II. TiNCA LEPTOSOMA AgaSS
Vol. 5, Tab. 5i.
Les mêmes raisons qui m'ont guidé dans la détermination du T. furcata me font placer cette espèce dans le genre des Tanches , quoique dans le jeune âge elle ait la plus grande ressemblance avec les grands exemplaires du Gobio analis. Dans ce cas il n'y a que la structure des écailles qui puisse servir à une diagnostique rigoureuse, les Tanches ayant toujours les écailles très-petites, tandis que dans les Goujons (Gobio) elles sont circulaires et proportionnellement aussi grandes que dans les autres Cyprins, mais très-minces.
L'espèce, une fois placée dans son genre naturel, est facile à déterminer : elle est beaucoup plus grêle que le T. furcata, très-élancée ; sa caudale est fortement échancrée. La tête est un peu plus mince que le tronc. Les corps de vertèbres sont courts mais assez gros ; les apophyses épineuses sont minces et grêles. Outre les trois vertèbres nuquales qu'on ne voit que très-imparfaitement^ il y ^^ dix-huit vertèbres abdominales et quinze paires de côtes 5 celles-ci sont très-fortes et pointues à leur extrémité. On compte en outre quinze vertèbres caudales dont quatorze sont pourvues d'apophyses épineuses très-acérées. L'apophyse inférieure des treizième et quatorzième vertèbres et la supérieure de la quatorzième sont plus longues et plus fortes que les autres ; elles servent de base à l'articulation des petits rayons externes de la caudale.
La dorsale est située au milieu du dos, en face de l'insertion des ventrales. L'anale à son tour occupe le milieu entre les Acntrales et la caudale. C'est la dorsale qui est surtout bien conservée dans l'exemplaire figuré ; elle est portée par neuf osselets
interapophysaires assez gros mais courts , et dont le premier semble avoir été aplati et bifurqué à son extrémité. Les rayons de cette même nageoire sont disposés comme dans le T.furcata (2 I. 8, ), c'est-à-dire qu'il y en a deux très-petits, puis un trèslong, simple et un peu plus gros que les huit suivans, qui sont ramifiés et articulés jusqu'au delà du milieu de la longueur. L'analeahuit osselets interapophysaires; le premier est considérablement plus fort, plus fourchu en avant et plus long que les suivans ; ses rayons sont au nombre de i. I. 8, mais ils diminuent considérablement de longueur d'avant en arrière. En général cette nageoire est bien moins ample que dans le T. furcata et par conséquent il y a plus d'espace entre elle et la caudale. Les ventrales, quoique de même taille que dans l'espèce mentionnée, sont cependant moins rapprochées de l'anale, à raison de la forme plus élancée du tronc. Les pectorales, peu détachées des parois du ventre, sont petites et grêles. Rayons : i. 17. La caudale enfin est fourchue, mais ses lobes sont moins arrondis que dans le T.furcata. Les rayons sont au nombre de 6. L 9, 8. L 6; les internes sont diversement ramifiés à leur extrémité et articulés jusque près de leur origine; les externes au contraire sont simples et terminés en pointe.
La tête est très-mutilée, cependant on y reconnaît encore quelques parties telles que : une portion du frontal , les branches de la mâchoire inférieure et des traces de l'intermaxillaire et de la mâchoire supérieure ; on voit de même la surface articulaire de l'opercule et la partie inférieure de l'humérus. J'ai aussi vu pour la première fois dans ce poisson des débris des dents ésophagiennes conservées et ayant la même conformation que celle de la Tanche vivante , c'est-à-dire la forme d'une massue à tige trèscourte.
Les arêtes musculaires sont visibles tout le long de la colonne vertébrale , mais principalement autour des vertèbres caudales. Entre les ventrales et l'anale on aperçoit en outre un espace tout couvert de petites écailles, qui ont la même forme que celles du T.furcata.\J\\\à\\\à\\ figuré fait partie de la collection du Musée de Carlsruhe; il en existe également un très-beau dans la collection Lavater. Tous les exemplaires connus proviennent des schistes d Oeningen.