‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 50 sur 156 · II. Palaeoehvnchum Egertoni Agass · texte numérisé non relu

II. Palaeoehvnchum Egertoni Agass

Vol. 5,Tab. .54a,fig. 1 (*).

Cette espèce est tout aussi grêle que la précédente. Le bec, quoique effilé, est cependant moins long. La colonne vertébrale n'est pas très-épaisse. Les vertèbres sont d'égale longueur en avant et en arrière ; seulement celles de la partie postérieure du tronc ont des articulations plus renflées que celles de la partie antérieure. Les côtes, dont les empreintes sont assez bien conservées dans notre exemplaire , sont très-fortes et se prolongent jusqu'au bord ventral. Les apophyses, en revanche, sont courtes, mais il paraît qu'elles augmentent de largeur d avant en arrière. Les osselets interapophysaires sont doubles , comme dans l'espèce précédente; seulement leurs deux branches, au lieu de diverger sensiblement, se rapprochent en dedans. Il n'y a que les dix ou douze derniers osselets de la dorsale et ceux de l'anale qui soient simples. Dans la partie antérieure du tronc , aussi loin que les osselets sont doubles, il n'y a guère qu'une paire d'osselets pour une vertèbre. Mais ils se rapprochent. in-

(") C'est la figure supérieure de gauche.

sensiblement, et près de la caudale il y en a souvent trois entre deux apophyses. Les osselets simples de l'anale sont, si possible, encore plus rapprochés; mais, à l'inverse de la dorsale , ce sont ici les premiers qui sont les plus serrés. Les nageoires ne sont qu'imparfaitement conservées ; cependant la dorsale a laissé assez de vestiges pour montrer que ses rayons, excessivement grêles, étaient loin d'atteindre les dimensions des rayons du Pa/feorAjnc/utm longirostre. La présence d'osselets interapophysaires tout le long du dos fait présumer qu'elle s'étendait aussi sur tout le bordjlorsal. La caudale se fait remarquer par l'extrême ténuité de ses rayons, dont une trentaine sont portés par deux singulières plaques de forme ovale , qui paraissent propres à cette espèce ; du moins je ne les ai rencontrées jusqu'ici dans aucune espèce de Palceorhynchum.

L'original fait partie de la collection de sir Philipp Egerton ; il provient des schistes de Glaris. C'est le seul exemplaire entier que je connaisse de cette espèce.

lU. Palaeorhynchum GLARisiANUM de Blainv.

Vol. S, Tab. sa.

SVN. Palworhynchum glarisianum. De Blainv. Iclltll. p. 10.

C'est peut-être de toutes les espèces la plus grêle. La colonne vertébrale est surtout d'une minceur extrême ; elle n'a pas même la moitié de l'épaisseur que nous lui avons trouvée dans les autres espèces. Les côtes sont longues et robustes , eu égard aux vertèbres ; elles atteignent toutes, sans exception, le bord ventral, étant arquées vers le milieu. Les apophyses épineuses sont beaucoup plus courtes et plus grêles. Enfin les osselets interapophysaires sont aussi excessivement grêles, mais du reste par paires, comme dans les autres espèces. Avec des conditions pareilles , il est étonnant que les rayons soient aussi développés. Ceux de la dorsale ont deux pouces et au-delà de longueur, depuis le premier, qui commence immédiatement derrière la nuque, jusque derrière les grands rayons de l'anale , c'est-à-dire, aussi loin qu'il est possible de les poursuivre dans l'exemplaire de fig. 2. L'anale elle-même a de fort gros rayons qui sont précédés d'une douzaine de petits , qui vont en augmentant d'avant en arrière, et dont le plus grand n'a pas même un demi-pouce de haut. Les ventrales, situées au dessus de la ceinture thoracique, montrent six rayons de la longueur d'un pouce environ. A l'égard de ces nageoires, l'analogie est par conséquent très-grande entre notre espèce et le P. lonyirostre décrit ci-dessus ; mais il est une différence qui ne permet en aucune manière de confondre les deux espèces , c'est la minceur du squelette dans notre P. glarisiamim. Le bec est très-grêle. La tête ne présente rien de particulier.

Je rapporte à la même espèce le fragment de fig. i , qui se distingue par la même forme grêle du squelette. Il est cependant à remarquer que les côtes et les rayons des ventrales sont

ToM. y. , 11

un peu plus iongs. La tête est mieux conservée et permet de reconnaître la cavité de l'œil, qui est fort grande.

Si, comme j'ai tout lieu de le croire, l'empreinte de fig. 3 est aussi spécifiquement identique, il sera désormais facile de restaurer le squelette de ce poisson, remarquable dans toutes ses parties ; car la partie postérieure du tronc, qui manque dans l'exemplaire de fig. 2, est justement celle qui est le mieux conservée dans l'exemplaire de fig. 3 , où elle va en se rétrécissant graduellement et d'une manière égale aux bords supérieur et inférieur. Il paraît aussi que, dans cette partie du tronc, les vertèbres ne sont pas toutes exactement semblables, car il y en a qui sont sensiblement plus longues que d'autres. La caudale est fort grêle et composée de rayons très-fins , à-peu-près tous d'égale longueur. J'en compte huit au lobe supérieur, et neuf au lobe inférieur. Quoique les articulations ne soient pas visibles, je ne doute cependant pas que les rayons ne soient articulés. Vers le bord inférieur de la tête de cet exemplaire , on remarque en dessous de l'orbite le préopercule , qui est fortement développé en avant, et très-large à son angle postérieur.

Cette espèce paraît être assez fréquente dans les schistes de Claris. L'exemplaire de fig. 3 fait partie de la collection de M. Scheitlin, à St.-Gall; celui de fig. 2 se trouve au musée de Zurich, et celui de fig. i dans la collection de lord Enniskillen. J'en ai examiné d'autres également bien conservés dans la collection de sir Philipp Egerton et aux musées de Berne et de Neuchâtel. Il paraît que M. de Blainville a confondu toutes les espèces de ce genre sous le nom collectif de Palœorhynchum glarisianum ; mais, comme nous l'avons déjà vu et comme nous le verrons encore plus loin, il en existe bien réellement plusieurs, quoiqu'elles soient toutes assez semblables.

l\ . Palaeorhynchum rAïUM Agass.

Vol. 3, ïab. 32, fig. 2, et Tab. 35.

Cette espèce est plus large que la plupart de ses congénères, de-là son nom spécifique. La colonne vertébrale n'est ni très-grêle , ni très-robuste ; mais les côtes sont , par contre , fort développées et surtout très-longues. Les apophyses sont courtes et droites, et les supérieures ont l'air de ne former qu'une ligne continue avec les inférieures ; les unes étant légèrement inclinées en avant, les autres en arrière. Les osselets interapophysaires sont par paires, comnie dans le P. longirostre , et disposés de telle manière, que ce sont les branches de deux paires (l'antérieure de l'une et la postérieure de l'autre paire) qui touchent ensemble le sommet d'une même apophyse. A chaque paire d'apophyses correspond un rayon , ensorte que le nombre des rayons se trouve être égal à celui des apophyses ; il n'y a que la partie postérieure du tronc, près de la queue, qui fasse exception ; ici les osselets, devenus simples, sont plus grêles et plus nombreux , et il y en a ordinairement trois pour une apophyse. Les osselets de

l'anale sont ôgalemeni simples et de même nombre que les apophyses Les grands rayons de cette nageoire ont chacun leur paire d'osselets, mais il n'en est pas de même des petits rayons postérieurs, dont il y en a aussi ici plusieurs pour un osselet. Les antérieurs, qui s'étendent sur le bord de la cavité abdominale, ne paraissent pas être supportés par des osselets.

Les nageoires présentent quelques particularités dignes de remarque. La dorsale , qui s'étend sur tout le dos , est composée de rayons très-uniformes , ayant d'un pouce et demi à deux pouces de long ; mais comme leur extrémité est ordinairement arquée en arrière , ils paraissent plus courts qu'ils ne sont réellement ; ils ne se rapetissent que sur le pédicule de la queue. L'anale commence par une série de petits rayons , à-peu-près au second tiers de la longueur du tronc. A ces petits rayons, au nombre de quinze ou seize, et qui ont tout-à-fait l'air d'être simples, succède une série d'environ huit rayons très-gros, les plus longs de tous, lesquels se divisent en un nombre plus ou moins considérable de filets ; puis viennent de nouveau des rayons plus courts, d'apparence simple , qui ont l'air de s'étendre jusqu'à l'origine de la caudale. A l'extrémité de la dorsale et de l'anale, la queue se rétrécit très-rapidement, ensorte que le pédicule qui porte la caudale est fortement étranglé. La caudale elle-même paraît être plus large que chez les autres espèces (Tab. 35, fig. i) ; mais ses rayons n'en sont pas pour cela plus nombreux. Les ventrales sont composées d'un petit nombre de rayons , d'apparence roide. aussi longs que les rayons de la dorsale, mais bifurques à leur extrémité, La tête paraît assez ramassée ; le bec n'est pas excessivement long, quoique fort grêle. L'orbite est grande, entourée de sous-orbitaires fort larges et à-peu-près carrés. On remarque aussi plusieurs rayons branchiostègues ; ils sont de la grosseur des côtes, arqués en arrière et trèsserrés.

Tels sont les caractères que nous empruntons aux exemplaires de fig, 2, Tab, 32, et à la figure supérieure de Tab. 3d, Quant à la fig. inférieure de Tab, 35, ce n'est pas sans quelque doute que je la rapporte à la même espèce. Elle représente en tout cas un poisson de bien plus grande taille , mais qui se distingue par la forme grêle de la colonne vertébrale que nous venons de signaler (*).

Des schistes de Glaris. L'original de Tab. 32 fait partie de la collection de lord Enniskillen ; il en existe une lithographie publiée par lui en 1829, sur une feuille détachée, in-folio. Les originaux de Tab. 33 se trouvent au musée de Munich, Cette espèce paraît plus rare que le P. glarisiamon.

C) Par une erreur du dessinateur, cette figure se trouve ici sans dessus dessous, de manière que les côtes sont en haut.

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