‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 91 sur 121 · VI. LkPIDOTUS ORNATl'S Ag · texte numérisé non relu

VI. LkPIDOTUS ORNATl'S Ag

Vol. 2, Tal) 32.

Les deux grands fragmeiis figurés dans celte planche se Irouvenl à StuUgart, dans la collection de la Société d’AgriculUire du royaume de Wurtemberg. Leur origine n’est pas connue ; mais la nature de la ixtche (|iii les contient ne me permet pas de douter qu’ils ne proviemieiil des schistes hiliiuiiiicux du Lias de Seefeld en Tyrol ; d’autant plus que M. Boiié a déposé dans la collection de la Société Géologicpie de France deux fragmens de poissons de cette localité, qui a|)particimenl à la même espèce, bicu qu’ils soient assez imparraits. La plus petite des plaques de Stuttgart offre plusieurs rangées d'écailles de la partie antérieure du côté droit. Au bord antérieur de celte même plaque, on remarque quelques écailles dont la racine est mise à découvert par l’ablation d’une série antérieure ; cette racine est aussi grande que la partie émaillée de l’écaille et fortement échancrée ; l’angle supérieur surtout est Irés-saillaiit. lîn avant de ces écailles, on voit distinctement l’empreinte de plusieurs de celles du ciilé gauche, dont la surface est ornée de sillons divergeant du centre au bord postérieur. Les bords supérieur et inférieur de toutes ces écailles sont parallèles; le supérieur est d’ordinaire un jicu concave; l'inférieur plus nu moins convexe et onduleux. Le bord postérieur est muni de fortes dentelures, qui cependant sont plus accicsées à la face interne qu’à la face externe.

Dans la plus grande des plaques , on ne voit que l’empreinte des écailles du cété droit , et une partie de leur bord |mslérieur, |>ar leur face interne. La ceinture thoracique est conservée presque en entier ; ses os sont larges et vigoureux , mais l’humérus ne forme pas de saillie à son angle inférieur. En arriére de cet os, dont la surface parait avoir été striée longitudinalement, on distingue plusieurs grosses écailles, de forme iciéguliére et beaucoup plus hautes que longues. La pect4irale droite, dont la partie inférieure est a.ssez bien conservée, est trèslarge ; on y compte 23 rayons de moyenne grosseur. On distingue également quelques os de la tète par leur face intérieure, entre autres l’opercule, qui (»t lieaucoup plus haiit<|uc long, et dont la partie svipériciirc est sensiblement plus étroite que l’inférieure. Le sul) 0 |)emile est plus étroit que dans aucune autre es|>èce du genre ; mais sa branche montante est proportioiincllemcnt très-large, fji partie supérieure du préopcrcule est très-étroite. Les sous-orbitaires sont con.servés en partie ; ceux qui aboutissent au préopcrcule sont plus étroits que les antérieurs. Tous ces os, ainsi que le scapulaire et les écailles de la nuque, étaient sans doute granulés à leur surface, comme l’indique l’empreinte visible des parties qui sont détruites. Au bord inférieur de la tète , un distingue des fragmens de six rayons braiichiostègues.

CsrKsi. Tu», it.

Vil. LePIDOTUS SERHULATl'!! Agnss.

Vol. 2, Tal). .VI.

Cette espèce, originaire du Lias de Wliitby, où elle se trouve empâtée dans des nodules, a beaucoup de rapports, par sa taille conuiie par sa forme, avec le LepidoUts Gigas et peut être envisagée comme l'un des plus beaux Lepidolus connus. Nous y retrouvons en effet celte forme régulière et en même temps trapue qui est le propre des vrais Lepidolus et qui rappelle un peu les grandes Carpes de nos jours. La plus grande largeur est en a> ant de la dors.ale : or, en supposant que la caudale , qui manque dans notre exemplaire, égalait la longueur de la tête, la hautpur du poisson aurait été à sa longueur comme 1 à 3 et demi. Les écailles sont petites, eu égard à la taille du jKiisson. Les séries dorso-vcntralcs sont d'autant plus distinctes , qu'elles sont séparées l’une de l'autre par des cspccs asseï larges , comme si te poisson avait subi une dilatation notable apnts sa mort. Or, comme les Lepidolus étaient en général des poissons assez gros, cet écartement des séries d'écaillcs n'a rien que de très-naturel, du moment que nous savons que le poisson a été soumis à une pression. Ces séries sont en outre obliques, de manière à former un angle d'à-peii-près avec la verticale. Celles du |ié<licule de la queue affectent une fonne un peu plus arquée, dont la convexité est tournée en avant. Le bord supérieur des écailles est en général un peu écliancré et le bord inférieur plus ou moins convexe. Par la même raison, l’angle antéro-supérieur de l’ecaille est d'ordinaire saillant et pointu , tandis que l'angle antéro-inférieur est arrondi. Mais les écailles ne conservent pas leur même forme sur toute la largeur du corps ; elles deviennent de plus en plus étroites vers le bord ventral , on leur largeur n’égale pas même la moitié de leur longueur. C'est l.à une particularité très-rare riiez les Lepidolus cl qui sert surtout à distinguer notre espèce de la plupart de scs congénères.

Les nageoires n’oifrent rien de bien particulier, si ce n’est que la dorsale est précédée d’une série d’écaillcs érectes qui font comme le passage entre les rayons et les écailles. Les grands , rayons sont bifunpiés. Il en est de même de ceux de l'anale et des |iectorales , dont le premier rayon est en outre garni de petits fiilcrcs très -distincts. Les ventrales n’ont laissé ijue des traces imparfaites en face de l'extrémité de la dorsale ; elles paraissent avoir été petites. La tête est courte et obtuse. Les mâchoires sont d’égale longueur, vigoureuses, et armées de dents verticales très-éinou.ssées.

L’appareil operculaire n’est pas parfaitement conservé; cependant on voit que l'opercule était plus large dans sa partie supérieure <|ue dans sa partie inférieure. La fig. 2 est une écaille grossie du milieu des flancs, montrant l’onglet articulaire qui est très-fort et les plis du bord postérieur de l’émail , qui donnent lieu à une dentelure très-peu marquée. La flg. 3 est un fragment de mâchoire que j’ai tout lieu de croire provenir de la même espèce et qui montre la forme et la disposition des dents , de grandeur naturelle.

Dans les collections de lord Enniskillen et de sir Philipp Kgerton.

Page 1