‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 30 sur 121 · ADDITIONS AUX CHAPITRES PRÉCÉDEXS · texte numérisé non relu

ADDITIONS AUX CHAPITRES PRÉCÉDEXS

Dans le grand nombre d’espèces nouvelles de poissons fossiles que, grâce à la libéralité des Savans anglais, j’ai pu observer pendant mon séjour en Angleterre en 1834, il s’en est trouvé plusieurs qui appartiennent aux genres dont j’ai déjà traité dans les chapitres précédons. Ne voulant cependant pas multiplier à l’infini les supplémens, je préfère intercaler immédiatcineut à la suite des Palteoniscus toutes les espèces de la famille des Lépidoïdes qui se rapportent aux genres Acanthoilcs , C'atopleniSj Amblyptenis et PalteoniscuSj et faire suivre également quelques genres nouveaux de cette famille, qui s’en rapprochent aussi plus ou moins.

I. Des especes nouvelles du genre Pal.eosisccs, et additions h celles qui sont

déjà écrites.

Outre les espèces du calcaire magnésien d’East-Thickley , seulement indiquées à la page 8 a (.xn et n“ a), et dont j’ai pu compléter les caractères, j’ai appris à on connaître plusieurs qui sont absolument nouvelles. J’ai également pu rectifier une indication relative aux espèces encore douteuses de ce genre : c’est que le poisson figuré par M. Young, et mentionné au n“ 3 , page 8 a, n’est pas un Palæoniscus , mais Lien une grande espèce nouvelle de Lepidotus , trouvée dans les schistes alunifères du Lias de Witby. J’ai retrouvé de plus l’original du poisson indiqué au n" 4 : c’est un vrai Palæoniscus du musée d’York. Enfin, le genre Osteolepis ne m’est plus inconnu ; j’ai vu dans la collection de M. Murchison les exen)plaircs originaux des deux espèces qui ont été décrites.

J’examinerai d'abord les espJ'ces nouvelles du calcaire de Burdie-llousc, qui sont certainement celles qui présentent le plus d’intérêt, tant à cause de leur gisement, qu’à cause de leurs caractères particuliers. Les travaux géologiques de M. llibbert ont déjà rendu ectte localité classique, en même temps que les fossiles qui s’y trouvent ont fait naître des discussions du plus haut intérêt pour la paléontologie. Aussi me paraît-il important de rapporter sommairement ici les résultats auxquels M. llibbert est arrivé, et qu’il a consignés dans son Mémoire sur le calcaire d’eau douce de Burdie-IIouse dans le voisinage d'Edimbourg, (Trans. de la Soc. B. d’Edimb. Vol. xm). Quant aux fossiles de cette localité, je m’attends encore à une vive opposition contre les idées générales que j’ai émises à l’occasion des poissons. Les idées

To«. II. lî

m’avaient été suggérées précédemment par l'examen de plusieurs genres dont les espèces se trouvent dans düTérens musées d'Allemagne (*) ; je les ai reproduites aux pages 6a et 63 de mon Rapport sur les poissons fossiles nouvellement découverts en Angleterre. Je crois cependant que ma manière de voir n’a pas toujours été bien comprise; du moins n’a-t-elle pas toujours été bien rendue par les auteurs qui en ont parlé. C’est pourquoi je désire présenter dans tous leurs détails les faits qur y sont relatifs. Je suis persuadé que ces idées deviendront encore plus fécondes pour la science lorsqu’elles seront plus répandues, et qu’elles ne seront plus abandonnées avant d’avoir réagi sur tout le domaine de la Paléontologie. Cependant mon intention n’est point d’entamer maintenant une controverse à ce sujet; je veux seulement appeler l’attention des Géologues sur l’importance de cette question, qui est une question tout-à-fait générale pour la Paléontologie , et engager ceux qui se livrent à des travaux spéciaux sur d'autres classes de fossiles, à l’avoir présente à l’esprit dans leurs recherches.

Le calcaire de Burdie-llouse doit être rapjKirté à l’étage inférieur du système carbonifère. Ses teintes varient beaucoup : souvent il paraît d’uii gris bleuâtre ou noirâtre, à cause des matières bitumineuses ou végétales qu'il contient en abondance; mais ordinairement il est bnin. Il alTecte très-rarement la structure cristalline du calcaire de montagne des carrières voisines. Cependant, malgré son aspect terreux, il est compact et très-dur; sa cassure est quelquefois schisteuse, surtout lorsqu’il contient des lits très-minces de matières végétales ou bitumineuses; sans cela il se brise en fragmens irréguliers à surface concbo'ide, à peu près conmic le Muschclkalk d'Allemagne. Sur place, ce calcaire présente des couches régulières, chacune d’environ quatre pieds et demi d’épaisseur, s'inclinant au sud-est sous un angle de a3 k aji*. — Le calcaire de Burdie-llouse est très-pur; à l’exception des substances organiques, il contient peu de matières étrangères; ce qui fait qu’on l'exploite avec avantage pour faire de la chaux. Ici et là il est traversé par de petites veines de spath calcaire. 11 contient aussi une très-petite quantité de matière siliceuse, et quelquefois du sulfure de fer entre ses couches.

Cette formation est surtout remarquable par les débris organiques qu’elle renferme, et qui l’ont fait envisager comme un dépdt d’origine plutôt lacustre que marine. La quantité de matière végétale répandue dans tout le calcaire de Burdie-llouse, forme un de scs traits caractéristiques particuliers. Dans quelques couches, surtout dans les supérieures, il y a même une quantité si extraordinaire de matière carbonisée, que tout le calcaire en prend une apparence bitumineuse; tandis que sur d'autres

O Voir cntr'iulrcs le Jahrhuch de Lconhatd rt Bronn, 1S31, pitje 3B0.

poinU où ccUe matière est moins abondante , la roche conserve sa couleur ordinaire grise ou brune.

La plante la plus abondante dans les carrières de Burdic-llouse, est le Sphenopteris af finis de la Flore fossile anglaise de MM. Lindley et Jlutton ; on y trouve aussi, mais plus rarement, \eSphcnopteris bifidaet \eSph. linearis. Parmi les autres plantes on remarque des tiges de Lepidendron selaginoidcs , de L. obovatum et de L. Stembergii; les feuilles du JLepidophrllum întermedhim y sont associées avec le Cyperites bicarinata; enfin on y trouve également les Lepidoslmbtts variabilis et omaitts. Ce sont ces petites fougères et ces fragmens de Lycopodiacées qui prédominent dans le calcaire de Rurdie-House; cependant on y a découvert aussi des débris de Stiffnaria ficoides et d’espèces moins communes des genres <S'/gi 7 /dna, Equiselum, Calamites et Cyclopteris.

On n’a point trouvé de grandes coquilles dans cette formation; en revanche M. le D' Hibbert y a découvert une immense quantité d'Entomostracés microscopiques, qu’il a décrits et représentés sous les noms de Cypris scoto-burdigalensis et de Dapbnidia. Il y a également observé de petites coquilles enroulées comme les Planorbcs et les Spirorbes, et qui constituent peut-être un nouveau genre. De ces laits et d'autres circonstances détaillées arec beaucoup de soin dans son Mémoire, M. liibl>ert a conclu que le calcaire de Riirdie-IIouse est d’origine lacustre.

Cependant ce sont les poissons trouvés à Burdie-llouse qui constituent la plus belle découverte paléontologique dùc à M. llibbcrt. Les espèces qu’il a recueillies dans cette localité s’élèvent déjà au nombre de sept; l’une d’ciitr’clles appartient à l’ordre des Placoïdes : c’est mou Gyracanthiis J'ornwsiiSj dont on ne connaît encore que des rayons dorsaux. 31 . Hibbert les a représentés dans son Mémoire, pl. n,fig. i. Je ne connais |)oint d'analyse chimique des gros rayons qui soutiennent les nagcoii'cs de quelques S(]uales ; mais ce qu’il y a de certain , c’est que leur aspect n’est |)oint celui du reste du squelette des Chondroptérygiens; aussi les différences chimiques signalées par M. Conncll entre ces rayons et les vertèbres des Squales, n’ont rien de surprenant. Cependant il serait fort curieux de confirmer par l’analyse chimique des rayons d'une espèce vivante, les rapports intimes que M. Connell a trouvés entre les rayons d'une espèce fossile et les os du brochet. Et s’il est permis d’en juger par la structure fibreuse de ces rayons , l’analogie sera complète. — Les six autres espèces sont des Gano'ides : le plus remarquable de tous est sans contredit le Megalichthys Uibberti Ag. , sur lequel M. Hibbert donne des reQseigneroens très -étendus, pag. 24 — 45 de son Mémoire, accom]tagnés de plusieurs figures, pl. 8 , 9, 10 et 1 1 . 31 ais comme le 31 egalichthys appartient à la famille des Sauro'ides, je dois renvoyer la publication de mes notes concernant cet énorme poisson jusqu’à ce que je sois

arrive à la partie de ce volume qui contiendra tous les details relatifs à cette famille. Je dois seulement faire remarquer en passant, que l’on comprendrait mal les caractères que j’ai assignés à ces poissons, si l’on pensait qu’ils forment une famille intermédiaire entre les ]>oissons ordinaires et les reptiles. La manière dont M. llibbert a présenté les observations que je lui avais communiquées sur le Megalichlhysj prêtera peut-être un peu à cette méprise, quoique nulle part cependant il ne méconnaisse sa place dans la classe des Poissons. En elTet, mesSauroïdes sont de vrais poissons; ce sont les premiers poissons voraces qui aient vécu dans les mers d'autrefois, et, comme tels, ils participent des caractères des Sauriens, qui n’apparaissent que plus tard dans la série des formations. Du reste j’exposerai au long dans le i" volume de cet ouvrage mes idées générales sur la succession génétique des êtres organisés et sur les rapports que présentent les différentes classes du règne animal dans leur développement progressif. — Un autre Sauroïde de Biirdie-House est le Pygoptems Bucklancli Ag. , figuré pl. 9 , f. a du Mémoire de M. llilibert. .

Trois autres espèces de Burdle-llouse appartiennent au genre Palœoniscus , qui fait le sujet de cet article. La septième constitue un nouveau geiu'c de la famille des Lépidoïdes, genre intermédiaire entre les Palæoniscus et les Platysomus, et que j’appelle Eurynotus. Pour prévenir toute confusion, je préviendrai ici mes Lecteurs que \ Amblyplenis auquel 31. llibbert fait allusion, page a 4 , est le même poisson que mon Eurynotus, dont il parle du reste aussi au même endroit.

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