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giques et zoologiques, dès qu’il s'agira d'établir un système complet des affinités naturelles de l’ensemble du règne animal. Les lacunes sont en effet trop sensibles et trop nombreuses, lorsqu'on ne tient pas compte des fossiles, pour que les zoologistes puissent à l'avenir se dispenser de les énumérer simultanément avec les espèce vivantes, dans leurs tentatives de classification(*). Aussi bien, en les omeéttant, on n'obtient que des cadres en lambeaux et l’on n'arrive qu'à une expositon incomplête du plan de la création des êtres organisés. L'on a acquis depuis longtemps la certitude que les êtres qui ont disparu de la surface du globe, loin d’avoir vécu simultanément se sont succédés à différentes époques et ont appartenu à des créations différentes, ou plutôt qu'ils ont constitué des séries d’ensembles qui ont eu une existance limitée et ont été remplacés à des intervalles plus ou moins longs. De là sont nées de nouvelles exigeances pour la zoologie systématique. Il ne suffira plus à l'avenir de grouper les genres et les espèces d’après leurs affinités organiques , il faudra encore tenir compte de l’âge relatif de leur apparition à la surfacedu globe, de l'importance de chaque groupe aux différentes époques du développement général; en un mot, la zoologie devra comprendre dans ses cadres la généalogie du règne animal tout entier.
Des travaux importans ont déjà fait connaitre les rapports qui existent entre les affinités naturelles des genres et des espèces de plusieurs familles, et leur âge géologique; mais peut-être n’existe-L-il aucune classe où cette succesion des types et leurs rapports avec les formations géologiques auxquelles ils appartiennent, soit plus évidente que chez les poissons. On peut en effet affirmer qu'il existe la plus étroite liaison entre les principaux types de cette classe et l’époque de leur développement progressif. Il suffit de parcourir les tableaux des espèces caractéristiques des terrains, que j'ai publiés à la fin dés Vol. 2, 5, 4 et 5 de cet ouvrage, pour se convaincre que chaque ordre, et même chaque famille suit une progression particulière; qu'il y a pour chaque groupe un commencement et une apogée dans son développement, que tour à tour ils finissent par s’éteindre, s’ils remontent à une haute antiquité, ou par prendre une extension considérable dans la création actuelle, si leur apparition ne dâte que d’une époque récente. Ces résultats si évidents dans la classe des poissons, je les ai également constatés dans celle des Echinodermes, et bien que je n’aie pas encore exposé en détail les résultats généraux de mes études sur ces animaux, je puis cependant affirmer dès à présent que j'ai reconnu chez eux les mêmes lois de développement. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler dans quelle proportion on trouve les Crinoïdes et les Etoiles de mer dans la série des terrains, et comment se comportent, dans des limites plus'étroites, les diverses familles de l’ordre des Echinites. En présence de pareils résultats, Pon est naturellement conduit à présumer qu'il en est de même des autres classes du règne animal, et que si on n’est
() Dans mes monographies d'Echinodermes vivans et fossiles, j'ai cher. ché : à réaliser pour quelques groupes ,
encore peu nombreux, il est vrai, cette idée d’une fusion de la zoologie avec la paléontologie et l'anatomie comparée. Il serait fort à desirer que a semblables tentatives se fissent pour toutes les classes du règne animal.
pas encore parvenu à saisir partout le fil de leur développement, c’est que l’on n’a pas trouvé la clef de leur affiliation. Néanmoins nous avons déjà pour toutes les classes des indices positifs de cette prépondérance, à des époques déterminées, de certains types qui changent de proportion avec leurs contemporains à des époques plus récentes, par exemple, parmi les mammifères , les Pachydermes, les Edentés, les Marsupiaux et les Quadramanes; parmi les reptiles, les Ichthyosaures, les Plésiosaures, les Mégalosaures, les Ophidiens et les Batraciens sans queue ; parmi les Crustacés, les Trilobites; parmi les Céphalopodes, les genres à coquille cloisonnée dont le développement est des plus remarquable, depuis les Orthocères et les Goniatites jusqu'aux formes bizarrement ployées et enroulées ou droites des Scaphites, des Ancylocères, des Cyrtocères, des Ptychocères, des Turrilites, des Hélicocères et des Baculites. Parmi les Acéphales, n’avons-nous pas à signaler des faits tout semblables entre les Brachiopodes et les Lamellibranches? et n’est-ce pas un fait très-significatif, que de voir cette régularité dans le développement progressif ressortir d’une manière d’autant plus évidente, que nous en cherchons les traces dans des elasses mieux connues? Il y a là des arguments bien puissants contre les objections que l’on voudrait tirer de l’imperfection de nos connaissances relativement à l’ensemble des fossiles enfouis dans les couches de la terre entière. Or il est évident que les connaissances que nous avons déjà acquises à cet égard doivent réagir sur nos classifications, et que l’on en viendra à tenir toujours plus compte de l’ordre de succession des types dans leur arrangement systématique.
J’ai déjà eu plus d’une fois occasion de faire remarquer la grande analogie qu’il y a entre certaines formes embryoniques, qui sont passagères dans le développement des individus, et les caractères constans d’une foule de genres de différentes familles, qui n’ont que peu de représentans dans la création actuelle, ou qui sont complètement éieints. Il est incontestable dèslors que ces considérations devront exercer à leur tour une influence sur la position que l’on assignera , dans le système, à ces mêmes genres. En résumant mes recherches sur la conformation du squelette des poissons, j’ai fait voir, à différentes reprises, jusqu’à quel point les résultats de l’embryologie cadrent avec ceux de la paléontologie. J'ai acquis par-là la convicetion que les recherches embryologiques poursuivies en vue d’apprécier la valeur des formes organiques, comme caractères zoologiques, devront également exercer un jour une grande influence sur nos méthodes. Il en sera sans doute de même des travaux microscopiques qui se poursuivent maintenant avec tant d’ardeur dans toutes les branches des sciences naturelles.
Des rapports aussi variés entre les êtres organisés peuvent-ils ètre exprimés par des séries linéaires? Je ne le pense pas, je crois bien plutôt que l’on reviendra toujours plus de l'idée des divisions tranchées placées à la suite les unes des autres, pour admettre, comme expression des rapports variés des êtres organisés, des tableaux graphiques, au centre desquels figureront les types les mieux connus et autour desquels viendront se ranger, suivant leur plus
ou moins grande affinité, d’autres types qui pourront être à leur tour le centre autour duquel 22*
graviteront d’autres types secondaires. Et mieux on connaîtra l’ensemble des détails d’une grande division et mieux on groupera tous ses membres d’après leurs diverses affinités. S’agira-t-il, par exemple, des Echinodermes, il importera de faire remarquer comment cette classe se rallie aux vers par certains genres de l’ordre des Holothuries, et aux Polypes par les Crinoïdes. Voudra-t-on répartir les Crinoïdes de la manière la plus naturelle, il faudra insister sur l’analogie des Echinocrines, par exemple, avec les vrais Echinides et sur celle des Comatules avec les Astéries, tandis que les vrais Encrines seront le type central de l’ordre, et ainsi de suite. Et pour combiner les indications relatives aux affinités d’une classe avec celles que l’on possède sur leur succession, il faudra ajouter à ces sortes de cartes zoologiques, des arbres généalogiques sur le trone desquels seront inscrits les genres les plus anciens, tandis que les branches porteront les noms des types plus récents. On pourra même, en ménageant les proportions de la souche et des branches et en leur donnant des dimensions convenables, indiquer exactement l’époque d'apparition de chaque groupe au moyen de lignes horizontales qui couperont les branches à différentes hauteurs. Par ce moyen, on indiquera le degré d’intensité du développement de chaque famille à chaque époque, en donnant aux divers rameaux de chaque ordre un degré d'épaisseur en rapport avec l’importance du rôle que les types qu'ils représentent ont joué dans chaque formation géologique.
C’est d’après ces principes que j'ai construit le tableau ci-joint, qui représente l’histoire du développement de la classe des poissons à travers toutes les formations géologiques et qui exprime en même temps les degrés d’affinité qu'ont entr’elles des différentes familles. En tête du cadre sont inscrits les noms des quatre ordres que j’admets dans cette classe et dont les caractères sont discutés dans les volumes suivants. Ce sont les ordres des Cycloïdes, des Cténoïdes, des Ganoïdes et des Placoïdes. Au-dessous se trouvent les noms des famillès qui ont des représentans dans la création actuelle. Ils sont placés verticalement, pour faire suite aux lignes ascendantes plus ou moins fortes qui indiquent par leur extrémité inférieure , le point de départ du développement des familles, et par leur largeur, le degré d’importance qu’elles ont eu à chaque époque. Sur les côtés du cadre sont inscrits les noms des principales formaüons, afin de préciser les horizons géologiques d’où partent et auxquels s’élèvent toutes les familles. Les noms des familles qui n’atteignent pas la création actuelle, sont inscrits sur les troncs mêmes qui les représentent; celles qni n’ont pas de représentans fossiles sont simplement indiquées par de fortes barres à l'horizon qui marque la création actuelle. Enfin la convergeance de loutes ces lignes verticales indique l’affinité des familles avec la souche principale de chaque ordre. Je n’ai cependant pas lié les rameaux latéraux aux troncs principaux parce que j'ai la conviction qu'ils ne descendent pas les uns des autres par voie de procréation directe ou de transformation successive, mais qu'ils sont matériellement indépendans les uns des autres, quoique formant partie intégrante d’un ensemble systématique, dont la liaison ne peut être cherchée que dans l'intelligence créatrice de son auteur. Ayant reconnu que les espèces de chaque formation sont toujours différentes de celles des autres époques, j'ai con-
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S GANOÏDES lORDRE DES PLACOIDES.