‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 87 sur 121 · II. LePIDOTCS SEMISERRXTIS Ag · texte numérisé non relu

II. LePIDOTCS SEMISERRXTIS Ag

Vol. 2. Tab. 29 <J et 2Q â ( Cah. suppl. )

LrpIdoUis lalissimus et umbonalus Ag. Tahl. synopt. p. 8. — Figuré eu pciil dans la Géologie du l'orksliire de M. \'oung, pl. iG, lig. 7 et 8. ( Dans cette dernière fig. le poisson est renversé. ) —Mentionné également parmi les espèces douteuses de Pal.'eoniscus, à la page 82 de ce 2"' vol., d’après les figures de M. Young.

Le premier indice que j’ai eu de l’existence de cette espèce, a été une plaque de grosses écailles provenant du Lias d’Angleterre, qui se trouve au Muséum de Paris,

et que j’avais inscrite dans mon Tableau synoptique sous le nom de L. lalissimus , sans me douter que les figures de l’ouvrage de M. Young que j’ai eitées à la suite des espèces du genre Palœonîscus, sur lesquelles j’invoquais de nouveaux renscignemens, représentassent la même espèce. Ces renscignemens, je lésai trouvés moi-méme au Musée de Whitby , où M. Young a eu l’obligeance de me faire voir les originaux de ses figures, et plusieurs autres exemplaires découverts depuis la publication de son ouvrage, tant par lui que par M. II. Belcber et par M. Ripley. Ces pièces m’ont fait connaître presque tous les détails de la structure des parties solides de ce poisson, et m’ont engagé à changer le nom de lalissimus que je lui avais d’abord donné en celui de semiserratus.

Cette espèce paraît être très-commune dans le Lias des environs de VVbitby et de Scarborough ; du moins j’en ai vu un grand nombre d’exemplaires provenant de ces localités, dans les Musées de Scarborough, d’York, de New-Castle, d'Oxford, et dans la collection de M. Randyl à Stockton. Lord Fitz-William en possède aussi du Lias de Loftus. L’exemplaire figuré pl. 29 a, est le même que celui de la fig. 8, pl. 16 de l’ouvrage de 31 . Young. Celui de la fig. 1 de ma pl. 29 b, se trouve au Musée de Scarborough} et celui des fig. 2 et 3 de la même planche appartient à M. Randyl.

Les dimensions de ce poisson sont à-peu-près les mêmes que celles du Z. gigas; seulement son corps est plus allongé, plus arrondi et proportionnellement moins large; en sorte que sa plus grande largeur n’est que du quart de la longueur totale. La tête est aussi plus allongée et moins arrondie en avant; mais elle est plus large en dessus, et le diamètre trausversal du corps paraît avoir été plus considérable, pro- |M>rtionnellement à sa hauteur.

Une circonstance particulière m’a singulièrement facilité l’examen de cette espèce. La plupart des exemplaires que j’ai vus ont été trouvés dans des schistes marneux du Lias, contenant beaucoup de pyrites qui ayant pénétré la masse de tout le poisson, ont rendu sa séparation des couches environnantes très-facile. Aussi existe-t-il aux Musées de Whitby et de Scarborough surtout, des exemplaires entièrement dégagés de la roche, et qui ont conservé leurs formes naturelles.

La tête, de moyenne grandeur, présente un profil à-peu-près droit, et formant à la nuque un angle très-obtus avec le bord du dos, qui est très-peu voûté. Le museau forme une saillie conique et arrondie; le bord inférieur est également droit; ce qui donne à toute la tête la forme d'un large cène tronqué. La surface du crâne est trèslarge, légèrement arrondie, de même que les plaques buccales supérieures et la partie supérieure de l’opercule; ce qui donne au diamètre transversal de la tête une dimension presque aussi considérable qu’à son diamètre vertical. De larges frontaux et

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de grands pariétaux forment la plus grande partie de sa voûte. On les voit très-bien dans l’exemplaire de la lig. 3, pl. ig b, qui se trouve dans la collection de M. Bandyl. Mais, chose assez curieuse, ces os ne sont pas égaux sur les deux côtés du crâne : le frontal gauche est sensiblement plus court et plus étroit que celui du côté droit; et la suture qui les unit est sinueuse, le bord interne du frontal gauche formant une saillie arrondie qui avance sur le milieu du bord correspondant du frontal droit; tandis que plus en arrière, le bord interne du frontal droit avance sur le frontal gauche. Ces deux os sont à-peu-près du double plus longs que larges; leur extrémité antérieure est sensiblement rétrécie, et se termine par plusieurs dentalions profondes dans lesquelles s’engrène l’ethmoïde; leur extrémité postérieure, surtout celle du frontal droit, est notablement plus large. Les pariétaux sont aussi larges que les frontaux, mais beaucoup plus courts; et à l’inverse de ces derniers, celui du côté gauche est plus grand que celui du côté droit , et forme une saillie entre le frontal droit et le pariétal du môme côté.

Cette inégalité des os du crâne n’est point accidentelle : dans tous les exemplaires où j’ai pu examiner ces os, je leur ai retrouvé cette même disposition. Dans la lig. 5, j'ai fait représenter ces os très-en petit, d’après un exemplaire dans lequel ils sont très-bien conservés, qui a été déposé au Musée de hitby par M. fielcher.

En arrière des pariétaux, l’on distingue une ceinture étroite, formée par ces plaques partienlières que j’ai appelées nuchales, et qui s’étendent jusqu’au bord supérieur de l’opercule. Sur les côtés des pariétaux se voient les mastoïdiens, qui sont étroits, mais aussi longs qu’eux. L’orbite est plus petite, pro|K>rtionnellement, que dans le L. gigas. Les sous-orbitaires, qui l’entourent en arrière, en dessous et en avant , sont beaucoup plus petits que les plaques buccales ; mais à son bord supérieur, le long du frontal , on remarque trois plaques osseuses, qui s'unissent aux sous-orbitaires pour entourer l’orbite comme un cercle, et qui paraissent être des démembremens du frontal. Ces trois plaques se voient très-distinctement dans la flg. 3. Tous les os de la surface du crâne sont lisses , et n’oIFrent que quelques sinuosités évasées, qui deviennent plus frequentes sur les pariétaux, et qui, sur les plaques nuchales, se resserrent de manière à leur donner un aspect rugueux. Les plaques buccales sont très-développées : elles recouvrent entièrement les joues, et occupent tout l’espace compris entre les mâchoires, les sous-orbitaires et le préopercule; leur surface ne présente que quelques inégalités. Quant aux pièces opercidaires, elles sont très-larges et occupent environ la moitié du côté de la tête; leur surface est complètement lisse; il n’y a que le préopercule et le subopcrculc, qui présentent quelques rugosités à leur bord postérieur. L’opercule est le plus grand de ces os ; sa forme est celle d’un carré long, dont le côté supérieur est un peu plus étroit, et dont le bord

postérieur est légèrement arrondi. Le subopercule est aussi très-grand; son bord postérieur est arrondi ; tandis que son angle supérieur et antérieur se prolonge en une apophyse étroite, qui s’élève assez haut entre l’opercule et le préopercule. La branche montante de ce dernier est très-longue et étroite, et son angle arrondi. L’interopercule est petit et de forme triangulaire. Dans la fig. !^ , ces pièces operculaircs sont représentées en petit, d’après un exemplaire où l’on voit surtout bien l’apophyse montante du suboperculc.

Les mâchoires sont plus allongées dans cette espèce que dans le L. gigas ; la mâchoire inférieure, surtout, s’étend plus en arrière, et son extrémité postérieure est plus liaute. Leur bord ne m’a non plus présenté que de petites dents coniques et obtuses. La fig. i de la pl. ar) b représente un exemplaire très-instruotif du Musée de Scarborough, qui m’a été communiqué par M. W illiamson, et dans lequel on voit distinctement les deux branches de la mâclioire inférieure par leur face inférieure. On y reconnaît la forme particulière de ces os, qui donne au museau son aspect tronqué. En effet, l’extrémité antérieure des deux branches de la mâchoire inférieure se recourbe presque à angle droit, et s’attéuue avant que leur réunion ait lieu à la symphyse du menton. Dans l’inters'alle compris cntr’clles, on voit distinctement le grand os des deux cornes latérales de l’os hyoïde, à l’extrémité duquel on distingue de chaque côté la ]>artie antérieure de sept rayons branchiostègues. Ce nombre parait être normal pour le genre Lepidolusj bien que je n’aie pas vu ces rayons dans toutes les espèces. Dans celles où j’en ai trouvé moins, j’ai toujours remarqué qu’il en manquait, ou que leur position ne permettait pas de les voir tous.

La forme générale du tronc indique un poisson plus allongé et plus arrondi que le L,. gigas-, comme on peut s’en convaincre en comparant les flg. i des pl. 39 a et 39 b. Ses niouvemcns devaient être par conséquent plus rapides et plus dégagés. Les dimensions de ses mâchoires, plus fortes et plus allongées, et qui font présumer que ce poisson était plus vorace que le premier, confirment ce que la vue du tronc seul ferait déjà supposer.

La ceinture thoraciqne est étroite, quoique assez vigoureuse; l'angle de l’humérus est arrondi , et ne forme point de saillie au dessus de l’insertion des pectorales. Ces nageoires se voient très-bien les deux dans la fig. i de la pl. 39 b; elles sont beaucoup plus allongées que celles du L. gigas. Celle du côté droit, surtout, laisse deviner ses dimensions : elle s’étend au-delà de la moitié de l’espace compris entre les pectorales et les ventrales. Elles ont 1 5 rayons de moyenne épaisseur, arqués à leur base, simples jusqu’à la moitié de leur longueur, articulés etbifurqués à plusieurs reprises de là jusqu’à leur extrémité. Le long de leur bord extérieur, il y a de petits fulcres, dont on voit quelques traces sur le côté de celle de gauche dans la figure citée. Je les ai vus plus

distinctement dans d’autres exemplaires. Les ventrales ne sont bien conservées dans aucun des exemplaires que j’ai examinés; cependant, dans celui de la fig. i, pl. ar) on voit la base de ces deux nageoires; on distingue même lo rayons à celle du côté droit. La partie qui en est conservée est simple et sans articulations. Dans celle du côté gauche, où il n’ya que g rayons de conservés, onvoitqueceux du bordinteme, qui sont entiers, se bifurquent depuis leur milieu; leur dimension et celle des rayons extérieurs brisés, prouve que ces nageoires étaient l>eaucoup plus petites que les pectorales. Dans les nombreux exemplaires que j’ai vus, je n’ai d’ailleurs remarqué aucune trace des antres nageoires; sans doute à cause de l'état de eonservation meme du tronc, qui, devenu plus compact par la masse de pyrites qu’il contient ordinairement, s’est toujours séparé on même temps de la roche et des nageoires vertieales, qui ont dù rester dans la masse environnante; tandis que les nageoires paires, accolées au tronc, ont été plus fréquemment préservées d’une dislocation complète. Cependant, à l’extrémité postérieure de la (ig. i, pl. ag ô, on aperçoit deux grosses écailles impaires, qui indiquent quelle était la position de l’anale, et qui font voir que cette nageoire était plus rapprochée des ventrales que celles-ci ne le sont des pectorales.

Les écailles forment des séries dorso-ventrales très-distinctes. Celles qui recouvrent les parois delà cavité abdominale sont les plus grandes; le long du dos, sur le pédicule de la queue et sous le ventre, elles sont sensiblement plus petites. Toutes otit une forme rhomboïdale. Leurs bords supérieur et inférieur sont droits; mais la moitié inférieure du bord postérieur présente quelques grosses dents, ou simplement un prolongement de l’angle inférieur. Ce sont les écailles de la partie antérieure du tronc, qui ont le plus grand nombre de ces dents ; celles qui suivent immédiatement la ceinture thoracique au-dessus de l’insertion des pectorales, en ont cinq ou six; celles des flancs, trois ou quatre; celles du commencement de la queue, deux; celles de son pédicule, des bords du dos et de dessous le ventre , ont simplement leur angle inférieur et jmslérieiu' allongé. La pi. aga donne une juste idée, de toutes ces différences. Ces écailles sont très-épaisses, toutes articulées par des onglets courts et larges. La partie émaillée est beaucoup plus grande que la racine, qui est cachée dans l’imbrication, et dont le bord est moins échancré que dans les écailles du Z., gigas. Dans la fig. i de la pl. agi, on voit que toutes les écailles de dessous le ventre sont plus uniformes et en lozanges plus allongées que celles des flancs. La ligne latérale n’est marquée que par une légère protubérance sur le milieu de chacune de ses écailles. La fig. i de la pl. 3o représente une de ces’écailleS détachées, de la partie postérieure du ti-onc, qui se trouvait dans la collection de feu M. Régley , et à laquelle j’avais.d’abord donné le nom de L. umbonatus. (i)

(1) N’ayant jaimila ca h ma disposition les poissons fossiles qne j’avaU examinés antcrieui^nient lorsque m’étudiais de

Cette espèce remarquable n’a point encore été trouvée sur le continent.

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