‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 67 sur 121 · II. Dàpedics csanulatds Agass · texte numérisé non relu

II. Dàpedics csanulatds Agass

Toi. a, Tah. a5, fig. a, 3, 4, 5 et Gaetb.

Tous les exemplaires que j’ai observés de cette esjièce et qui sont les originaux de mes figures, se trouvent dans la collection de M"' £. Philpot, à Lyme Regis.

Le 1). granulatus diffère du politus par l’aspect de scs écailles, par sa forme plus trapue et par la structure de ses dents, qui sont eousidérabicment dilatées à leur c.xtrémité. La fig. a représente une grande portion de la partie antérieure du tronc et toute la Ictc en profil. Dans la fig. 3, on voit la tête en profil dans sa partie inférieure , et déprimée dans sa partie supérieure , de manière à présenter le crâne en face. Dans la llg. 4 , distingue très-bien les écailles de la partie antérieure et inférieure du tronc, et la nageoire pectorale droite, dont les rayons sont cependant brisés à leur

extrémité. A en juger d’après les originaux des fig. 2 et 4 , la forme du corps de cette espèce était plus arrondie que dans le D. poliius. En effet , le bord supérieur de la tète et la nuque forment avec le bord anterieur de l’alidomen un angle beaucoup plus ouvert. La surface de toutes les écailles est ornée d'une granulation aplatie, qui s’étend sur tout le bord antérieur de chacune d’elles, fig. 2, excepté vers la nuque, où une granulation plus fine s’étend sur toute leur surface. Sur les écailles qui bordent le ventre, la granulation est plus grossière, plus saillante, quoique egalement aplatie, et confluente à leur bord inférieur. Quant aux écailles elles-mêmes, fig. S, elles sont plus hautes et plus étroites que celles du D. politus ; leur onglet articulaire est beaucoup plus large, mais plus court; et la partie des écailles recouverte par l’imbrication est plus large aussi. Dans la fig. 2, on voit quelques fragmens de côtes, dont l’extrémité s’étend jusqu’à la hauteur des pectorales. Ces nageoires sont les seules dont il soit resté quelques traces ; leur base est très-large , et les rayons qui les composent sont grêles, proportionnellement à la taille de ces exemplaires. Ces rayons sont longtemps simples, et ne se bifurquent que vers leur extrémité ; j’en distingue 26 dans l’original de la fig. 4) sans compter la série de petits osselets acuminés qui s’étendent tout le long du premier rayon , et qui sont accolés moins fortement contre son bord que dans la plupart des autres poissons de cette famille.

La surface extérieure de tous les os du crâne est granulée ; mais outre que cette granulation est beaucoup plus fine que dans le D. politus, elle en diffère encore par sa nature : ses grains sont de petites saillies arrondies, séparées les unes des autres, et qui ne recouvrent pas même toute la surface des pièces operculaires. Ceux du bout du museau sont cependant plus gros que ceux du reste de la tête. Ces os présentent exactement les mêmes connexions que dans l’espèce précédente, avec cette seule différence qu’ils sont plus raccourcis encore, et que la partie antérieure du mufèau est plus arrondie. Quant aux plaques buccales, il est à remarquer que la région qui correspond à la quatrième plaque du D. politus est occupée, dans le granulatus, par trois pièces beaucoup plus étroites. Tout le bord extérieur et la moitié inférieure de l’opercule , et près des deux tiers du subopereule , sont parfaitement lisses; il en est de même du bord de l’interopercule et de l’extrémité des rayons branchiostègues. On ne voit que quatre de ces derniers, en arrière de la grande plaque qui se trouve entre les deux branches de la mâchoire inférieure. Cette plaque, qui est impaire, ou plutôt formée de deux pièces soudées par leur bord interne, est traversée obliquement de chaque côté par deux lignes saillantes qui se réunissent sur son milieu de manière à former un V très-ouvert. La branche horizontale du préopercule est en grande partie visible, parce que les plaques buccales ont un peu glissé sur le bord antérieur de l'opercule et du subopercule. Les deux mâchoires sont d’égale longueur; les intcrmaxillaircs occupent tout le bord antérieur de la mâchoire supérieure; chacun d’eux

est anné de quatre dents plus grosses que les correspondantes de la mâchoire inférieure. Le maxillaire supérieur est plus fortement dilaté à son extrémité que dans le D. polUuSj et recouvre une plus grande portion du maxillaire inférieur. Quant aux dents, elles dillerent beaucoup de celles de rcspècc précédente : non-seulement elles sont échancrées,mais encore considérablement dilatées i) leur extrémité. Leur surface extérieure présente un sillon vertical qui se termine à récliancrure, dans les dents de la mâchoire inférieure, fig. G a, et qui, dans les dents antérieures de la mâchoire supérieure, aboutit à une (]uilie qui se termine à récliancrure de la dent jnir une pointe obtuse, fig. 6 b; tandis que dans le D. politus, la surface extérieure des dents est arrondie jusque vers récliancrure , où elle est comprimée , fig. G c.

Cette espèce de Dapedius parait être la plus rare de celles qu’on trouve à Lyme- Regis.

lit. Dapedius pusctatus Agass.

Vol. 2, Tab. a5 ny et Tab. aS, fig. G d, 7, 8 et g.

L’original de la pl. 20 a, qui représente le ]ioisson, tout entier, est le plus bel exemplaire de poisson fossile que j’aie jamais vu; il est aussi de la collection de M"' Philpot, et provient du Lias de Lvme Régis.

Par sa foriiic générale, cctlc cs|>èce se rapproche davantage du D. poli/iis que du granidatusi mais elle en dill'èrc par la fincs.se de la granulation des os de la tête. Ses contours présentent la forme d’un oA'alc presque parfait; seulement la nuque et la base de l’anale sont un peu plus arquées que le bord du ventre et la partie postérieure du dos. La largeur du pédicule de la queue égale environ le tiers de la plus grande largeur du corps. La tête forme le quart de la longueur totale, y compris la caudale; elle est plus arrondie que dans le D. politus, mais moins baute que dans le granu- Ift/iis. La surface extérieure de tous les os de la tête est couverte d’une granulation aplatie, beaucoup plus line que celle du D. jyolilus. C'est sur le scapulaire et le surscapulaire, et sur les écailles de la nuque , que ces grains sont les plus fins et le plus arrondis; sur les |iariétaux ils sont disposés en séries longitudinales; ceux des bords des os maxillaires sont les plus gros; mais c’est sur les plaipics buccales et sur les pièces opcrculaircs qu’ils sont le plus aplaüs. Ils ont l'asi>ect de petites écailles imbriquées, qui deviennent de plus en plus petites vers le bord postérieur de ces os. Il V a six pièces buccales, dont les trois postérieures, qui sont les plus grandes, ont la même forme que dans les espèces précédentes; les trois inférieures sont sensiblement plus petites. Nous avons vu que dans le D. polUns il n’y a que deux de ces pièces inférieures, et qu’il y eu a quatre dans lé grantdaliis. L’opercule paraît être plus

large que dans les espèces precedentes. Par leur forme, les dents tiennent le milieu entre celles du D. poUtus et du graiiulatus : leur base n’est pas sensiblement rétrécie; leur surface extérieure est arrondie, et la bifurcation de leur extrémité très-marquée, Tab. 23, fig. 6 d. ’

Comme toutes les écailles ont conservé leur position naturelle , on ne voit du squelette que deux apophyses épineuses supérieures des vertèbres de la nuque , qui .sont très-vigoureuses. En arrière de l’opercule, on distingue aussi une portion de l’iiumerus, dont le bord antérieur présente des sillons obliques, et dont la surface extérieure est ornée d’une granulation en séries transversales au diamètre longitudinal de l’os. Toutes les écailles paraissent parfaitement lisses à leur surface, excepté celles de la nuque, qui sont visiblement couvertes d'une granulation ponctuée. Celles qui recouvrent les ilancs sont les plus grandes. Celles du bord du dos et (les côtés de la queue ont à-peu-près les mômes dimensions. Leur bord postérieur est légèrement arqué, et présente une dentelure presque imperceptible, qui existe certainement dans toute la partie supérieure et moyenne du tronc, mais qui parait manquer aux plus grosses' écailles des flancs et h celles qui recouvrent le pédicule de la queue. Vue à la loupe, la surface extérieure parait ornée de petits points creux épars, distribués irrégulièrement et prolongés en sillons linéaires. Quant aux bords supérieur et inférieur des écailles, ils sont parfaitement droits au bas de l’abdomen et sur les côtés de la queue ; mais dans les grandes écailles des flancs, le bord supérieur est légèrement convexe et le bord inférieur légèrement concave ; et dans celles du bord du dos , surtout le long de la dorsale, la partie antérieure du bord supérieur est concave et sa |>artie [losléricure convexe, le Itord inférieur ayant une courbure correspondante. A la ba.se de l'insertion des nageoires impaires, il j' a des écailles de forme particulière ; le long de la dorsale surtout elles sont très-étroites, inclinées de manière à ce que leur diamètre longitudinal se trouve dans la direction des rayons, lorsque ceux-ci sont debout; c’est-à-dire, que ces écailles sont à-peu-près verticales à l’extrémité des séries qui couvrent les côtés du tronc , et forment une espèce dégaine à la base delà nageoire, qui paraît pouvoir s’y cacberen partie. la; bord libre de ces écailles est évidemment dentelé. A la base de l’anale, les écailles sont plus irrégulières et moins allongées. Le long de l’insertion de la caudale il y a des écailles allongées, semblables à celles de la base de la dorsale, mais qui se dirigent dans le sens longitudinal du poisson". Il n’y a j>as de ligne latérale continue; on remarque seulement sur une série qui s’étend de l’angle supérieur de l’opercule jusqu’au milieu de la caudale, en flécbi.ssant un peu vers le bord postérieur de l'anale , quelques écailles percées d’un trou en forme de croissant très-ouvert. Ces écailles jjcrforécs sont tantôt consécutives, tantôt séparées par une ou plusieurs écailles qui ne le sont |ias. En dessous de la dorsale, on voit à la liauteur de la sixième écaille de chaque série des

traces d’une seconde ligne latérale, qui rappellent ce que l’on observe dans le genre Polypterus.

Les pectorales sont plus petites que celles du D. granulalus; leurs rayons sont proportionnellement beaucoup plus grêles que ceux des ventrales, au bord antérieur desquelles il y a de petits rayons imbriqués , très-acuminés et plus grands que ceux des pectorales. Le bord antérieur de la dorsale se trouve vis-à-vis des ventrales, c’est-àdire qu’il est un peu plus rapproché de la tête que de la caudale ; ses rayons ont à-peuprès l’épaisseur de ceux des ventrales , mais ils sont moins gros que ceux de la caudale ; simples à leur base, ils présentent vers le milieu des articulations transversales assez rapprochées, et sont bifurques à plusieurs reprises à leur extrémité. Cette nageoire s’étend jusqu’au pédicule de la queue j son extrémité postérieure est aussi éloignée de l’insertion de la caudale , que les rayons de celle-ci ne sont longs j elle se termine à la même hauteur que l’anale. Mais celle-ci ne se prolonge en avant que jusque vers le milieu de la dorsale; ses rayons sont tant soit peu plus gros, et articulés jusque plus près de leur base. La caudale présente des particularités très-intéressantes pour l’étude de l’ostéoli^ie des poissons anciens. Il est évident que celui-ci est bomocerque, c’est-àdire, que la partie supérieure de la caudale et sa partie inférieure sont composées de rayons égaux, quoique cette nageoire ne soit pas bifurquée, mais plutôt coupée carrément; et cependant l’extrémité de la colonne vertébrale n’aboutit pas au nülicu de la caudale; elle se dirige bien encore vers le bord supérieur de la nageoire, comme dans les liétérocerques, mais elle se termine à la base des rayons. Tous les rayons de la nageoire sont donc aussi insérés sur les apophyses épineuses inférieures des dernières vertèbres; et la structure de la caudale des Lépidoïdes Uomocerques ne diffère donc de celle des Hétérocerques, (malgré la grande différence de leur aspect) qu’en ce que toutes les apophyses qui portent les rayons s’étendent également en arrière, de manière à former pour l’insertion des rayons un arc vertical. On retrouve encore la même structure dans quelques Uomocerques dont la caudale est très-bifurquée, par exemple, dans le genre Catunis, dont la Tab. D, vol. a, présente un squelette restauré. Quant aux rayons mêmes de la caudale du Dapeditis punctatus, je ferai remarquer qu’ils sont proportionnellement très-gros, et articulés transversalement jusquà leur base, de si près, que les articles sont au moins du double plus larges que longs. Tous ceux de la partie moyenne de la nageoire sont bifurqués profondément un grand nombre de fois, tandis que ceux des bords sont de plus en plus simples, et que les extrêmes ne représentent qu’une série d’articulations transversales un peu moins rapprochées que celles des rayons du centre. Le long <les bords siipérictir et inférieur de la nageoire, il y a une série de pièces acuminées assez grosses , qui s’étendent jusqu'à scs extrémités latérales. L’examen attentif de ces pièces, telles qu’on les voit dans ce poisson , fixera.

je pense, l’opinion qu’on doit se faire de leur nature. Il s’agit de savoir si ce sont des rayons de forme particulière, ou bien des écailles. En examinant leur position au bord supérieur dé la caudale, il est évident que ce sont les écailles impaires du milieu du dos, qui s’allongent de plus en plus, se dressent le long des rayons simples de la nageoire, et s’étendent en devenant insensiblement plus petites jusqu’à leur extrémité; tandis qu’au bord inférieur de la nageoire on voit que, si même la première de ces pièces est encore une écaille redressée , les seconde et troisième prennent rang jiarmi les rayons simpleset sont comme eux articulées transversalement, et qu’en outre toutes les autres pièces de la série sont imbriquées le long du troisième rayon simple, et s’étendent jusqu’à son extrémité, comme celles du bord supérieur de la nageoire. Il est donc évident que les écailles et le squelette osseux présentent fréquemment des transitions de l’un à l’autre, comme je l’ai déjà fait remarquer dans plusieurs occasions ; et que ces petites pièces qui bordent les nageoires sont tantôt des écailles affectant la forme et l’aspect de rayons, et tantôt des rayons squamiformes. *

Le Dapedius pimctatus est particulier au Lias de Lyme-Regis.

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