‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 28 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DU GENRE AMPHISTIUM âgass.

Ce singulier genre appartient, selon toute apparence, à la famille des Scombéroïdes ; peutêtre est-il très-voisin des Vomers. En tout cas , il est bien distinct de tous les autres types de cette famille , par la disposition et la forme singulière de ses nageoires et en particulier de sa dorsale et de son anale ; ensorte que l'on n'a pas à craindre de le voir jamais confondu avec tel autre genre que ce soit. La caudale , au lieu d'être fourchue , est régulièrement tronquée ou plutôt arrondie. L'anale occupe à-peu-près tout le bord ventral ; d'où il résulte que la cavité abdominale , dont elle indique la limite , se trouve réduite à im très-petit espace , et celte circonstance, jointe à la forme générale du poisson, en constitue le caractère essentiel. En avant de la dorsale articulée , on découvre des rudimens de petits rayons cornés. Je ne connais jusqu'ici qu'une seule espèce d'Amphistium , VJ. paradoxum que nous allons décrire.

Amphistium paradoxum Agass.

Vol. 5,Tab. 13.

Syn. Pleuroîiectes Platessa Itt. ver. Tab. 44, fig. d. — DeBlainv. Ich. p. 53.

Ce beau poisson existe en double plaque au Muséum de Paris. lia près de six pouces de long. Sa plus grande largeur près de l'origine de l'anale est de quatre pouces; de là il se rétrécit rapidement en arrière jusqu'au pédicule de la queue qui est relativement très-étroit. Mais ce qui contribue surtout à faire paraître ce poisson très-large, c'est la forme continue des nageoires. La dorsale molle occupe plus de la moitié du bord dorsal , s'étendant jusque près de l'origine de la caudale : elle est précédée par six ou sept petits rayons roides qui occupent ensemble un espace d'environ demi pouce. L'anale est proportionnellement plus grande que la dorsale ; ses rayons vont en décroissant d'avant en arrière comme ceux de la dorsale molle , à l'exception du premier qui est simple et qui n'atteint guère que la moitié de la longueur des autres. J'en compte en tout vingt-deux. La dorsale molle n'en a que vingt-un. Les osselets interapophysaires sur lesquels s'articulent les rayons de ces deux nageoires sont robustes, et tous, sans exception, garnis de crêtes latérales , comme chez les Liches. Il y en a un pour chaque rayon, et même les épines de la première dorsale, toutes petites qu'elles soient, ont chacune leur osselet. Le premier interapophysaire de l'anale , celui qui ferme la cavité ventrale , fait seul exception

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à la règle, en ce qu'il porte à lui seul quatre rayons. Aussi est-il excessivement vigoureux et sa pointe est dilatée en une arête très-proéminente <]ui est recourbée en avant. La caudale est très-symétrique et bien arrondie ; on en distingue parfaitement tous les rayons, à l'exception des petits rayons simples du lobe inférieur ; sa formule est 6. I. 8; 7. 1. 2. Tous ces rayons sont distinctement articulés ; les intérieurs se divisent en nombreux filets formant deux faisceaux principaux, composés chacun de quatre divisions. Quatre vertèbres supportent la caudale au moyen de leurs apophyses. Celles de la dernière vertèbre portent les rayons internes; celles de la pénultième servent d'appui aux grands rayons simples, celles de l'antépénultième et de la quatrième aux petits rayons simples. Les ventrales sont d'une petitesse extrême , quoique portées par un os très-vigoureux ; elles n'ont que cinq ou six rayons très-grèles et fort courts, dont les plus grands n'ont pas même un demi pouce de long. Les pectorales sont également très-frustes ; cependant les rayons sont plus nombreux et plus espacés.

La colonne vertébrale est relevée vers la nuque dans toute sa partie antérieure ; elle se compose de vingt-quatre vertèbres, dont quinze caudales et neuf abdominales, toutes courtes et massives. Les apophyses sont en général vigoureuses, surtout les inférieures; mais elles diminuent brusquement vers la queue; les supérieures, au contraire, sont d'abord courtes et fortement arquées en avant, près de la nuque ; puis elles se redressent en s'allongeant vers le milieu du corps, pour s'arquer en sens inverse vers la queue. La ceinture thoracique est trèsrobuste; mais les pectorales n'ont rien de remarquable dans leurs dimensions. La tète est courte, mais pointue ; la mâchoire, surtout l'inférieure, fait saillie en avant ; le profil est trèsélevé. L'orbite , qui en est très-rapprochée, est petite. J'ai pu distinguer une partie des os de la tète, entre autres les pièces operculaires et l'arcade temporale et palatine; mais ces appareils ne sont pas assez bien conservés pour offrir des caractères importans.

L'exemplaire du muséum de Paris , dont j'ai figuré une plaque, est le seul que je connaisse. Il provient de Monte-Bolca.

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