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CHAPITRE XYI

DU GENRE ANENCHELUM Blainv.

M. de Blainville a établi ce genre sans le caractériser d'une manière précise. Il s'est borné à faire remarquer que les auteurs sont d'accord pour compter ces poissons parmi les Anguilles fossiles , ce qui serait,, selon lui , une erreur. Ce qui est certain , c'est que les Anenchelum ont les plus grands rapports avec les Lepidopus , si bien qu'il est assez difficile de les distinguer au premier abord. Il est dès-lors permis de supposer que si M. de Blainville avait comparé le squelette de ces deux genres , il ne les aurait point séparés génériquement , car il ne mentionne aucun des caractères par lesquels ils se distinguent réellement l'un de l'autre. Partageant d'ailleurs l'idée généralement reçue à cette époque, que les dépôts de Claris appartenaient à la formation, de la Grauwacke, il était naturel qu'il envisageât tous les poissons un peu extraordinaires de cette localité eomme très-différens des poissons de nos jours. De toute manière on ne saurait méconnaître que le genre Anenchelum ne soit par tous ses caractères un Scombéroïde , probablement l'un des plus anciens représentans de cette famille à la surface du globe. Du moins n'ai-je jamais rencontré la moindre trace de Scombéroïdes dans les terrains antérieurs à la craie. II y a cependant une différence capitale entre les Lepidopus et les Anenchelum dans la conformation des ventrales , qui sont composées de quelques longs rayons dans le genre fossile , tandis qu'elles ne sont indiquées que par une petite écaille dans le genre vivant. De plus, les Anenchelum ont des dents uniformes , qui sont toutes très-fortes et probablement peu nombreuses, tandis que chez les Lepidopus, les antérieures seules sont grandes. Sous tous les autres rapports , la ressemblance est parfaite entre les deux genres. D'après cela, si, comme on peut le prévoir dès maintenant, l'on fait jamais du genre Lepidopus le type d'une famille à part, il faudra nécessairement lui associer les Anenchelum, qui sont en quelque sorte ses précurseurs naturels dans l'ordre génétique. En attendant, il ne sera pas inutile de donner la description du squelette du genre Lepidopus (Voir Tab. D du 5" vol.)

Quant aux écailles des Anenchelum , on ne peut guère s'attendre à les connaître, puisque elles ne sont jamais conservées dans les poissons de Claris. Or, les schistes de Claris sont jusqu'ici le seul gîte où l'on trouve ce type.

Les Palseorhynchum qui sont aussi des Scombéroïdes très-allongés et exclusivement propres aux schistes de Claris , diffèrent complètement des Anenchelum par leur bec effdé ; et

alors même que la tète n'est pas conservée, il est encore facile de les distinguer à leurs osselets intcrapopliysaires qui sont toujours plus nombreux que les apophyses et aux rayons des nageoires qui sont proportionnellement plus longs.

Ces deux genres, les Anenchdum et les Polœrhynclmm , offrent un exemple frappant d'un fait qui se répète assez souvent dans la nature , c'est que lorsque certains genres sont circonscrits dans des localités limitées , ils n'y sont pas moins représentés par plusieurs espèces différentes qui souvent ne se distinguent les unes des autres que par les proportions relatives de leurs membres et par des particularités en apparence peu importantes. Je citerai comme l'exemple le plus remarquable de ce fait les nombreuses espèces de Ptérodactyles que l'on a trouvées dans la seule localité de Solenhofen , les îchthyosaures de Lyme Régis , les Palfeotherium de Montmartre, etc.. Cette multiplicité, des espèces dès la première apparition d'un genre , devra être prise en sérieuse considération quand on discutera de nouveau la question de la transformation des espèces.

Squelette du Lepidopus.

La tête du Lepidopus est tellement semblable à celle du Thyrsites , que ce seul rapport suffirait pour justifier la place que Cuvier a assignée à ce poisson parmi les Scombéroïdes. Le crâne est aplati en dessus ; ses frontaux poreux et celluleux se relèvent de part et d'autre en une crête qui se réunit sur le milieu de la tète , vers leur jonction avec les pariétaux , et qui tient lieu de crête occipitale, les occipitaux supérieurs et latéraux étant déprimés, arrondis et surmontés par la plaque que forme le premier inlerapophysaire dilaté. Le sphénoïde principal est long et très-mince ; les orbites sont fort grandes, et il n'y a pas de cloison entre elles. La cavité du crâne doit être extrêmement petite ; en revanche, les os de la face sont très-développés. Le frontal antérieur, qui est très-grand, ferme l'orbite en avant, et l'ethmoïde forme le long prolongement auquel s'attachent , ainsi qu'au vomer, les palatins , les maxillaires supérieurs et l'intermaxillaire, qui forment trois arcs parallèles, placés à la suite les uns des autres et à-peu-près de même grandeur. Le frontal postérieur détermine une saillie très-marquée au bord supérieur postérieur de l'orbite. Le maxillaire supérieur est entièrement édenté , mais le palatin porte une rangée de dents très-fines à son bord extérieur et inférieur. L'intermaxillaire est armé de dents formidables, semblables à celles de la mâchoire inférieure. Il est intimement lié au maxillaire ; mais ces deux os ne sont ni protractiles, ni même mobiles isolément. Les sous-orbitaires ont une conformation particulière ; en avant est un os allongé pourvu d'une apophyse montante , qui va s'articuler au frontal antérieur; au devant et en dessous de ce premier sous-orbitaire est une large plaque qui cache entièrement le palatin et une grande partie du maxillaire supérieur, lorsque la gueule est fermée. Le troisième sous-orbitaire est le plus petit : il s'attache en dessous de l'angle postérieur de l'os moyen, et recouvre une partie de l'os transverse. La mâchoire inférieure est très-large, surtout vers l'apophyse coronaire du

maxillaire ; elle s'articule à un grand jugal ; la caisse et le ptérygoïde sont également très-dilatés et aplatis. Le temporal est large et se bifurque en s'insérant à la caisse. F-'opercule est extrêmement mince et marqué de rayons divergens dans tous les sens ; son bord est plutôt fibreux qu'osseux. Le sous-opercule est également très-développé ; le préopercule est semilunaire. Il y a huit rayons branchiostègues, qui s'attachent aux larges cornes de l'os hyoïde ; le lingual est allongé et naviculaire. Les arcs branchiaux sont très-grèles et garnis de dents extrêmement menues.

Les dents des mâchoires sont disposées comme suit : il y a, tant à la mâchoire supérieure qu'à l'inférieure, de vingt-une à vingt-trois dents coniques, comprimées latéralement et légèrement recourbées en dedans ; les antérieures et les postérieures sont les plus petites; celles du milieu les plus grandes, à l'exception d'une canine très-forte, dirigée en arrière et qui se voit vers la symphyse des prémandibulaires. Sur le devant des intermaxillaires, il y a, de part et d'autre, trois de ces grosses dents, dont l'une est ordinairement cassée: celle qui est la plus rapprochée de la symphyse est la plus petite , quoique elle soit tncore beaucoup plus grande que celle de la mâchoire inférieure ; elle est presque droite et dirigée un peu en avant ; les deux suivantes, de même grandeur, sont légèrement arquées en arrière, surtout à leur pointe, qui est tronquée en demi-fer de flèche.

Le surscapulaire est petit, en triangle allongé ; il s'attache à la partie postérieure et latérale de la tête, aux crêtes extérieures et latérales du crâne , formées par le mastoïdien et l'occipital externe. Le scapulaire est un os très-long et étroit, couché presque horizontalement le long du bord supérieur de l'opercule. L'humérus , ployé à angle droit , ne forme pas de saillie au dessus de l'insertion de la pectorale ; il est en général étroit dans toute son étendue. Le cubital a son angle postérieur arrondi, proéminent en arrière et très-dilaté, tandis que son bord humerai est très-profondément échancré ; son extrémité antérieure , à-peu-près arrondie, se fixe à la symphyse des huméraux. Le radial , auquel s'insèrent les quatre petits osselets métacarpiens, est percé d'un grand trou ovale. Le coracoïdien est très-long , très-grèle , et s'attache à une autre petite pièce en équerre , fixée derrière l'angle de l'humérus. Le stylet pelvique ne se trouve pas dans ce squelette.

La nageoire pectorale est d'une conformation assez extraordinaire , en ce que ce sont les rayons inférieurs qui sont les plus longs ; les deux premiers sont simples et un peu arqués , et c'est le premier qui est le plus gros ; les dix suivans sont fourchus , mais ne montrent aucune trace d'articulation.

La colonne vertébrale est composée de cent et onze vertèbres, nombre qui cadre bien mal avec les théories de l'unité de nombre de Carus et d'Oken, et surtout avec l'assertion du premier, qui prétend que tout squelette doit être composé de trente-six vertèbres 6x6, tandis que Oken veut qu'il en ait trente-cinq, c'est-à-dire Sx 7. 11 est à remarquer que ce nombre n'est ni le multiple de trente-cinq , ni celui de trente-six. Pour bien m'assurer que je ne me trompais pas à cet égard , j'ai sacrifié trois exemplaires et j'ai retrouvé invariablement dans '*^s trois cent et onze vertèbres dont quarante-une abdominales et soixante-et-dix caudales.

Les corps même des vertèbres ont une conformation particulière ; ils sont plus ou moins comprimés latéralement et plus longs que hauts; sur les côtés, il y a une forte impression, qui est d'autant plus marquée, que les vertèbres sont plus grandes et que les apophyses transverses sont moins développées ; car on doit considérer comme telle la crête longitudinale qui s'élève du bord inférieur des vertèbres abdominales, et de leur milieu dans la région caudale. Les huit ou dix dernières vertèbres ont cela de particulier, qu'elles forment presque des cubes réguliers.

Les apophyses articulaires sont également très-développées , surtout les inférieures de la queue, les antérieures comme les postérieures , mais leur articulation n'est en réalité qu'une juxtaposition. Au bord supérieur de la colonne vertébrale, ce sont les antérieures qui sont les plus marquées ; elles débordent , dans les vertèbres abdominales , et les apophyses postérieures ; mais plus en arrière , et surtout dans la partie caudale , elles s'allongent encore beaucoup plus, jusqu'à atteindre les apophyses épineuses et s'y attacher. Il est à remarquer aussi que l'insertion des apophyses épineuses supérieures est d'autant plus reculée sur les corps des vertèbres, que l'on approche davantage de la caudale.

La dernière vertèbre ne présente rien de particulier, si ce n'est qu'elle est dilatée en une plaque triangulaire , légèrement échancrée au milieu. Les apophyses épineuses de la pénultième s'allongent jusqu'aux rayons de la caudale ; mais celles des sept ou huit vertèbres qui précèdent sont pour ainsi dire imperceptibles ; ce ne sont que de petits crochets couchés sur le corps même des vertèbres.

Les côtes sont extrêmement grêles et presque filiformes , surtout les antérieures, qui sont près de trois fois plus longues que les dernières et assez droites; elles s'insèrent toutes immédiatement aux corps des vertèbres, par un renflement fixé dans une petite fossette articulaire. Il y a trente-huit paires de côtes , les deux premières vertèbres nuchales.et la dernière abdominale n'en ont point. La dernière abdominale est aussi la seule dont les apophyses inférieures soient dirigées perpendiculairement en bas, comme dans les vertèbres caudales; vers le milieu, ces apophyses sont réunies par un arc médian , qui forme le commencement du canal vasculaire. Aux deux premières vertèbres nuchales, qui sont sans côtes, et aux deux suivantes, qui portent des côtes s'attachent, de part et d'autre, de grosses arêtes musculaires.

Les apophyses épineuses tant supérieures qu'inférieures sont d'une grande régularité et très-uniformes; elles sont droites, d'égale épaisseur, verticales dans la région antérieure du tronc et légèrement inclinées dans la région postérieure. Il n'y a que celles de la queue qui aient une forte inclinaison. La longueur des plus grandes est triple de la hauteur des corps de vertèbres.

Les osselets interapophysaires sont à-peu-près de même grandeur que les apophyses épineuses et intimement unies à ces dernières , auxquelles ils correspondent exactement par leur nombre. Ce n'est que près de la nuque qu'ils s'en détachent partiellement ; il y a même ici une apophyse qui n'a point d'osselet: en revanche, le premier osselet est dilaté en une plaque

triangulaire qui tient lieu de crête occipitale, et c'est à l'angle supérieur de cette plaque que s'articule le premier rayon. Les osselets des dernières vertèbres sont aussi moins intimement unis aux apophyses. Le sommet de chaque osselet est dilaté en une arête horizontale, qu'on pourrait appeler l'arène marginale. Cette arête a deux branches, une antérieure et une postérieure. L'antérieure, qui est la plus courte, est terminée en pointe et inclinée en avant et en bas, de manière à supporter la branche postérieure de l'osselet précédent. La branche postérieure est divisée en deux pièces, qui sont unies par une suture, et c'est contre son extrémité que s'articule le rayon de la nageoire auquel elle sert en quelque sorte de contrefort et qui est implanté exactement au dessus de l'axe vertical ou de la tige de l'osselet. De la combinaison de tous ces osselets résulte une chaîne osseuse assez solide qui s'étend tout le long du dos. La même structure se répète au bord inférieur, à partir de l'anale, avec celte seule différence, qu'ici les branches des osselets formant l'arête marginale sont d'égale longueur de chaque côté et que la branche postérieure n'est pas divisée en deux pièces. Les rayons de l'anale ne sont en général que de très-petites épines, des rayons rudimenlaires ; ils ne s'allongent que vers la caudale , où les seize ou dix-sept derniers atteignent à-peu-près la longueur des rayons ^ de la dorsale à l'opposite. Le premier osselet de lanale est en outre dilaté à son sommet en un bourrelet qui porte une assez grosse épine.

Le nombre des rayons de la dorsale est de cent et trois, exactement autant qu'il y a d'osselets interapophysaires. Les antérieurs sont les plus longs; ils se raccourcissent graduellement vers le commencement de la queue, pour s'allonger de nouveau un peu plus loin ; les derniers enfin vont en diminuant sensiblement jusqu'à la soixantième vertèbre caudale. L'anale a une vingtaine de rayons bien marqués , correspondant exactement aux derniers rayons de la dorsale, plus une série de petites épines à peine visible à l'œil nu. Tous les rayons de ces deux nageoires sont flexibles, épineux, et sans aucune trace d'articulation ou de fissure.

La caudale est composée de 1 , 8, 7, I, rayons articulés portés par la dernière vertèbre ; ils sont flanqués de part et d'autre de cinq ou six osselets latéraux simples , portés par les apophyses de la pénultième vertèbre. Les grands rayons extérieurs et les médians sont articulés, et ces derniers en outre très-branchus.

L Akenchelum glarisianum DeBlainv.

Vol. 5, Tab. 36, fig. 1 et 2.

Syn. Anenchelum glarisianum De Blainv. Ichth. p. 10.

M. de Blainville a confondu sous ce nom quatre espèces qui sont faciles à distinguer à la longueur relative de leurs vertèbres et de leurs apophyses et à la grandeur des rayons des nageoires verticales. J'ai désigné ces espèces nouvelles sous les noms d'An, latum , isopleurum et heteropleurnm et conservé celui (\'y4n. glarisianum. à la plus commune. Comme je

possède des exemplaires assez parfaits, vieux et jeunes, de chacune d'elles, je n'ai aucun doute sur leur différences spécifiques.

VAnenchelum glarisianum a le corps beaucoup plus allongé que toutes les autres espèces ; ses vertèbres sont de même proportionnellement plus longues et les apophyses épineuses par conséquent plus espacées. La queue est très-grèle. Dans l'exemplaire de fig. 2 , qui représente la partie postérieure du tronc d'un individu adulte , toutes les vertèbres sont du double plus longues que hautes. Les apophyses articulaires sont peu saillantes. Les apophyses épineuses sont grêles, et les inférieures sont sensiblement plus inclinées que les supérieures, dans toute la partie du tronc qui est visible dans cet exemplaire : le môme caractère se reproduit aussi dans le petit exemplaire de lig. 1 ; ce caractère des apophyses épineuses supérieures plus érectes que les inférieures se retrouve dans VÀn. heteropleuruni. A chaque apophyse correspond un osselet interapophysaire qui est accolé contre l'apophyse, au point que l'on dirait qu'il ne forme qu'une seule pièce avec elle , comme dans le genre Lepidopus. L'osselet est cependant un peu plus court que l'apophyse. Il se dilate à son bord supérieur en une arête longitudinale que nous avons appelée l'arête marginale dans le squelette du Lepidopus et dont la branche postérieure est beaucoup plus longue que l'antérieure. La réunion de ces différentes arêtes marginales s'articulant entre elles, forme aussi ici un chaînon continu au bord dorsal et au bord ventral. Les rayons de la dorsale sont d'une grande régularité sur presque toute la longueur du dos ; ils ne s'allongent un peu que vers l'extrémité de la nageoire , où ils sont àpeu-prês du double plus longs qu'au milieu du corps ; entre le dernier rayon et l'origine de la caudale, il y a un petit espace dépourvu de rayons. La caudale est composée de rayons très-minces ; sa formule est : U, I, 8, 7, I, 3; la plupart se divisent en fins filets à leur extrémité. La plaque de fig. l représente, selon toute apparence , un jeune de cette espèce; on reconnaît dans le squelette les principaux caractères que nous venons d'énumérer. Outre cela, la tête et la partie antérieure du tronc sont conservées, et nous voyons par là que notre poisson a la même étroitesse dans toute sa longueur. Les côtes sont excessivement grêles, semblables à de petites soies dont la direction est conforme à celles des apophyses épineuses inférieures, La tête ne forme guère que la huitième partie de la longueur totale.

11 paraît que la mâchoire inférieure débordait la mâchoire supérieure. Les exemplaires figurés se trouvent , l'un dans la collection de Lord Enniskillen , l'autre dans celle de Sir Philipp Egerton. J'ai eu occasion d'examiner plusieurs autres beaux exemplaires de cette espèce aux Musées de Carlsruhe de Zurich et de Neuchâtel et dans les collections de M. Lavater et de M. Scheitlin.

IL Ajnenchelum isopleurum Agass.

Vol. 0, Tab. 36, fig. 3.

Quoique très-grèle, cette espèce est cependant moins allongée que ses congénères. Comme l'exemplaire figuré , le seul dont tout le corps soit conservé, est un jeune individu, on pourrait

supposer que cette différence tient à l'âge. Mais la comparaison de ce poisson avec l'exemplaire de fîg. 1 qui représente le jeune âge de VAnenchelum glarisianum ne permet pas de douter qu'il n'appartienne à une espèce particulière. En effet, dans notre poisson les vertèbres sont plus grosses et proportionnellement plus courtes ; les apophyses supérieures et inférieures sont semblables, et c'est à peine si l'on remarque une légère différence dans leur inclinaison. Les rayons de la nageoire dorsale sont courts et grêles. Les pectorales et les ventrales se font remarquer par des rayons très-grèles et fort longs. La tête est courte et pointue ; elle est contenue au moins huit fois dans la longueur du corps. La mâchoire inférieure déborde aussi ici la supérieure. La caudale est grêle , faiblement échancrée et à rayons très-fins. Le nombre des vertèbres est de près de cent.

Des schistes de Glaris. L'original de ma figure se trouve dans la collection de lord Enniskillen , qui en possède un second exemplaire de grande taille , mais incomplet , où l'on voit les mâchoires armées de grandes dents uniformes et plus espacées que dans les autres espèces du genre. Celles de la mâchoire inférieure paraissent les plus grosses ; les antérieures de la mâchoire supérieure sont dirigées en avant. En voyant cette tête isolément, on serait tenté de la prendre pour l'empreinte d'un crâne de Lepidopus ; mais les longs rayons grêles qui forment les nageoires ventrales montrent bien que le genre Anenchelum est un bon genre. Les rayons de la dorsale paraissent plus hauts près de la nuque que sur le milieu du dos , ou vers la queue. Si cette dilTérence se confirmait dans tous les exemplaires, ce serait le caractère le plus sûr de l'espèce. Il en existe un exemplaire au musée de Zurich, auquel les nageoires manquent, et un autre, plus jeune que celui que j'ai figuré, dans la collection de M. de Haber, à Carlsruhe.

IIL Anenchelum dorsale Agass.

Vol. 5 , Tab. 36, fig. k et Tab. 37 a, fig. i et 2.

Lorsque j'ai distingué cette espèce, je ne connaissais que la partie postérieure du tronc , et pour la caractériser j'avais particulièrement en vue la disposition des apophyses, dont les supérieures sont plus inclinées que dans aucune autre espèce , notamment dans la région de la queue (Tab. 36, fig. k). Elles sont même plus inclinées que les inférieures, contrairement à ce que l'on observe généralement dans les autres espèces du genre. Plus tard, j'ai eu le bonheur de rencontrer deux exemplaires plus parfaits, dont l'un montre l'empreinte distincte de la tête et des mâchoires (Tab. 37a, fig. 1 et 2). Non seulement l'inclinaison des apophyses se trouve être un caractère constant, qui peut être envisagé comme une des marques distinctives de l'espèce ; mais j'y ai découvert aussi plusieurs autres particularités qui méritent quelque attention. La colonne vertébrale est assez robuste; les corps de vertèbres sont plus courts que dans VJ. (ilarisianum ; en revanche , les apophyses et les osselets sonl giéles. Ces derniers sont proportionnellement plus courts , et moins intimement unis aux apophyses que

— 73 — ■ dans les autres espèces. Les côtes sont assez vigoureuses et arquées en arrière. La dorsale commence à la nuque et s'étend jusqu'à une petite distance de la caudale. Ses premiers rayons sont longs et assez serrés (Tab. 37, fîg. \), mais ils se raccourcissent tôt après et sont très-uniformes sur toute l'étendue du dos ; il n'y a que les derniers qui s'allongent de nouveau graduellement (Tab. 56, fîg. h). La tête est grosse et courte. Les mâchoires sont armées de dents robustes, coniques et assez serrées. On ne remarque aucune différence sensible entre les dents de la mâchoire inférieure et celles de la mâchoire supérieure ; elles sont toutes d'égale dimension , et il y en a en haut et en bas une rangée de chaque côté.

Des schistes de Glaris. Les originaux de toutes mes figures font partie des collections de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. Je n'en ai pas encore vu ailleurs.

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