I. Leuciscus oeningensis Agass
Yol. 5, Tab. 57, fig. 4. 5, et tab. 58. (Cfprinus Jeses. le Meunier De Bl. Icht. p. yS.)
C'est l'une des espèces les mieux conservées d'Oeningen, et je ne doute pas quen comparant les quatre exemplaires figurés, l'on n'acquière une connaissance exacte de tous ses détails anatomiques, de manière à pouvoir, sans difficulté, reconstruire l'animal dans son intégrité parfaite, et tel qu'il se présentait aux différens âges; telle particulai'ité de structure en effet, qui est indistincte ou effacée dans un exemplaire, se verra d'autant plus clairement dans l'autre. C'est ainsi que les fig. 4 et 5 nous donnent la forme et les dimensions rigoureuses des apophyses vertébrales, des nageoires ventrales et caudales et des os de la tête; les figures de la planclie 58 en revanche nous représentent la forme des côtes, la structure des rayons des nageoires, et, ce qui mérite une attention toute particulière , la structure intime des écailles, qui est admirablement conservée.
Le Leuciscus œningensis partage à un haut degré ce caractère propre aux Leucisques en général, d'avoir la colonne vertébrale composée de très-grosses vertèbres à apophyses épineuses très-fortes, et les côtes larges et allongées. On compte 3. i5 vertèbres abdominales et 12 paires de côtes, plus i5 + I vertèbres caudales. En avant de la dorsale, il y a 7 osselets interapophysaires inermes; la dorsale elle-
même en a 9 (Tab. 58, fig. 1) et 1. 1. 9 rayons, qui, tous à Texception des deux premiers j se divisent en quatre l)ranches, comme en général les rayons de toutes les nageoires. La caudale est légèrement échancrée^ formée de 7. I. 9. 8. 1, 7 rayons, qui sontsurtout distincts dans la fig. 5 de Tab. 5^. L'anale (Tab. 58) a 11 osselets interapopb3'saircs fort distincts et 2. L 2 rayons. Les ventrales enfin ont 19 rayons; je n'ai pu compter dans aucun exemplaire ceux des pectorales.
Dans la tête qui est plus ou moins mutilée, on remarque surtout le crâne (Tab Sy, fig. 4 et 5 ), les pièces operculaires et la mâchoire inférieure ( Tab. 58, fig. i ) ^ ainsi que les os maxillaires et intermaxillaires.
On voit très-distinctement la disposition des écailles en bandes parallèles et sur chaque écaille les rayons divergens qui constituent l'un des caractères de la famille. En les examinant à la loupe, on y reconnaît même jusqu'aux cercles concentriques qui correspondent aux diverses lames dont se compose chaque écaille. La ligne latérale est non moins apparente (Tab. 58^ fig. 2); elle forme une courbe à-peu-près parallèle aux contours du ventre, et l'on distingue parfaitement le canal sécréteur dans la plupart des écailles dont elle se compose.
Les arêtes musculaires se sont également conservées dans plusieurs exemplaires ; on en voit de très-distinctes s'entrecroisant avec les apophyses des vertèbi'cs abdominales, dans l'individu figuré Tab. 5'jj fig. 5.
Les individus de Tab. 57 sont incontestablement des jeunes, tandis que ceux de Tab. 58 paraissent avoir atteint leur taille définitive. Tous proviennent des schistes d'Oeningen; les deux adultes et le plus petit (fig. 4) font partie de la collection de M. Lavater; celui de fig.. 5 appartient à la collection de la Wasserkirche à Zurich. Il en existe de nombreux exemplaires dans ces deux collections, ainsi qu'au musée de Carlsruhe; j'en ai également vu dans les collections de Lord Cole et de Sir Philippe Egerton, de M. le comte de Munster, au Musée de Prague et au British Muséum.
On trouve dans l'ouvrage de Scheuchzer ( Fisc, qiierel. Tab. 3 ) une fort bonne figure de cet ichthyolithe qu'il a nommé Capito, l'envisageant comme identique avec le Meunier. M. de Blainville l'a également rapporté, mais à tort au Cjprinus Jeses. Tous les auteurs en général ont envisagé jusqu'ici les poissons d'Oeningen comme identiques avec les espèces vivantes ; ce n'est en effet qu'après un examen trèsminutieux que l'on peut reconnaître qu'ils diffèrent spécifiquement. Parmi les espèces vivantes , c'est aux Leuciscus OrfuSj rut Uns et pmsinus que lœningensis ressemble le plus; il est cependant un peu plus trapu que les deux derniers, et il diffère surtout du premier en ce que le tronc est un peu moins long, eu égard à la tête, que la dorsale est un peu plus reculée et son insertion moins étendue, et qu'enfin il compte