XIV. Tetracokolepis asgulifeii Agass
Vol. a. Tab. a3.
Je ne connais encore qu’un seul exemplaire de eelte espèce, appartenant à M. Greaves, et qui est exposé dans le Musée de M. Wcaver à Birmingham. C’est le plus beau de tous les poissons fossiles que j’aie jamais vus; aussi n’ai-je pu résister à la tentation de le faire figurer en grandeur naturelle dans toute sa magnificence. 11 provient du Lias de Stratford sur l’Avon.
11 est peu d’espèces du genre Telragonolepisj qu’il soit aussi facile de caractériser que celle-ci, scs écailles étant ornées de stries disposées de manière à former un triangle dont le sommet est dirigé vers le milieu de leur bord antérieur, et dont la base occupe leur bord postérieur (fig. 3). Iæs écailles des côtés de la nuque ont une grosse granulation arrondie qui cache de plus en plus ces triangles, jusqu’au bord du dos , où, devenant plus nombreux, les grains recouvrent toute leur surface (fig. a). La ligne latérale, partant de l’angle supérieur de l’opercule, est légèrement courbée vers le dos dans sa partie antérieure, pnis redescend vers le milieu du corps, et se termine ensuite en ligne droite sur le milieu du pédicule de la queue. Les écailles supérieures à la ligne latérale et celles des côtés de la queue sont sensiblement plus petites que celles des parois abdominales, qui sont les plus grandes, et en même temps presque aussi longues que hautes; tandis que dans la plupart des autres espèces elles sont beaucoup plus hautes que longues. Au bord inférieur du ventre, surtout entre l’anale et les ventrales et en dessous de l’insertion des pectorales, elles sont aussi petites, mais plus longues que hautes.
La dorsale commence an milieu du dos et se termine à une distance de l’insertion des rayons de la caudale, égalant la largeur du pédicule. L’anale, de moitié plus courte, SC termine à la même hauteur; les rayons de cette nageoire sont plus allongés et un peu plus gros que ceux de la dorsale, bifurqués à plusieurs reprises jusque vers leur base , et articulés transversalement de très-près. Le long de son bord antérieur il y a des fulcres très-serrés. L’extrémité des rayons de la partie antérieure de la dorsale ayant disparu , il n’est pas possible de savoir si son bord antérieur n’était pas plus élevé que sa partie moy'ennc, comme cela paraît probable, puisqu’il en est ainsi de l'anale. Ce qu’il y a de certain, c’est que la dorsale commence par plusieurs très-pe-
tits rayons, qui s'allongent insensiblement; tous les autres sont profondément bifiirqués à plusieurs reprises, et leurs articulations transversales sont très-rapprochées. Les ra)'ons de la caudale sont très-gros et très-larges, surtout à leur extrémité, fréquemment bifurqués, et divisés par des articulations transversales très-serrées. Les fulcres du bord supérieur de cette nageoire sont moins serrés et surtout plus allongés que ceux de son bord inférieur. Les ventrales sont placées plus en avant que le bord antérieur de la dorsale; leurs rayons sont aussi gros que ceux de l'anale; au bord antérieur du premier il y a des fulcres très-serrés. Les pectorales ont entièrement disparu; leur point d’insertion est à la hauteur de l’articulation de la mâchoire inférieure.
La tête est proportionnellement petite et très-obtuse ; les mâchoires, seulement, foiToent une légère saillie ; on voit à leur bord une rangée de dents coniques et obtuses. I^a mâchoire inférieure est très-courte et proportionnellement très-large; au dessous l’on voit nn large écusson impair, semblable à celui que j’ai observé chez les Dapedius en avant des rayons branchiostègues. Ceux-ci, dans notre poisson, sont très-larges, mais en partie enlevés. Les pièces operculaires sont proportionnellement très-|ietites, l’opercule surtout. L’orbite est grande; elle est placée immédiatement au dessus et en arrière de la symphyse des mâchoires. Tous ceux des os de la tête dont la face extérieure est visible sont ornés d’une granulation semblable à celle des écailles de la nuque.
D’après un dessin réduit qui m’avait été envoyé par M. le D' Traill, en i83o, j’avais inséré cette espèce sous le nom de T. Traillii dans le tableau synoptique qui se trouve en tête de ce volume, à la page 7 . Ce n’est qii’après avoir fait graver la planche que j’en ai publiée dans la 5* livraison sous le nom de T’, angidifer, que j’ai reconnu l’identité des deux dessins. Ce dernier nom exprimant un des caractères essentiels de l’espèce, me parait devoir être conservé, d’antant plus que M. Traill a des titres plus valables à la reconnaissance des savans.