‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 45 sur 156 · IV. Anenchelu.m heteropleurum Agass · texte numérisé non relu

IV. Anenchelu.m heteropleurum Agass

Vol. S, Tab. 37a, fig. 3.

Je suis à même de donner une description détaillée de cette espèce , car j'en possède, grâce à l'obligeance de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton , un exemplaire d'une rare perfection qui permet d'étudier toutes les parties du squelette. C'est une espèce très-allongée , voisine, sous ce rapport, de Vj4. glarisianum. La longueur totale de notre exemplaire est de trois pieds et quelques pouces ; sa plus grande largeur est de quinze lignes. La tête est contenue près de sept fois dans la longueur totale. Ce qui frappe tout d'abord dans le squelette , c est la direction fort différente des apophyses supérieures et inférieures. Les premières sont verticales ; les secondes sont, au contraire, fort inclinées en arrière, de manière à former avec les supérieures un angle ouvert d'environ cent vingt degrés. Cette inclinaison des apophyses inférieures les fait paraître au premier abord plus serrées que les supérieures ; mais en réalité leur nombre est le même. Les osselets interapophysaires sont plus intimement liés aux apophyses que dans aucune autre espèce, au point de ne former avec elles qu'une ligne droite et continue. Leurs arêtes marginales sont parfaitement horizontales au bord dorsal et au bord ventral ; on dirait de petits osselets interposés entre les rayons pour les tenir en respect. Les corps de vertèbres sont allongés et sensiblement étranglés au milieu , mais cependant plus courts que ceux de VA. glarisianum ; mais ce qu'il y a de plus remarquable , c'est que leurs apophyses articulaires, au lieu d'être verticales, sont obliques. Le nombre des vertèbres est très-considérable ; j'en compte soixante et douze caudales et environ quarante abdominales. Les côtes sont robustes, plus longues et plus arquées que les apophyses. Les rayons des nageoires sont d'une grande uniformité ; la dorsale commence, à ce qu'il paraît, immédiatement au dessus de la nuque et s'étend jusque près de l'origine de la caudale. Il n'y a que les cinq ou six derniers rayons qui se distinguent par leur longueur plus considérable. La caudale était très-grêle dans l'exemplaire figuré ; il n'y a de conservé que le commencement des rayons et TOM. V. 10

la plaque dilatée de la dernière vertèbre ; mais, dans un autre exemplaire de la collection de sir Philipp Egerton, la queue se termine par une nageoire composée de rayons très-fins. Elle est également visible dans un exemplaire du musée de Zurich. L'anale, les ventrales et les pectorales n'ont pas laissé de traces distinctes de leur présence. La mâchoire supérieure est armée de dents très-robustes , implantées dans un os large , d'apparence vigoureuse ; il paraît qu'il n'y avait qu'une seule rangée de dents ; j'en compte une dizaine, dont les plus grosses ^ont au milieu. Les dents de fa mâchoire inférieure ne sont pas conservées; maia s'il faut en juger d'après VJ. dorsale, il est probable qu'elles étaient à-peu-près conformées de la même manière que celles de la mâchoire supérieure. La mâchoire inférieure déborde la mâchoire supérieure.

Des schistes de Claris. Aux musées de Zurich et de Neuchâtel et dans Les collections de lord. Enniskillen et de sir Philipp Egerton.

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