‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 26 sur 121 · VIII. PAL.EOmSCtJS LXPlDL'RUâ Agass · texte numérisé non relu

VIII. PAL.EOmSCtJS LXPlDL'RUâ Agass

Vol. 1 . Tab, lo. f. 3. ’j. 8. et g.

M. de Decben cite cette espèce dans le mémoire qu’il a fait insérer dans l’Arcbive de Karsten, nouvelle série, vol. 4j pag. g5. Elle se trouve à Scbarfeneck, au S. S. O. de Neurode dans le comté de Glatz, dans un gisement semblable à celui du P. vratislaviensis. L’exemplaire que j’ai fait représenter est dans un calcaire schisteux noir et fétide. C’est le seul que j’aie vu; il appartient à M. de Decben, qui a bien voulu me le confier avec plusieurs plaques de rcspccc précédente.

Au premier asj)ect l’on pourrait croire cette espece identique avee la précédente, quoique elle en dilïère considérablement, mais par des caractères trop peu saillans pour être aperçus au premier coup-d'œil ; peut-être même ne les aurais-je pas découverts dans un exemplaire mieux conservé, et qui n’aurait laissé voir ni la surface interne des écailles, ni leur liaison, ni leur épaisseur, car la partie antérieure du tronc et toute la tête est enlevée. Il n’est resté de bien conservé que la partie du tronc à laquelle sont insérées la dorsale et l’anale, le pédicule de la queue et l’insertion de la caudale; on ne voit à l’abdomen que la surface intérieure des écailles du flanc gauche, et l'insertion des ventrales avec quelques rayons d’une de ces nageoires. Cependant malgré ces mutilations, il est assez facile de se faire une juste idée des formes de ce poisson et des proportions de ses parties, parce qu’il est évident que toutes celles qui sont conservées ont été maintenues dans leur position naturelle ; dès lors les contours se tracent d’eu.x-mêmcs, en suivant la direction des lignes qui bordent les portions intactes du corps. I..a partie antérieure du tronc parait avoir été considérablement plus large que la partie caudale; du moins les écailles de la paroi abdominale, qui sont encore réunies par leurs onglets articulaires, présentent le contour d’un ventre saillant et arrondi, tandis que le corps va en se rétrécissant rapidement depuis l’insertion de l’anale; il diminue aussi, mais moins rapidement, en arrière de la dorsale. Ija caudale, qui doit avoir été grande proportionnellement, a une insertion trèsoblique ; le prolongement de la queue, le long de son lobe su|H‘rieur, étant assez étroit, est recouvert jrar conséquent d’écailles comparativement plus allongées , plus pointues et plus étroites que celles du tronc. Celles qui bordent son profil supérieur sont trèsgrandes, très-allongées et très-pointues, surtout vis-à-vis de l’insertion des premiers rayons du lobe inférieur, en avant duquel il ne paraît pas y avoir eu de grosses écailles; quoiqu’il y en ait de très-petites imj>aircs, imbriquées tout le long du bord des grands rayons extérieurs de la nageoire. Comme dans la plupart des espèces de ce genre, le P. lepidurus a, en général et dans la caudale en particulier, des rayons grêles, très-rapprochés , articulés et divisés quelquefois à leur extrémité; mais ce qui

le distingue surtout, c’est la disposition des petites écailles qui recouvrent cette nageoire : le long de l’insertion de tous les rayons, il y a , à leur base , une rangée d’écaillcs plus grandes que les suivantes , toutes très-allongées et disposées dans le sens même des rayons, qu’elles recouvrent, et tout le long desquels il y a une inlinité d'autres écailles de plus en plus petites; mais qui, plus loin sur les rayons, sont bientôt à peine aussi longues que larges, et suivent, dans leurs séries longitudinales, toutes les divisions des rayons. Malbeureuscment cette nageoire n'est pas très-bien conservée; elle est brisée à son extrémité et présente une cassure traiisverse sur son lobe inférieur, qui est du reste assez laigc, mais beaucoup plus court que le supérieur.

La dorsale et l’anale sont l’iinc et l’autre très-reculées; le bord postérieur de la dorsale est même vis-à-vis du milieu de l’anale; elles ont les deux la même forme et la même grandeur , avec cette seule dill'ércncc que les écailles qui recouvrent la surface extérieure de la dorsale sont un peu plus longues, surtout vers la base des rayons, que celles de l’anale. Au bord antérieur de chacune, il v a quelques grosses écailles impaires, larges et arrondies, qui en protègent les petits rayons suivans, assez nombreux dans la dorsale, où il y en a six ou sept, et entre lextréniité desquels sont insérées quelques |>etites écailles impaires, comme celles qui exi.stent tout le long de la nageoire. Les rayons antérieurs de ces nageoires sont environ le double plus longs que les derniers, qui sont en même temps beaucoup plus grêles et moins serrés les uns contre les autres. Le caractère le plus distinctif de celte espèce est l’épaisseur considérable de toutes les écailles et la grande uniformité dans leurs dimensions sur toutes les parties du tronc ou elles sont visibles : la partie émaillée de leur surface extérieure a uue forme rbomboïdale très-régulière; sa hauteur est égale à sa longueur; leur bord antérieur, qui est recouvert dans l’imbrication, les fait paraître plus longues là où elles sont eiilièremeiit à découvert. Les écailles qui avoisinent les côtés de l’insertion de la dorsale et de l’anale, sont plus petites que les suivantes des sriries dont elles font partie; de même les écailles du bord de l’abdomen sont aussi plus étroites, sans que cependant ces légères différenecs induent sur l’aspect général du poisson; les écailles de la ligne latérale enfin n’ont rien de particulier ni dans leur forme, ni dans leur grandeur; on les distingue des autres seulement à cause d’une saillie peu marquée qui s’étend obliquement d’avant en arrière et du haut en bas sur le milieu de chacune d’elles, et qui est occasionnée par le tube qui les traverse et qui s’ouvre vers leur bord postérieur : cette série est parfaitement droite; plus rap|U'ocIiée du dos, dans la partie antérieure du tronc, clic est plus près du bord inférieur du jvédicule de la queue que de son bord supérieur. *

K la sui'face intérieure des écailles de ce poisson l’on observe une particularité

Tom. II. 9

dans le mode d'union des séries dorso-venlrales, qui n'a encore été remarquée chez aucune des espèces qui précèdent. Non seulement les écailles se recouvrent avec leur bord postérieur qui cache une |>artie du bord antérieur de celles qui suivent, mais encore les bords su|)érieurs et les inférieurs de deux écailles avoisinantes dans la même série Iransverse, sont soudés l'un à l’autre par un onglet fixé dans un enfoncement propre a le recevoir et disposé de la manière suivante : vers le milieu du bord inférieur de chaque écaille , dans la partie interne de son épaisseur , il y a une fossette triangulaire, taillée en biseau, mais qui n'atteint pas la surface extérieure; dans la partie correspondante du bord supérieur il y a en revanche une saillie analogue qui déborde ce côté, mais qui n’étant formée que par ramincissement du bord sujtérieur sans atteindre la surface extérieure, peut s’engrener exactement dans l’enfoncement de réraille supérieure, sans former d’éminence sur la surface interne de la plaque des écailles , et sans emj>écher que leurs bords extérieurs, qui sont droits, ne s’appliquent directement les uns contre les autres. Jusqu'à présent cette liaison des bords supérieur et inférieur de deux écailles voisines a passé pour un caractère générique distinctif du Dapediiim de la Bêche; c’est même pour ne l’avoir pas remarquée que 31. Broun a fait un genre particulier (du reste très-bon) des Tctragonolepis; mais cette disposition se retrouve dans presque tous les Ganoïdes, d'une manière pins ou moins sensible; elle est surtout frappante dans quelques espèces de Lepidotus, comme on peut le voir à la Tab. 3o de ce volume. Dès lors cette disposition, quelque surprenante qu’elle soit, ne peut plus passer, comme telle, |)our un caractère générique. Nous verrons ailleurs ce que dilTércns genres et ce que les espèces présentent de particulier à cet égard.

Page 1