‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 5)Chapitre 271 sur 284 · III. Edaphodon eukygnathus Agass · texte numérisé non relu

III. Edaphodon eukygnathus Agass

Je ne connais cette espèce que d'après un dessin lithographie qui m'a été communiqué par M. Dixon. Elle se distingue par ses dimensions considérables et surtout par la largeur <le son maxillaire supérieur, dont les tubercules internes sont plus longs , mais plus étroits que ceux de VE. BucklamU , auquel l'espèce ressemble du reste beaucoup.

De l'argile de Londres de Sussex.

Le genre Passalodon Buckl. se distingue par la forme conique de son maxillaire supérieur, du bout duquel sort un mamelon de lames parallèles , semblables dans leur arrangement à celles du genre Diodon. Je désignerai sous le nom de :

Passalodon rostratus Agass. , la seule espèce qui me soit connue ; elle provient tlu sable de Bagshot , comme les deux premières espèces d' Edaphodon.

k° De la structure des dents des Chimérides.

J'ai pu examiner les dents des deux espèces vivantes de cette famille, le Ch. monstrosu et le Callorhynchus australis. Quant aux espèces fossiles , je n'avais à ma disposition pour cette étude que des dents des genres Ischyodon , des trois espèces connues sous les noms d'/. Eyertoni , /. Townsendii et /. Bucklandi. Les indications suivantes sur la dentition des Chimères sont par conséquent loin d'être complètes, d'autant plus que les mêmes espèces présentent

une assez grande diversité dans Tarrangement de la dentine , alors même que le type général de structure est le même.

Toutes les dents de Chimères ne sont composées que d'une seule et uni<|ue substance , la dentine. Si dans les descriptions précédentes, j'ai parlé d'émail, de lame osseuse, de partie squammeuse, ce n'a été que pour indiquer les différences d'arrangement, de dureté et de compacité que l'on trouve dans les diverses régions des dents , et qui dépendent uniquement de la direction et de la grosseur des vides creusés dans l'intérieur de la dentine. Ces vides sont des canaux médullaires qui sont ramifiés dans les parties squammeuses et excèdent de beaucoup la substance même qui les entoure, tandis que dans les parties plus dures, ils sont d'un diamètre bien moindre et disposés parallèlement , comme dans les canaux médullaires des >Iourines et de certains Cestraciontes. Quelquefois même la dentine forme une couche parfaitement homogène à la surface extérieure de la dent , que nous avons alors désignée sous le nom d'émail ; dans d'autres cas , elle présente des ramifications isolées , qui lui ont valu le nom de dentine dendritique.

La grande diversité dans l'a^ect des genres et des espèces de Chimères est due à cette seule cause, que c'est tantôt la dentine compacte à canaux parallèles qui prévaut dans la masse de la dent, tantôt la dentine squammeuse à canaux ramifiés; que, dans les unes, celte dernière n'occupe que la base de la dent et est recouverte par une couche uniforme de la première , tandis que dans d'autres espèces , les deux substances sont mêlées et apparaissent simultanément dans toute la masse et sur toutes les faces de la dent.

Du GENRE CalLORHYjNCHUS.

Vol. 3, Tab. S, fig. 1 et 2.

Le seul représentant connu de ce genre , le Cal. australis, a déjà été examiné avec beaucoup de soin par M. Owen dans son Odontographie. Les plaques dentaires présentent à l'œil nu sur les coupes verticales une racine et une couronne distinctes. Cet aspect est dû uniquement à ce que les canaux médullaires sont ramifiés plus ou moins horizontalement dans la base de la dent, tandis que dans le haut ils sont parallèles et sans ramifications. Les plaques dentaires ont en arrière une cavité médullaire assez petite , entourée d'un peu de substance squammeuse, et d'où partent des canaux médullaires horizontaux, qui, bien que ramifiés, ne sont pourtant pas assez considérables pour qu'on puisse appeler toute la base de la dent une racine squammeuse. La dentine qui entoure ces canaux est claire et transparente ; on y reconnaît des tubes calcifères assez gros et dendritiques, mais en petit nombre. Au-dessus de ces canaux horizontaux s'élèvent des canaux médullaires verticaux qui montent en ligne droite vers la surface de la dent ; chacun de ces canaux est entouré d'une couche de dentine plus transparente que tout le reste , de sorte qu'en regardant une coupe verticale , on dirait que

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les canaux sont creusés dans l'axe d'un cylindre qui les entoure. La limite extérieure de cette dentine claire est parfaitement accusée , et la dentine plus obscure qui entoure et réunit les di^ ers canaux se distingue facilement au plus grand nombre de tubes calcifères qui s'y rencontrent. Les tubes calcifères entourent les canaux comme des panaches ; ils sont , comme je viens de le dire, moins fréquens aux alentours immédiats des canaux que plus loin.

On peut très-bien étudier sur une coupe horizontale d'une plaque dentaire entière le mode de développement de la dentine. En arrière, là où se forment les nouveaux canaux avec leur système environnant, la dentine parait presque inorganique. Les lames, même les plus minces, sont complètement opaques et présentent l'aspect d'un dépôt de matière terreuse , dans lequel sont creusés des jours à pourtour circulaire et d'un diamètre presque égal. Plus loin , cette substance perd son aspect grenu , devient plus transparente, et à mesure qu'elle s'éclaircit, on y voit paraître des tubes calcifères. Cet éclaircissement marche de pair avec l'accroissement des tubes calcifères ; l'un et l'autre partent du centre du canal médullaire , et s'étendent en couches concentriques jusqu'à ce que les systèmes de deux canaux adjacens se touchent, et que toute la dentine soit éclaircie et pourvue de tubes calcifères. Il est évident , d'après ce mode de formation (fig. 2), que les plaques dentaires des Chimères ne sont pas formées, connue M. Owen est disposé à le croire, par la soudure d'autant de petites dents quil y a de canaux verticaux , mais que c'est au contraire une masse contiguë qui y est déposée et dans laquelle les systèmes des canaux médullaires ne se distinguent entre eux que par le développement ultérieur. Fig. 1 représente une coupe verticale et longitudinale du maxillaire inférieur ; fîg. 2 une coupe horizontale de la même plaque.

Du GENRE ChIMAERA.

Vol. 3, Tab. M -, fig. d et 6.

Quoique assez semblable au genre Callorliynchus par sa forme extérieure, ce genre ne s'en trouve pas moins reporté , par sa structure microscopique, à la limite opposée de la famille, et s'il n'existait pas des passages dans les fossiles , on pourrait être tenté de croire qu'il appartient à une toute autre famille. Les dents n'offrent pas de traces de canaux verticaux. La plus grande masse de la dent est formée par les réseaux des canaux médullaires , qui excèdent de beaucoup les faibles trames de dentine qui les séparent. On ne découvre aucune direction constante dans ces canaux médullaires qui s'entrecroisent dans tous les sens. La dentine est parfaitement homogène et transparente et je n'ai pas pu y découvrir de tubes calcifères. Autour de ce tissu fragile, qui ne résiste pas même à la pression du doigt , se trouve une couche peu épaisse d'une dentine conqiacte et très-dure, dans laquelle on découvre des tubes calcifères très-fîns et très-déliés et qui ne paraissent pas partir de troncs communs ni même de canaux médullaires voisins. Cette couche est parfaitement blanche , tandis que la masse squam-

meiiso présente une couleur brunâtre duc au sang desséché dans le lissu médullaire qui en remplissait les cavités. Il parait (|ue queUpies-unes de ces cavités se rem|)lissenl de depuis calcaires, puisqu'on en trouve qui sont obstruées par une matière poudreuse d'une blancheur éclatante. Fig. 5 et 6 représentent des coupes longitudinales et verticales <rune plaque de la mâchoire inférieure.

Dn GEKRE ISCHYOUON. ,

Vol. 3. Tab. S, fig. 3-8.

Le genre Ischyodon tient le milieu entre les deux genres décrits ci-dessus. La grande tnasse de la dent est composée de substance squammeuse, dont les canaux sont plus ou moins considérables et courent en général dans le plan horizontal de la dent. Quoique s'anastomosant entre eux , leur parallélisme est cependant assez grand pour qu'on puisse voir jour même à travers de grandes dents d'/. Townsendii. A la surface extérieure , la dentine devient de plus en plus compacte , les canaux se resserrent , et , par des passages plus ou moins insensibles , la substance squammeuse se change en une substance assez dure et homogène , dans laquelle les canaux présentent les mêmes caractères que dans les parties superficielles des Collorhynques, Mais une particularité par laquelle les Ischyodons diffèrent des genres vivans , ce sont ces surfaces bosselées des faces masticatoires qui sont intercalées comme des coins dans la masse de la dent, et qui à l'œil nu présentent une sorte de structure tubuleuse. La dentine offre ici des ramifications dendritiques dont les branches sont tournées en-dehors et qui montent isolément vers la surface. J'ai représenté celte dentine dendritique telle qu'elle se présente, sous im grossissement médiocre (Tab. kO , fig. 22). Chacune de ces branches a son canal médullaire à l'intérieur, et sa structure ne diffère pas de la dentine.

Dans 1'/. Townsendii , le passage de la substance squammeuse à la substance plus compacte se fait petit à petit ; la dentine qui , dans la partie squammeuse , n'offre point de tubes calcifères , devient de plus en plus compacte et se dépose en plusieurs couches concentriques très--' marquées autour de canaux de plus en plus effilés. La couche extérieure est très-compacte et l'on n'y voit que par-ci par-là les derniers embranchemens des canaux. Plus la dentine devient épaisse , plus aussi les tubes calcifères se développent , et c'est dans la couche externe qu'ils sont le plus serrés.

Dans 17. Egertoni , le passage entre les deux substances est plus brusque et assez accusé pour pouvoir être aperçu même à l'œil nu. Je n'ai pas remarqué de tubes calcifères dans la partie squammeuse : dans la partie compacte , ils sont assez serrés et même en quelques endroits veloutés. La dentine dendritique ne montre pas de tubes calcifères ; elle est claire et transparente.

C'est dans une espèce d'Ischyodon du Jura soleurois, dont l'état de conservation ne pern»et

pas une détermination rigoureuse, mais qui me paraît être le Ch. (1.) Bucklandi , que j'ai pu étudier la substance d'aspect feuilleté qui est déposée eiitre les deux lames antérieures de' la mâchoire inférieure. Cette substance ne diffère pas par sa structure de celle de la dent en général. Sa structure lamelleuse provient de ce que les masses squammeuses et plus compactes alternent ensemble. On y voit des tubes calcifères en petit nombre et ramifiés d'une manière dendritique. Fig. 3 et 4 montrent des coupes verticales et transversales de 17. Townsendii prises en différons endroits ; fig. 5 , une coupe longitudinale et verticale de la même espèce ; fig. 6 et 7 , des coupes verticales de 1'/. Egertoni prises à travers la bosse à dentine dendritique : la première est longitudinale, l'autre transversale; fig. 8 , enfin, une coupe verticale à travers la substance lamelleuse de VJschyodon du Jura soleurois.

Tableau synoptique des Chitnérides.

Terrains jurassiques.

«) Lias.

Ischyodon Johnsonii A.gass. — Lias, Charmouth.

b) Jura inférieur et moyen.

Ischyodon Tessonii Buckl. — Cale, de Caen.

» emarginatus Egert. — Ool. de Stonesfield. Qanodus Colei Buckl. — Ool. de Stonesfield.

» Owenii Buckl. — Ool. de Stonesfield.

» ruyidosus Egevl — Ool. de Stonesfield.

» neglectu s Egert. — Ool. de Stonesfield. Psittacodon falcatus Egert. — Ool. de Stonesfield. » psittacinus Egert. — Ool. de Stonesfield.

c) Jura supérieur.

Ischyodon Egertoni Buck\. — Argile de Kimmeridge, Shotover. » Bucklandi Egert. — Cale, portl. de Soleure.

» Townsendii Buckl. — Cale, portl. Great Milton , près dOxford.

» Dutertrii Egert. — Argile de Kimmeridge, Boulogne-sur-Mer.

» Dufrenoyi Egert. — Argile de Kimmeridge, Boulogne-sur-Mei-.

» Beaumontii Egert. — Argile de Kimmeridge , Boulogne-sur-Mer.

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Terrains crétacés.

hchi/odou .-igassizii Buckl. — (irès vert, Maidstone. » bre\ifostris Agass. — Gaiilt , Angleterre. Psittacodon MantelUi Buckl. — Craie de Kent.

« Sedgwickii Agass. — Environs de Cambridge.

Terrains tertiaires.

Ischtjodon heheticus Egert. — Molasse suisse, Olten. Elasinodus Hunterii Egert. — Argile de Londres, Sheppy. PsaUodus compressm Egert. — Argile de Londres. Edaphodon Bucklandi Agass. — Sable de Bagshot.

» leptognathus Agass. — Sable de Bagshot.

» eurygnathus Agass. — Argile de Londres , Sussex.

Passalodon rostratus Agass. — Sable de Bagshot.

Espèces d'origine indéterminée.

Gonodus curvidens Egert.

Elasmodus Greenoughii Egert.

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