II. Nemopteryx elongatus Agass
Vol. §,Tab. 21 a.
Il me reste quelques doutes sur l'identité générique de cette espèce avec la précédente , bien qu'elle s'accorde avec elle sous plusieurs rapports et notamment par sa caudale arrondie. La tête est très-volumineuse , mais en général trop mal conservée pour fournir de bons caractères. Elle égale au moins le quart , sinon le tiers de la longueur totale. En revanche, le tronc est très-grèle; les vertèbres sont cylindriques, très-rétrécies et d'inégale longueur, mais
toutes sont beaucoup plus longues que hautes , avec des apophyses articulaires très-accusées. Les premières vertèbres caudales se font remarquer par leur extrême petitesse. Les apophyses épineuses sont minces et très-inclinées en arrière. Les osselets interapophysaires sont de moitié plus nombreux , et il y en a alternativement un et puis deux pour une apophyse. Je n'ai pas réussi à me procurer des données précises sur l'étendue de la dorsale. 11 en existe un lambeau distinct , composé de rayons très-serrés près de la caudale ; mais les osselets interapophysaires se voient aussi au delà sur toute l'étendue du dos. Il y a dans notre figure supérieure un second lambeau près de la nuque , qu'on prendrait volontiers pour une première dorsale ; mais le fait que les rayons sont branchus s'oppose à une pareille interprétation. L'anale est très-étendue et composée de rayons très-serrés et fort grêles. La caudale est bien arrondie. La base de son insertion est elliptique. Les premiers rayons sont très-courts, mais ils augmentent insensiblement de longueur jusqu'au milieu, où sont les plus longs. Tous paraissent être dicbotomisés à leur extrémité. Il n'y a pas moins de sept vertèbres , dont les apophyses servent de soutien à cette nageoire. EnGn il existe aussi quelques traces de pectorales sous la région thoracique : ce sont six ou sept rayons grêles, très-espaces et bifurques près de lear extrémité , absolument comme les rayons des pectorales du N. crassus. Il y a en outre en arrière et au dessous des pectorales deux longues arêtes que je crois être des côtes et qui , à ce titre , ne sont pas sans intérêt , car elles prouveraient qu'elles ont dû s'étendre jusqu'au bord inférieur.
Les originaux figurés font partie de la collection de Lord Enniskillen et de Sir Philipp Egerton ; il en existe aussi un fragment au Musée de Neuchâtel. Tous ces exemplaires proviennent de Claris.
C'est dans le voisinage des Anenchelum qu'il faut ranger le genre Xiphopterus que j'ai établi d'après un exemplaire de Monte-Bolca figuré dans l'Ichthyologie véronaise sous le nom d'Esox falcatus , Tab. S 7, et que j'appelle maintenant Aiphopterus falcatiis. Ce fossile est malheureusement trop mal conservé et en même temps de taille trop considérable pour que j'aie cru devoir le figurer, avant d'en avoir examiné de meilleures empreintes. C'est certainement un Scombéroïde très-allongé. On voit des traces de ventrales en avant et au-dessous des pectorales, et la caudale est-très-fourchue, comme chez la plupart des poissons de cette famille. L'anale est à-peu-près au tiers postérieur de la longueur totale du poisson ; on voit des rayons sur le dos, en arrière de l'anale, et d'autres plus en avant ; mais il ne paraît pas y en avoir eu sur toute la longueur du dos. La tête est proportionnellement petite; les côtes sont longues et entrecroisées avec des pièces sternales analogues à celles des Clupes. La longueur totale de ce poisson est de plus d'un mètre.