‹ Recherches sur les propriétés physiques, chimiques et médicinales, des eaux minérales de Bagnères de BigorreChapitre 5 sur 103 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Convaincu de la nécessité d'un ouvrage qui réunisse sous un même cadre toutes les connaissances acquises sur les eaux thermales de Bagnères-Adour , j'ai disposé y dans un ordre méthodique et plus étendu qu'on ne Fa fait jusqu'à ce jour , tout ce qu'il importe de savoir sur cet objet. J'ai eu pour but principal d'intéresser les médecins et les malades, qui ont une confiance si méritée dans l'emploi d'un remède dont la composition salutaire nous est offerte d'une main libérale par la bienfaisante nature. Chargé, depuis dix ans, de l'inspection de ces eaux thermales , j'ai eu occasion d'observer un grand nombre de malades , qui , chaque année, se sont rendus à Bagnères. Le double désir de justifier leur espoir et celui des médecins qui nous les envoient ^

a nécessité mes continuelles méditations.

A la vue d'un grand nombre de faits , il m'a été possible de m'élever à des considérations générales ; j'ai cru pouvoir remonter à la loi dont ces mêmes faits n'étaient qu'une conséquence. Newton , en voyant tomber une pomme , rapprocba ce fait d'un autre; il en cajcule la inarche , et en conclut la tendance des corps à tomber les uns sur les autres. Hippocrate , et après lui les médecins observateurs, furent guidés par les mêmes inductions. J'ai dû, dès-lors, préciser les diverses affections dans lesquelles on peut employer nos Eaux avec plus ou moins d'avantage , et les circonstances spéciales qui , dans ces mêmes affections , s'opposent à leur usage.

Je suis entré dans de plus grands détails pour caractériser la nature des sources nombreuses que nous possédons :

j'ai présenté ? sur chacune d'elles , une analyse physique, chimique et médicale, plus complète et plus conforme aux dernières données des lumières acquises.

Quelque soin que j'aie apporté à l'en-

semble de ce travail , je suis loin de l'offrir à l'art comme le complément de toutes les connaissances que l'on puisse désirer. Sous le rapport de leur emploi thérapeutique , combien n'existe- t - il pas, peut-être, de maladies dans lesquelles on pourrait encore faire usage de nos Eaux avecavantage? Que d'expériences nerestet-il pas encore à faire , pour saisir les élémens si fugaces qui caractérisent la sorte de vie qui constitue les eaux minérales de toute espèce , et principalement les thermales , élémens encore inconnus, sans doute, mais dont les effets merveilleux ne se manifestent pas moins, chaque jour , à Pœil de l'observateur , d'une manière aussi évidente quelle est inexplicable.

Quoique nous ne puissions douter que la nature s'est réservé à elle seule la connaissance de la composition intime des corps , celle du jeu de nos organes , et plus encore , pour ainsi dire , celle des phénomènes qu'elle opère pour la guérison , nous ne pouvons néanmoins nous

empêcher de reconnaître quelle nous a dévoile un grand nombre de maladies dans lesquelles on peut , avec certitude de succès, faire usage des eaux thermales , soit en boissons , soit en bains , soit en douches.

La médecine ne devant sa naissance et son perfectionnement qu'à l'esprit d'observation des hommes de génie qui, dans chaque siècle , ont su épier et reconnaître les lois de la nature , dans les causes productrices des maladies , dans les signes qui les caractérisent , et dans l'application des remèdes dont l'efficacité a acquis la sanction de l'expérience 7 c'est dans cette seule sphère que je me propose de renfermer tout ce que j'ai à dire sur ces divers sujets, Sans m'occuper ici des révolutions trop nombreuses que la médecine a éprouvées durant les siècles antérieurs , croyant inutile , dans un traité spécial d'Eaux thermales , de faire l'exposé des différeras systèmes qui , tour-à-tour , ont entraîné un plus ou moins grand nombre de mé-

decins , dont la plupart paraissent avoir ignoré le remède salutaire que leur offrait la nature dans les eaux thermales : persuadé que ce qu'il y a eu , dans tous les temps , d'hommes vraiment sages et passionnés pour la vérité, a constamment pensé que le système le plus naturel à suivre en médecine était celui du divin Hippocrate , qui , le premier, a jeté les fondemens les plus solides de notre art , c'est à marcher sur ses traces que je borne mon ambition.

D'ailleurs, les systèmes furent dans tous les temps des sources de discussions interminables , qui détournèrent les esprits d'une sage observation. Ils furent , dans chaque siècle , imaginés par des hommes qui ont moins cherché à deviner la nature dans l'économie vivante qu'à lui créer des lois, parce qu'ils ne pouvaient ou ne voulaient point s'astreindre à étudier lentement ses secrètes opérations. D'autres furent enfante's par des hommes dont la tête ardente ou fougueuse prétendait faire cadrer avec leurs

principes tous les phénomènes qui s'ol»

iraient à leur observation , même ceux qui semblaient se prêter le moins à leur explication hasardée^ ou par des hommes ambitieux qui voulaient ou qui veulent encore se faire , à tout prix, une réputation de génie ou d'originalité ; systèmes enfin, qui , au détriment de l'art , divisent encore trop souvent aujourd'hui l'enseignement médical , et l'exposent ainsi aux sarcasmes des Molières qui nous observent.

Quoique l'observation et l'expe'rience, seules règles que s'imposa Hippocrate > ne soient que la première table des phénomènes naturels , et qu'elles se bornent aux faits soumis à nos sens , il faut cependant convenir qu'elles sont assorties au génie de l'esprit humain , et que , de toutes les manières de procéder dans nos recherches , elles sont la moins sujette à l'illusion. Un grand homme du dernier siècle a dit : « L'observation nous ap- » prend , l'expérience nous éclaire , le » raisonnement doit achever le reste ;

» mais il ne faut pas qu'il commence. » La nature se manifestant toujours à ceux qui l'interrogent de bonne foi ; en la prenant sans cesse pour modèle ; en nous contentant de relater, dans la simplicité de notre caractère , les phénomènes qu'elle nous a offerts , sans vouloir , comme Galien, les expliquer, nous avons l'espoir qu'elle couronnera nos vues, en faisant faire à la vérité une partie du chemin que nous avons à parcourir. Elle est un point unique qui rapprochera les hommes dans tous les siècles 5 car elle ne change pas au caprice de leur imagination. Qu'il me soit permis de l'énoncer ; avec Hippocrate , qui fut la splendeur de la Médecine , avec la nature , dont il fut le plus fidèle interprète, je me croirai dans la route la plus assurée.

En prenant pour texte la nature ou les faits qu'elle nous présente , j'entends désigner ce qui est , ce qu'il y a de mal comme ce qu'il y a de bien. Si, par opposition à l'ouvrage de l'art, je donne la préséance à la puissance vitale , tout

m'ordonne de reconnaître le pouvoir de celui-là.

Si la science a recueilli dans ces derniers temps les plus grands avantages de l'anatomie, de l'autopsie cadavérique, qui ont donné des notions plus exactes , plus incontestables, sur la nature et le siège des maladies de toute espèce , et. principalement sur les affections chroniques , nous avouerons aussi que c'est à ces deux branches de l'art que nous devons une connaissance plus intime de l'influence des eaux minérales sur la vie.

La chimie moderne ; en répandant sur la science et sur la connaissance des principes constiluans des eaux thermales de nouvelles lumières , nous a aussi fait élever à la recherche de leur mode d'action; elle nous a encore fourni une base plus solide pour la classification de leurs propriétés. Quoique ce soit encore à ses travaux multipliés que nous devions la réforme d'une foule de médicamens et la découverte de remèdes plus simples, plus actifs et plus sûrs , celle de phénomènes

plus ou nioins intéressans et lumineux , il reste toujours l'ignorance absolue de la nature des éle'mens obtenus et celle de leur action directe dans l'économie animale. Nous ne connaissons point, en effet, la nature de l'oxigène , de l'hydrogène , de l'azote, du carbone et du calorique, pas plus que nos devanciers ne connaissaient la nature du feu , celle de l'eau et de nos solides.

Si, plus heureux qu'eux, nous avons découvert dans les eaux minérales des principes et des gaz qu'ils n'y voyaient pas, aurions-nous la prétention de croire que nos successeurs n'iront pas plus loin?

L'action des substances connues sur l'économie vivante, assez bien appréciée, quant à ses effets apparens , est presque toujours la même. Or, puisqu'on a découvert quelques-uns de leurs principes constituans , il semblerait que cette action ne devrait jamais varier ; l'observation atteste cependant le contraire. Les eaux thermales agissent , parfois , sur les individus affligés du même genre de ma-

io

ladies } avec des phénomènes différens.

A quoi donc attribuer cette variété d'effets? A part l'âge , le tempérament, l'idiosyncrasie , les différeus degrés d'une même maladie, et une foule d'autres causes non moins appréciables, ne pourrait-on pas penser que ces eaux renferment des élémens encore inconnus, qui les modifient , ainsi que nos corps, d'une manière inexplicable ? Etudier leurs effets , leur affinité avec le principe vital , avec les solides et les fluides qui composent notre existence , est un des moyens les plus sûrs de parvenir à de nouvelles données. Ce travail ne peut s'obtenir qu'à la source des eaux thermales ; car, une fois sorties des canaux qui les renferment , leur vie s'évapore bientôt avec leur apparition dans le laboratoire commun. N'en serait -il pas d'elles comme des fluides extraits de l'économie animale , qui présentent bien des analyses , mais non celle qui constituait leur vie? Pour parvenir à des découvertes si importantes , il n'est pas moins nécessaire

de bien observer la diversité des phénomènes qu'elles impriment sur l'homme en santé' comme sur le malade» C'est sur la circulation , sur la digestion , sur la respiration , qu'il faut porter son examen. Les divers organes abdominaux , lesdifférens systèmes, qui éprouvent des effets plus ou moins sensibles , ne doivent point être oubliés. Après avoir calculé , pour ainsi dire , l'action des eaux sur les forces vitales , la direction qu'elles leur impriment, il serait avantageux d'en assigner la nature.

On sait déjà qu'à peine introduites dans les premières voies , elles répandent dans toute l'économie une nouvelle chaleur y sans doute plus propice à l'existence que celle que nous puisons ailleurs; chaleur vitale , douce et salutaire ? qui pénètre avec facilité dans les organes les plus éloignés. C'est ainsi que la nature médicatrice , moins opprimée , devenue partout plus forte , médite des crises salutaires. C'est alors que l'action réunie

de toutes les influences qui agissent sur le malade à l'intérieur et à l'extérieur , concourt puissamment au rétablissement de l'harmonie de toutes les fonctions , et, dès-lors , au retour de la santé.

Ces efforts réparateurs du principe vital se préparent chaque jour par l'usage des eaux thermales , plus ou moins longtemps continué. Ils sont tantôt lents y quelquefois très - prompts. Il est aussi des circonstances où ils ne s'opèrent qu'après un laps de temps plus ou moins considérable.

Mais, si les forces vitales sont le plus ordinairement trempées dans une augmentation d'existence , à la faveur des eaux minérales , il est encore des cas , assez rares , il est vrai , où elles produisent un effet contraire. S'il est avantageux pour les progrès de l'art, pour l'étude plus approfondie de leurs propriétés, de reconnaître leur utilité, il ne l'est pas moins de noter avec franchise les affections où elles seraient nuisibles. Au

i3 reste , elles ne peuvent être plus privilégiées que les remèdes les plus accrédités par l'expérience.

Parmi les causes qui ont encore contribué le plus à augmenter les avantages, les effets , des eaux minérales , et qui y contribuent chaque jour si puissamment , nous ne pouvons omettre la salutaire influence des moyens hygiéniques dont leur usage est presque toujours accompagné. Les affections chroniques nerveuses et celles des viscères abdominaux sont surtout celles dans lesquelles l'empire de cette influence se fait le mieux sentir. Qu'une jeune épouse désolée pleure la perte irréparable d'un mari adoré, qui faisait son bonheur; si elle survit à ses larmes, c'est pour gémir.

Semblable à une fleur à peine éclose qui se dessèche avant le temps, en nourrissant ses profonds regrets , sa vie languit bientôt, les fonctions de toute espèce se dérangent, et d'abord les digestives ; les organes les plus faibles entrent en souffrance ) elle éprouve un spasme général ,

un commencement d'obstruction; les écoulemens habituels subissent des vicissitudes; la vie est menacée. L'indication est aussi urgente qu'elle est précise ; les eaux de Bagnères sont le port du saint qu'il faut se hâter de lui faire atteindre. Soustraire cette infortunée à la vue des objets qui lui rappellent sans cesse le plus affreux des souvenirs, l'éloigner du lieu lugubre où reposent des cendres chéries ; la dérober , pour ainsi dire , à sa douleur ; la transporter dans un monde nouveau, au milieu d'un climat aussi beau qu'il est salutaire , au milieu d'une scène mouvante qui force sa distraction ; la placer le plus tôt possible au milieu du spectacle enchanteur qu'offre une variété continuelle de situations , de sites pittoresques , n'est-ce pas déjà la rattacher à une vie qui voulait l'abandonner ? En se voyant 7 à chaque heure du jour , environnée d'êtres soutlrans comme elle , qui cherchent à se consoler par le récit mutuel de leurs douleurs, qui ne s'occupent que de leur retour à la santé , combien ,

i5 même malgré lu volonté , ne doit-elle pas éprouver d'heureuses distractions ! Que les heures passées dans de si doux entretiens portent de calme dans l'organisation ! Qu'elles sont bienfaisantes pour affaiblir les orages du cœur y pour ranimer les âmes épuisées par une infinité de causes destructives ! Qu'elles sont alors puissantes pour dissiper l'effet des chagrins , ces eaux de Bagnères ! Cette mère intéressante qui eût succombé à sa peine , y retrouve le courage de supporter l'existence. Combien d'amans malheureux , de victimes des passions ou d'erreurs , se trouvent dans le même cas !

Que sera-ce encore, lorsque, déjà disposés par l'influence d'une foule d'autres causes réparatrices , telles que l'exercice et le voyage, les malades surprendront, pour ainsi dire, leur àme dans un calme tout nouveau! Affranchis des soins domestiques , de tout devoir , de toute importunité , de tout joug, leur vie se trouve retrempée dans une foule

d'élémens réparateurs : les forces se raniment; elles reprennent partout leur activité, leur énergie j elles s'accroissent chaque jour avec l'usage des eaux. C'est ainsi qu'après avoir bu, durant quelque temps 5 dans le fleuve d'oubli , inter oblivia vitœ , parvenus au terme de la saison , la plupart retournent dans leurs foyers , pleins de vie et de reconnaissance pour les sources thermales. Combien en est-il qui ne les quittent qu'en faisant des vœux pour les revoir !

Si l'état intérieur du corps suit les changemens de climat , de l'atmosphère , ceux de Pair et des eaux, vérités si bien démontrées dans l'immortel ouvrage d'Hippocrate, de aère, locis et aquis ; vérités trop peu méditées, peut-être, par les médecins modernes ; si les différentes sensations que nous éprouvons sont, en général, le produit des diverses qualités de l'air qui presse le corps de tous côtés, qui le pénètre en tous sens par les organes de la respiration , par les vaisseaux absorbans de la peau, par la

division de ces élémens dans les alimens et les boissons que nous prenons , quelle grande part ne doivent pas avoir , pour l'usage des eaux minérales , les nombreuses influences qu'exerce sur l'homme la pureté de l'air qu'on y respire à longs traits dans la belle saison !

Qu'est-ce autre chose, en effet, que la vie de l'homme , considérée sous le point de vue physique , si ce n'est , à proprement parler , une opération chimicoanimale , produite par l'action ou le jeu des forces réunies de la nature , et par un changement continuel qu'éprouve la matière? Comme tous les autres phénomènes physiques , elle a ses lois , puisqu'elle dépend de la somme des forces et de la quantité et qualité des matériaux dévolus à chaque 5 de la manière dont ces alimens sont mis en œuvre, et de beaucoup d'autres circonstances , tant intérieures qu'extérieures. C'est en ramenant son essence et ses besoins à un petit nombre de principes rigoureux , et prenant toujours l'expérience pour guide, qu'on

parviendra à déterminer les conditions capables de maintenir l'être. On déduira de là les règles relatives à sa conservation.

S'il est toujours vrai , comme au temps du Père de la Médecine, que le corps respire de toute part le primum pabulutn vitce , le premier aliment de la vie 5 si la liaison intime qui existe entre notre corps et le principe extérieur en contact constant avec celui qui régit l'harmonie , nécessite des changemens continuels dans l'homme ; si ce dernier ne peut éprouver quelque temps l'influence atmosphérique , celle des lieux , sans démontrer l'étroite union du principe extérieur qui produit la vie ; si des phénomènes sans nombre et permanens observés dans les divers états de l'homme, attestent la sympathie, l'énergie de l'air sur le corps qu'il anime, il faut encore en convenir, les forces vitales doivent singulièrement s'améliorer avee une plus grande salubrité atmosphérique ; enfin , si la différence des saisons , comme l'a encore si

'9 bien constaté l'oracle de Gos , est, en grande partie , déterminée par la manière dont les vents soufflent dans chaque distribution de l'année, n'est-il pas par là même avéré que les vents qui régnent le plus ordinairement dans notre climat, durant le printemps et l'été , sont les plus salubres? Si à cette puissante et principale influence atmosphérique ou météorologique , on ajoute celle des causes si multipliées dont nous avons offert un si faible tableau , causes adjuvantes qui favorisent si énergiquement la boisson et les bains d'eaux thermales, quelle doit être active et salutaire , la source si bien nommée de Salut ! Combien elles doivent aider et fortifier son action ! Comment pouvoir y suppléer ailleurs , et encore moins dans les grandes villes, dont l'air, saturé des émanations de toute espèce qui s'élèvent de tant de corps différens, corrompt et vicie continuellement l'air atmosphérique, et en fait un poison lent qui ne peut manquer d'abréger la vie?

Oui , sans doute qu'en prescrivant les

eaux minérales le médecin a souvent encore l'intention de soustraire le malade à Finfluence de tout ce qui peut aggraver son état , pour le placer , le plus tôt possible , dans des circonstances contraires.

Or , si dans beaucoup de cas l'exécution de ce double motif médical est l'unique ressource qui reste à Fart pour arrêter les progrès funestes d'une affection déjà grave ; si ces raisons se fortifient l'une par l'autre , leur nécessité devient alors presque égale. Ici le moindre retard serait dangereux. Cette double puissance , qui se divise d'abord pour agir successivement , se réunit ensuite pour vivifier et pour alimenter avec plus d'intensité le flambeau de la vie. Elle en augmente les élémens qui l'entretiennent. Démonstration qui détruit complètement, ce me semble, la croyance de ceux qui voudraient borner le bienfait des eaux à celui que procurent de nouvelles émotions, à celui qui s'opère par le cliangement de climat, de ré-

gime, etc. j en un mot, parles agrémens d'un voyage.

Comment pouvoir se refuser , d'ailleurs , d'admettre que des eaux minérales, dont les élémens diffèrent, élémens qui portent leur action sur différens systèmes , puissent être introduites dans l'économie vivante sans produire d'effet? Abstrusum ex eu dit* Des composés divers produisent nécessairement des effets différens. Le soufre ne peut agir comme les sels.

Nous conviendrons, cependant, toujours avec la même bonne foi , qu'il est des maladies où les voyages sont moins indiqués ; il en est même où ils deviennent aussi pénibles et laborieux, que les eaux minérales doivent être seules utiles et dont l'usage est l'unique intention du médecin. Que peuvent, en effet, les charmes d'un beau site sur la guérison d'un paralytique ou sur celle d'un dartreux ? Celui qui est dans l'impuissance de remuer un ou plusieurs membres, peut -il être soulagé par un voyage ? Des affections

du cœur , de Pestomac , des intestins , de l'utérus, ne sont-elles pas, en général, dans le même cas ? Le changement de climat a-t-il jamais délivré le blessé des suites d'un coup de feu , et les plaisirs de la société ont-ils jamais guéri celui qui a des affections articulaires? La distraction d'un voyage a-t-elle jamais fait déposer les béquilles à celui qui a une rétraction d'un ou de plusieurs membres ?

Si chaque siècle a connu les avantages des voyages , ceux d'un changement de climat , et surtout ceux de l'exercice , pour la conservation de la santé, il nous sera facile de prouver que les Anciens avaient aussi su apprécier ceux des eaux minérales séparément, ou sans le secours de l'influence des moyens hygiéniques.

La nature nous offrant , de toute part, les eaux minérales avec une sorte de profusion; comme elle ne fait rien d'inutile, il était tout naturel à l'homme malade , sortant pour la première fois des mains du Créateur, d'y avoir recours pour essayer de se soulager. Afin d'entretenir son exis-

tence, elle lui avait imprimé la nécessité de boire de l'eau sans saveur ; n'était-il pas tout naturel encore que y s^apercevant de la variété de leur goût , il crût que cette même nature lui offrait pour sa guérison celles qui ne lui convenaient pas dans Pétat de santé ? Il ne tarda pas à éprouver du soulagement de ces dernières. 11 en proclama les heureux effets. Il dut croire que , parmi les dons multipliés qu'elle lui offrait pour sa conservation , elle avait encore ajouté celui des eaux minérales , comme principale , et peut-être alors son unique ressource pour la guérison de ces maladies , heureusement peu nombreuses dans ces premiers temps.

De-là , la sorte de culte que les premiers hommes reconnaîssans rendirent aux eaux minérales ; de-là ? celui qui leur fut continué , dans la suite , par les nations qui , dans l'antiquité , furent les plus florissantes.

On sait que les Egyptiens, les Grecs et les Romains , qui s'étaient fortement

convaincus de leur efficacité , crurent d'abord qu'une divinité présidait à leur source. De-là les Nayades ; de-là les charmes enchanteurs dont leur imagination , aussi brillante que féconde , avait environné ces divinités. Si le culte modeste , mais persévérant , que rendirent nos aïeux aux eaux de toute espèce , n'a pas cessé de les mettre en honneur jusqu'aux temps où y plus éclairées , les nations leur élevèrent des monumens fastueux y qui , par leur solidité , semblaient avoir été mis à l'abri des outrages du temps , si quelque chose sur la terre pouvait lui résister ; si , pour faciliter leur usage , les Romains leur construisirent de si magnifiques établissemens , dans lesquels ils employèrent les pierres les plus précieuses , le marbre et le granit, pourrait-on ne pas voir aujourd'hui, dans la tradition de tous les siècles , la certitude de leurs salutaires effets ? Il me semble voir ici le texle de la nature , qui a voulu de tous temps que les eaux fussent pour l'homme et le soutien de sa vie.

et toujours le remède le plus efficace dans ses maladies.

Si , d'une part , la magnificence des thermes invitait les peuples, les malades, à y avoir recours , comme moyen hygiénique ou curatif , on sait, d'ailleurs, que les Romains^ qui veillaient avec une sorte de tendresse sur leurs armées , en faisaient pour elles le plus grand usage.

Si , depuis que les Barbares ont ravagé tant de monumens précieux élevés par la reconnaissance et pour Futilité publique } les malades ont continué à se traîner vers les portiques déserts de leurs décombres , ou vers ceux qui étaient ensevelis sous les ruines des établissemens thermaux ; si , en écartant les ronces et les épines qui obstruaient leurs avenues, on a creusé depuis des piscines qui en permettent l'usage , c'est que l'on n'a pas cessé d'y récupérer la santé.

Si les nations plus près de la nature se contentaient de leur expérience pour tout guide , ou s'en tenaient tout simplement à la tradition constante qui, sous

le rapport de quelques remèdes naturels , ne laisse pas que d'avoir son prix , convenons qu'il est peu de vérités qui soient plus attestées que la confiance qu'on n'a cessé d'accorder aux eaux minérales.

Comment la médecine, dans ces temps reculés, aurait-elle pu leur prêter autrement son appui que par la tradition ?

Environnée d'ignorance et de ténèbres , vacillante elle-même au milieu des révolutions successives qu'elle a éprouvées } et que quelques esprits exaltés cherchent encore parfois à lui imprimer , elle ne pouvait , alors , que suivre les traces d'une aveugle expérience. Elle n'avait pas encore fait assez de progrès pour distinguer les avantages si multipliés des eaux minérales.

Toutefois y si , à travers les rêveries astrologiques, l'interprétation des songes, les arcanes , les talismans de toute espèce ; si, à travers la transmutation des métaux ; si , à travers une polipharmacie aussi monstrueuse qu'absurde, pour prolonger le terme de la vie , la renommée

des eaux minérales s'est maintenue ; si , à travers , enfin , tant d'égaremens de l'esprit humain, qui, tour-à-tour., se sont dispute l'empire de la médecine , on voit plus que jamais aujourd'hui jaillir avec une plus grande prospérité les sources des eaux minérales de toute espèce , c'est que la vérité , qui tient son sceptre d'une main plus assurée , c'est que la nature , qui veille sans cesse à la conservation de Pespèce humaine, finissent par triompher et du temps et de l'ignorance ; c'est que les hommes ne pouvant se récuser d^admettre l'influence des agens qui soutiennent la vie, il leur a été également impossible de méconnaître l'utilité des eaux minérales,

Des remèdes dépourvus de propriétés auraient-ils pu soutenir l'épreuve de tant de siècles ? Les guérisons opérées d'âge en âge , le nôtre les a confirmées et constatées. Les lumières répandues dans toutes les sciences naturelles ont contribué à mieux expliquer ce qu'avant nous on avait simplement e'prouvé ; et , comme

le dit avec autant d'élégance que de vérité un de nos collègues le plus distingué , le docteur Bertrand , dans son savant ouvrage sur les Eaux du Montd'Or : « Les propriétés réelles des eaux » minérales ont pris la place des pro- » priétés imaginaires, et leurs merveilles » n'ont rien perdu de leur éclat en sor- » tant du domaine des miracles pour » rentrer dans le domaine de la nature. » La médecine ne pouvait rester étrangère aux nombreux progrès des lumières du dernier siècle, et surtout à ceux du siècle où nous vivons. La thérapeutique, en adoptant des méthodes de traitement plus rationnelles , en rejetant l'emploi d'une foule de remèdes dont les propriétés n'ont pu soutenir un examen approfondi, s'est vue forcée de recourir seulement à la simplicité du petit nombre de ceux dont la composition , souvent analysée et bien appréciée par l'observation, lui offrait une garantie assurée dans leurs constans effets. Medicina paucarum herbarum s cientia } nous pourrions ajouter, sans

crainte de commettre une erreur , ac mîneralium paucorum usus. Les eaux minérales tiennent ici , sans contredit , un des premiers rangs.

Fidèle à l'esprit d'un siècle qui se dégage chaque jour de toute opinion hypothétique , qui laisse à une égale distance les préventions de l'enthousiasme, celles de l'erreur , et les résistances de l'opiniâtre incrédulité ; siècle fier d'avoir conquis > sur l'ignorance et les superstitions , des vérités cachées sous leurs langes ; siècle où l'on se contente d'étudier la nature , sans prétendre la concevoir dans des phénomènes qu'elle a couverts d'un voile impénétrable , nous continuerons à suivre d'un pas assuré autant que circonspect la marche qu'il nous a tracée.

Qu'importe , au surplus , au médecin et au malade d'ignorer la manière dont la nature opère pour faire ses compositions et ses décompositions ? Pourraientils jamais connaître les grands instru-

mens dont elle se sert , et pénétrer dans la profondeur de ses ateliers ? Ne pouvant être comparés à ceux employés par la faible et étroite puissance de Fart , faut-il s'étonner de l'ignorance où nous sommes des lois qui président à ses opérations merveilleuses ? Rabelais , qui était aussi médecin ^ regardait comme un temps perdu celui qu'on employait à la recherche d'une cause dont il croyait que la nature s'était réservé le secret. Admirable dans l'harmonie générale qu'elle a établie, aurait-elle voulu cacher sous d'énormes montagnes , aussi impénétrables qu'elles sont parfois inaccessibles, la connaissance des moyens quelle emploie pour communiquer à l'eau un plus ou moins grand degré de chaleur , l'imprégnation de différens gaz et la fonte de divers principes? Quelles sont , dans tous les cas, les grandes lois qui président à ces minéralisations? La science se tait.

Il semble que cette mère commune a

3i voulu placer son œuvre à l'abri des efforts de l'homme , qui trop souvent la dénature , et parfois la détruit.

Qu'importe encore au médecin et au malade de connaître la main qui puisa les premières gouttes d'eaux minérales qui furent soumises à la saveur, ou celle qui chercha à en étudier les éîémens ? Dès qu'elles soulagent et guérissent une foule de maux ; dès qu'elles réalisent les espérances qu'elles ont données ; dès qu'elles justifient par des preuves multipliées l'hommage qu'on leur a toujours rendu , nous nous complaisons à jouir du charme attaché au sentiment du bien qu'elles procurent ; bien auquel je désire, pour ma part, n'être pas étranger: heureux d'un travail entrepris dans ce but louable et marqué au coin d'une vérité de sentiment !

La raison , qui ne rétrogradera pas , sans doute ; qui a reconquis son domaine sur toutes les sciences naturelles ; qui plane avec éclat sur elles ; en rejetant les idées fantastiques et sans base , assure à

jamais le triomphe des eaux minérales.

En soutenant qu'on peut les employer avec succès dans les maladies que nous signalerons , nous sommes loin de prétendre , avec Thémisson , avec Thessalus Trallianus , qu'il n'y a que deux ou trois indications à remplir dans leur traitement j savoir^ le resserrement [strictum)^ le relâchement (laxum) , et l'état mixte ( mixtum ). Nous n'ignorons pas qu'il existe d'autres causes. La pathologie humorale joue aussi son rôle, et non pas toujours secondairement , mais bien souvent primitivement, comme l'expérience le prouve 3 ce qu'attestent les affections qui dépendent du dérangement des premières voies y celles qui sont contagieuses , et celles qui sont caractérisées par la dégénérescence de certaines humeurs.

Avec Gallien , qui ressuscita la doctrine du Père de la médecine , mais qui, voulant tout expliquer, s'enfonça dans des abstractions plus absurdes les unes que les autres ; qui se plut à créer des causes pour en déduire des effets ; qui

rendit néanmoins des services signalés à Fart de guérir, en développant la doctrine des codions et des crises , dévoilée par son maître , nous nous faisons une loi de reconnaître le pouvoir suprême de la nature dans la guérison des maladies.

En confirmant avec lui la sage doctrine du législateur de la médecine , à l'exemple des Briceau , des Sylvius , des Hollier y des Baillou , des Duret , des Heurnius , des Foësius , des Forestus , et d'une foule d'autres médecins célèbres , qui, par leur zèle , leurs veilles et leur candeur, obtinrent le prix qu'ils désiraient , l'immortalité du fondateur de l'art , zèle qui rejaillit sur eux , en admettant l'évidence de la doctrine des crises , nous continuerons à la voir nonseulement dans les maladies aiguës , où ellessont plus promptes, plus apparentes, plus soumises à des caractères prononcés; mais encore nous attesterons l'empire de leurs lois , quoique beaucoup plus lentes et moins signalées , dans les affections chroniques.

Quoique nous reconnaissions le pouvoir de la nature, nous n'entendons pas par là avancer qu'elle n'a pas besoin de l'art pour guérir , puisque l'expérience journalière prouve avec évidence le contraire. Nous reconnaissons simplement que cette savante ouvrière guérit souvent seule, et qu'elle y contribue encore pour sa bonne part , lors même qu'elle ne peut le faire sans le secours de la médecine.

En rendant justice à la brillante théorie de Sthaal , nous n'avons pu admettre avec lui que l'âme seule préside à tous les mouvemens vitaux , que tout va bien lorsqu'elle ne perd pas de vue le but où elle doit tendre , et que si elle vient à être troublée par quelque passion, elle tient mal le gouvernail, et les fonctions sont dérangées.

Si nous professons que le principe vital préside en souverain aux phénomènes pathologiques, reconnaissant encore que lui seul exécute cet appareil puissant de l'existence , désigné par Cullen sous

le nom de force conservatrice et médicatrice de la nature, qui produit, dans ce dernier cas , la reaction du système ; mous nous sommes vu contraint d'adopter que les lois de la physique , que celles de la chimie et même de la mécanique, sont exécutées, en partie , dans celles de l'économie vivante.

Ainsi, quoiqu'il soit vrai de dire avec Sthaal, ou avec les animistes, que le principe actif ( impetum faciens ) , cause efficiente du mouvement dans les corps organisés, modifie, selon les lois qui le régissent, les divers élémens qui servent à la composition des êtres animés , quoiqu'il ne soit pas moins constant que ce principe régulateur, à jamais insaisissable, soit présent partout où il y a des fonctions vitales à remplir, il nous paraît également incontestable, comme le pensait Hoffmann, que les substances inanimées ont aussi des lois en vertu desquelles, indépendamment de l'action du principe vital , elles agissent entre elles

sur le corps vivant ; lois qui méritent bien d'être appréciées.

Si le succès de la nature , lors même qu'elle est aidée par l'art , ne répond pas toujours à des efforts qui ont , en général , un but salutaire , c'est que le mal ou les élémens destructeurs l'emportent sur les forces vitales , isolées ou combinées. Au surplus , en convenant que la puissance médicatrice se détruit quelqueibis elle - même , tout en cherchant à se conserver, on est forcé de convenir d'abord de la réalité de son action , et , contre l'opinion de Sthaal, qu'elle est aveugle et non intelligente ; d'où il suit qu'elle a souvent besoin d'être dirigée par une sage expérience : or, nous ne sommes médecins que pour la régler, que pour redresser ses erreurs.

Cette action se suffit-elle ? On doit la respecter et la laisser agir. A-t-elle trop d'énergie ? Y a-t-il excès de forces ? En les restreignant , elles deviennent salutaires. Sont - elles trop faibles ? On les

3/ augmente. Prennent-elles une fausse direction ? une sage thérapeutique rappelle une crise salutaire.

Dans l'étude de nos eaux minérales , nous lierons donc ensemble et ferons marcher de front les connaissances anatomiques , physiologiques , pathologiques et chimiques. Nous constaterons l'action que l'eau , les bains et les douches produisent sur les différens tissus et systèmes de l'économie, sur chaque organe particulier, sur chaque fonction déterminée. Nous la considérerons lorsqu'elle favorise, suspend ou modère telle sécrétion ou excrétion. Examiner lorsqu'elle ralentit ou accélère la circulation; lorsqu'elle augmente ou diminue le ton des solides ; constater si les eaux possèdent une vertu spécifique sur quelque virus ou quelque organe déterminé ; quels sont, enfin, les effets sensibles qu'elles produisent sur les plaies, les ulcères , les déplacemens ou vices particuliers des parties osseuses , et autres maladies du ressort de la chirurgie ; telle

est la tâche que nous nous sommes imposée.

La classification des eaux minérales ayant été adoptée, il en résulte que celles de Bagnères sont rangées parmi celles qui sont salines et ferrugineuses. Nous avons deux sources qui pourraient être rangées dans la classe de celles qui sont sulfureuses : il me semble , dès-lors , que leur part est faite. 11 ne serait peutêtre pas difficile de faire revenir un peu sur la répartition établie ; car nous sommes loin de croire qu'elle ait reçu la sanction de la nature et celle d'une longue observation. Il ne pourrait qu'être avantageux pour l'art d'étendre l'utilité de chacune des sources minérales à un beaucoup plus grand nombre d'affections. De concert avec un de nos savans confrères, le Docteur Bertrand, déjà cité , nous dirons : « Que ce soit la prévention ou )> l'observation qui ait présidé au partage, » peut-être serait-il bon de le revoir : en » pareille matière il ne saurait y avoir » prescription. Restons bien convaincus

^9 » que , s'il y a quelque mérite à investir » d'une propriété curative de plus les » eaux qu'on administre , il y en a peut- » être davantage à leur retirer une pro- » priété imaginaire. »

La médecine et les malades n'ont qu'à gagner à ce nouvel examen.

En considérant les eaux minérales comme remède curât if, nous n'avons point eu l'intention de ne pas reconnaître que5 dans l'état de santé ordinaire, leur usage concourt, parfois , puissamment à la longévité. Des observations journalières attestent trop fortement cette vérité pour lui donner ici de plus grands développemens.

Avant de terminer cette introduction, je crois devoir donner une idée du plan général que j'ai suivi dans le cours de cet essai.

Il est divisé en quatre parties.

Dans la première , j'ai donné la description de Bagnères et celle de ses environs.

Les observations météorologiques > qui

4© composent la seconde , et dont j'ai trace la succession et offert les résultats durant l'intervalle de trois saisons, présentent tout naturellement la température ordinaire du pays.

J'avais aussi l'intention de donner ici la topographie médicale, dont je m'étais également occupé. Des circonstances indépendantes de ma volonté in'ont forcé d'en retarder la publication. La botanique locale occupe ici sa place.

J'ai renfermé dans la troisième partie l'histoire des eaux thermales de Bagnères , le nombre des sources que cette ville possède , leur dénomination , leur situation et leur distribution dans les établissemens qu'elles alimentent. Les phénomènes physiques , et dès-lors la température de chacune d'elles dans les diverses saisons , leur analyse chimique, la terminent.

Ce qui concerne la thérapeutique des eaux est renfermé dans la quatrième partie. C'est ici que nous présentons les considérations sur leurs propriétés gé-

nérales , les observations où sont rangées les diverses maladies dans lesquelles on les a employées avec plus ou moins de succès. Des faits qui précèdent , j'en présente les conclusions pratiques , d'où je déduis les propositions sur les avantages et les inconvéniens de leur emploi ; les cas d'admission ou d'exclusion dans les différentes affections qui se sont présentées à notre observation.

Honneur à qui le mérite ! ne gloriari libeat alienis bonis. Les richesses don t je me suis paré , je les ai puisées , avec abondance , dans les utiles écrits du pro fesseur Alibcrt, dans ceux de MM. Vauquelin , Bouillon-Lagrange et Pâtissier.

Qu'il m'est doux de pouvoir offrir à mon honorable collègue, M. Delpit, l'hommage de ma reconnaissance pour les idées lumineuses qu'il a répandues sur les eaux minérales dans le Journal universel des Sciences Médicales ! Combien ne dois-je pas encore aux sages conseils de feu M. Sarrabeyrouse aîné , dont la mémoire me sera toujours chère ! Quel plaisir de

pouvoir rendre témoignage au mérite des observations de son frère, M. Sarraheyrouse cadet , sur la nature et les effets des eaux de Bagnères ! Que de renseignemens, que d'instructions n'ai«je pas acquis dans les savans entretiens d'une foule de médecins distinguée qui , de toutes les contrées de l'Europe , se sont rendus à Bagnères ! Combien enfin ne m'ont pas été utiles les consultations et les mémoires empreints d'un esprit observateur, qui m'ont été remis par les malades qui venaient réclamer nos soins !

Si , comme notre illustre Bordeu , qui a enrichi les eaux des Pyrénées de travaux intéressans , je n'ai pas l'avantage d'en vironner celles de Bagnères de Bigorre de l'éclat de son nom, j'aurai au moins celui d'avoir fait tous mes efforts pour aggrandir leur histoire et pour confirmer leurs propriétés salutaires.

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