CHAPITRE I
DU GEiNRE ACANTHOPSIS.
J'ai cru devoir détacher du genre Cobitis plusieurs petits poissons, dont j'ai fait un genre à part sous le nom de Acanthopsis (Ployez mon Mémoire sur quelques espèces de Cyprins du lac de Neucliâtel dans les Méni. de la Soc. dliist. nat. de Neuchâtel^oX. I. ) Ces poissons, dont les espèces vivantes habitent les eaux douces de l'Europe centi-ale et méridionale, ainsi que les grands fleuves de l'Inde, sont caractérisés par leur forme très-allongée. Le corps est tout d'une venue, compiimé latéralement^ la tête et les nageoires sont proportionnellement petites; la caudale est tronquée ou arrondie ; la dorsale , de forme semblable à l'anale , est placée vis-à-vis et un peu en avant des ventrales. Mais ce qui les distingue surtout des Cobitis, c'est que leurs barbillons sont proportionnellement plus courts, et que le premier sousorbitaire, bifurqué et terminé en pointes acérées, jouit d'une grande mobilité et devient une arme défensive et offensive, dont l'animal se sert comme d'un crochet. Les dents pharyngiennes sont très-pointues et placées sur une seule rangée. L'apophyse inférieure de l'os basilaire est renflée en forme de caisse arrondie. Le crâne est étroit et comprimé, comme toute la tête et le reste du corps. Les écailles sont si petites, qu'elles échappent à la vue. Il est d'autant plus intéressant de posséder une espèce fossile de ce genre dans nos terrains d'eau douce, que sa présence dans les schistes d'Oeningen avec des feuilles de Liquidambar et des rameaux de Taxodium , associés du reste à des poissons très-semblables à ceux de nos lacs et de nos rivières, prouvent qu'à l'époque de leur ensevelissement, l'aspect de ces contrées présentait un sol sillonné de lacs et de rivières , sous un climat plus chaud que le nôtre.