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de la tête; il suinte à la surface par les nombreux pores que l’on voit sur le crâne, sur les os de la face, le long des mâchoires, sur le préopercule et par une série de tubes qui traverse les écailles de la ligne latérale. De là il se répand sur tout le corps, comme on peut s’en assurer en séchant la surface du poisson avec un linge; car, après cette opération , elle se lubrifie de nouveau par le mucus qui s'étend de l’ouverture de tous ces pores sur les autres parties du corps.
Dessous cet enduit, qu'il est facile de faire eoaguler et d'enlever ensuite, se trouve la peau proprement dite. J'ai surtout étudié son anatomie microscopique dans les Salmonides, et voici ce que j'ai observé quant à sa structure.
La peau du Coregonus Palæa, partout où elle est couverte d’écailles, se compose de trois couches, savoir : d’une couche inférieure fibreuse, d’une couche moyenne tendineuse et d’une couche supérieure épidermoidale. La couche inférieure, unie par un tissu cellulaire assez fort et épais aux feuillets tendineux qui séparent le grand muscle latéral, est très-lisse et mince ; elle se détache très-facilement de la couche moyenne, mais adhère fortement au tissu sous-cutané. Les fibres dont elle se compose, assez semblables, au premier aspect, à celles du tissu élastique, sont larges, droites, rubannées, très-transparentes, mais raides et ecassantes. Elles se réunissent en faisceaux d’une épaisseur variable, dont j'ignore encore la disposition, attendu que la matière argentine qui recouvre toute la couche la rend tellement opaque, que c’est à peine si, à force de recherches, l’on parvient à s'assurer de l'existence d’une base fibreuse , sur laquelle sont placées les cellules ou paillettes de la matière argentine. M. Mandl à figuré ces eellules sans émettre aucune opinion sur leur nature. Quant à moi, je ne doute nullement que ee ne soient des cellules épithéliennes isolées, de la classe des épithélium stratifiés, mtérieurs, aplatis. comme on en voit si souvent dans d’autres formations épithéliennes. Ces mêmes cellules argentines se retrouvent encore, quoique en moins grand nombre, sous la couche épidermoidale de la peau. La couche moyenne offre un aspect tout différent. Plus épaisse que la précédente, c’est elle qui donne à la peau du poisson sa consistance : elle se compose de fibres très-minces, qui ne se réunissent pas en faisceaux, mais se croisent presque à angle droit. Ces fibres ressemblent si parfaitement aux fibres tendineuses de Fhomme, que je crois pouvoir me dispenser de les décrire.
La couche épidermoidale est celle qui doit surtout nous intéresser, parce qu’elle se trouve en rapport direct et constant avee les écailles. Elle est très-mince, parfaitement diaphane , et forme à elle seule les poches dans lesquelles les écailles sont implantées. On y appercçoit ça et là quelques tâches de piment noir ; jy ai égalemant reconnu des vaisseaux sanguins formant des réseaux à sa face intérieure; mais, malgré sa transparence, je n'ai pu y découvrir aucune trace de fibres, quelque peine que je me sois donnée. En revanche, on y distingue des lignes concentriques, analogues à celles des écailles; je me suis même assuré que ces lignes de la poche correspondent tout à fait aux lignes eoncentriques de l’écaille.