‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 92 sur 121 · VIII. LePIDOTL'S l’KCnCCLATUS Ag · texte numérisé non relu

VIII. LePIDOTL'S l’KCnCCLATUS Ag

Vol. 3. Tab. 3 o, fig. 7, 8 et 9. ( et Cah. suppl. T. 39 Cj f. i. )

Ruppell Ahbild. u. Beschr. einiger y ersteinerungen , p. U , lab. 4 -

M. Buppcll est le premier naturaliste qui ait connu et décrit ce fossile; il en a mémo public une planche, en 183g, dans la brochure que je viens de citer. Sa description, quoique très-exacte, rappelle cependant si bien l’ignorance complète ou l’on était h cette époque, sur une grande division du règne animal dont nous connaissons maintenant des centaines d’espèces, que je ne puis m’empéchcr d’en donner ici la ti-aduction complète.

« Cuirasse remarquable (F un animal fossile indéterminable , probablement de la Il classe des reptiles.

« J'ai reçu de la carrière de Deutingen une partie de la couverture écailleuse du •I corps d'un animal de forme si remarquable, que l’on y reconnaît aussitôt un type Il différent de celui de tous les animaux connus, sans que l’on puisse pourtant déter- II miner à quelle classe de Vertébrés a pu appartenir l’animal qui était jadis cou- II vert d’une semblable cuirasse. Dans toute la pierre qui contient cette pièce cu- II rieuse, on ne découvre absolument aucune trace de squelette; et même la forme Il générale de cette couche d’écailles n’est pas de nature à jeter le moindre jour Il sur ce point. Chacune de ces écailles est de forme rhomboïdale, et leurs bords Il ont environ 8 lignes cliacun. La coupe transversale de chaque écaille est cllip- " tique, de manière que l’on peut les comparer à des cylindres comprimés. Les Il séries que forment ces écailles se recouvrent comme des tuiles, par imbrication; Il le bord libre de chaque écaille, qui est aminci , se prolonge à l’angle latéral en une Il pointe mousse qui forme avec celle de l’écaille avoisinante une saillie pyramidale. Il Chaque écaille présente, en outre, à l’un de ses bords latéraux elliptiques, un Il prolongement conique , et au bord opposé une échancrure de même grandeur ; au Il moyeu de quoi toutes les écailles sont articulées les unes aux autres. La surface Il des écailles est complètement lisse, luisante, de couleur gris clair, et leur cas- II sure foliacée et écailleuse. Sur toute la pièce les écailles sont à-peu-près de même « grandeur ; plusieurs se sont détachées lorsqu’on a fendu cette plaque ; il me man- II que aussi tout un morceau de la contr’ empreinte. On pourrait comparer la forme Il générale de cette peau écailleuse à la nageoire de quelque Chélonicn ; et dans ce Il cas, une série isolée d’écailles, divergeant latéralement, et se terminant en s’ar- II roudissant, pourrait être envisagée comme un membre distinct, peut-être comme

» un orteil. Mais la grandeur presque uniforme de toutes les écailles rend cette H hypothèse très-incertaine. — Tous mes efforts pour découvrir d’autres fragmens K de cet animal, ont été infructueux. »

En i 83 î, M. Hermann de Meyer, dans son ouvrage intitulé Palaeologica, a fait aussi mention de ce fossile (page 208. ) Il en fait un genre à part, sous le nom de Lepidosaurus , qu’il place avec doute dans sa première division des Sauriens. Voici comment il s’exprime à ce sujet (l>age 208) : « J’ai découvert en 182g, avec mon « Racheosaurus , des écailles si grandes et si fortes, qu’il est possible qu’elles aient « fait partie des tégumens d’un grand saurien. C’est ce qui, toutefois, demeure « incertain , jusqu’à ce que l’on ait découvert des ossemens accompagnés d’écailles « semblables, d’après lesquelles on pourra mieux juger de l’auimal; car il est posn siblc aussi que ces écailles aient appartenu à un poisson. En attendant, je désigne- « rai du nom de Lépidosaure l'animal qui portait ces belles écailles ; sans rien préa juger, du reste, de la classe à laquelle il appartient. Krüger (^Jahrb. fur wis- « senchafll. Kritik, i 83 i, p. igi ) a cru même reconnaître dans ces écailles une « espèce de fucus, voisine, quoique différente, du Fucoides Brardii Al. Brogn.; « ce qui n’est guère possible, s

A cette même époque , mes rccbercbcs sur les fossiles m’avaient déjà fait reconnaître la classe, l’ordre et la famille auxquels l’animal dont il s’agit doit appartenir. Dans un mémoire inséré dans le Jahrbuch de Leonb. et Bronn., ( i 832 , 2"’° cab. ) et que M. H. de Meyer cite dans les additions à la fin de son livre, j’avais même déjà caractérisé le genre Lrpidotus, auquel il appartient. Mais tels sont les caractères particuliers de ces anciens poissons dont j’ai fait plusieurs familles de mon ordre des G.vnüïdes, qu’il n’est pas surprenant qu’on ait souvent cru reconnaître des reptiles dans le petit nombre de ceux qui avaient déjà alors attiré l’attention des naturalistes.

La figure du fossile qui nous occupe maintenant, publiée par Ruppell , est si exacte que je ne la reproduirai pas, bien qu’elle représente l’exemplaire le plus parfait que je connaisse de cette espèce. Cependant, pour s’en faire une juste idée, il faut la placer autrement qu’elle ne se présente en ouvrant le livre de mon savant ami. L’extrémité de cette plaque comprise entre le N" de la planche et la signature du lithographe, doit être tournée en bas, de manière à ce que les trois écailles hors de série se trouvent en haut et sur la droite. De cette façon, les écailles se présentent en séries obliques , comme on les voit dans leur position naturelle dans le Lepidolus gigas représenté dans ma pl. 29, ou dans le L. semiserratus de ma pl. 29 a. En comparant ces ligures entr’elles, on reconnaîtra bientêt la grande analogie que présentent les trois poissons. Dans les deux tiers inférieurs de la planche de Ruppell ,

on voit, comme dans les deux de mon ouvrage que je viens de citer, la face extérieure de plusieurs rangées d'écaillcs du côté droit du corps ; tandis que dans le tiers supérieur on voit des écailles du côté gauche par leur face intérieure. C'est dans ces dernières seulement, que l’on distingue à leur bord supérieur les onglets articulaires qui lient entr’elles toutes les écailles d’une môme série. Plusieurs de ces onglets étant brisés, on aperçoit en outre à leur bord inférieur les fossettes dans lesquelles ils s’adaptent. Comme ces onglets articulaires surgissent de la partie interne du bord supérieur, et que les fossettes correspondantes sont aussi à la face interne du bord inférieur, il est naturel que l’on n’en voie aucune trace dans toutes les écailles du côté droit qui se présentent sur cette plaque dans leur réunion naturelle. Il n’en est pas de môme des saillies obtuses que l’on voit tant en haut qu’en bas, au bord postérieur de toutes les écailles, lorsque la série antérieure qui les recouvre en partie dans l’imbrication est enlevée, comme c’est le cas de celles du bord droit dans la figure de Ruppcll. Ën effet, le bord antérieur des écailles de ce poisson est plus ou moins échancré, et ses angles supérieur et inférieur forment alors des saillies plus ou moins prolongées et fléchies vers le côté .supérieur du corps, et qui, par leur juxta-position , forment les pyramides obtuses mentionnées par Ruppell. Chacune de ces pyramides se compose d’un angle supérieur et d'un angle inférieur de detix écailles contiguës. Dans ma pl. 3o, je n’ai représenté qu’une écaille détachée de ce poisson, dont je dois le dessin au crayon liabile de M. de Meyer -, dans la flg. 8 , elle est représentée par sa face intérieure, de manière à faire voir son onglet articulaire et la fossette de son bord inférieur, et sa partie moyenne offre une quille arrondie peu saillante, qui s’étend transversalement de l’onglet à la fossette, et qui forme ainsi une arête mousse sur toutes les écailles d’une môme série. Dans la flg. 7 , on voit celte écaille par sa face extérieure, et l’onglet articulaire y est également visible, parce que l’écaille supérieure qui le recouvrait n’est pas représentée. Cette face extérieure est recouverte d’émail dans toute la partie de son étendue qui n’était pas cachée par l’imbrication. Dans la fig. 9 , la ligne noire qui borde la coupe transversale de l'écaille, indique l’étendue et l’épaisseur de cet émail. Le bord postérieur des écailles présente deux ou trois ondulations, surtout vers son angle inférieur; une partie de la face extérieure de ce côté de l’écaille , participe aussi à cette inégalité. C’est ce qui m’a fait choisir le nom de L. unguiculalus pour désigner cette espèce.

Quant à la structure intérieure de ces écailles, elle présente des lames osseuses assez minces, mais nombreuses, déposées les unes sous les autres comme les lames cornées des écailles de la plupart des poissons vivans, et qui se détachent incomplètement lorsqu’on les brise. L’épaisseur ordinaire des écailles est d’une ligne à une ligne et demie.

Cette espèce ne se trouve pas seulement dans les schistes de Solcnhofen ; j’en ai vu de nombreuses écailles détachées provenant de Stonesfield , dans les collections du D' Buckland, du comte de Münster, de Lord Cole et de Sir Phil. Egerton. J’en ai même fait figurer une de cette dernière collection, appartenant è un individu considérablement plus grand que celui de Deutingen; elle se trouve dans mes cahiers supplémentaires , tab. 39 c, fig. i.

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