‹ Recherches sur les propriétés physiques, chimiques et médicinales, des eaux minérales de Bagnères de BigorreChapitre 25 sur 103 · S- IV · texte numérisé non relu

S- IV

Pesanteur spécifique.

Nous avons pris pour terme de comparaison l'eau distillée.

1 0,000 c. d'eau distillée est aux eaux des sources de Bagnères dans les rapports déterminés par le tableau que nous joignons ici.

La Reine i,oo3n

Dauphin. . i,oo3o4

Fontaine Nouvelle. 1,0021a

Roc de Lannes. i,oo3oo

Foulon 1,00212

Saint-Roch i,oo25i

Source des Yeux 1,00241

Bellevue. {Voyez la Reine).

Salut, source Externe 1,00159

Salut, source de la Buvette i,ooi53

Salut , source de l'Intérieur. . * 1,00170

Pinac, source Saline , dite Ferrugineuse.. . . 1,00211

Pinac, source Sulfureuse i,ooi58

Lasserre , source de la Grande Buvette. . . . i,oo5o4

M ora , source Chaude i,oo3oo

La Gutière 5 source première 1,00200

Petit-Bain. 1,00288

Théas 1,00240

Cazaux , source première 1,00259

Garrère Lannes, source première 1,00240

Santé, source première i,ooi5i

Grand Pré 1,0021s

Lapeyrie , source première 1,00147

Versailles, source première. !,ooi58

Petit Prieur , source première 1,00176

Petit Barèges 1,00164

Source de Salies 1,00270

Fontaine d'Angoulême 1,00076

Fontaine des demoiselles Garrère 1,00064

Source de Labassère. . 1, 00059

Îi31

Volume.

Pour éviter des répétitions en traitant des sources qui alimentent les divers établisseniens, nous entrerons dans le détail du volume que chacune d'elles fournit. Nous renvoyons à ce chapitre.

S- vi.

Température.

Le résultat des expériences faites à ce sujet par M. Darquier (i), il y a soixante et quinze ans, se trouve conforme au nôtre. Le degré de chaleur n'a point varié dans le plus grand nombre depuis le mois de juillet 1760. A la faveur du thermomètre de mercure , divisé selon la méthode de M. Réaumur, la température de nos eaux thermales, prise au sortir de la source, est de dix-huit à quarante-un degrés ; ce que nous établirons dans le chapitre V.

Quelle est la cause de la chaleur des eaux thermales? Cette chaleur diffère- t-elle de l'eau

(1) Observations sur les degrés de chaleur des différentes Sc/urecs de Rugnèrcs, Académie royale des Sciences, Savans étrangers, tom. VI pag. 147 et suiv.

ordinaire élevée à !a même température dans nos foyers?

S'il ne nous est pas possible de répondre à cesquestionsd'une manière satisfaisante, encore croyons-nous de notre devoir de présenter, sous ces deux rapports , l'état de la science. Il y a un si grand nombre de théories pour expliquer le phénomène , encore sub judice 3 de la chaleur des Eaux thermales , qu'il ne peut qu'être agréable à nos lecteurs d'en avoir une idée générale. Cette connaissance ne laisse pas que d'offrir son intérêt.

Quelle est la cause de la chaleur des Eaux thermales?

La diversité d'opinions des naturalistes sur cet objet prouve moins , ce me semble , les bornes de notre esprit, que celles de nos connaissances jusqu'à ce jour. De ce que les instrumens nous ont manqué pour juger la cause des diverses températures des Eaux thermales , il ne peut pas s'en suivre qu'il soit hors de la portée de notre entendement de découvrir ce secret, comme plusieurs auteurs modernes en ont proclamé l'idée affligeante.

En négligeant de rappeler les diverses hypo-

thèses admises depuis Empédocle jusqu'à nos jours sur cette première question , nous croyons toutefois nécessaire d'exposer succinctement celles qui nous paraissent les plus remarquables.

Des physiciens, des naturalistes, des chimistes célèbres , au nombre desquels nous pouvons ranger G odefroy Berger , Etmuller , Frédéric Hoffmann et Valmont de Bomare , ont expliqué la chaleur des eaux minérales par la décomposition des pyrites qu'elles traversent : mais , outre que les analyses les plus exactes n'ont pas encore fourni la plus petite quantité de pyrite, comment supposer que ces matières se perpétueraient sans cesse durant des siècles?

L'opinion qui pendant long-temps a été la plus généralement adoptée par les naturalistes, à Ja tête desquels nous pouvons placer l'immortel BufFon , est celle qui attribue la chaleur des eaux thermales à des volcans ou à des masses de charbon enflammé. « Cela paraît assez pro- » bable , dit le professeur Nicolas (1) ; nous » avons des exemples de ces embrasemens qui » durent depuis des siècles. D'ailleurs, rien ne » répugne à croire que l'eau qui circule dans » l'intérieur de la terre, venant à pénétrer jus- » que dans ces volcans , en reçoit une chaleur

(1) Histoire des Eaux minérales de la Lorraine.

i54 » proportionnée à la proximité du foyer. Si » l'eau vient à laver ces matières ou à en rece- » voir les vapeurs, elle se chargera des parties » dissolubles ; ce qui produira les eaux ther- » maies composées. Si , dans son cours , elle » s'éloigne assez du foyer pour n'en recevoir » que la chaleur , sans toucher à ces matières , » elle fournira une source d'eau thermale très- » pure. »

. Si l'on conçoit parfaitement que l'inégalité du calorique des eaux thermales peut différer en raison de la proximité plus ou moins grande du passage des t aux près d'un volcan ou d'un lieu en combustion, on ne conçoit pas aussi facilement la cause de leur chaleur, lorsque, comme celles de Bourbonne , de Luxeuil et de Plombières, elles paraissent éloignées des lieux où il n'y a aucun indice de volcan. Existerait-il des causes différentes qui produisent la chaleur des eaux thermales? La sphère souterraine ne nous est pas assez connue pour répondre à cette question d'une manière satisfaisante : la différence des produits, toujours relative aux élémens que parcourt la source , ne peut être ici d'aucune utilité pour l'expliquer.

L'hypothèse de leur température produite par l'électricité nous paraît encore peut fondée : en effet , les lois connues qui régissent le

1ÛD

fluide électrique paraissent s'opposer à l'admettre. Aucune expérience directe n'a encore prouvé qu'une eau minérale charrie accidentellement une plus grande quantité de fluide électrique au sortir du sein de la terre ; en supposant même le fait comme certain, la surabondance du fluide électrique, au moment de son contact avec l'air atmosphérique, serait déchargée avec vitesse de l'excès d'électricité dont elle est pourvue. Personne n'ignore l'extrême rapidité avec laquelle le fluide électrique se meut : à peine son accumulation a-t-eile lieu dans un point donné, que son expansion subite se répand à une grande distance.

On sait qu'il existe des feux souterrains sans doute produits par diverses matières combustibles. Le phénomène du calorique dans les eaux thermales semblerait ne devoir être attribué qu'à l'effervescence souterraine. Des substances en évaporation se heurtant avec violence , il en résulte une chaleur plus ou moins considérable. On sait que la décomposition des substances végétales, animales, bitumineuses, s'allume quelquefois jusques à l'incandescence.

11 est curieux de voir Bordeu, qui a si bien approfondi dans l'homme les lois de la vitalité, en s'occupaut des eaux minérales et de ia cha-

i56 leur qu'elles renferment, attribuer cette dernière à une sorte de vie qui anime toutes les parties, tous les corps de l'univers. « Les ani- » maux , dit-il , sont sujets à des transports » d'humeurs , à des feux intérieurs , à des » fièvres qui viennent toutes les fois que les » humeurs , gênées à la circonférence , sont » obligées de se concentrer, pour ainsi dire, » et de porter leur fougue dans l'intérieur. De » même , supposant dans la terre des matières » de toutes sortes , agitées continuellement et » transportées dans tous les sens , comme en » circulant , ce qui n'est pas difficile à conce- » voir, et qui sera facilement accordé par les » physiciens , on conçoit aussi que ces matières » se dissipent plus ou moins vers la surface de » la terre, qu'on pourrait regarder comme un » animal qui transpire. Si ces sucs sont retenus, » ils forment dans l'intérieur des amas, des » dépôts, des foyers qui viennent à s'enflam- » mer par des atlritions redoublées et qui se » distribuent mal, 11 se forme comme un ton- » nerre, un orage intérieur; et voilà les feux » souterrains accidentels qui sont fréquens et » constans dans certains endroits , comme les » orages le sont dans d'autres. »

L'hypothèse de M. Witting , pour expliquer le phénomène de la minéralisation est extrême-

ment ingénieuse. Ce naturaliste accorde à la terre une pression absorbante , qu'il prétend s'étendre jusques environ vingt milles géographiques au-dessous de sa surface, profondeur à laquelle les fluides élastiques doivent nécessairement être convertis en liquides par la pression qu'ils éprouvent. La chaleur qui se dégage par cette compression sert a échauffer l'eau et facilite la dissolution des substances salines qui s'y rencontrent. D'après cette opinion , cette eau serait d'autant plus thermale que le laboratoire dans lequel elle serait préparée serait plus profond. Plus elle serait chaude , plus aussi elle serait dissolvante et trouverait de substances à dissoudre sur son passage. La silice peut se dissoudre dans la machine à Papin. D'après les nouvelles expériences de M. D'Arcet, le gaz qui se développe à la surface des eaux de Vichy ne serait pas , comme on l'a pensé, du gaz acide carbonique contenant de l'azote; il croit, au contraire, y avoir trouvé un air renfermant plus d'oxigène que l'air atmosphérique ordinaire, comme est celui de pluie et de neige ; ce qui ferait soupçonner que les eaux minérales ont les eaux pluviales pour origine. Portées à de grandes profondeurs dans le sein de la terre, elles y éprouvent de la compression, de la chaleur, de l'évaporation.

Après avoir dissous divers principes minéralisateurs qu'elles rencontrent, obéissant aux lois de compression , de répulsion , de niveau, elles reparaissent sur la surface de noire globe.

L'hypothèse de Berzelius , qui tient de celle dernière, considère l'ascension des eaux thermales à la surface de notre globe comme le résultat de son remplacement par les eaux pluviales froides, dont la pesanteur spécifique est beaucoup plus considérable.

L'accroissement de la chaleur à mesure qu'on avance vers le centre de la terre a servi à expliquer non-seulement les principaux phénomènes géologiques, mais sur-tout celui de la formation deseaux thermales. Telle est l'opinion de Laplace et d'un grand nombre d'autres naturalistes.

Le célèbre géologue Dubuisson , dans son excellent Traité de géognosie, prouve par un grand nombre d'observations , que plus on s'enfonce dans l'intérieur du globe, plus la chaleur s'accroît. Ces remarques, qui ont été faites par différons géologues de l'Europe, et en Amérique par M. Humbold, établissent comme un fait fort vraisemblable, que plus la température des eaux thermales est élevée , plus la

1 59 profondeur de leur origine ou formation est considérable.

Puisque la minéralisation des eaux thermales dans l'intérieur de la terre exige des phénomènes qui se passent dans son sein , il peut encore en exister d'extérieurs , qui demandent un examen non moins approfondi , si l'on ne veut pas s'exposer à des erreurs plus ou moins graves dans la juste appréciation des eaux minérales. l\'existe-t-il pas dans certaines d'entre elles des substances qui ne s'y engendrent que par le concours des agens environnans ? La matière végéto -animale qu'on y rencontre ne peut-elle pas être le résultat de la décomposition des tremelles ou autres substances microscopiques qui s'engendrent tantôt à la surface, tantôt au fond des eaux? L'action de l'atmosphère qui nous environne peut bien contribuer au travail minéralisateur.

Que pourrions-nous dire de plus satisfaisant, après M. Lonchamp, pour expliquer une foule d'autres phénomènes que présentent les eaux gazeuses à leur sortie du sein delà terre, et surtout de ceux qui nous les présentent avec un plus grand degré de bouillonnement aux approches des orages? Ce savant chimiste, à qui la science doit de si précieuses découvertes, pense qu'il est une quantité de gaz qui ne saurait être

dissoute qu'à la faveur d'une grande pression. On conçoit qu'à mesure que l'eau thermale de Vichy ou du Mont d'Or arrive à la surface du globe , la pression diminue. Parvenue sur le sol extérieur , la pression est encore moindre et n'est plus que le résultat de celle de l'atmosphère. Alors seulement elles laissent dégager le gaz qu'elles ne retenaient que par une pression plus grande qui a cessé. Mais, observe toujours M. Lonchamp, la pression , quoique moindre, exerce toujours son action; d'où il suit que les gaz se dissipent avec plus ou moins de facilité en raison de la température plus ou moins variable. Or, à l'approche des orages, le baromètre descend , et dès lors une plus grande quantité de gaz se dégage que dans le temps ordinaire ou calme , époque où ia colonne atmosphérique est plus pesante.

Indépendamment des phénomènes généraux géologiques qui se passent chaque jour dans l'intérieur et à l'extérieur du globe , il a existé des révolutions plus ou moins étendues ou générales dans notre planète, qui ont nécessairement influé sur la formation, la température et le volume de certaines eaux minérales. Toutes ont eu , sous ces rapports , leurs variations, comme il en est qui se sont totalement perdues. Comme l'a si bien démontré le savant

loi

JVl. Cuvier, la terre a subi d'épouvantables catastrophes , des changemens plus ou moins considérables, qui ont fait disparaître des fleuves navigables , tandis que d'autres ne sont plus que des ruisseaux. Qui ignore l'histoire de l'Atlantide? Qui ignore que les tremblemens de terre ont, dans certaines circonstances, modifié les qualités physiques des eaux thermales? Le célèbre minéralogiste Brogniard , avec sa sagacité ordinaire, a fort bien tenu compte ainsi que d'autres observateurs , des divers tremblemens modernes qui ont influé sur le changement de température; par exemple, en 1660, des Eaux de Bagnères - Adour , qui perdirent momentanément leur chaleur. Il est, sous ce rapport, des remarques que nous avons eu occasion de faire en traitant de l'histoire des Eaux thermales de Bagnères. Naguère les Eaux de Garhbad éprouvèrent le même accident. S'il est des phénomènes géologiques qui diminuent ou font perdre parfois le calorique de certaines eaux minérales , il en est aussi d'autres qui doivent l'augmenter, ce qui est arrivé à la source de la Reine à Bagnères-Luchon. A l'époque fatale du tremblement de terre qui engloutit Lisbonne , n'observa-t-on pas des changemens considérables dans les sources principales de Tœplitz?

La chaleur des Eaux thermales diffère- t-elîe de celle de l'eau ordinaire élevée à la même température dans nos foyers?

S'il faut en croire des écrivains moderoes , des médecins , inspecteurs des eaux minérales , et un plus grand nombre d'autres observateurs , étrangers à leur administration, ce serait une vérité que d'admettre la différence de chaleur entre l'eau thermale et l'eau ordinaire. Pour mettrenos lecteurs à portée de juger, autant que possible , cette question , nous croyons ne pouvoir rien faire de mieux que de rapporter le texte des auteurs qui ont admis l'affirmative, et présenter ensuite les dernières expériences de M. Lonchamp, chargé depuis plusieurs années de l'analyse des eaux minérales du royaume, expériences qui paraissent éclairer les médecins sur la véritable idée qu'ils doivent se former du calorique des eaux thermales. L'opinion contraire à la sienne, qui n'est appuyée d'aucune expérience précise, semblerait, d'après cet habile chimiste, n'avoir été établie que sur la tradition.

Ce ne serait qu'un vieux préjugé, évidemment contraire à ce que la physique et la chimie peuvent nous apprendre et sur le calo-

ifique et sur la nature des eaux thermales ; or, les préjugés , en nous servant des propres expressions de ce chimiste, ne sont pas seulement funestes en ce qu'ils ne sont point l'expression de la vérité, mais encore parce qu'ils empêchent notre esprit de s'exercer, et qu'ils l'habituent à se contenter de raisonnemens faux ou peu fondés.

On lit dans le tome VII du Dictionnaire de Médecine, Paris , 182a , article Eaux minérales 3 par M. Guersent , pag. 260 : « Le calorique qui échauffe les eaux thermales s'y trouve toujours dans un état de combinaison tout particulier , qui leur imprime, par rapport à nos organes, des propriétés très-différentes de celles que nous pouvons communiquer à l'eau à l'aide de nos moyens artificiels de chauffage. On supporte les eaux minérales naturelles, en boissons et en bains, à un degré de chaleur bien supérieure celui de l'eau chauffée artificiellement. L'eau minérale naturelle , à 3o ou 4o degrés , ne cause aucune sensation désagréable sur nos organes , qui seraient douloureusement affectés par un liquide quelconque échauffé à la même température. Dans les sources qui donnent jusqu'à 70 degrés de chaleur , au thermomètre de Réaumur , non-seulement les substances végétales ne cuisent pas, mais elles paraissent

prendre plus de verdure et de fraîcheur. On remarque , en outre , que les eaux thermales se refroidissent en général plus lentement et s'échauffent plus difficilement que l'eau portée au même degré de température. »

Pour émettre un sentiment , il n'est guères possible de s'exprimer avec plus de précision sur des faits dont on paraît certain. Les expériences du professeur Fodéré paraissent encore confirmer l'opinion de M. Guersent; ce qu'atteste le passage suivant tiré d'un mémoire sur les Eaux minérales des^Vosges , dont il est auteur (i) : « De même que nous avons fait voir ci-dessus qu'il y a gaz et gaz acide carbonique , de même aussi y a-t-il chaleur et chaleur. La chaleur animale est très-différente de celle de nos foyers, et celle des eaux thermales diffère beaucoup de celle des eaux communes chauffées à la même température. i°. Cette chaleur est plus douce, plus durable, et, pour ainsi dire, plus en rapport avec notre nature. Je n'aurais certainement pas pu boire de l'eau chauffée à 38 degrés de Réaumur : indépendamment de sa température trop élevée, une eau ordinaire , ainsi chauffée , a une saveur

(1) Journal complémentaire du Dictionnaire des Sciences médicales , tom. VI , png. io3. Paris , i8ao.

i65 désagréable ; au lieu que j'ai bu avee plaisir plusieurs verrées de celle du crucifix, qui esta la même température , sans éprouver d'autres sensations à la bouche et dans les entrailles qu'une chaleur douce qui se répandait partout. Les bains chauffés artificiellement [ne 'tardent pas à perdre leur chaleur , et l'on a observé , depuis sept siècles que l'on fréquente^lesfeaux de Plombières , que leur température est égale en hiver comme en été, du moins à l'exploration du thermomètre. »

La réputation des médecins dont nous venons de citer les propres expressions devrait suffire, sans doute, pour décider la question dont il s'agit; mais de nouvelles expériences laites par M. Lonchamp sont en opposition formelle avec les témoignages que nous venons de rapporter. Au premier aperçu , rien ne paraît plus aisé que de faire des expériences et d'en constater les résultats; toutefois, en considérant de près la chose , on sentira que ceux qui ont érigé l'observation en art ont eu grandement raison. M. Lonchamp , observateur sévère , était bien convaincu des difficultés que présente le rapport fidèle des faits, lorsqu'il dit avec tant de justesse, « que, lorsqu'il s'agit de faits qu'il est possible de juger par soi-même , on ne doit les admettre que lorsqu'on est con~

i66 vaincu qu'ils sont ce qu'ils ont été annoncés. », Nous allons citer ses dernières expériences et ses propres expressions : « Je pense que l'on ne peut combattre des résultats de l'expérimentation que par d'autres résultats de l'expérience, et que c'est vouloir rester dans les ténèbres que de prétendre nier irrévocablement les faits par cela seul qu'ils sont en opposition avec les théories.

» D'après cette manière de philosopher, j'ai dû vérifier par moi-même les résultats que l'on avait obtenus sur la perte de calorique éprouvée par les eaux thermales et les eaux ordinaires , amenées, par une chaleur artificielle, à la même température.

» En conséquence , j'ai pris trois bouteilles à goulot renversé, et les bouchant parfaitement avec des bouchons de liège, je les désignai par A , B , C. La première contenait 2 kilogr. 192 gr. d'eau pure; la seconde 2 kilogr. 00 gr. ; et la troisième 2 kilog. 282 gr.

» J'ai rempli la bouteille A d'eau ordinaire , et j'y ai ajouté environ i5 grammes de muriatc de soude , ce qui est à-peu-près ce que l'eau de Bourbonne contient de ce sel ; les bouteilles B et C ont été remplies d'eau minérale prise dans l'établissement thermal. Voici le résulat de la marche du thermomètre plongé dans le

1 67 liquide des trois bouteilles , après avoir agile fortement chaque fois, pour bien mêler les différentes couches qui se forment assez souvent promptement dans un liquide échauffé et qui est abandonné au repos :

Midi i5 ni.

7 heures.

10 heures.

Centig.

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