‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 44 sur 121 · Cbeibacakthi's uisor Agi-iss · texte numérisé non relu

Cbeibacakthi's uisor Agi-iss

Vol. 2 . Tab. 1 c, fig. 5.

Parmi les poissons dePomona, j’ai trouvé dans la collection de M. Traill un seul exemplaire d’une seconde espèce de Cheiracanthus , qui est même très-incomplet, puisque l’on n’y voit que la tête et une partie du tronc. Le grand rayon de la pectorale droite y est très-distinct; 'cependant, les antres nageoires n’étant pas bien visibles, on pourrait être dans l’incertitude sur la position générique de ce poisson, si l’on ne voyait pas un fragment de l'épineux d’une des ventrales et de celui de la dorsale à la partie moyenne du tronc. Ces indices ne sont pourtant pas conduans , car la substance du poisson étant sur plusieurs pointa carbonisée en plaques homogènes qui ont complètement perdu leur structure organique , il se pourrait que les deux barres a et é, qui paraissent être des fragmens de rayons épineux, ne fassent en cflict que

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des stries de matière carbonisc'e. Néanmoios, la structure de la tête parait indiquer positivement le genre Clieiracanlhus j plutôt que le genre Acanthodes , dans lequel les os de la tête ne sont jamais distincts. La jrartie visible du tronc est presque complètement une simple empreinte en creux.

L’individu dont il s’agit ici est couché sur le dos dans sa partie antérieure; on y voit la tête qui est ployée sur le côté gauche, par sa surface inférieure; les branches de la mâchoire inférieure forment le contour de l'arc ouvert qui termine la tête. A l’angle postérieur de la gueide, du côté gauche, l’on voit distinctement i.3 rayons branchiostègues, étroits et arrondis vers leur base , aplatis et dilatés à leur extrémité , et insérés sur un os transverse que l’on aperçoit mieux au côté opposé de la tête , où les rayons branchiostègucs ne sont qu’en partie visibles. Cet os transverse est la corne latérale de l’os hyo'idc. L’extrémité du grand rayon de la pectorale droite est très-bien conservée et se termine en pointe acérée ; on voit aussi distinctement l’impression seulement de sa base ; sa longueur totale égale celle d’une des branches de la mâchoire inférieure : il est par constiquent plus court et moins gros que dans le Ch. Murchisoni. On ne voit sur toute la surface du tronc que l’empreinte des écailles, en forme de petits creux ; ce qui oblige d’admettre que leur surface extérieure était convexe. Du reste, ces écailles sont aussi petites que celle de l’espèce précédente, et paraissent avoir été complètement lisses ; du moins je n’ai pu découvrir aucune trace de stries, ni dans l’enipreinte des écailles, ni à la surface du petit nombre de celles qui sont conservées.

Je n’ai encore vu qu’un seul exemplaire de cette espèce , provenant des schistes de nie Pomona, et qui se trouve dans la collection de 31. Traill.

Du genre Cheiuolepis Agass.

Nous venons de voir deux genres dont toutes les esjièces ont des écailles extrêmement petites, semblables à une line granulation. En voici un troisième qui a le même caractère de squamation, mais qui en diffère surtout par la structure de ses nageoires.

A l’occasion de ces écailles si petites des genres yicatuhodes , Cheiracanthus et Cheiiftleph, je ne puis m’empêcher d’ajouter encore une observation générale sur runiformité constante dans la nature des tégumens des poissons qui peuplaient jadis les eaux de notre globe. Il est en elTet très-surprenant que ces petites écailles mêmes diflcrciit complètement, quant à leur structure, de celles des poissons vivons qui les ont également grenues; qu’au lieu d’être arrondies, elles aient la forme rhondio'idale des autres Lépidoïdes, et que leur surface soit pareillement recouverte d’émail. Ces

ccatllcs sont si petites, que les dilTcrenccs mentionnées m’auraient peut-être échappe, si je n’avais pas connu les caractères invariables que présentent les grandes espèces. Mais voyant le peu d'importance que quelques naturalistes attachent aux caractères sur lesquels j’insiste, j’ai examiné de plus près les poissons qui font le sujet de cet article ; je les ai comparés avec les poissons vivons à petites écailles. Dans toutes les espèces connues des trois genres dont nous parlons, j’ai pu m’assurer que les écailles n’ont aucun rapjiort avec celles des poissons vivons, mais qu’elles ont, an contraire, réellement la structure des Lepidoïdes ordinaires ; il est même toujours facile de s’en convaincre, car il est rare de trouver un exemplaire qui n’ait pas quelques écailles brisées, sur la cassure desquelles on aperçoit aisément la différence de substance entre les lames de l'écaille et sa couche d'émail. Cela étant, il ne me paraît pas raisonnable de prétendre que les écailles soient des organes peu significatifs en général, ni même dans la classe des poissons en particulier; surtout lorsqu’on les voit conserver aussi invariablement la même structure pendant une époque aussi longue du développement de la vie organique sur la terre. Cependant les écailles du genre Cheinücpis ont quelque chose de particulier : le milieu de leur surface est convexe, et orné dé différente manière dans les différentes espèces.

Les nageoires caractérisent surtout ce genre ; elles sont placées à-peu-près comme dans le genre Acantliodes : c’est-à-dire, que la dorsale est très-reculée et opposée à la partie postérieure de l'anale. Celle-ci est placée en avant du tiers postérieur du tronc. Les ventrales occupent le milieu entre les pectorales et l’anale. Toutes ces nageoires ont des rayons très-grèles, profondément bifurqués à plusieurs reprises ; ils sont certainement osseux , puisqu’ils sont si bien conservés dans tous les exemplaires que j’ai vus. Par ce caractère, les nageoires du genre Cheimleph different déjà considérablement de celles des genres Acanthodes et Cheiracanthus, dicz lesquels tontes ces nageoires, excepté leurs rayons épineux, disparaissent, même dans les exemplaires aussi bien conservés que les Cheirolepis, et que l’on trouve dans les mêmes couches. Comme ceci a lieu pour tous les exemplaires de quatre espèces appartenant a différentes formations, il est évident que c’est le résultat d’une différence essentielle de structure. Mais en quoi les nageoires des Cheirolepis s’en distinguent eiKore davantage, c’est qu’elles n’ont point de rayon épineux à leur bord antérieur; de petits rayons grêles, très-serrés les uns contre les autres et imbriqués comme des écailles le long des grands rayons antérieurs de ces nageoires, remplacent ici les rayons épineux qui soutieuucnt les nageoires dans les deux autres genres. C’est à laison de cette structure des nageoires que j’ai donné à ce genre le nom de Cheirolepis. La caudale est exactement conformée comme dans les Palœoniscus.

Ce genre est en outre remarquable j*ar la grandeur considérable de la gueule; les

dents des mâchoires sont très-petites en général ; cependant il y en a parmi quelques-unes qui sont un peu plus grandes et qui rappellent la dentition de quelques genres de la famille des Sauroïdes. J’ai cm néanmoins devoir placer ce genre ici, ]>arce que les formes trapues de ses espèces l’associent plutôt aux Acanthodes qu’aux Pygoptères.

Je connais déjà deux espèces de ce genre , dont l’une a été découverte récemment dans les schistes de l’île de Pomona, tandis que l’autre se trouve dans les géodes de Camric. Cette dernière a déjà été indiquée par M. Pentland, Céol. Tram., vol. a, p. 3G4;. C’est son second ichthyolithe de Gamrie.

t . CsElItOLKPIS Tsmlui Agass.

Vol. a, Tab. i rf et Tah. \ e, fig. 4 .

Tousles exemplaires quej’ai vus de cetintéressant poisson ontété trouvés parM.Trai 11 dans les schistes de l’île de Pomona, oii il parait ne pas être très-rare. Les deux exemplaires représentés dans mes planches en donnent une idée complète. Le corps est large, dans sa partie antérieure surtout , et se rétrécit très-insensiblement vers son extrémité caudale. La position très-reculée de la dorsale et de l’anale contribue encore à lui donner un air plus lourd. La tête est de moyenne grandeur, elle égale presque le quart de la longueur totale. Dans l’exemplaire Tab. i d, elle est très-mal conservée et complètement aplatie ; on n’y voit distinctemement que l’angle de la ceinture thoracique, auquel est insérée la pectorale, qui est elle-même réduite en une masse carbonisée confuse. Plus en avant et en dessous on remarque deux larges plaques , qui pourraient avoir été démembrées de la branche horizontale de l’humérus, à en juger du moins d’après ce que l’on peut observer sur la tête du Ch. Uragus, Tab. i c, fig. 1 . En revanche, dans l’exemplaire de la fig. 4> l’on voit quelques autres détails de la tête du Ch. Traillii: la mâchoire inférieure du cdté gauche y est très-distincte ; elle est bordée de très-petites dents en brosse, entre lesquelles il s’en trouve quelquesunes plus grandes, en fornte de cônes aigus. Les antres os de la tête sont brisés et déplacés. Les nageoires paires sont proportionnellement moins grandes que les impaires ; les pectorales sont arrondies, formées de rayons très-grèles, fréquemment bifiirqués à leur extrémité, et divisés transversalement par des articulations qui ne sont pas très-rapprochées. Le bord antérieur de la nageoire est soutenu par de petits rayons très-grèles et très-serrés, qui s'étendent jusqu’à son extrémité. Les ventrales sont plus petites encore ; elles sont insérées par une large base, comme dans les Esturgeons, et placées exactement au milieu entre les pectorales et l’anale; leurs rayons sont semblables à ceux des pectorales, et la lisière de petits rayons à leur bord anlé-

rieur est encore plus marquée. L’anale et la dorsale sont très-reculées, beaucoup plus étendues que les nageoires paires, et formées de rayons plus allongés. Cette espèce diffère de la suivante, non-seulement par la position plus reculée de ces deux nageoires, mais encore en ce que la dorsale est aussi visiblement plus en arrière que l’anale. Les rayons de ces deux nageoires sont très-grèles j leurs bifurcations sont plus nombreuses, et leurs articulations transversales plus rapprochées que dans les autres ; ceux de leur bord antérieur sont beaucoup plus allongés ; en sorte que le bord extérieur des nageoires est cchancré, leurs rayons postérieurs diminuant rapidement de longueur. Le bord antérieur de ces deux nageoires est muni de petits rayons imbriqués, qui s’élèvent insensiblement à sa base, et qui s’étendent jusqu’à son extrémité. La dorsale est un peu plus petite que l'anale ', son bord antérieur correspond environ au milieu de celle-ci. Les rayons de la caudale sont plus gros que ceux des autres nageoires ; leurs bifurcations sont aussi moins profondes et moins nombreuses , et leurs divisions transversales un peu moins rapprochées. La lig. 4 fait voir évidemment que le lobe inférieur est échancré, et que son bord antérieur est soutenu par de petits rayons semblables à ceux qui sont en devant de l’anale. La partie allongée du pédicule de la queue qui porte la caudale , est plus large que dans la ]>lupart des Ilétérocerques ; à son bord supérieur il y a de grosses écailles acuminées en forme de rayons , qui s'étendent jusqu’à son extrémité, et que l’on voit surtout bien dans l’exemplaire de la Tab. i d.

Les écailles sont très-petites, disposées en séries obliques , et peu inclinées sur les flancs du poisson ; elles paraissent exactement de même dimension sur toute la surface du corps^ celles des bords du dos et du ventre, et du pédicule de la queue, sont à peine plus petites. Dans l'exemplaire de la Tab. i d, elles sont en creux seulement, tandis que dans celui de la fig. 4> Tab. i e, elles sont en relief partout où la cuirasse écailleuse n’est pas complètement carbonisée. Leur forme est rhomboïdale; et par suite de leur inclinaison, leurs bords supérieur et inférieur sont obliques au diamètre longitudinal dn poisson. Leur surface extérieure est surmontée dans son milieu d’une éminence qui s’étend du haut en bas de chaque écaille, parallèlement à ses bords antérieur et postérieur, sans cependant atteindre les bords de l’écaille, et par conséquent sans former des quilles continues^ Tab. t d, fig. i. Ces éminences forment sur toute la surface du corps comme une granulation en séries interrompues; on ne l’aperçoit que dans les parties parfaitement bien conservées du poisson. Danÿ les empreintes en creux , elles ont laissé une rainure très-distincte au milieu de chaque écaille, Tah. r d, fig. 3.

Cette espèce n’a encore été trouvée que dans les schistes de l’ile de Pomona.

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