TETRAnoSOLEPIS SEMICIKCTtS BrOnO
Vol. 2, Tab. 22, fig. 2 et 3.
On ne connaît encore de celte jolie espèce qu’un seul exemplaire qui se trouve dans la collection de M. le baron d’Allliaiis à Diirheim. Je l’ai examiné à plusieurs reprises, et en ai fait dessiner les deux empreintes; ce sont les originaux de mes deux figures. M. le Professeur Bronn, lorsqu’il a établi le genre Telragonolepis , en a publié une figure au trait dans le Jahrlmch fur Minéralogie etc., année i83o, accompagnée d’une description très-délaillée et que je me jilais h reproduire, parce qu’elle laisse peu de chose à désirer, et que je pourrai y intercailcr encore quelques observations nécessaires.
n Ce sont deux plaques corres]>ondantes d’un poisson dont il ne manque que la partie antérieure de la tête et la partie antérieure et inférieure du tronc. Il a de très-grosses écailles cl une forme toute partienlière ; il est très-court et très-large; sa partie inférieure surtout est très-saillante, tandis que le dos est peu arqué. L’extrême régularité des écailles et la position des nageoires impaires immédiatement au bord du contour du
poisson , montrent évidemment qu’il était naturellement très-plat et nullement renflé. La longueur du tronc, depuis l’angle postérieur de l'opercnle jusqu’à l’insertion de la caudale, est de 35 millimètres; il en a jusqu’à l'extrémité de cette nageoire. I^a partie conservée de la tête a 19 millimètres de longueur; mais étant entière elle a dit en avoir au moins a3. La largeur du tronc, en avant de la dorsale, est de 44 limèlres ; et la colonne vertébrale se troux'e environ au quart supérieur de cette largeur. Le bord inférieur de la tète descend à peine à la moitié de la hauteur totale. Les écailles sont toutes conservées ». Dans la lig. 3, on les voit par leur surface extérieure; dans quelques points seulement, à la partie antérieure et supérieure du dos et vers le bord du ventre, elles sont enlevées; et l’on voit en dessous les écailles du cèté droit par leur surface intérieure. Dans la flg. a, on ne voit que l’empreinte de la su rikee extérieure des écailles du côté gauche, et la surface intérieure de celles qui ont été enlevées sur la plaque opposée, u On ne découvre aucune trace des os de la colonne vertébrale ; mais les écailles sont légèrement relevées sur une ligne longitudinale qui a dû être occupée par elle. Danj sa partie moyenne elle est un peu arquée vers le ventre, puis efle devient horizontale. Les écailles forment des séries obliques, qui vont en divergeant de plus en plus du bord du dos au bord inférieur de l’abdomen; il y a a 8 séries semblables en arrière de la tète , et 5 perpendiculaires sous son bord inférieur. Les écailles elles-mêmes vont en grandissant dans chaque série du haut en bas ; celles du dos sont aussi hautes que longues, et ont environ un millimètre; tandis que celles du milieu des flancs ont 5 à 6 millimètres de hauteur sur 2 de longeur ». Dans la partie postérieure du poisson, elles deviennent de pins en plus petites, et sur les côtés de la queue elles sont équilatérales et rhombo'idales. « Dans la région moyenne du tronc, les bords supérieur et inférieur des écailles sont à-peu-près parallèles au diamètre longitudinal du poisson ; tandis que dans sa partie supérieure ils deviennent de plus en plus obliques, en se dirigeant vers le bord du dos. Cependant ces bords supérieur et inférieur, loin d’ètrc rectilignes eux-mêmes, ont la forme d'un S très-ouvert ». Il parait que la cavité abdominale était très-spacieuse, car on voit en arrière, à la hauteur du bord antérieur de l’anale , des indices de ses limites. Au bord Inferieur du ventre on aperçoit une série d’écailles impaires et saillantes, qui rappelleraient la dentelure abdominale du genre Pristigaster J s’il n’y avait pas lieu de croire qu’ici les saillies qu’elles forment sont accidentelles et résultent de la compression de l’abdomen. « La dorsale commence à i3 ou i 4 millimètres de l’angle postérieur de l’opercule ; elle a 20 millimètres de long ; son bord antérieur en a et ses rayons vont en diminuant insensiblement jusque vers l'insertion des rayons de la caudale , sans cependant se confondre avec eux. Ces derniers rayons n’ont que 2 millimètres de longueur. L’anale se termine aussi immédiatement en avant de la caudale, et s’étend sous la queue jusqu’à 16 millimètres de To». JI. 26
son insertion ; les rayons de son bord antérieur ont !^ millimètres , ceux de son bord postérieur n’en ont que a ». On voit des traces des petites pectorales en dessous de l'angle de l’humerus, qui forme en arrière une saillie arrondie. Les pièces operculaircs sont étroites et petites , comme toute la tète l'est proportionnellement aux larges dimensions du corps. On ne voit pas de trace des ventrales; cependant je ne puis admettre la supposition de M. Bronn , que si elles existaient, elles étaient insérées en avant des pectorales; car elles sont placées au milieu de l'abdomen dans plusieurs espèces où dles sont très-bien conservées. Il me paraît donc plus probable d’admettre qu’elles ont été enlevées sans laisser de traces de leur existence, comme cela arrive si souvent dans les Ganoïdes. « La caudale a g millimètres de longueur; son bord postérieur est coupé presque carrément, ou plutôt légèrement arrondi; ses deux extrémités sont distantes l’une de l’autre de ig millimètres ». Mais la largeur apparente de la nageoire dépendant du rapprochement et de l’éloignement des rayons, il ne faut pas attacher d'importance à ce caractère.
l’ius loin, M. Bronn compare ce poisson avec les especes fossiles déjà connues. Il ne lui trouve de ressemhlancc qu’avec le Dapedius du Lias , dont il croit pouvoir le distinguer par l’absence des dents bifiirquées, des onglets articulaires des écailles, et par la position des ventrales, qu’il croit jugulaires. J’ai déjà fait remarquer qu’il était probable que ce poisson avait ses ventrales dans la môme situation que les Dapedius. Quant aux écailles, leur structure est parfaitement semblable dans les deux genres, et les onglets articulaires existent dans toutes les espèces de Tetragonolepis aussi bien que dans les Dapedius ; comme on l’a vu plus haut dans la discussion de la valeur relative de leurs caractères génériques. Les dents du Tetragonolepis seniicinclus n’ayant point encore été observées, la position générique de cette es|)èce pourrait paraître douteuse, si la disposition des écailles et la grande dilTérence de dimension entre celles du dos et celles des flancs ne rappelaient plutôt les Tetragonolepis que les Dapedius. Lorsque M. Bronn a cherché ensuite à déterminer la position de son genre Tetragonolepis dans la classe des poissons, il a éprouvé la môme difliculté que l’on éprouverait maintenant si l’on voulait s’efforcer d'encadrer dans les familles déjà établies les nouveaux genres dont j’ai formé mes Lépidoïdes, mes Sauroïdes et mes Pyenodontes , et dont toutes les espèces sont fossiles. Ils forment évidemment ensemble une grande division naturelle, dont je rappellerai, dans les généralités de ce volume, toutes les particularités d’organisation, et qui a dû rester inconnue aux zoologistes aussi long-temps que les poissons des terrains anciens n'avaient pas été soumis à un examen très-détaillé.