‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 49 sur 121 · III. Cefiulaspis Lev’ish Agass · texte numérisé non relu

III. Cefiulaspis Lev’ish Agass

Vol. 2 ,'Tab. 1 b, fig. 8.

L’exemplaire que j’ai fait figurer est le seul que je connaisse de cette espèce; c’est une simple empreinte en relief de la tête , sur l’un des côtés de laquelle il y a encore quelques traces de substance organique. Cette empreinte est même si peu caractéristique, qu’il serait impossible d’avoir une opinion arrêtée sur le genre auquel elle appartient, si elle ne présentait, dans quelques-unes de ses parties, des rapports frappans avec le C. rostratus : ainsi, à son extrémité antérieure, on retrouve exactement la même pièce que celle que j’ai désignée comme étant l’ethmoïde, avec cette différence, qu’ici l’empreinte de cet os est coupée carrément à son bord antérieur, que ses bords latéraux sont droits et parallèles entr’eux, et que son bord postérieur s’avance vers le disque du crâne par un pédicule plus étroit. Le bord postérieur de la tête est tronqué , comme dans le C . lyellii ^ fig. 3 ; mais il est dirigé plus obliquement en avant, et se relève de chaque côté de manière à former une espèce de gond, comme on en voit fréquemment sur les bords articulaires des anneaux de certains Crustacés. Cependant ces bords relevés ne se joignent pas à la nuque, qui est déprimée. En présentant ce fossile à la lumière, de manière à faire ressortir toutes ses inégalités, on aperçoit sur son milieu une ligne proéminente qui s’étend de l’ethmoïde à la partie du crâne la plus élevée, dont la surface est complètement arrondie. Sur les côtés du disque on remarque un sillon sinueux , qui se perd en avant dans le bord même de l’empreinte, environ à l’endroit oh, dans le C, rostratits , on aperçoit les deux mame-

To». II. M

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Ions latéraux. Les bords latéraux de la tête, surtout à sa partie postérieure, sont rabattus de la même manière que dans le C. rostratiisf avec cette dilTérence seulement, que dans le C. Lewisii ils sont perpendiculaires vers la jonction de la tête et du tronc , et inclines en dehors dans leur partie moyenne et antérieure. Sur le côté j;auclie on voit encore quelques traces de la surface inférieure des os du crâne; et même, immédiatement à son bord et à l’angle ]>ostérieur et inférieur de la tête, il en est resté un fragment qui fait voir la structure granuleuse de sa substance, et qui présente une identité parfaite d’organisation avec le C. rostratus. Cependant dans le C. Lewisii je n’ai remarqué aucune trace de prolongement latéral en forme de corne.

La forme de la tête du C. Lewisii a quelque chose de très-particulier : sa partie postérieure est rétrécie et plus voitléc que sa partie moyenne, qui est aplatie et dilatée latéralement; le museau est aussi aplati ; le disque entier a une forme ovale, tronquée aux deux extrémités.

Cette esjjèce a été trouvée à \\ hitbach, dans le vieux grès-rouge; je l’ai dédiée au llévérend M. Lewis, qui étudie avec zèle la géologie de cette partie de l’Angleterre. L’exemplaire figuré se trouve dans la collection de .H. Murchison.

• IV. Cewixi.xspis Llovbii AgtlSS.

Vol. 1, Tab. I lig. 0, lo et 1 1 .

Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente; la forme générale de la tête (qui est aus.'ii la seule partie conservée dans les nombreux exemplaires que j’ai vu.s) est la meme; seulement sou boixl antérieur est plus arrondi, et son extrémité postérieure moins rétrécie. Des quatre espèces c’e.st celle-ci dont la tête, au premier coup-d’œil, ressemble le moins à la tête d'un pois.son. Dans les exemplaires dont la surface supérieure est conservée, ou a île la peine à se défendre de l’idée que ces fossiles ne sont que des coquilles de Alollusqucs; tant leurs stries extérieures sont régulières, et rappellent les stries d'accroissement des Testacés. Cependant, en examinant de près ces stries, on reconnaît qu’elles .sont dis|>osécs autrement que dans tous les Mollusques ; car lors même que l'on |>artirait de la supposition que ces disques sont des tests de Mollusques univalves patellifunnes , ou même de bivalves, la disposition des stries contredirait l'une cl l'autre de ces hypothèses. Kn clfet, ces stries sont disposées sur les côtés d'une ligne médiane dirigée d'avant en arrière du disque, et présentent dans leur partie postérieure un paralh'li.sme presque jiarfait; tandis que, au bord antérieur, elles suivent sa courbure, cl ne rappellent nulle part les lignes concentriques que formcul les nouvelles lames des coquilles dans le sens de leur accroissement. Par la

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loi

comparaison de plusieurs exemplaires brisés de ces fossiles, il devient évident que cette surface striée est une couche d’émail, distincte de la substance qui forme la |K)rtic consistante du disque, que ces stries sont des rainures dans la couche siipcrficielle des plaques, et non point des l>ords relevés de lames d’accroissement successives. Ce qui le prouve évidemment, c’est que, d’un côté, sur une coupe tran.sversale de tout le test, on n’aperçoit que de petites fentes perpendiculaires qui finissent brusquement, et que, d'un autre côté, malgré la régularité de ces stries, on les voit quelquefois distinctement se bifurquer; enfin, leur parité sur les deux côtés du disque, sans que dans les couches inférieures de sa substance il y ait la moindre trace d’une division longitudinale, est un caractère qui ne s'accorde nullement avec ce que nous connaissons de l’accroissement des Mollusques et des écailles de la queue des Crustacés; tandis que l’analogie de ces disques avec les tètes de Ccphalaspis qui viennent d’étre décrites, est d’autant plus frappante qu’on les examine plus en détail.

L’ovale de la tète de cette espece est plus obtus que celui de la précédente ; son bord antérieur est complètement arrondi; cependant on y remarque évidemment l’em- 2)reinte d’un ethmoïde semblable à relui du C. Lewisii^ mais beaucoup plus éfroit cl plus allongé; il était même certainement plus long qu’il ne le paraît dans la lig. lo, dont l’original est brisé à son bord antérieur. Le bord postérieur du disque de la tète est tronqué obliquement, comme dans le C. Lewisii; mais il n’est pas relevé en bourrelet. Les bords latéraux sont inclinés uniformément de côté, et suivent la courbure générale de la voôte de la tète, qui n’est nulle part déprimée dans sa partie antérieure comme celle de l’espèce précédente. Outre la couche d’émail qui forme la surface extérieure du disque, et que l’on voit surtout bien au bord droit et antérieur de la fig. 10, ainsi que sur un lambeau conservé vers le bord |>ostéricur de ce même exemplaire, on distingue encore deux couches de structure dilTérentc : l’une, qui est la moyenne du test, a une structure granuleuse semblable à celle des os des poissons Cbondroptérvgiens, et parfaitement identique avec celle des lambeaux que nous avons aperçus dans le C. rostralus ; l’autre’, qui est la couche inférieure , se décompose en feuillets superposés les uns aux autres comme les lames d’accroissement des coquilles des Mollusques. Cette dernière couche est la plus épaisse des trois. Dans l’exemplaire de la fig. 9, <pii est celui dont les formes sont le mieux conservées, on ne xoit des lames que de cette troisième couche, qui recouvre en partie l’empreinte en relief de la surface inférieure de la tète. Dans la fig. lo, au contraire, on reconnaît au bord de son disque, d’abord la couche extérieure, sous laquelle la eouclie moyenne est cachée, et un peu plus en avant dans l’intérieur du moule, des lambeaux de la couche inférieure. Enfin, dans la fig. ii on voit un fragment cassé de manière à pré.sentcr ces trois couches dans leur su|)crposition naturelle. Sur les côtés de la tète l’on n’ajierçoit

aucune trace d’un prolongement latéral en forme de corne, pas plus que dans le C. Lewisii; en sorte qu’il me parait probable qu'un jour, lorsqu’on les connaîtra mieux, ces deux especes devront être séparées génériquement des C. Lyelli et /VS trot us.

Ce qui vient d’être dit sur la structure de la tête des Cephalaspis rappelle singulièrement le test des Crustacés, qui a aussi une couche extérieure colorée, sous laquelle se trouve d’abord une couche de structure granuleuse , puis une couche lamelleusc; et ce n’est pas sans avoir hésité long-temps, que je me suis décidé à envisager les fossiles représentés dans mes Cg. 8, 9 et 10, comme des têtes de Cephalaspis, plutêt que comme des écailles terminales de quelque Crustacé inconnu. Il est, en effet, fort extraordinaire que des écussons dont les caractères ichthyologiques ne peuvent être révoqués en doute dans les espèces représentées fig. i, 3, 5 et 6, l’une desquelles, du moins, a été trouvée avec son tronc et ses nageoires, aient exactement la même structure que d'autres disques que l’on pourrait prendre aussi pour des queues de Trilobile. dilliculté d’arrêter son opinion sur ces fossiles est d'autant plus grande, que le bouclier et la queue de plusieurs espèces de la famille des Trilohitcs ont aussi la couche extérieure de leur test ornée de sillons semblables à ceux de la tête des Cephalaspis, et leurs bords qiielquefois relevés en bourrelet, comme le bord postérieur du disque du C. Lewisii. Cependant, la présence constante de la pièce qui me parait être l'cthmoïde, et l'arête longitudinale sur le milieu du disque, semblent trancher la question et nous obliger à placer definitivement tontes ces plaques dans la classe des Poissons , et à les envisager comme des têtes de Cephalaspis ou d'un genre voisin. Leur structure particulière exige la plus grande circonspection dans l’établissement des csi>èces, pour ne pas s’exposer à envisager comme des espèces particulières des empreintes dont les couches extérieures seraient enlevées, et donneraient à la surface du disque un aspect tout différent. Déjà de pareilles mé|>riscs ont eu lieu dans la classe des Crustacés, chez lesquels la surface inférieure du test a fréquemment un aspect tout différent de celui de la surface sujmrieure , en sorte que leurs empreintes ne se ressemblent point du tout.

Le C, Lioydii, dont j’ai vu un grand nombre d'exemplaires dans la collection de M. -Murchison, paraît être très-commun dans le vieux grès-rouge, et se trouver dans le Pays de Galles dans toutes les localités où l’on trouve le C. Lyellii. Ces deux espèces devront donc être envisagées comme caractéristiques pour celte formation.

J’ai dédié cette espèce à M. Lloyd, médecin à Ludlow, qui le premier a fait connaître à M. Murchison l’existence de ces curieux fossiles dans le vieux grès-roiigc.

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