‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 94 sur 121 · X. Lepidotus pallutvs Ar · texte numérisé non relu

X. Lepidotus pallutvs Ar

Vol. 2. Tab. 29 Cj fig. 2 et 3 . (Cah. mppl.J

Lord Cole possède dans sa collection deux écaillés de Lepidotiis, très-différentes de toutes celles que j’ai déjà décrites, et qui doivent avoir appartenu à une espèce gigantesque. Elles ont été trouvées dans la glaise, sur la plage entre la tour d’ordre et le moulin Hubert, & Boulogne-sur-mer. Leur forme est rhomboïdale; la plus grande (lig. 3 ), qui provenait sans doute du milieu des flancs, est plus carrée que la petite (fig. 2), qui provient probablement du pédicule de la queue. Quoique ces deux écailles diflèrent passablement dans leur aspect, j’ai cependant la conviction qu’elles appartiennent à la même espèce, non point seulement parce qu’elles ont été trouvées ensemble, mais encore parce que la surface de leur émail présente vers son milieu de très-petits tubercules semblables. D’ailleurs, la petite écaille est lisse ’, mais il n’en est pas de même de la grande : bien que rugueuse vers son centre, elle présente des arêtes arrondies, séparées par des sillons peu profonds, divergeant vers le bord postérieur en s’élargissant, et formant comme un faisceau pyramidal de baguettes faisant corps avec la surface de l’écailIc. Ces rayons ne s’étendent cependant pas jusqu’aux angles postérieurs de l’écaille, qui sont lisses et arrondis; mais ils forment une espèce de feston au milieu du bord postérieur. Le reste de la surface de l’émail est lisse, comme dans la petite écaille. Au bord supérieur de la grande, on voit à la hauteur de la limite de l’émail la partie inférieure d’un grand onglet articulaire brisé. Son bord antérieur est également endommagé; cnsortc qu’il n’est pas possible de s’assurer comment il était écliancré. Dans la petite écaille, ce bord est droit; ce qui confirme mon opinion qu’elle était placée sur le pédicule de la queue.

A en juger par les dimensions de ces écailles, comparées è celles des espèces de ce genre dont je connais des exemplaires entiers , et en tenant compte des légères différences que présentent les écailles chez différentes espèces dans leurs proportions avec la grandeur du corps, on peut en conclure que le L. paUialus avait au moins deux pieds de large sur huit pieds de long; dimensions auxquelles les plus grands Lépidostées sont loin d’atteindre.

Lepidotus (adutus Ag.

Vol. 2 . Tab. 3o, lîg. 2 et 3.

Je ne connais encore de cette espèce que les fragmens représentés dans la pl. citée, et q>ii sont déposés au Musée de Paris, sans indication de gisement ni d'origine. Cependant ils ressemblent trop aux especes suprajurassiques de ce genre, pour qu’il soit permis de douter qu’ils proviennent de la même formation. A certains égards, le L. radiatus se rapproche beaucoup du palUatm : la face extérieure de ses écailles présente également des sillons divergens vers le bord postérieur. Mais ce en quoi cette espèce diHère considérablement , c'est que ces sillons sont de simples rainures dans l'émail, qui, loin de partir d'un même point pour diverger insensiblement, vont en augmentant de nombre, vers le bord postérieur, et que les côtes comprises entre ces rainures sont plates. Cependant le bord postérieur est aussi ondulé; mais la surfaee de l'émail est parfaitement lisse, môme à son bord antérieur et sur le milieu. Cnc autre différence notable qui existe entre le L. palUalus et le radiatus, c’est que dans celui-ci la surface émaillée de l'écaille est équilatérale, et la partie recouverte par l’imbrication très-allongée ; ce qui donne au diamètre longitudinal des écailles une dimension beaucoup plus considérable qu’à leur diamètre transversal. Cejtte partie cachée est fortement éehancrée, et se termine en avant en deux grosses pointes mousses; on les voit très-bien à l’écaille détachée que représente la fîg. 3, et aux écailles inférieures et postérieures du fragment, iig. 2 . Au bord supérieur de l'écaille de la fig. 3, on remarque un très-gros onglet artiadaire, court et très-large à sa base, et placé de manière qu’il se trouve moitié en avant et moitié en arrière de la limite de l’émail. Cette pièce est la plus grande que j’aie vue de ce poisson ; les écailles qu’elle contient indiquent un poisson de plus d'un pied de large, et dont la longueur était probablement plus considérable, à proportion, qnc celle des autres espèces du genre.

Ces fragmens proviennent probablement de quelque terrain jurassique du nord de la France.

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