Palkosisccs Robisom Hlbberl
Vol. 3 . Tab. 10 a, fig. t et 2 .
I.a plus petite des espèces de Burdie-llouse appartient au genre Palæoniscus , tel que je l’ai circonscrit, ayant de petites pectorales et de petites ventrales, et le bord antérieur de la dorsale opposé, ou à jieu près, à celles-ci. Ce qui la caractérise surtout, c’est sa forme allongée et la ténuité de son corps, par où elle se rapproche le plus du P. angustus d’Autun ; mais ce en quoi elle diffère de toutes les autres espèces du genre, c’est par la longueur beaucoup plus considérable des rayons antérieurs de scs nageoires dorsale et anale, et par la grandeur de sa queue. Ein m’annonçant, il y a plus d’un an, la découverte qu’il venait de faire ù Burdie-llouse de divers ossemens de grands animaux et de plusieurs espèces de poissons, 31. llibbert rapportait déjà ce fossile au genre Palæoniscus. En lui donnant depuis le nom spécifique de P. Bobisoni, 31. llibbert a voulu témoigner publiquement à 31. Kobison, secrétaire perpétuel de la Société Royale d’Edimbourg, sa gratitude et celle de tous les géologues pour les soins qu’il a pris de conserver les précieuses découvertes qui se font journellement dans les
carrières de Burdie-House , et d’empèclier surtuiit la dispersion des pièces détachées qu’on y rencontre, et qui seraient perdues pour la science si elles étaient disséminées dans plusieurs collections éloignées. £n acqiiies^'ant aux mesures qui ont été prises, la Société Royale d'Edimbourg a Lien mérité de la Paléontologie.
M. llibbert a aussi représenté cette espèce ; la fig. ■} de la pl. 6 de son mémoire et la lig. 3 de la pl. ^ en donnent une juste idée. Dans l'atlas de cet ouvrage, je me suis borné à reproduire un dessin de l’exemplaire le plus complet, qui est celui de la fîg. ^ , pl. ti du Mémoire de M. Hibbcrt , et qui porte le n° 89 du Musée de la Société Royale d’Edimbourg. M. llibbert. Lord Creennek et M. le professeur Jameson en possèdent aussi des exemplaires. Lorsque j’ai visité Burdic-llouse avec M. Buckland, j’ai aussi eu le plaisir d’en acquérir un. Cette espèce est la plus commune de celles de Burdie- IIousc.
Quoique ce ne soit pas ici le lieu de parler des nombreux coprolithes que l’on trouve dans les couches de Burdie-House , puisqu’il est probable qu’ils proviennent du Megalicbtbys ou du Gyracantbus, je dirai cependant, en passant, qu’ils contiennent fréquemment de petites écailles rhomboïdales, à surface lisse, qui me paraissent être celles du Palœoniscns Hobisoni; du moins je n’ai pu découvrir aucune différence entre les écailles détachées de cette espèce que l'on trouve quelquefois éparses dans le calcaire, et celles qui sont contenues dans les coprolithes. M. llibbert donne, page 53 de son Mémoire, des renseignemens très-importans sur la nature et la conservation de ces substances fécales.
Cette espère se distingue facilement de toutes celles du genre qui sont déjà connues } elle est si élancée, que sa tète n’égale pas même le quart de la longueur totale du corps. Les os de la tête ont leurs surfaces lisses; ceux du crâne seulement présentent quelques stries peu marquées. La fonne allongée de la tête et sa ténuité lui donnent un aspect particulier que n’ont pas les autres espèces, dont le museau est ordinairement renflé à cause de leur gros etbmo'ide, tandis que le museau de celle-ci va en s’amincissant jusqu’à son extrémité. Le tronc est grêle aussi et tout d’une venue ; il est légèrement renflé en avant de l’insertion de la dorsale, et s’amincit insensiblement vers l’insertion de la caudale. La dorsale occupe exactement le milieu du dos; les premiers petits rayons de son bord antérieur sont vis-à-vis des ventrales , tandis que son bord postérieur s’étend jusqu’au dessus de l’insertion de l’anale. Celle-ci est aussi grande que la dorsale, et se termine un peu avant les premiers rayons du lobe inférieur de la caudale. Ce qui distingue surtout la dorsale et l’anale dans cette espèce, c’est la disposition de leurs rayons, dont les premiers, ou du moins ceux qui forment l’angle antérieur saillant de la nageoire, sont considérablement plus longs que les suivans, qui vont en diminuant insensiblement et finissent par n’avoir plus que le huitième de
ia longueur des plus grands rayons. Cette disposition fait paraître ces nageoires très- ^chancrées; h leur bord anterieur il y a de très-petits rayons accoles le long des plus grands , et qui s’étendent ju.squ’à leur extrémité. Les rayons de ces deux nageoires ne sont pas tres-grèles et se bifurquent à plusieurs reprises, mais à leur extrémité seulement ; leurs divisions transverses sont assez éloignées pour que chaque article paraisse plus long que large. Les pectorales et les ventrales sont très-petites , composées de rayons beaucoup plus courts, et même un peu plus grêles que ceux de la dorsale et de l'anale ; leurs articulations transverscs sont aussi plus éloignées que les rayons ne sont larges. 3Ialgré la ténuité de son corps, ce poisson se termine par une grosse queue bordée d’une caudale également grande, eu égard aux petites dimensions de l’aniiital qu’elle devait aider a se mouvoir. 1.Æ lobe supérieur de la caudale surtout est vigoureux, et beaucoup plus long que l’inférieur. Tous les rayons de la caudale paraissent un peu plus grêles que ceux de la dorsale et de l’anale; ils sont aussi bifurqués plus profondément , et leurs divisions transverscs sont un peu plus rapprochées, surtout au bord- antérieur du lobe inférieur, qui se temiine par une série de petits rayons accolés tout le long des plus grands rayons. Ces petits rayons marginaux sont cependant plus gros que ceux de la dorsale et de Tanale, et que ceux qni s’étendent tout le long du bord supérieur du p<'dicule de la queue, qui porte les rayons du lobe supérieur de la caudale. Tout le corps est recouvert d’écailles rhombo'idales , mais dont la forme et les dimensions diflèrent suivant leur position; elles sont en généial jiclites; celles qui protègent les flancs sont les plus grosses et à peu près équilatérales; vers la queue et surtout sur le prolongement du corps qui porte la caudale, elles sont plus allongées et considérablement plus petites. ].eur surface extérieure est complètement lisse dans toute la partie postérieure du corps; sur celles des flancs seulement, et en avant de la dorsale et des ventrales, on y remarque quelques stries très-fines, vers leur bord postérieur du moins. A leur surface interne toutes les écailles sont réunies les unes aux autres par de très-|>etits onglets articulaires , correspondant à des fossettes semblables dans leurs bords supérieur et inférieur. Cette surface des écailles n’est pas plane; car sur le milieu de chacune d’elles il y a une quille verticale, qui, s’étendant d’un onglet articidaire à l’autre, forme des saillies transversales parallèles aux séries d’écaillcs.
Cette espèce n’a encore été trouvée que dans le calcaire de Burdie-llouse.