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Vol. i, Tab. i4 Cjfig. 4 et 5.
Je ne connais encore qu’un exemplaire de cette espèce, l’original de ma fig. 4> qui a été déposé par M. Murebison dans la collectjpn de la Société Géologique de Londres. M. Hitchcock, dans son rapport sur la géologie de Massachusetts, en a déjà représenté deux exemplaires qui étaient beaucoup plus parfaits que celui que j’ai vu, quoique ses figures laissent à désirer bien des détails sans lesquels il est impossible de bien déterminer une espèce. La fig. S de ma planche est une copie de la fig. 4B, pl. i4, de l'ouvrage de M. Hitchcock, qui paraît faite d'après un exemplaire dont toutes les nageoires étaient bien conservées. Sa fig. 4^ représente un autre individu de la même espèce, dont les écailles sont encore toutes visibles et dans leur position naturelle. M. Hitchcock dit que, sur ôo exemplaires de poissons fossiles trouvés dans le scliiste bitumineux de Sunderland, 4o appartiennent à celte espèce. Dans l’exemplaire que j’ai sons les yeux , la tête est la partie la mieux conservée; on y voit en outre l’empreinte d'une grande partie des écailles du cêté droit, et quelques écailles du cêté gauche par leur surface extérieure. Il n’est resté des nageoires qu’une partie du lobe inférieur de la caudale, quelques rayons de l’anale et des pectorales, et un vestige des ventrales; la dorsale est complètement enlevée. Si dans les exemplaires figurés par )1. Hitchcock les nageoires étaient intactes, la dorsale diflèrerait considérablement de celle des Eur^-notus : car dans scs figures ce sont les rayons postérieurs de cette nageoire qui sont les plus longs; ils excèdent même de beaucoup les rayons antérieurs. Cependant, comme ceux-ci paraissent avoir été brisés, il est lrès-i>ossible qu’ils étaient les plus longs dans leur état naturel . Je crois la chose d’autant plus probable , q ue je ne connais pas un seul poisson de cette famille qui ait, proportionnellement à sa largeur, une dorsale composée de rayons aussi courts que le seraient ceux de cette espèce, s’ils n’avaient pas été beaucoup plus longs qu’ils ue paraissent dans les figures citées. Partant de là, il m’a paru que ce poisson devait rentrer dans le genre EurjnotuSj puisque son anale est étroite, et qu'il appartient à la section des Lépido'ides llétérocerques. Kn effet, le prolongement du ]>édicule de la queue s’étend obliquement audelà des rayons antérieurs du lobe inférieur de la caudale , de manière à ne laisser aucun doute sur son cxtcusioii jusqu’à j'extrémité de la nageoire. Cette asserliou est eu contradiction avec les figures de l’ouvrage de M. Hitchcock; mais, comme j’en ai
dëjà fait la remarque à l’occasion du Palsjoniscus fuUus, dont j’ai examiné une plaque originale, je n’en crois pas moins que tous les poissons de Sunderland sont des Hétérocerques ; et je pense qu’il aura paru plus naturel à M. Hitchcock de rétablir la queue d’un poisson très-régulier, en lui donnant une caudale à lobes pairs, et de supposer ses exemplaires mal conservés dans cette partie, que d’admettre que le corps se terminait par une nageoire è lobes impairs, dont le supérieur aurait été sensiblement plus long que l’inférieur. Ce qu’il est resté de la caudale dans l’exemplaire de ma fig. 4 , fût en avant de son lobe inférieur, de petits rayons simples, accolés aux suivans qui sont beaucoup plus larges, et dont les articulations transversales, trèsrapprochées, s’étendent jusque vers leur base. Il paraît que l’anale était très-étroite; cependant, à son bord antérieur il y a d’assez gros osselets imbriqués le long du plus grand rayon. D’après quelques rayons des ventrales, que l’on aperçoit entre les écailles disloquées du bord du ventre , ces nageoires auraient été un peu plus rapprochées de l’anale que des pectorales ; tandis que dans la flg. 48 de M. Hitchcock elles se trouvent droit au milieu de l’abdomen.
J’ai donné k cette espèce le nom de tenuiceps, parce que la hauteur de la tête est peu considérable , proportionnellement à sa longueur et à la largeur du tronc. Dans les ligures de M. Hitchcock il semble, au premier coup-d’œil, que la tête doit avoir été beaucoup plus large qu’elle ne le |)aratt; cependant, l’exemplaire que j’ai sous les yeux confirme ses dimensions exiguës. Le museau surtout est allongé et étroit; et la gueule , peu fendue , présente au bord de ses mâchoires de petites dents arrondies, semblables à celles de VE. crenatus. L’orbite, qui ]iaralt avoir été passablement grande, se trouvait en arrière des mâchoires. Au bord supérieur de cette empreinte on voit un os frontal long et étroit, qui, par sa position, donne probablement à la tête plus de largeur qu’elle n’avait réellement. L’opercule est court, mais haut; en dessous l’on voit une empreinte du sous-opercule et de l’inter-opercule, qui sont moins hauts que dans l’espèce de Burdie-House. On ne voit que la surface intérieure de ces pièces, qui sont celles du câté gauche.
Par leur forme, les écailles de cette espèce ressemblent davantage k celles de l’£. fimbriatus qu’a celles du crenatus^ mais clics sont beaucoup plus grandes, proportionnellement à la taille du poisson. Celles de la partie antérieure sont plus hautes que longues; mais depuis le milieu du tronc déjà, elles deviennent équilatérales. Sur la plus grande partie de cet exemplaire on ne voit que l’empreinte lisse de celles du côté gauche; celles du côté droit, que l’on voit au bord du ventre par leur surface extérieure, sont également lisses; mais il m’est impossible d’aflirmer si leur bord postérieur est entier ou dentelé.
Celle espece est commune dans un schiste bitumineux de la formation du grès-bigarré, k Sunderland dans le Massachusetts.