‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 95 sur 156 · II. Aspius Brongisurti Agass · texte numérisé non relu

II. Aspius Brongisurti Agass

Vol. 5, Tab. 55, fig. 4-

Cette espèce, voisine à bien des^gards de l'espèce précédente , en diffère cependant sensiblement par sa plus grande taille , sa forme plus trapue et les dimensions de la tête, qui est proportionnellement beaucoup plus petite et plus pointue. L'appareil operculaire entier est parfaitement conservé dans l'exemplaire figuré. On y distingue l'opercule, le préopercule, le subopercule et l'interopercule. La mâclioire inférieure, comme dans VA.giacilis, débordait considérablement la mâchoire supérieure. L'orbite était aussi proportionnellement très-grand. Un autre caractère particulier à cette espèce c'est d'avoir la colonne vertébrale droite ; on ne reconnaît aucune trace de cette courbure si prononcée qui caractérise VA. gracilis. En revanche les côtes et les vertèbres sont moins grêles. On compte 17 paires de côtes et autant de vertèbres abdominales, plus les nuquales que je n'ai pu reconnaître ; mais il est probable qu'il y en a 3, comme dans les autres espèces du genre ; les vertèbres caudales sont au nombre de 19, pourvues d'apophyses épineuses assez vigoureuses.

Les nageoires impaires sont très-développées; la dorsale se compose de 2. L 8 rayons très-longs et étroitement articulés. L'anale qui est encore plus ample que la dorsale, en compte i4- Enfin la caudale qui est très-fourchue, se compose de 4- 1- 75 6. L 5 rayons. Je n'ai pu compter ceux des pectorales , ni ceux des ventrales. Les osselets qui supportent l'anale et la dorsale sont de moyenne grandeur; il y en a 14 a l'anale et au moins 10 à la dorsale. On distingue aussi fort bien les arêtes musculaires tout le long de la colonne vertébrale.

L'exemplaire figuré, de tous ceux que je connais le plus petit, provient des lignites de Menât (Puy de Dôme) et m'a été communiqué par M. Al. Brongniart. M. Valenciennes m'en a communiqué un autre exemplaire appartenant au Muséum de Paris, qui surpasse en longueur et en largeur les plus grands individus que j'aie vus de V Aspius alhurnus. 11 y en a également dans la collection de M. Régley.

Par sa forme trapue cette espèce se rapproche davantage de VAspius acJirodon Fitz. qui habite les rivières de l'Autriche, que de VAspius albumus du Nord et de l'Ouest de 1 Europe.

La similitude des poissons de Menât etd'Oeningen me porte à croire que ces dépôts sont contemporains^ quoiqu'il n'y ait pas identité entre les espèces des deux localités. Mais le caractère général des poissons est tellement conforme, que je ne puis douter qu'ils n aient vécu à la même époque et dans des circonstances climatologiques semblables. La présence d'une Perche particulière dans chacune de ces deux formations, la Perça lepidota d'Oeningcn et la Perça angiista de Menât , différant , par la structure de leur dorsale antérieure, des Perches de notre époque qui habitent l'Europe • la coexistence de deux Aspius différens, analogues à deux espèces vivantes d'Europe, jointe à cette circonstance si particulière, que sur deux espèces connues du genre Cyclurus, voir ci-dessous page 43, qui n'a pas de représentant dans notre époque, l'une , le Cjclurus minor, provient d'Oeningen, tandis que l'autre, le Cyclurus Valenciennesii, provient de3Iénat-, toutes ces considérations réunies m'ont convaincu de la contemporanéité de deux gîtes, quelque différens qu'ils soient d'ailleurs par la nature des terrains. Et cependant, voilà des poissons que l'on considérait encore, il y a quelques années seulement, comme identiques avec les espèces vivantes de nos lacs et de nos rivières. *

Page 1