II. Seuiokotus Bebgeu Agass
• Vol. a. Tab. i 6 , fig. a et 3.
Paliconiscumàrenaccum Berger Verstein der Coburger Gegend, p. i8. T. i ; F. i. — SemioDotus Spixii Agass. Tabl. synopt. du a“' vol. p. 8.
Dans le Qiiailersandstcin des environs de Cobourg, on trouve, outre des plantes, des poissons fossiles qui ont, été décrits par M. le D' Berger. Il parait cependant que Ton ne trouve les poissons que dans les couches supérieures de cette formation. On en a découvert dans les carrières de Seidmannsdorf, de Gruberstein et de Neuses, à un niveau de 1049 et de 1094 pieds au-dessus de la mer. Ces fossiles sont connus depuis long-temps j du moins M. le D' Hornsebuh rapporte-t-il dans le Jahrlmch de Ljéonard ( i83o, 2 "' Cah. ), que l’on trouva il y a environ 3o ans dans le grès de la carrière de Retschendorf, un très-bel exemplaire d’un poisson semblable au Baibeau. 11 ajoute que les empreintes de onze poissons de la grandeur et de la forme des Leucisquesse voyaient sur une plaque d’un grès friable provenant de la carrière de Neuses, dans le cabinet du prince héréditaire. Cette même plaque se trouve maintenant dans la collection du Gymnase de Cobourg. Depuis, M. le D' Berger en a encore trouvé plusieurs exemplaires, qu’il a décrits dans son ouvrage sur les plantes et les poissons fossiles du grès des environs de Cobourg.
N’ayant encore eu occasion de voir moi-même qu’un seul exemplaire assez incomplet de ce poisson qui se trouve au Musée de Munich, je crois devoir rapporter d’abord les intéressans détails donnés par M. Berger, auxquels je n’aurai que quelques mots à ajouter.
La figure que, M. Berger a publiée représente un exemplaire beaucoup plus parfait que celui de ma planche. La forme du poisson est ovale ; sa longueur totale est de 6 pouces 3 lignes, sa plus grande largeur à l’insertion des ventrales d'un pouce lo lignes ; derrière l’anale sa largeur n’est que de V‘ de pouce On distingue trois nageoires au côté abdominal, et seulement une au côté dorsal. La pectorale est petite, faible , et se trouve placée en dessous du bord postérieur de la tête j cette nageoire étant très-mal conservée, on ne peut reconnaître ni le nombre ni la nature de scs rayons. La ventrale est à ii lignes en arrière de la pectorale; elle a 5 rayons, tous divisés et articulés. Sa longueur est de 7 'A lignes, et sa largeur de 4 > le long du premier de scs rayons, l’on voit plusieurs petits fulcres. L’anale, qui a 6 rayons dont le premier est long d’un pouce, présente aussi de semblables fulcres; sa distance de la ventrale est d’un pouce, et de la caudale de G lignes. La dorsale, inclinée oblique-
ment en arrière , ne commence qu’a 5 lignes en avant de l'anale ; sa plus grande longueur est de i/| V> lignes, et sa largeur de i4 lignes; elle a i6 rayons, qui vont en diminuant de grandeur d’avant en arrière ; le premier est garni de fulcres le long de son bord, il en a même trois ou quatre devant lui. La queue continue d'être charnue à sa partie supérieure, comme chez les Acipenser et l’£sojc ossetis. Les ravons de la caudale, articules et bifurques, vont en s’allongeant de haut en bas, et cette nageoire a une forme passablement tronquée. A son bord antérieur l’on voit aussi, comme en avant de la dorsale, quelques petits fulcres; le plus long de ses rayons a i pouce 3 ’/’ lignes. ‘
La tête, dont les parties ne sont guère reconnaissables, n’est que médiocrement large et se rétrécit à sa partie antérieure. Elle a itr lignes de largeur à la région de l’opercule. On n’aperçoit aucune trace de dents. Les écailles conservées ici et là sont de forme rhomboïdale ; leur bord supérieur est légèrement concave et leur bord inférieur légèrement convexe ; les angles antérieur-inférieur et postérieur-supérieur sont arrondis. Les écailles de la queue s’allongent davantage. Sur le dos, derrière la tête et jusqu'à la dorsale, on en voit d’oblongiies, dont la pointe est tournée en arrière. 11 y a aussi sur le haut de la queue des écailles scutiformes, mais plus étroites. On ne peut pas distinguer si parmi les écailles du ventre il s’en trouve aussi d’oblongucs.
Il faut que ce poisson , avant d’être enveloppé dans les matières qui ont formé la roche, fêt déjà en partie décomposé, et qu'il ait été charrié ; car ses écailles sont en partie dérangées.
Un autre exemplaire, dont M. Berger possède les deux plaques, n’a que 4 pouces 1 1 lignes de long, et i pouce i '/* ligne de large derrière la tête. On y voit un grand opercule. La pectorale est plus distincte que dans le premier exemplaire; il y a aussi des fulcres le long de son plus grand rayon. Les ventrales sont plus en arrière, et opposées au bord antérieur de la dorsale. La caudale est mieux conservée aussi ; elle est fourchue, mais la base de son lobe supérieur est oblique, à cause du prolongement du pédicule. La ligne latérale est un peu enfoncée , en arrière de l’opercule , et éloignée de ^ lignes du bord du dos ; vis-à-vis du bord antérieur de la dorsale elle en est à 8 lignes , et sur la queue à 3 lignes seulement.
Un troisième exemplaire, dont M. Berger a pareillement les deux plaques, est moins bien conservé que les précédons, mais appartient à un plus grand individu; sa largeur est de a pouces lignes. Les écailles sont assez épaisses ; leur surface est lisse. Les ventrales sont aussi opposées au bord antérieur de la dorsale. Le diamètre de l’orbite est de 6 lignes. L’opercule est grand , lisse ; on n’y remarque ni écailles, ni granulation, ni épines, ni rayons divergens. M. Berger possède en outre trois petits exemplaires de a pouces environ , qui ne présentent rien de particulier.
Tox. II 30
Dans un autre exemplaire de M. Berger, désigne dans son ouvrage sous le 5, on voit distinctement la ligne latérale passant environ par le milieu du corps, et une pectorale plus large et mieux conservée que dans les autres exemplaires; elle oITre 10 rayons articulés, dont le plus grand a des fulcres le long de son bord. Les ventrales sont placées un peu plus en avant que le bord antérieur de la dorsale. L’extrémité de la dorsale est opposée au bord antérieur de l’anale.
La plaque qui se trouve dans la collection du Gymnase de Cobourg , et qui a environ un pied carré, est la même que celle dont M. tlornscliuh fait mention, quoique M. Berger y ait reconnu i3 poissons, au lieu de i l'qu’indique le premier. Ils sont très-mal conservés, et toute leur substance est carbonisée; on ne distingue que l’empreinte des écailles, qui paraissent former environ 36 séries obliques entre la tète et la caudale. Le plus grand de ces poissons n’a que 5 '/' pouces de long et lo lignes de large ; dans l’un d’eux l’une des pectorales présente la rayons.
£nfln, dans un exemplaire de Cruber-Stein, M. Berger a pu reconnaître que les écailles de la queue sont rhomboïdales et sensiblement plus petites que celle des flancs, qui sont plus hautes que longues.
31. Berger croit devoir rapporter ce poisson au genre Palœoniscwn , à cause de l'inégalité des lobes de la caudale. Je ferai remarquer cependant que la colonne vertébrale ne s’étend point, comme dans ce genre, jusqu’à l’extrémité du lobe supérieur de cette nageoire, mais qu’elle se prolonge seulement un peu vers ce cété, de manière à rendre l’insertion de la nageoire oblique. L’on ne voit pas non plus, tout le long de ce prolongement , de nouveaux petits rayons s’intercaler entre les précédons et l’extrémité du lobe. En un mot , ce poisson n’est pas un vrai Hétéroccrqiic ; il a seulement la base de sa caudale oblique, et les rayons extérieurs de son lobe supérieur plus courts que ceux du lobe inférieur, comme cela se voit dans beaucoup d’autres llomocerques. C’est à raison de cette différence , et parce que la forme de la dorsale et ses rapports avec les autres nageoires présentent des caractères particuliers , que j’ai établi le genre Semionotus , qui ne comprend jusqu’ici que des poissons du Lias ; car je pense, et c’est aussi l’opinion de plusieurs géologues et entr’autres de M. le comte de Munster, que le grès de Cobourg qui contient ces poissons appartient au Lias plutôt qu'au Keuper. C’est du moins ce que parait indiquer la forme de leur caudale.
L’exemplaire que j’ai fait figurer se trouve au Musée de Munich. Il m’avait étéindiqué comme originaire du Brésil , d’où il aurait été rapporté par MM. Spix et Martius ; aussi l’avais-je désigné dans mon Tableau synoptique sous le nom de Semionotus Spixii. Mais en le comparant attentivement avec la description et la figure que M. Berger a publiées des poissons de Cobourg, j’ai reconnu leur parfaite identité; et pendant le séjour que j’ai fait à Munich en i833, j’ai même découvert à l’un des
angles de la plaque le nom de Coboiirg inscrit à la plume sur la roche môme, mais presque entièrement effacé. On distingue dans cet exemplaire quelques traces des côtes, qui étaient assez grosses. La position relative des nageoires est comme dans les autres espèces du genre Semionolus ; les ventrales, seulement, sont placées un peu iplus en avant de la dorsale. Il se pourrait cependant, comme l’a très-bien fait remarquer M. Berger, que les différences que l’on observe à cet égard dans différens exemplaires, indiquassent des espèces distinctes, dont les caractères particuliers ne pourront être précisés que lorsqu’on connaîtra un plus grand nombre d’exemplaires mieux conservés. — Les écailles sont de moyenne grandeur ; la fig. 3 en représente une, prise sur les côtés de la queue, où elles sont plus allongées que sur les flancs. Ces dernières sont même plus hautes que longues.
UI. Sehiosotcs LiTvs Agass.
Yol. a. Tab. ay.
Dapedîus altivelis Agass. Tabl. s/n. Vol. a, p. 8.
En 1829 , par conséquent long-temps avant d'avoir vu un seul Semionotiu entier, j’avais inscrit dans mes notes, sous le nom àcDapedius altivelis^ un poisson qui se trouve au Musée de Munich , et que j’ai fait représenter dans la fig. i de cette planche. Son gisement m’était inconnu ; mais la ressemblance de ses écailles avec celles du Dapedius politus de la Bêche, me fit penser qu’il pourrait bien provenir de quelque couche juraæique. Après avoir établi le genre Semionolus, d’après l’exemplaire que j’ai décrit sous le nom de S. leptocephalus, et que M. le Prof. Jœger m’avait fait voir à Stuttgart, en i83i , je ne me doutai point encore que mon Dapedius altivelis pôt appartenir à ce genre. Ce n’est qu’après en avoir vu des.excmplaires plus complets, déposés dans la collection de la Société Géologique de France par M. Boué, et après avoir revu celui de Munich en i833, que j’ai reconnu les vrais rapports génériques de ce poisson. La fig. a de ma planche représente un des exemplaires de la Société Géologique de France. J’ai appris en même temps de M. Boué, que ces exemplaires provenaient des schistes bitumineux de Seefeld, qui doivent être rapportés au Lias. La roche qui contient l’exemplaire de Munich ne diffère de celle des exemplaires de Paris que par une teinte un peu moins foncée. Depuis, j’en ai vu encore de tout semblables à Londres, dans la collection de M. Murebison.
Cette espèce est la plus large du genre ; la forme de son corps est trapue. Le dos est fortement voôté; mais le bord de l’abdomen est presque droit. La dorsale commence environ au milieu do dos , et s’étend jusque vis-à-vis de l’anale ; son bord antérieur est beaucoup
plus élevé cpie sa partie postérieure ; scs rayons sont fréquemment bifurqués à leur extrémité , et articulés de très-près jusque vers leur base en lignes transversales brisées. ' Le long de son premier rayon il y a de gros fulcres. Les ventrales avancent un peu plus que le bord antérieur de la dorsale. Le pédicule de la queue n’a pas à beaucoup près la moitié de la largeur du tronc. La caudale est large, et son insertion oblique j ses rayons sont moins bifurqués que ceux de la dorsale ; elle est peu érbanrrée. Le long de son bord supérieur il y a des fulcres très-serrés. Les pectorales sont petites.
Les écailles sont proportionnellement asseï grandes ; celles des séries antérieures, surtout sur les cétés de la cavité abdominale, sont un peu plus hautes que longues.
En arrière et le long du dos, elles sont presque équilatérales, fig. 3. Celles de la partie su])érieurc du pédicule de la queue sont sensiblement plus petites et en forme de lozange allongée. Leurs bords supérieur et inférieur sont légèrement arqués; le bord postérieur paraît avoir été partout parfaitement droit et lisse ; leur surface est pareillement lisse.