I. ObCYNUS LANCEOLATl'S AgaSS
Vol. S. Tab. 23.
SvN. Scomber alatitngua lit. ver. Tab. 29, lig. J . — Salmo cyprinoides Itt. ver. Tab. 52. — Cliipea cyprinoides (le Blainv. Iclilli. p. 39. — Bronn Ut. n» 48.
Celte espèce a été décrite sous deux noms dilTérens par l'auteur de l'Ichthyolitologie véronaise, qui l'a pris une fois pour le Scomber alatomju (Thynnus) , avec lequel elle a en effet quelque rapport, et qui une autre fois en a fait un Saumon. M. de Blainville, de son côté, commet une erreur non moins grave , en reportant ce poisson dans le genre des Clupes. Pour l'observateur attentif, il est évident que c'est bien un Scombéroïde ; les fausses pinnules et les deux nageoires dorsales en sont la meilleure preuve. Un caractère qui frappe au premier coup d'oeil, c'est la petitesse de la tête, qui est contenue près de cinq fois dans la longueur du corps ; sa hauteur n'est pas non plus bien considérable. Le museau est pointu , et quoique l'ouverture de la gueule ne soit pas visible , je pense cependant qu'elle n'était pas bien profondément fendue. De tous les os de la tête, celui qu'on distingue le mieux, c'est l'opercule, qui est muni de stries rayonnantes très-distinctes ; son pourtour est arrondi en arrière , et son bord lisse. Le préopercule est étroit et allongé. L'orbite est grande. Les dents ne sont malheureusement pas conservées. La colonne vertébrale est de moyenne grandeur. Les vertèbres vont en s'allongeant d'avant en arrière ; fortement étranglées au milieu, elles sont renflées à leurs faces articulaires. H y en a vingt-deux caudales et une douzaine d'abdominales. Les apophyses épineuses sont longues , droites et très-robustes ; il n'y a que les dernières qui s'inclinent sensiblement en arrière. Les côtes sont plus grêles, mais également très-longues. Quant aux osselets interapophysaires, on remarque de singulières variations dans leur forme et leur disposition ; ceux qui portent la dorsale molle sont grêles, et il y en a ordinairement deux pour une apophyse. Ceux qui portent, au contraire, les fausses pinnules en arrière de la dorsale , sont beaucoup plus gros et vont en s'inclinant sensiblement en arrière dans la partie postérieure du tronc. Les mêmes particularités se répètent au bord inférieur. D'abord simplement coudés , les osselets des pinnules ventrales s'inclinent toujours plus en arrière jusqu'à ce qu'à la fin les derniers soient presque horizontaux. La première dorsale n'est qu'imparfaitement conservée; cependant on reconnaît distinctement quelques-uns de ses rayons et de ses épineux . derrière la nuque ; le reste est caché par la pectorale , qui est accidentellement refoulée en haut. La dorsale molle est petite , située au milieu du dos, et composée de douze à treize rayons très-serrés et tous bifurques à plusieurs reprises. L'insertion de l'anale est un peu en arrière de celle de la dorsale ; ses rayons sont plus gros, moins nombreux, mais trèsbranchus : on n'en compte que six, précédés de deux épineux , dont l'un atteint à-peu-près la longueur du premier rayon mou , tandis que l'autre, qui est le premier, n'a que la moitié de cette longueur. La caudale est largement échancrée, à lobes étroits. Sa formule est 9 ou
— GO — iO. I. 8 ; 9. I. 10 ou H; mais les rayons simples extérieurs ne sont pas limités à la base de la nageoire ; ils s'élèvent sur ses flancs jusqu'à atteindre presque la longueur du grand rayon simple. Il est probable que tous ces rayons ont une fourche à leur base qui embrasse la plaque dilatée de la dernière vertèbre caudale , comme c'est le cas des Tetrapturus. La ligne circulaire , à l'origine de la nageoire , indiquerait dans ce cas l'origine de la fourche et la limite des muscles. Les pinnules qui garnissent le bord dorsal et ventral entre la dorsale et la caudale , d'une part , et l'anale et la caudale , de l'autre, sont composées de petits rayons courts et très-fins , insérés sur le coude des osselets. Les pectorales qui se trouvent par accident hors de leur position naturelle , dans l'exemplaire figuré , sont composées d'un nombre considérable de rayons grêles et très-allongés. Les plus longs atteignent la base de la dorsale. Les ventrales , situées sous les pectorales , sont excessivement petites , elles n'ont guère qu'un demi-pouce de long sur un quart de pouce de large. Les écailles sont grandes pour des écailles de Scombéroïdes ; leurs contours se reconnaissent surtout bien sur la partie des flancs qui correspond à la cavité abdominale. On les voit ici par leur face interne. Les originaux se trouvent au musée de Paris.