Cephàlaspis rosthatcs Agass
Vol. a, Tab. I b, lig. 6 et 7 .
Cette espèce appartient évidemment au genre Cephalaspis, tel qu’il a été caractérisé d’après la précédente, dont elle ne diflêre essentiellement que par la forme de la tète , qui est étroite et beaucoup plus allongée. Je n’en ai encore vu qu'un seul bon exemplaire, dans la collection de M. Murchison; il est représenté par sa surface supérieure dans la fig. 6 , et en profil dans la fig. 7 . C'est une tète, dans un état de conservation semblable è celle de la fig. 3 du C. Ljellii, et dont l'empreinte seulement rappelle les formes particulières, sans que les os aient été conservés. Cependant on y aperçoit quelques détails qui ont trait aux caractères génériques, et que je n’ai pas vus dans l’espèce précédente. J’ai appelé ce poisson Cephalaspis rostraliis, parce que la partie antérieure de la tète se prolonge en un museau pointu. Les 3 'eiix sont placés beaucoup plus en arrière sur le disque de la tète, à-peu-près à son tiers postérieur, tournés directement en haut, et encore plus rapproeliés l’un de l'autre que dans le C. Lyellii; ils paraissent aussi avoir eu une forme oblongue , à eu juger du moins par la légère empreinte des orbites. En arrière de celles-ci se trouvent aussi les crêtes pariéto-fron taies, qui sont très-rapprochées et moins saillantes que celles du C. Lj ellii^ et entre lesquelles s'élève déjà la crête occipitale. Cette tète est beaucoup plus longue que large, et ses côtés se resserrant rapidement sont plus arqués que la ligne qui va de l’extrémité du museau à la nuque, et qui s’élève en crête médiane depuis 1 e tiers antérieur de la tète jusques entre les orbites. A l’extrémité antérieure de cette crête il y a une dépression triangidairc, longitudinale, qui [wurrait avoir été occupée par les narines, lesquelles seraient alors bien plus rapprochées du bout du museau, et trèséloignécs des j’cux. Sur les côtés de cette dépression l’on voit deux petits mamelons, fig. 6 . cCj qui me font supposer que les os maxillaires supérieurs étaient détachés de la tête, comme dans le genre Hypophthalmus et dans quelques autres de la famille des Silures, que peut-être même ils se prolongeaient en forme de barbillons sur les côtés de la tête, et qu’ils étaient insérés dans la cavité formée par ces mamelons. La pièce o me paraît être l’os ethmoïde, arrondi à son bord antérieur, et en avant duquel l’intcrmaxillaire formerait le bout du museau et le bord réfléchi des côtés de la tête. Dans cette partie de l’empreinte ou voit quelques traces de cet os, dont la surface est striée longitudinalement, tandis que sa cassure présente une structure granuleuse. J’insiste sur cette particularité, et surtout sur ce que cette surface striée se voit distinctement, avec la structure granuleuse de l’os, dans un exemplaire qui appartient évidemment au genre Cephalaspis. Cette circonstance, jointe à celle que
les bords latéraux de la tête sont repliés vers sa surface inférieure, rendra plus facile la détermination des autres espèces. Vers la région des yeux l’on voit encore, en a a, deux prolongemens latéraux, qui me paraissent être les équivalens des cornes du croissant du C. Lyellii. Sur le côté droit de la tête on voit évidemment que sa surface inférieure est striée longitudinalement; sur le côté gauche il y a une portion de l’os dont la surface extérieure est striée également; des deux côtés on voit la structure granuleuse de l’épaisseur de l’os. Enfin, au bord postérieur du côté gauche, il y a une portion des parois latérales de la tête intacte , sur la surface extérieure de laquelle on remarque encore de semblables stries longitudinales, comme sur l’empreinte de la surface inférieure au bord de sa cassure. Entre ces deux surfaces on retrouve la structure granuleuse de l’os, et l’on voit évidemment que les surfaces striées sont d’une substance dilTérente ; que c’est une couche d'émail qui recouvre les os de la tête.
Cette espèce n’a encore été trouvée qu’à VVbitbach, dans le vieux grès-rouge. Tous les exemplaires que j’ai vus sont de la collection de M. Murcliison.