‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 22 sur 121 · I. PALroSISC.es FÜLTCS Agsss · texte numérisé non relu

I. PALroSISC.es FÜLTCS Agsss

Vol. a.Tab.8. f. 4et5.

C’est dans la collection de M. Brongniart que j’ai vu les seuls exemplaires de cette espèce que je connaisse. Ils proviennent du terrain houiller de Sunderland (Massachussets). On cite le même poisson à \V cstflcld (Connecticut), et Hitchcock (Amcric. Joum. of scienc. vol. 6), parle d’une espèce de Palæothrissum semblable à ceux du Mansfeld , qui très-probablement est encore notre fossile. Cependant il serait possible

qu’on trouvât plusieurs espèces dans les localités susmentionnées , et que toutes ces indications ne se rapportassent pas à la même.

Le Palæoniscus fultus ressemble assez |mr sa forme générale à l’espèce commune du 3Iansfcld , mais il ap{>artient à la division de ceux dont les écailles sont lisses ; il est meme un peu plus large et plus trapu que le l’alæoniscus Freicsiebeni. Ce qui caractérise surtout les fragmens que j’ai vus , ce sout les grosses écailles et les forts osselets qui s’étendent sur le bord antérieur de toutes les nageoires. Sur la fig. 4 , on voit une partie de la tête , et les rapports de position qui existent entre les pectorales , les ventrales , l’anale et le lobe inférieur de la caudale. Au dessus on voit un indice de l’extrémité de la dorsale, correspondant au bord antérieur de l'anale. Sur la fig. 5 , on voit le pédicule de la queue tout entier , l’anale et une partie des ventrales ; les écailles des parois abdominales sont disloquées.

]..a ceinture thoracique est très-prononcée ; son angle inférieur renflé porte les pectorales, dont les rayons antérieurs paraissent beaucoup plus allongésque les suivans . £n général , toutes les espèces du genre Palæoniscus ont les nageoires moins arrondies que celles du genre Amblypterus ; leur bord antérieur plus élevé leur donne une forme qui les rapproche davantage, pour l'aspect extérieur, des poissons ordinaires. Les ventrales de cette e.spèce sont plus jwtitcs que les pectorales , et plus rapprochées de l'anale que des nageoires antérieures. L’anale, dont l’insertion est étroite, a ses rayons antérieurs beaucoup plus longs que les derniers, et sur leur bord, des osselets en Y, infiniment plus grands que ceux d’aucune autre espèce du genre , ce qui lui a valu le nom de Palæoniscus fultus , par lequel j’ai voulu exprimer la force des nageoires soutenues en avant par des rayons plus gros, qui sont eux-mêmes appuyés de forts soutiens. Je ne puis rien dire de la forme des lobes de la caudale , puisqu’on ne voit que son bord inférieur et la base de quelques rayons assez épais.

Toutes les écailles sont parfaitement lisses; celles des séries antérieures, qui suivent immédiatement la ceinture thoracique, sont plus étroitesque les suivantes, c’est-à-dire, plus hautes que longues; celles du milieu des flancs presque carrées, et tant soit pen obliques, sont les plus grandes; elles vont eu diminuant insensiblement de grandeur vers l’extrémité du tronc; sur le pédicule de la queue et surtout sur le prolongement qui sert d’insertion au lobe supérieur de la caudale, elles sont plus petites et en forme de losanges, inclinées dans le sens de ce prolongement.

H. Pai ..r.oniscus Dlvernov Agass.

Vol. 2. Tab. 7. f. I. a. 3. 4- et 5.

Palæothrissujn brève Agass. Catal. manuscr. , (d’apres un mauvais exemplaire). — Palœolhrissum pliractonotum Agass. Catal. manuscr. J’ai supprimé ce nom qui désigne un caractère que j’ai retrouvé dans toutes les espèces du genre , pour lui substituer celui de M. Duvernoy à qui je dois le premier exemplaire complet que j’aie examiné. — De Blainville rapporte les exemplaires qu’il a vus, au Palæoniscus Frcieslebcni ; mais c’est à tort. Le P. Duvernoy a les écailles lisses et ne se trouve que dans le terrain houiller des environs de Krcutznach, tandis que le P. Freiesicbeni a les écailles sculptées et se trouve dans le Zcchstein du Mansfeld.

l.a fig. i . représente un exemplaire qui se trouve au 3Iusée de Jliinich et sur lequel on voit assez distinctement la ligne latérale , quoiqu'il ne reste aucune trace des écailles et qu’elles n’aient laissé que leur empreinte sur la plaque. L’exemplaire de la collection de 31. le professeur Broun, à Heidelberg, représenté dans la fig. 2., est surtout instructif, parce qu’il lui est resté une bonne partie de ses écailles, et parce qu’on peut les étudier par leurs deux faces. C’est le plus grand de tous ceux que j’ai vus. Au Musée de Strasbourg, il y en a aussi un, ti'ès-bicn conservé. 3Ion ami, M. Alex. Braun , àCarlsriihe, en possède un jretit, qui peut donner une idée exacte des formes de cette espèce, quoiqu’il ne reste absolument que l’empreinte de ses parties. J’ignorais d’où provient ce fossile jusqu’à ce que j’en aie trouvé, au Muséum de Paris, plusieurs plaques, dont deux correspondantes , portant l’étiquette de « Poissons fossiles pénétrés de mercure , » renfermés dans un scliiste bitumineux de la commune de JIunstcr-Appel , <lans le » duché de Deux-Ponts. » Du reste, ils ne m’ont rien présenté de neuf, si ce n’est qu’en les voyant , j’ai acquis la conviction que l'exemplaire de ma fig. 2. , celui de M. Broun , est un peu trop arqué et plus large que dans son état naturel , et que sa véritable forme est plutôt celle de l’exemplaire de Munich, fig. i.

C’est, en effet, des mines de mercure de Munstcr-.\ppcl, à quelques lieues de Kreutznacli, que proviennent tous ces poissons. 31. Bronn, qui m’en a de nouveau adressé plusieurs, en automme i832, s’en est assuré, en voyant dans la collection de .31. le conseiller Geiger, à Krcutznach, nn exemplaire de cette espèce en tout semblable aux siens. Les mines d'où ils proviennent se trouvent dans le terrain houiller; elles ont été décrites par Beurard dans le Journal des mines, et sont mentionnées dans Leonhard Taschenbuch 1817. I. p. 69.

Le Palæoniscus Duvernoy est caractérisé par des proportions peu communes dans les espèces de ce genre . La forme du tronc est , en général , celle d’un fuseau fortement renflé dans sa partie antérieure. Le dos est plus arrondi que dans les autres, et l’ab-

(lomen plus saillant, tandis que la queue, considérablement rétrécie, est plus allongée. Les écailles impaires, placées en avant des nageoires verticales et surtout devant la dorsale, forment une voûte plus étendue. La tète proportionnellement petite, courte et obtuse, a le profil trcs-élevé et arrondi. La gueule est assez grande et s’étend jusqu’au dessous de l'oeil , qui parait avoir été plus petit que dans les autres espèces. Dans la fig. a., on distingue très-bien la mâchoire inferieure, le maxillaire supérieur, et plus haut, en arrière de ces pièces, on voit des fragmens d’os de l’arcade temporale et jialatinc qui occupent le milieu de la tète. Quant aux rayons branchiostègiics qui , dans ce genre , acquièrent un développement prodigieux , il n’en est resté que l’empreinte qui borde la partie inférieure et jmstérieurc de la tète; ces rayons sont trèscourts, mais très-larges, et, d'après l’impression qu’ils ont laissée , ils |>araisscnt également avoir été très-gros. Jusqu’ici je n’ai vu aucune partie de la colonne vertébrale de cette espèce; il n’est resté du système osseux que les os de la tète, dont il vient d'être fait mention, la ceinture thoracique et les rayons des nageoires.

J^a ceinture thoracique forme un demi-cercle qui horde la partie postérieure et su- |térieure de la tète; on voit distinctement l'empreinte du suprascapulairc et en dessous l’humérus; il est peu échancré au-dc.ssus de l'insertion des ]>ertorales, mais il a un léger prolongement arrondi en arrière d’elles. C’est à peine si l’on distingue cette in-^ sertion des pectorales, |*arcc qu’elles sont presque entièrement enlevées et froissées. Dans l'exemplaire de M. Sraun, elles n’atteignent pas, à beaucoup près , les ventrales. . Celles-ci, assez reculées , ne sont bien conservées que dans l'exemplaire fig. a. , encore y sont-elles en j>artie disloquées; il parait qu'elles ont cinq rayons antérieurs suivis d'une quinzaine d’autres plus longs, et qui deviennent insensiblemeut ]>lus petits vers l’extrémité postérieure de la nageoire. De toutes les espèces du genre, lel*. Duvernoy est celle qui ressemble le plus aux Amblypterus. La dorsale est très-reculée ; son extrémité postérieure est même, en |\artie , opposée à l’anale; mais sa partie antérieure correspond à l’espace qu’il y a entre l’anale et les ventrales; elle a, à son bord antérieur, sept rayons insensiblement plus grands, avant celui qui atteint .son extrémité supérieure ; elle parait du reste avoir vingt-quatre h vingt-cinq rayons , dont les derniers vont en diminuant. L’anale qui est très-large aussi, dont le bord postérieur s’étend jii.squ’à l'insertion de la caudale, et dont les rayons paraissent même plus allongés que ceux de la dorsale, a cinq ou six rayons courts à son bord antérieur, suivis de vingt-cinq à vingt-six autres, dont les premiers sont les plus longs, et qui vont en diiuinuaut de taille. l.a caudale, dont les lobes sont très-inégaux , est de plus caractérisée par l'insertion très-oblique de ses nombreux rayons. Le lobe inférieur en a, à la base de son bord, une douzaine de petits, qui s’étendent insensiblement vers sa pointe, et qui sont suivis d'une quinzaine de grands rayons , fendus et refendus à l'infini à leur

extrémité; le lobe supérieur en a plus de cinquante. Quant à la disposition des nageoires, la ressemblance des poissons de ce genre avec les Esturgeons est frappante ; aussi ne doit-on pas être surpris de ce que Gcrmar a fait un Acipenser du Palæoniscus Freieslebeni.

Un ne voit distinctement la ligne latérale que dans la fig. i , et dans l’exemplaire de >1. Alex . Braun ; elle s’étend de l’angle supérieur de l’opercule , en ligne droite , vers le milieu de la caudale. Les écailles, de forme très-variée suivant la place qu’elles occupent sur le poisson, sont en proportion plus grandes dans cette espèce que dans les autres du même genre. Elles sont constamment rbomboïdales; mais plus ou moins allongées ou plus ou moins raccourcies , suivant qu’elles sont insérées sur la partie la plus cllilée ou la plus large du tronc. Voye* les fig. 3, !\ et 5. Comme les écailles de tous les poissons, elles s'accroissent par lamelles superposées ; mais ce qu’elles ont de j>articidier dans cette espèce, c’est qu’elles forment sur leur surface extérieure des lignes rbomboïdales concentriques, visibles à l’œil nu. Dans la partie antérieure du tronc, les écailles sont disposées par séries presque perpendiculaires , mais qui deviennent toujoius plus inclinées en s'approcliant de la queue, oii elles sont entièrement borizontales le long du lobe supérieur de la caudale. Celles écs séries antérieures sont presque carrées et légèrement recouvertes, dans leur bord antérieur, par celles des séries qui précèdent; mais en arrière, plus les séries s’inclinent et plus les écailles s'allongent, et le bord qui dans une série antérieure est dirigé droit en avant, devient le bord inférieur dans celles des dernières rangées. Leur imbrication reste la même, avec cette seule difïérence, qu’en arrière le bord supérieur est également tant soit peu recouvert, ensorte qu’une écaille postérieure parait enebassée entre et sous deux écailles antérieures. La surface des écailles est légèrement bombée sur leur milieu, ce qui fait que l’empreinte qu’elles laissent sur la pierre, là où elles se détachent entièrement, est lisse, et présente au milieu un léger enfoncement.

Cette espèce a beaucoup de rapports de détail avec le Palæoniscus miniitus.

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