Ü3TEOIÆPIS *IIE5ATt'S AgaSS
Vol. 1 . Tab. 2 il, fig. T, 2 , 3 et 4.
M. Penlland, à qui les géologues doivent plusieurs notices très-intéressantes sur les poissons fossiles d'Angleterre, a aussi mentionné cette espèce dans les observations qu’il a communiquées à M. Murebison sur les poissons de Gamrie, près de Troupllcad, Banffsbirc, en Ecosse; il la place dans la famille des Esoces, à cause de la position reculée de la dorsale placée près de l'anale, et j>arce qu’il a reconnu la présence des ventrales au milieu de l’abdomen. Il ajoute que ce poisson a de grandes écailles pentagones, et la forme particulière de la caudale des poissons de Caithness. (V. lesTrans. de la Soc. Géol. de I^ondres, 2 "' série, vol. 2 , p. 364- ) Les poissons de Gamrie se trouvent dans des géodes de calcaire marneux, qui présentent à leur pourtour une structure cristalline , fibreuse , dont les rayons sont divergens vers leur surface. Ces géodes se trouvent dans une marne bleuâtre d’environ 4o pieds d’épaisseur, au fond d'iiu ravin dont les flancs sont de vieux grès-rouge. Elles contiennent plusieurs espèces de poissons appartenant à différens genres ; j’en ai examiné un trèsgrand nombre d’exemplaires qui m’ont été communiqués par M. le 1)' Knight, d’Aberdeen, et par M. Murcliison, qui les devait lui-méme aussi à 91. Knight. M. le D' Scouler de Dublin, et M. Torrie, m’en ont aussi communiqué des exemplaires trèsinstructifs. Les mieux conservés de tous ceux que j’ai vus sont des espèces nouvelles des genres Chcimlepis et Cheiracanthm. Les exemplaires de l’esjièee dont il s’agit dans cet article sont moins bien conservés : j’ai pu avec peine m’assurer qu'ils appartiennent réellement au genre Osteolepis. N’ayant pas d’abord reconnu la présence des deux dorsales et des deux anales, je pensais que ce poisson devait appartenir au genre Palœoniscus.
Il ne m’est pas possible de déterminer exactement la forme de V Osteolepis arenalus y les exemplaires les mieux conservés, et que j’ai fait représenter dans la Tab. 2 d, n’en donnent pas une idée parfaite. Celui de la fig. i est aplati de haut en bas ; la tête est complètement écrasée ; en avant seulement on voit le contour de la mâchoire inférieure droite et les deux plaques branchiostègues. Eu arrière de la tête, on voit
('■talées à droite et à gauche les deux peetorales, qui sont arrondies eomme dans les autres espèces de ce genre, et dont les rayons sont trcs-grcics et très-bifurques ; en avant de celle du côté droit on voit une impression de la branche horizontale inférieure de l’humérus, à l'angle duquel les pectorales sont insérées, l'ius en arrière, le tronc doit avoir subi des mutilations plus considérables encore ; car à rextréinité de cette empreinte on voit la première dorsale et la première anale en profil ; ce qui prouve évidemment que l’espace entre la tête et ces nageoires est tordu sur luiinênic, et en conséquence fait paraître le corps moins large qu’il n’a dû l’être. Ces deux nageoires ont à-peu-près la même forme et la même grandeur ; leurs rayons antérieurs, surtout les petits rayons accolés à leur bord, sont un peu plus gros que les suivans, qui sont très-grèles. La longueur totale de la tête est comprise une fois et demie dans l’espace qu’il y a entre l’occipitt et la première dorsale, Dans l’exemplaire de la figure 3 , on reconnaît certainement la présence des deux dorsales et des deux anales ; cependant la dislocation générale des écrailles fait encore voir ici que le tronc n’a pas son épaisseur naturelle, mais qu’il est allongé; car le bord de toutes les écailles des flancs est fortement incline en aiTièrc. Sur le pédicule de la queue on voit quelques belles écailles, dont la surface émaillée est couverte de petits points creux trèsdistincts, ressemblant cependant h des grains de sable qui y seraient épars, quand on les examine sons un faible grossissement. J’en ai fait représenter une séparément dans la (ig. 4- L’exemplaire de la fig. a indique, je crois, les proportions naturelles de cette espèce ; du moins les séries des écailles ne sont-elles pas disloquées , et l’on voit distinctement comment, en avant de la première anale, le tronc se dilate insensiblement. Dans cet exemplaire la seconde dorsale est très-distincte ; elle est placée visà-vis de l’espace qui sépare les deux anales, que l’on voit également bien les deux, (pioiqu’cllcs soient moins distinctes que la seconde dorsale. La caudale se x'oit également dans la (ig. a et dans la fig. 3 ; ses rayons grêles vont en diminuant de longueur le long du bord inférieur du prolongement du pédicule de la queue ; ceux du lobe inférieur sont les plus longs. Cependant cette nageoire paraît peu cchancréc. Les écailles (pii recouvrent le pédicule sont beaucoup plus petites que celles des flancs. Au dessus des séries d’écaillcs qui s’étendent jusqu’à l’extrémité de la queue, il y a aussi de petits rayons, mais moins grêles que dans les espèces précédentes et plus accolés contre le pédicule caudal.
A en juger par des fragmens moins parfaits encore, cependant assez distincts pour servir de terme de comparaison , cette espèce atteignait des dimensions plus considérables que ne l’indiquent les exemplaires figures. Il en est entr’autres un dans la collection de M. Murchison, qui provient d’un individu d’environ i5 pouces de long.
Cette espèce n’a encore été trouvée que dans les géodes de Gamrie.
IF. Additions au genre Acàkthodes, et description des nouveaux genres Cheiracanthus et Cheiholepis.
De /’AcAFimoDES Dhonnu Agass.
Vol. 3, Tab. I.
Lorsque j’ai décrit V Acanthodes Bronnii, au chap. a , pag. ao de ce volume, je ne connaissais que les exemplaires qui m’avaient été communiqués par M. le Prof. Bronn, et qui étaient suflisans pour donner une juste idée de la forme et des caractères généraux de cette espece. Mais depuis j’en ai examiné plusieurs autres dans la collection de M. le comte de Munster, qui me permettent de faire quelques additions de détail à ma description. Je dois de plus è l’obligeance de M. Hermann de Meyer la communication d’un exenq>lairc parfaitement bien conservé , et qui modifie même un peu les caractères génériques de ce poisson. Je croyais le genre Acanthodes dépourvu de ventrales; mais l'cxcniplaire de M. de Meyer m’a convaincu qu’elles existent également dans cc genre. Seulement elles sont très-petites et placées en avant du milieu de l’abdomen, environ au tiers antérieur de l’espace compris entre l’anale et l'insertion des pectorales. Leur bord antérieur est soutenu par un rayon épineux, comme celui des pectorales , de l’anale et de la dorsale ; seulement ce rayon est beaucoup plus court ; il n’égale même pas en longueur la moitié de ceux de la dorsale et de l’anale. Ces gros rayons sont évidemment osseux dans toutes les nageoires ; ils sont beaucoup mieux conservés dans cct exemplaire que dans aucun de ceux que j’avais vus auparavant. Au bord intérieur du grand rayon pectoral on voit quelques traces des rayons mous, qui sont très-grèles. Malgré la petitesse extrême des écailles, il est facile de reconnaître encore dans cct exemplaire, que celles du dos et de la partie inférieure du ventre sont plus petites que celles des flancs , et qu’elles sont toutes inclinées de manière que leurs bords supérieur et inférieur sont dirigés en avant et en arrière, et que l’angle inferieur postérieur est tourné directement vers la partie postérieure du corps. Les os de la tête paraissent avoir eu moins de consistance que dans les autres genres de cette famille ; car dans tous les exemplaires que j’ai vus, la tête est marquée ]>ar un contour noir, sans que son ossature soit distincte.
Tous ces nouveaux exemplaires proviennent également du terrain houillcr des environs de Saarbrück, et sont contenus dans des géodes de fer hydraté carbonate. (’’)
(*) En CDumcrant les fossiles du terrain Iiouiller, M. H. de Meyer cUc dans son Palaologicaf p. 303, plusieurs loralitès qni me sont encore inconnues, et où l'on trouve aussi des poissons fossiles. En général, cet ouvrage rapporte dans un petit Toluinc une masse énorme de faits. L'énumération des animaux vertébrés fossiles est le cadre le plus complet de tout ce qui a été lait dans cette partie; aucun palcootologuc ne saurait s’en passer, car cUe remplace A elle seule une blbliotbèqiie entière. Ce serait un avantage immense pour U science , si l’on possédait de semblables taLleaux pour les autres classes du K'gnc animal.