I. Aspius GRAciLis Agass
Vol. 5, Tab.55, fig. i^2,3.
De tous les exemplaires qui se trouvent dans la belle collection de 31. Lavater, les trois que j'ai fait représenter sont les plus complets et les mieux conservés. Fig. 3 est citée dans le catalogue de Saussure sous le nom de Cypriniis Grislagine , détermination qui ne saurait être plus fausse , comme en général la plupart des déterminations de ce catalogue. Une pareille confusion ne peut guère s'expliquer que par la manie que l'on avait alors d'identifier les espèces fossiles avec les vivantes, alors même qu'elles n'avaient qu'une ressemblance très-superficielle. Comment croirait-on sans cela que l'on ait également pu prendre un individu de cette espèce pour un Chipea Alosa ?
La position reculée de la dorsale, les nombreux rayons de l'anale et la proéminence de la mâchoire inférieure ne permettent point de douter que cette espèce n'appartienne au genre Aspius, tel qu'il se trouve limité dans mon mémoire sur les Cyprins du lac de Neuchàtel.
De toutes les espèces vivantes celles dont FA. gracilis se rapproche le pluSj sont VA. alburniis et VA. bipimctatus -, cependant il en diffère par la forme plus effilée du corps , comme on le voit surtout bien dans la fig. 2, oii cette partie paraît n'avoir subi aucune altération.
La colonne vertébrale est composée de vertèbres très-grèles dont 3 , 1 5 abdominales et i5, 1 caudales. Les côtes, au nombre de i3, sontminces et surtout très-longues, ce qui fait supposer que la cavité abdominale était très-spacieuse , comme cela semble aussi résulter de la forte courbure de la colonne vertébrale , immédiatement au-dessus des ventrales. Les apophyses épineuses sont grêles et allongées comme les côtes. Les arêtes musculaires se voient bien tout le long de la colonne vertébrale^ mais elles sont surtout distinctes dans la partie caudale.
La tête , quoique moins bien conservée que le reste du corps,, laisse cependant voir des traces très-distinctes des mâchoires , de l'orbite et des pièces operculaires". On voit par l'exemplaire de fig. i que la mâchoire inférieure était plus allongée que la mâchoire supérieure.
Grâce à l'état de conservation parfaite de plusieurs exemplaires de cette espèce, on peut compter avec la même précision que sur un squelette d'une espèce vivante le nombre des rayons des diveises nageoires. La caudale, profondément fourchue et à lobes arrondis, en compte 7. L 9, 8. L 7. L'anale en a i. L i3, supportés par 14 osselets interapophysaires 5 la dorsale i. L 8, supportés par 9 osselets. Les
ventrales en ont 9, et les pectorales un nombre au moins égal, s'il n'est supérieur. La caudale et la dorsale sont proportionnellement longues et leurs rayons étrol'ement articulés et ramifiés à leur extrémité , à l'exception de ceux qui précèdent le rayon majeur. Les rayons des pectorales et des ventrales sont au contraire grêles.
Cette espèce était recouverte d'écaillés assez grandes , comme en général toutes les espèces du genre Aspius.
Les exemplaires deM.Lavater proviennent d'Oeningen. Il en existe aussi au Muséum de Paris.