 1.
Cette espèce ressemble fort au P. lomjiis décrit ci-dessus , avec cette différence qu'elle est un peu plus large. La tête est peut-être encore plus prépondérante , car elle n'est contenue que trois fois dans la longueur totale. L'orbite est très-grande et placée à-peu-près au milieu de la tête. Mais ce qui a lieu d'étonner, c'est qu'avec une tête si grosse , la charpente osseuse du tronc soit si frêle. La colonne vertébrale en particulier est excessivement grêle. Le nombre des vertèbres est de trente-neuf ou quarante , dont vingt-quatre caudales. Elles sont toutes très-resserrées au milieu et saillantes aux articulations. Les dernières caudales sont seules un peu plus courtes que les autres. Les apophyses inférieures paraissent être un peu plus vigoureuses que les supérieures et il en est de même des osselets interapophysaires ; ceux de l'anale vont en décroissant d'avant en arrière, et les premiers sont très-gros. Ceux de la dorsale au contraire sont beaucoup plus uniformes et très-grêles. Les rayons de la dorsale molle sont très-fins. La caudale en a de beaucoup plus gros , qui tous sont distinctement articulés et dichotomisés, à l'exception des petits rayons simples. La formule est de 3 , 1 , 8 ou 9 ; 7 , I , 3 ou k.
Des schistes de Glaris. L'original de ma planche est au Musée de Zurich.