I. TlNCA FURCATA AgaSS
Vol. 5, Tab. 52.
11 ne saurait y avoir de doute sur la position générique de ce poisson. Sa grosse tête, son tronc large et trapu, ses nageoires à rayons épais, surtout le premier des ventrales et le plus allongé de chaque lobe de la caudale, comme aussi l'extrême petitesse des écailles qui ne se retrouvent ainsi dans aucun autre genre de la famille des Cyprins, excepté dans les Loches (Cobitis) et les Blavins ( Phoxinus ) , démontrent suffisamment que c'est parmi les Tanches qu'il doit prendre sa place. L'espèce, différente de la Tanche vivante, est très-caractérisée par la bifurcation de la caudale, qui forme deux lobes arrondis dont tous les rayons, mais en particulier les extérieurs qui sont les plus longs, se font remarquer par leur largeur. On en compte lo. L 9. 8. L 9^ qui tous sont ramifiés et articulés dans presque toute leur largeur, excepté les extérieurs qui sont simples. L'anale est étroite, portée par 9 osselets interapophysaires et pourvue de longs rayons, qui, lorsqu'ils sont inclinés vers le corps, touchent à peu près l'origine de la caudale-, il y en a 2. L 9^ également articulés et ramifiés. La dorsale a 10 osselets interapophysaires et 2. L 9 rayons, que j'ai vus disposés de la manière suivante dans un exemplaire du Musée de Carlsruhe, où cette portion de l'animal se trouve mieux conservée que dans le poisson figuré : il y a d'abord un très-petit rayon, puis un autre de moitié aussi long que le plus allongé; vient ensuite un troisième rayon très-gros, simple et articulé à son extrémité, auquel succèdent huit ou neuf autres rayons fourchus et articulés jusqu'à la moitié de la longueur. Les ventrales ont au moins 1 1 rayons et les pectorales un nombre encore plus considérable ; j'en ai compté i4 dans un exemplaire du Musée de Carlsruhe. Les vertèbres sont de moyenne taille, pourvues d'apophyses assez longues dans toute l'étendue de la colonne; on en compte 3+ i5 abdominales, portant douze paires de côtes^ et i5+ I caudales. Les côtes sont grosses et fort longues. Le bassin est également très-solide. Enfin l'on distingue aussi, dans la partie postérieure, un nombre assez considérable d'arêtes musculaires très-bien conservées. Les osselets interapophysaires de la dorsale sont au nombre de dix, les antérieurs sont toujours plus allongés que les postérieurs. Quoique les pièces qui composent la tête soient presque entièrement froissées, on n'en reconnaît pas moins tous les os qui la composent; on voit surtout dans notre exemplaire l'humérus, les pièces operculaires et les mâchoires.
Les écailles sont très-petites et de forme oblongue. J'en ai figuré quelques-unes grossies, à côté du poisson, pour donner une idée de leur structure. On y voit une foule de rayons qui partent du centre d'accroissement situé à la partie postérieure de récaille et divergent en éventail vers le bord antérieur ; les lignes concentriques sont très-rapprochées .
Je connais un nombre assez considérable d'individus de cette espèce^ tous proviennent des scbistes d'Oeningen. L'exemplaire figuré fait partie de la collection de 31. Lavater de Zurich. Il en existe également au Musée de Carlsrulie, au Musée Britannique et dans la collection de Lord Cole et de Sir Philippe Egerton. L'exemplaire du Musée Britannique est le plus grand que je connaisse ; il est considérablement étiré. Il s'en trouve vm dessin dans le portefeuille de poissons fossiles de la Bibliothèque de G. Cuvier, que j'avais pris à tort pour le Leuciscus œningensis à cause de sa forme. Voir Vol. I. p. 22, et feuilleton p. 4o.