‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 5)Chapitre 146 sur 284 · DE LA STRUCTURE DES DENTS DES CESTRACIONTES · texte numérisé non relu

DE LA STRUCTURE DES DENTS DES CESTRACIONTES

La famille des Cestracionlcs. telle que nous la limitons maintenant, comprend des Squales broyeurs, dont les dents sont réunies en pavé ou en séries contiguës et qui, parce qu'elles manquent de tranchant ou de pointe , ne paraissent point aptes à lacérer une proie. De toutes les dents que nous avons décrites dans les pages précédentes, il n'y en a qu'une seule, le Chomatodus acumimttus , pag. 108 ,qui doive être éliminée de cette famille et rapportée à celle des Hybodontes ou bien même placée à côté de celle des Squalides proprement dits, puisque c'est une dent à lame tranchante ; peut-être aussi devra-t-on la ranger dans une famille à part avec le Lépidosiren, conmie nous le verrons ailleurs. Elle rentre dans le nouveau genre Petalodus , de M. Owen.

La structure microscopique des dents des Cestraciontes n'est pas moins caractéristique que leur forme extérieure ; elle est si particulière qu'il suffit d'en connaître le type pour pouvoir dire du premier morceau détaché que l'on rencontre, non-seulement à quelle famille, mais même à quel genre il appartient. Nous avons décrit plus haut la forme et la structure de ces dents, telles qu'elles se montrent à l'œil nu ou à la loupe, et nous avons surtout insisté sur ce fait, que presque toutes, quelle que soit leur forme, montrent une racine distincte, d'aspect poreux et réticulé, séparée de la couronne, qui paraît plus homogène, par un étranglement ou un sillon plus ou. moins prononcé. Lorsqu'on examine à l'œil nu une tranche verticale de la couronne, on la trouve composée de fibres verticales, qui paraissent de plus en plus serrées vers la surface. Une disposition semblable s'observe dans la plupart des cas sous le microscope, et quoique la substance de la racine et celle de la couronne des dents soient la même dans la plupart des genres , on remarque cependant des différences notables dans l'arrangement des canaux médullaires dont cette substance est traversée. Ces canaux médullaires , d'une largeur plus ou moins considérable, forment, dans la racine, des réseaux nombreux , tandis qu'ils sont disposés plus ou moins verticalement dans la couronne, et se bifurquent dans la plupart des cas. Il n'y a qu'un petit nombre de genres dans lesquels ils présentent des ramifications latérales qui s'anastomosent entre elles et forment un réseau semblable à celui de la racine ; mais ce réseau est à mailles longitudinales, dont l'arrangement affecte toujours un certain rayonnement vertical vers la surface. La dentine, dans laquelle ces canaux médullaires sont creusés, est en général très-dure et cassante. Les tubes calcaires qui la traver-

sent sont très-différens clans les diiTérens genres ; mais en général disposés de manière à rayonner à partir des canaux médullaires ; ils sont donc , dans la plupart des cas , parallèles à la surface de la couronne , et ce n'est que vers la surface extérieure de la dent qu'ils prennent une direction ascendante.

Nous diviserons, d'après la structure microscopique, les dents des Cestraciontes en trois groupes. Le premier, dont le genre vivant Cestracion est le type, et auquel appartiennent les genres fossiles Ptychodiis , Strophodus et Jcrodus, possède, outre la dentine que nous venons de mentionner, une couche distincte d'une substance émaillée à la surface de la couronne. Cet émail forme une zone blanche le long du bord , dans l'espèce vivante, tandis que dans les espèces fossiles , dont la couleur dépend des substances minérales infiltrées dans le tissu de la dent, cet émail ne se distingue que par un aspect plus lisse et plus uni que le reste de la couronne. La structure de cet émail diffère toujours de celle de la denline par l'arrangement des tubes calcaires qui s'y trouvent , et qui en général sont plus fins et plus serrés que dans la dentine proprement dite, quoiqu'il y ait aussi des cas où l'inverse ait lieu.

Le second groupe se compose des genres Chomatodus , Cochliodus , Psammodus et Ceratodus ; il se distingue du premier, en ce que cette couche d'émail manque complètement. Une conséquence naturelle de cette absence d'émail , c'est que les canaux médullaires de la dentine s'ouvrent à la surface extérieure de la- dent, ce qui lui donne un aspect sablé ou finement pointillé. J'avais déjà signalé ce fait , d'après l'inspection superficielle de ces dents, avant de m'être servi de microscope. M. Owen (*) , au contraire, a révoqué en doute cette disposition et a prétendu que dans les dents des Psammodontes et des genres voisins, les canaux médullaii'es finissaient toujours à une petite dislance de la surface extérieiu'e. J'ai par conséquent repris mes recherches, en commençant par faire de fines tranches transparentes de ces dents que j'examinai au microscope. La simple vue de mes figures prouvera, je l'espère, que je ne m'étais pas trompé, et qu'en effet les canaux médullaires pénètrent jusqu'à la surface pour s'y ouvrir. Je ne sais à quelle cause je dois attribuer l'erreur du célèbre observateur anglais.

Un troisième groupe , enfin , est formé par les deux genres assez exceptionnels Ctenodus et Ctenoptychius. La structure de ces dents est caractérisée par une dentine presque homogène, qui n'ofïre que par-ci par-là des traces de tubes calcaires et dans laquelle les réseaux des canaux médullaires sont tellement développés , qu'ils excèdent la masse de la denline qui les enveloppe. Aussi toute disposition parallèle des canaux médullaires a-t-elle disparu. dans ces dents.

N'ayant pas de dent du genre Helodus à ma disposition , je ne puis pas encore lui assigner une place certaine. Je pense cependant qu'il devra être rangé dans le second groupe , à côté du genre Chomatodus.

(*) Odontography, pag. 59.

— Mil

Du GKMtK CKsruvcio.N.

Tal). .1 fi<>-. 1-5.

Les canaux médullaires de la racine sont assez gros pour être visibles même à l'œil nu. Les mailles qu'ils forment sont très-irrégulières , et l'on distingue dans chaque dent plusieurs canaux principaux q«ii sont réunis par des branches anastomosées moins considérables. D(; ce réseau partent des canaux verticaux qui diminuent de largeur en montant vers la surface de la dent. Ces canaux sont presque rectilignes, ou faiblement ondulés; ils se ramifient à la manière des peupliers d'Italie en détachant des branches qui montent sous un angle très-aigu. On observe rarement des anastomoses entre ces branches. Une tranche horizontale de la dent montre les ouvertures de ces canaux , autour desquelles se ^ oient les tubes calcifères disposés en lignes rayonnantes. Ces tubes calcifères sont excessivement fins et très-ramifiés , de manière qu'il faut un grossissement très-considérable pour apercevoir leurs fines branches. Sous des grossissemens moindres , la dentine paraît comme feutrée. Les systèmes de tubes qui dépendent de chacun de ces canaux médullaires , ne montrent pas de lisières distinctes, comme c'est le cas de plusieurs autres genres de poissons cartilagineux à dents plates; ils se confondent au contraire sur leurs limites , et ce caractère pourra toujours servir à distinguer une dent de Myliobates ou de Chimère , d'une dent de Cestracionte. Les tubes calcaires deviennent de plus en plus fins vers la surface de la dent et forment , à la limite de la dentine et de l'émail, une couche d'un feutre inextricable même sous les plus forts grossissemens. Les tubes calcaires sont beaucoup moins nombreux et beaucoup moins serrés , mais, en revanche, plus gros dans la dentine de la racine. La dentine elle-même ne prend nullement part à la formation des rides et des inégalités qui existent à la surface extérieure de la couronne. Celles-ci sont formées uniquement par la couche émaillée qui est superposée à la dentine. Mais cet émail est, à proprement parler, une véritable dentine. On n'y voit aucune trace de prismes ou de fibres constituantes, seulement les tubes calcifères sont arrangés d'une autre manière. D'abord ils sont plus gros et beaucoup plus distincts que ceux de la dentine proprement dite ; et tandis que ces derniers sont très-ramifiés , ceux-ci sont au contraire tout-à-fi^il parallèles, rectilignes et verticaux à la surface de l'émail. Ils paraissent prendre naissance à la surface extérieure et diminuer en pénétrant dans l'intérieur de la dent. Je n'ai pu me convaincre s'ils sont en rapport direct avec la couche feutrée de la dentine proprement dite. Lorsque les tranches que l'on examine sont faites de manière à couper à angle droit les rugosités de la surface, on peut voir alors que les tubes calcifères sont rigoureusement perpendiculaires aux ondulations que le contour extérieur de la dent présente, de manière qu'ils paraissent converger vers le sommet de chaque colline et diverger du fond de chaque enfoncement qui sépare les arêtes saillantes. M. Owen a déjà doimé , dans les planches

12 et 15 de son Odontographie, des figures grossies de cette structure. Mais ces figures nous paraissant peu caractéristiques , j'ai cru utile d'en donner de nouvelles. La fig. 1 présente une coupe verticale de la dent d'après sa plus grande longueur, pour montrer les diffél'ens rapports de la dentine proprement dite et de ses canaux médullaires avec la couche éniaillée. La fig. 2 est une coupe horizontale de la racine, faisant voir les réseaux diversement contournés des canaux médullaires ; la fig. 3 montre une tranche horizontale , prise près de la surface de la couronne , et sur laquelle on voit les ouvertures isolées des canaux n)édullaires montans avec leurs systèmes de tubes calcifères rayonnans qui les entourent; et fig. k , une portion de h même coupe sous un grossissement plus considérable.

Les dents fossiles qui se rapprochent le plus des Cestracions, ce sont celles

Du CtEMre Ptychodus.

Tab. K, fig. 1-2.

Je nai rien à ajouter à la description que M. Owen en a donnée dans son Odontographie, pag. i)7 et suivantes. Les canaux médullaires de la racine qui forment ici une masse beaucoup phis considérable que dans le genre Cestracion , sont disposés delà même manière; les canaux montans montrent le même parallélisme et la même disposition des branches digitales. Mais ce qui distingue à la première vue les dents de Ptychodus, c'est que les canaux médullaires sont bien moins gros que ceux des Cestracions ; les tubes calcifères sont en revanche plus épais et moins serrés. On ne voit pas de fines branches feutrées dans l'intérieur de la dentine proprement dite, mais les ramifications des tubes calcifères y sont très-distinctes jusqu'à leurs derniers embranchemens. Il n'y a pas non plus de couche feutrée à la surface de la dentine ; la couche émaiilée est plus épaisse que dans les Cestracions ; mais comme les carènes de la surface sont très-prononcées et élevées en arêtes saillantes , les mailles ne les forment pas à elles seules , et les limites de la dentine offrent, sur une coupe verticale , les mêmes ondulations que la surface. La couche émaiilée n"olTre pas de tubes calcifères bien distincts ; mais on aperçoit dans son épaisseur de fins réseaux feutrés, semblables à ceux qu'on voit dans la dentine proprement dite du Cestracion; mais ils ne paraissent être en rapport direct ni avec les tubes calcifères de la dentine, ni avec la surface extérieure. Je n'ai pu apercevoir les lames concentriques de la dentine , qui, d'après M, Owen, entourent les canaux médullaires. La dentine m'a paru, au contraire, parfaitement homogène. La fig. ^ montre une coupe verticale d'une dent de Pt. mammilaris , et la fig. 2 une coupe horizontale de la même espèce.

Du GE^RE Stropiiodus.

Tab. K , fig. ô-S.

Ces dents que , dans l'origine, j'osais à peine séparer génériipiemenl dcsPsammodKs et des CjOchh'odus . ont une structure microscopique si seml>lable à celle des Ccslracions et des Plijciiodtts , que, par cela même, la coupe générique ([ue j'ai proposée parait entièrement justifiée. On retrouve en effet dans les dents de Stropiiodus la même disposition parallèle des canaux médullaires que l'on voit dans les Psammodonles, et une couche d'émail à la suiface , semblable à celle des Cestracions ; elles ne se distinguent de celles du genre Jcrodus . qui s'en rapj)roclient par leur forme et par la présence d'une couche émaillée, qu'en ce que leurs canaux médullaires sont parallèles , tandis qu'ils sont réticulés dans la couronne des Acrodes. Mais si la disposition des canaux médullaires de la racine et de la couronne des Strophodus est la même que dans les genres décrits ci-dessus , il n'en existe pas moins des différences notables entre eux ; et d'abord , les canaux médullaires verticaux sont encore plus fins et plus effdés que dans les Ptychodus , et , au lieu de finir d'une manière abrupte près de la surface de la denline, en donnant naissance à une panache de tubes calcifères . ils se terminent insensiblement en un tronc effilé qui disparaît dans des ramifications dendriliques de tubes calcifères, ce qui donne aux canaux médullaires une forme très-élégante. Ces ramifications dendritiques forment , à la surface de la dentine , une espèce de feutre semblable à celui des Cestracions. La couche émaillée , qui n'est que très-indistinctement séparée de la dentine proprement dite , montre , comme celle-ci , des tubes calcifères très-fins et feutrés à sa surface. Pour montrer qu'il existe aussi des différences spécifiques , nous avons figuré l'une à côté de l'autre, des coupes de deux espèces distinctes, du Stroph. reticulatus et du Stroph. temds. Les tubes calcifères de ce dernier sont moins feutrés, et les canaux médullaires plus gros que ceux de l'autre espèce. Les fig. 5 et 4 montrent une coupe verticale, et une coupe horizontale du Stroph. tennis ; fig. 5 est une coupe verticale du Stroph. reticulatus.

Du GEKRE ACRODUS.

Tab. L, Fig. {.

Ce genre se dislingue des autres Cestraciontes que nous venons de mentionner, essentiellement par la disposition des canaux médullaires. La forme réticulée de ces canaux se prolonge dans la couronne, et, au lieu de branches montantes ouvertes dans toute leur longueur telles qu'on en voit sur la coupe perpendiculaire des dents dont nous avons traité jus(juici . on aperçoit, chez les Acrodus, des ouvertures de canaux coupées, des canaux a demi

— ^6^ — ou\ erls , des mailles plus ou moins complètes , qui pourtant trahissent une certaine direction rayonnante vers la surface. Les tubes calcifères naissent des canaux médullaires et se dirigent en rayonnant vers l'extérieur ; mais la disposition de ces canaux étant elle-même irrégulière, il en résulte aussi une disposition très-variable des tubes calcifères. Ce n'est que vers la surface de la dentine qu'on remarque ime couche de tubes calcifères rectilignes, parallèles, verticaux à la surface , et ramifiés par branches montantes à la manière des peupliers d'I- (alie. Cette couche paraît en tout semblable à celle que nous avons rencontrée chez les Strophodus. Les tubes calcifères qui se trouvent au-dessous de celte couche autour des réseaux médullaires sont moins épais, moins accusés, mais plus ramifiés que ceux de la couche externe. La couche d'émail qui recouvre la dent est moins épaisse que celle des Ptychodus. mais plus considérable que celle des Strophodus, et présente dans l'intérieur de sa masse une bande de tubes calcifères très-fins et réticulés, formant une espèce de feutre; les tubes n'ont pas l'air de s'anastomoser entre eux, ni avec ceux delà dentine proprement dite, ni de s'ouvrir à l'extérieur. La ligne de démarcation entre l'émail et la' dentine est plus accusée dans ce genre que dans les précédens. Les rides de la surface ne sont pas seulement formées par l'émail: la dentine y prend aussi part. Pour tout le reste, la structure des Acrodus est tout-àfait semblable à celle des Cestracions. M. Owen en ayant donné une description et des ligures très-complètes, nous nous bornerons à représenter ici la coupe perpendiculaire de VA. nobilis.

Le genre Orodm , qui appartient au môme groupe, n'était pas à notre disposition au moment où nous avons entrepris nos recherches microscopiques , mais il n'est pas probable qu'il difïère considérablement du genre Acrodus par la structure de ses dents.

Dr GENRE Chomatodus.

Tab. L. tig. 2.

Si ce n'était le manque d'émail, qui caractérise toutes les dents de notre second groupe, on pourrait prendre les dents du Chomatodus, d'après leur structure, pour des dents d'Acrodus. Les canaux médullaires y sont très-ramifiés , et ce n'est qu'au milieu de la dent qu'on en aperçoit quelques-uns qui montent verticalement à la surface. Ils sont en outre très-spacieux, beaucoup plus considérables que dans les genres dont nous avons traité jusqu'ici ; leurs ouvertures en dehors sont assez distantes pour qu'on puisse aisément les reconnaître à l'œil nu, et se convaincre, en s'aidant de la loupe, que ce sont réellement les canaux médullaires qui , en s'ouvrant à la surface , y occasionnent ces petits creux ronds que nous connaissons. Les tubes calcifères qui ravonnent des canaux sont très-gros, très-ramifiés, et leurs branches devenant de plus en plus fines et de plus en plus serrées, finissent par obscurcir entièrement le tissu de la dent par leur contenu opaque, ensorte qu'il faut des

tranches excessivement fines pouvoir reconnaître les détails de la structure. Quoitju'il y ait le long de la base des dents des rides horizontales , que Ton pourrait prendre pour des indices de limites entre la racine et la couronne , il ne se trouve pourtant rien dans la structure (jui justifie une telle distinction, et il parait que les dents des Chomatodus, comme celles des Acrodus, reposaient immédiatement sur les mâchoires cartilagineuses, sans avoir une racine enfoncée dans la membrane muqueuse de la bouche. La fig. 2 représente une coupe verticale prise au milieu et en travers d'une dent de Chomatodus cinctus.

Du GENRE CoCULIODUS.

Tab. L, %. .5.

L^arrangement des canaux médullaires de ce genre rappelle lesStrophodusetlesCestracions. D'abord réticulés dans la racine , les canaux montent verticalement vers la surface , pour s'y ouvrir par des pores assez larges. Ils sont plus gros que dans aucun autre genre de la famille; leur diamètre égale à peu près celui de la substance qui les sépare. Les' tubes calcifères qui en rayonnent sont également gros, dendritiques et très-ramifiés; ils forment sur la lisière, entre deux canaux , un feutre épais et grossièrement plissé. La fig. 3 représente une coupe verticale , prise au milieu d'une dent de Cochliodus contortus.

Du GENRE PSAMMODUS.

Tab. L,fîg. 4.

L'arrangement des canaux médullaires est le même que dans le genre précédent; mais ces canaux sont beaucoup moins larges , et d'un parallélisme rigourexLX dans la couronne , ce qui donne aux coupes de celles-ci un aspect très-élégant. Le pointillage de la surface extérieure , qui résulte des ouvertures des canaux médullaires , est par conséquent beaucoup plus fin et plus sablé; les mailles de l'intérieur de la racine sont plus petites et les réseaux des canaux médullaires , dans cette partie de la dent , plus nombreux que dans le genre précédent. Les tubes calcifères sont moins gros et moins ramifiés ; on ne voit pas de feutre dans les dentines intercalées entre les canaux. Je le répète , dans tous ces genres de la seconde section , les canaux médullaires, quoi qu'en dise M. Owen, présentent des ouvertures très-distinctes à la surface, et, dans le genre Psammodus en particulier, on peut se convaincre très-facilement de cette disposition, attendu que les canaux verticaux y sont très-nombreux. La fig. k donne une coupe verticale prise le long du bord d'une dent de Psammodus porosus.

ToM. m. 23

Du GENRE CeRATODUS.

Tab. M, %:i et2.

Ce genre se distingue des autres Cestraciontes non-seulement par sa forme extraordinaire , mais aussi par les particularités de sa structure. La couche d'émail lui manque comme aux genres précédens, et les canaux médullaires s'ouvrent à la surface, comme dans ceux-ci. Mais ce qui le distingue , c'est l'existence de deux substances fort différentes l'une de l'autre, dont l'une forme la racine, et l'autre la couronne. La racine est construite d'une véritable substance osseuse , très-nettement caractérisée par la présence de corpuscules osseux, à ramifications dendritiques, partant d'un noyau opaque et fusiforme. Ces corpuscules sont disposés, comme dans tous les autres os , en lamelles concentriques, autour des canaux médullaires, qui forment un réseau assez compliqué dans la racine. Je ne puis indiquer aucun caractère par lequel cette substance qui forme la racine des dents de Ceratodus, se distingue de celle dont tous les os de poissons sont composés. Au-dessus de cette racine qui, par suite de la foi'me large et aplatie de la dent , a plutôt l'air d'une couche inférieure, on découvre une substance dentaire parfaitement analogue à celle des Psammodontes ; les canaux verticaux qui la traversent sont la continuation directe des réseaux médullaires de la racine osseuse, et égalent en grosseur à peu près ceux des Ptychodus. Les tubes calcifères rayonnans sont très-réduits; on n'en aperçoit que çà et là quelques traces, tandis que le reste de la dentine est parfaitement homogène et très-transpai'ent. La dent entière d'un Ceratodus ressemble, par les arêtes considérables qui se montrent à sa surface, et par les gouttières profondes qui les séparent, à une étoffe feutrée grossière que l'on aurait plissée. Les canaux médullaires verticaux sont arrangés comme si la dent avait été d'abord parfaitement plane , et qu'elle eût été plissée après la formation de ces canaux , ensorte qu'une coupe à travers une arête montre les canaux médullaires disposés en forme de panache autour d'une ligne médiane. Fig. i montre une coupe semblable prise sur une dent de Ceratodus Kaupi ; fig. 2 , une prise verticale faite le long d'une arête d'une dent de la même espèce.

Du GENRE CtENODUS.

Tab. M, fig. 3.

Les dents des Ceratodus établissent une sorte de passage entre les dents des Cestracions proprement dits , et celles de notre troisième groupe , qui ne comprend que les deux genres Ctenodus et Ctenoptychius. Que l'on se représente une dent de Ceratodus dépourvue de sa couche supérieure de dentine à canaux médullaires parallèles et verticaux, et à laquelle il ne

serait resté (|iic la substance osseuse de la racine, et l'on aura l'image parfaite d'une dent de Ctenodus. Plus de traces de tubes calcifères, ni de canaux médullaires verticaux, mais une substance homogène, transparente, entourée de nombreux réseaux de canaux médullaires ramifiés et entrelacés à l'inlini: vers la base de la dent, ces réseaux excèdent de beaucoup la niasse delà substance dans Ia([uelle ils sont creusés; vers la surface extérieure, les canaux deviennent plus fins, et la dent acquiert plus de solidité, parce que la masse de réseaux se trouve réduite. La substance dentaire dans laquelle ces réseaux sont creusés est parfaitement homogène , mais criblée, à la base de la dent, de nombreuses cellules calcifères qui se distinguent dos corpuscules osseux de la racine , tels qu'ils se voient dans le genre précédent , par le manque complet de ramifications. Ce sont de petits corpuscules fusiformes, opaques, disséminés, à ce qu'il paraît, sans ordre dans la substance, et qui deviennent de plus en plus rares vers la surface de la dent , tandis qu'ils se trouvent réunis en très-grande quantité vers la base. La substance qui forme la surface extérieure de la dent est parfaitement homogène, sans trace de structure quelconque; elle n'est pas séparée d'une manière distincte de l'autre substance, qui montre les cellules. La coupe que la fig. 5 représente provient d'une espèce nouvelle de Ctenodus, trouvée dans le calcaire de Burdie House, en Ecosse, que j'ai nommée Ctenodus Robertsoni.

Du GENRE CtEISOPTYCHIUS.

Tab. m, %. 4 et 5.

Ce genre se rapproche beaucoup, par sa structure, de celui dont nous venons de traiter. L'arrangement des canaux médullaires est le même; seulement leur diamètre est beaucoup plus considérable, et en rapport inverse avec la grandeur des dents. La substance qui entoure les réseaux des canaux médullaires est tout aussi homogène ; mais au lieu de cellules calcifères. elle présente des tubes dendritiques assez rares aux alentours des canaux médullaires , et disposés en plus grande quantité le long du bord tranchant et denticulé de la dent. La substance qui se trouve à la base de la dent est par contre parfaitement homogène. La fig. i représente une coupe verticale et longitudinale ; fig. 2 , une fine lame horizontale prise au milieu d'une dent de Ctenoptychius denticulatus.

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