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paraissent ne les avoir rapportées qu'à ce viscère.
Sans doute on ne peut pas nier que cet organe , lors sur-tout de l'activité de son existence , n'ait une influence très-remarquable dans la naissance des troubles qui surviennent dans l'économie animale, et qu'elle soit en grande partie la cause des affections morbifiques auxquelles les femmes sont assujéties; mais en attribuer la source exclusive à l'utérus, sans y joindre les effets de la variété essentielle du système physique et moral de la femme, est une erreur qui tirerait son origine du défaut de connaissances positives en physiologie.
Les troubles occasionés dans la matrice se réduiraient à des effets très-modérés, si des causes accessoires ne contribuaient pas à les rendre plus véhémens , plus réitérés et plus durables.
L'excès de mobilité dans les fibres contractiles et dans les organes de la sensibilité donne une grande facilité à recevoir les impressions des agens extérieurs. On ne doit pas s'étonner que les femmes, dont la fibre musculaire est grêle , très- irritable , très -contractile, et les nerfs pas moins susceptibles d'être ébranlés , soient assujéties à tant d'affections spasmodiques, et que Ja violence, comme la durée
de leurs maladies , ait pour mesure exacte celle de l'irritabilité et de la sensibilité même exaltées ou affaiblies. Or , comme les institutions qu'on leur donne dans la jeunesse augmentent encore en elles les inconvéniens de ces deux facultés vitales , en portant leur énergie à des excès opposés, il en résulte évidemment que le nombre de leurs maladies doit croître en raison des vices de cette éducation.
Les filles comme les femmes sont sujettes à un grand nombre d'affections analogues, et si celles-ci en ont qui sont une suite nécessaire de Leur mariage , celles-là en ont aussi qui ne le cèdent peut-être pas en nombre à celles des femmes. Le temps des plaisirs de l'amour ne s'annonce à ce sexe que par des incommodités sans nombre ou des accidens qui menacent la vie. Cet avertissement des périls inséparables du bonheur de devenir mère se renouvelle chaque mois par une époque de sang.
Leur vieillesse se manifeste également par des orages redoutables ; la circulation est réglée par de nouvelles lois qui amènent un changement souvent pénible dans les fonctions.
Ce court tableau nous présente l'idée des affections générales auxquelles les femmes sont assujéties,et nous (ait déjà envisager que l'excès de sensibilité des organes de la femme est bien
56/f souvent placé sur les confins de la faiblesse. Or, c'est à cette dernière que peut s'appliquer efficacement l'action de certaines eaux minérales toniques.
Nous craindrions encore de donner trop d'extension à ces idées , si pour faire ressortir les affections des filles ou des femmes dans lesquelles on peut avoir recours à l'usage des eaux minérales de Bagnères, nous entrions dans le détail des différens désordres du sexe , dans lesquels telle ou telle nature d'eau minérale pourrait être utilement employée. Nous nous bornerons donc à en désigner un petit nombre, dont le siège principal est dans la matrice , et dont la guérison peut s'opérer par les eaux de Bagnères.
Lorsque la matrice , à la suite des congestions sanguines fréquentes , a été long-temps engorgée, après même avoir été plusieurs fois prise d'inflammation ou de pléthore sanguine, il s'opère un état d'empâtement continué dans cet organe , qui donne lieu à des congestions solides, qui présentent, par les signes sensibles, les mêmes phénomènes que les obstructions ordinaires , l'usage des eaux minérales salines et linfluence diététique et hygiénique sont les moyens les plus efficaces pour obtenir la guérison. Parfois aussi trouve-t-on .
dans ces sorles de cas , l'occasion d'avoir recours aux eaux ferrugineuses. Les einpâlemens, les obstructions dont il est ici question , résistent au toucher, elles sont plus ou inoins volumineuses ; elles occasionent des tiraillemens considérables dans les tégumens de la matrice; d'où les douleurs de la région lombaire, celles des cuisses , la pesanteur des lombes, un poids fatiguant dans le bassin , la compression du rectum dont les vaisseaux se trouvent affaissés, d'où la gêne de la circulation , la stase du sang dans les canaux hémorrhoïdaux, leur engorgement ; d'où les hémorrhoïdes habituelles , douloureuses., la difficulté de rendre les excrémens , les douleurs qui accompagnent leur évacuation ; d'où le mal-aise de la vessie ; d'où une foule d'accidens relatifs aux différens degrés d'obstruction de la matrice ou de ses développemens; d'où enfin l'indication bien acquise de l'usage des eaux minérales thermales salines , qui peuvent rendre au sang la sérosité qu'il a perdue et le faire circuler librement dans les canaux engorgés.
On conçoit facilement combien , dans ces sortes de cas, doivent être utiles les fomentations, les eaux minérales, les bains thermaux , le régime végétal , les boissons légères, les fruits qui ont une. qualité délayante et fondante.
Tous les praticiens savent que les filles et les femmes sont sujettes à avoir des tumeurs lymphatiques ou squirrheuses dans les parties internes de la génération. Il en est qui naissent dans les ovaires, dans la matrice et autour de ses lïgamens ; on en voit parfois à l'extérieur sur les grandes lèvres. Sans nous occuper ici de la recherche des causes qui leur donnent naissance, nous dirons seulement que ces diverses affections ne peuvent être traitées d'une manière avantageuse que par des moyens dont le but est de débarrasser les viscères du bas-ventre des obstructions qui le gênent. Or les fomentations , les bains thermaux , les douches minérales, favorisés par le régime diététique et hygiénique , peuvent encore contribuer puissamment à la guérison de ces diverses maladies , lorsqu'elles sont commençantes ou peu avancées.
Sans admettre ici l'intempérie de l'utérus, conformément à la doctrine des anciens , et principalement à celle d'Arétée, qui considérait la matrice comme un animal renfermé dans un autre, qui a sa vie particulière, ses aberrations, ses passions, ses goûts, etc., en convenant avec Galien, avec Mercurialis et un grand nombre d'autres médecins, que la constitution de cet organe, comme celle de tout autre viscère, participe de celle de tout le corps, nous
sommes forcé de reconnaître qu'il existe chez certaines filles ou femmes des règles abondantes, ténues et aqueuses, une humidité continuelle dans le vagin et à la vulve, et souvent un écoulement séreux qui a une consistance muqueuse et légère. Ajoutons que non-seulement les femmes de ce tempérament ne sont pas ordinairement voluptueuses, mais encore qu'elles conçoivent difficilement, parce que la matrice est abreuvée d'un fluide surabondant qui détruit l'action de la semence. Si elles deviennent grosses , elles ne portent pas leurs enfans au temps marqué par la nature.
Qui peut se refuser d'indiquer, dans ces sortes de cas , la salutaire influence des eaux minérales ferrugineuses, celle des bains fortifians et l'efficacité de tous les moyens diététiques et hygiéniques dont l'usage des eaux est accompagné? Me serait-ce pas sur-tout à cause des bons effets que les eaux minérales toniques ont obtenus , en détournant la trop grande humidité de la constitution , et dès-lors celle de l'utérus , qu'elles ont été considérées, même par Bordeu, comme propres à faciliter, à favoriser la fécondité? Quand l'action vitale est languissante, tous les solides et tous les fluides de l'économie animale s'en ressentent ; les digestions et la circulation deviennent lentes; lechvle,
mal élaboré, est difficilement absorbé dans les vaisseaux qui le portent au réservoir de Pecquet ; la lenteur avec laquelle il circule et la faiblesse des organes qui le meuvent ne sont pas capables d'assimiler ses principes ; il en résulte que la partie muqueuse s'épaissit et forme cet état que les anciens appelaient tempérament pituiteux, lymphatique. Or, lorsque la matrice, sur-tout, se ressent de cette constitution, lorsque les règles sont décolorées, visqueuses , pituiteuses, plutôt muqueuses, séreuses que sanguines, quel médecin pourrait se refuser de reconnaître encore, ici, l'utilité des eaux minérales ferrugineuses, celle de leurs bains et de tous les moyens fortifians ? Puisque les filles , les femmes , qui sont dans le cas que nous venons de décrire, ont une constitution faible, délicate ou affaiblie par des causes physiques ou morales, n'est-il pas évident que pour rendre aux solides la force nécessaire pour exercer leurs fonctions et pour détruire secondairement la viscosité, la mauvaise idiosyncrasie des fluides, il faut que le régime et les remèdes tendent progressivement à réconforter l'économie entière? Or, encore une fois , quels moyens plus efficaces pourrait-on employer alors que les voyages , l'exercice à pied , à cheval et en voiture , les jeux qui exigent du mouvement,
56g les toniques, les amers, qui fortifieront les organes de la digestion, qui, en ranimant ensuite l'action du cœur, vont au loin distribuer, peuà-peu, une augmentation de vie et préparer le bon état des organes? Mais parmi les toniques , le fer et ses préparations n'est-il pas le plus actif , celui dont l'action est la plus certaine dans les cas dont il s'agit? Parla même raison , les eaux martiales de Bagnères , dans lesquelles le fer est dissous , pourraient-elles ne pas convenir ? Placées à côté des eaux thermales purgatives , si parfois on est obligé, après avoir divisé les humeurs, de les évacuer, on se trouve à portée de remplir tout naturellement ces diverses indications , qui ne peuvent l'être que par des purgatifs doux. Les eaux thermales salines, combinées avec les sucs amers, procurent les évacuations nécessaires , augmentent les forces vitales. On varie les prescriptions suivant l'état présent du malade; on combine sans cesse l'emploi des moyens, celui des ressources. Par celte méthode, loin de fatiguer les malades, après avoir débarrassé les premières voies , on les fortifie de suite par des toniques gradués. Pour obtenir d'heureux résultats, encore fautil prescrire, en tout, la modération et la persévérance dans l'usage de tout ce qui peut ranimer les forces et les relever au point nécessaire
pour que l'harmonie, l'intégrité, l'idiosyncrasie des fonctions vitales s'exécutent conformément aux besoins de la juste réparation des forces de la vie.
Il deviendrait inutile d'observer que les forces se rétablissent plus ou moins prompte ment, en raison de l'âge des malades , et plus encore en raison des degrés et des désordres survenus. S'ils sont accidentels , s'ils n'affectent pas la constitution entière, leur guérison est bien plus assurée ou moins difficile à obtenir.
Quoiqu'il paroisse démontré que les eaux minérales sont un des remèdes le plus assuré pour détruire la faiblesse de la matrice et celle de tout le système, nous ne pouvons nous dispenser d'observer que le vice local pourrait se perpétuer, malgré les efforts qu'on fait pour le détruire entièrement , si dans quelques circonstances on ne persévérait pas quelque temps , long-temps , quelquefois plusieurs années, dans l'emploi des moyens dont on a obtenu quelque avantage. Il ne nous serait pas difficile d'établir encore, qu'il est un certain nombre de cas , où les règles viciées des filles ou des femmes pourraient trouver des ressources efficaces pour les régulariser, soit dans l'usage de telle nature d'eau minérale , soit dans l'influence concomitante des moyens hygiéniques. Ce n'est
que par la conviction que nous acquérons chaque jour de la puissance de ces derniers , que nous avons cru devoir, précédemment, développer les avantages de ceux qui sont le plus favorables.
Quel vaste champ n'aurions-nous pas encore à parcourir pour reculer les bornes des propriétés des eaux minérales de Bagnères, si nous entrions dans le détail des phénomènes suites des règles retardées et rares , suites de leur défaut d apparition , sans affection morbifique, ou avec cette dernière , si , dans l'intérêt de ces mêmes eaux , nous relations les cas de règles tardives dans lesquelles elles peuvent être employées! mais, toujours jaloux de limiter notre travail, nous laissons aux médecins exercés le soin de juger, dans ces derniers dérangemens , les cas trop fréquens qui peuvent être traités avec plus ou moins de succès par elles.
Toutefois , le désir ardent que nous avons d'être utile à l'humanité, celui de soulager ses infirmités, celui plus ardent encore d'offrir au sexe enchanteur qui fait le charme de notre existence, des ressources plus nombreuses pour guérir les altérations de santé que lui occasionent la délicatesse de son organisation , celle de sa tendresse et son exquise sensibilité . ce désir ,
dis-je , nous détermine encore à provoquer les méditations des praticiens éclairés, pour décider si, dans les asthénies ou faiblesses chroniques qui sont la suite des fureurs utérines ou de la masturbation , on n'a pas lieu d'espérer des avantages dans les boissons et les bains toniques des sources de Bagnères. Pour nous, qui en sommes convaincu , nous dirons, pour appuyer, pour fonder notre opinion, que, lorsque l'existence prolongée de ces funestes passions a amené l'atonie des fonctions de toute espèce , lorsque par leur continuité elles ont sur-tout altéré les fonctions digestives , lorsque la perte de l'appétit, l'affaiblissement de tout le système , l'amaigrissement, la langueur, la faiblesse , l'épuisement total, qui en sont les funestes conséquences, subsistent, les toniques de toute espèce , et dès-lors les eaux ferrugineuses, ne peuvent qu'aider puissamment à rappeler la santé.
Puisqu'il s'agit, dans cet article, des affections chroniques produites par les désordres survenus dans l'utérus , pourrait-il nous être permis de passer sous silence les effets funestes qu'imprime sur les .fonctions vitales et naturelles cette passion si tendre qui n'existe que chez les êtres délicats? Si la sensibilité morale et physique n est qu'une suite
de la grande mobilité des organes du sentiment, et si ce dernier état est l'effet d'une organisation faible, qui ignore, lorsque l'agitation amoureuse a existé trop long-temps, qu'elle finit par énerver toutes les fonctions? D'abord l'hypocondrie, effet immédiat du vice des sécrétions et des excrétions , ne peut elle pas trouver du secours dans l'emploi raisonné de tout ce qui environne et favorise l'action des eaux minérales. Si le trouble occasioné par l'amour porte aussi ses effets sur les viscères de la poitrine en ralentissant la marche de la circulation du sang; lorsque celui du bas-ventre éprouve les mêmes difficultés dans son cours, lorsque les hypocondres se gonflent , lorsque les digestions deviennent mauvaises; lorsque des diarrhées habituelles commencent à aggraver les désordres généraux, peut-on alors se refuser de considérer le recours aux eaux minérales comme peut-être l'unique ancre de salut? Si dans le premier temps de l'amour, par rapport aux désordres qu'il peut produire dans l'économie animale , les fonctions ne sont point encore totalement perverties; si à la première époque de ce sentiment si doux, si délicieux, les trois règnes de la nature ne nous offrent point de productions qui puissent apporter une modification nouvelle à une âme agitée par le tour-
meut qu'il occasione , convenons que lorsque ce feu dévorant a consumé les élémens de la vie , détraqué toutes les fonctions abdominales , c'est alors que l'aspect d'une terre étrangère qui occupe l'esprit par une variété d'objets, c'est alors que l'exercice dans des sites pittoresques, c'est alors que la présence d'une société toute nouvelle, c'est alors que les bains thermaux et les boissons minérales peuvent trouver des indications bien salutaires à remplir.
Après avoir présenté quelques considérations générales sur quelques affections chroniques dont les filles peuvent être atteintes et dont la curation peut être obtenue par les eaux minérales de Bagnères , ou par toute autre dont la nature est analogue , quelque jaloux que nous soyons de resteindre leurs effets , nous craindrions d'être accusé de négligence, si nous ne disions pas aux praticiens, aux malades, qu'il est un grand nombre de dérangemens, d'affections chroniques suites de couches, qui ont amené la faiblesse générale . l'atonie , la laxité de la matrice , le relâchement du vagin , etc.; comme il en est encore qui sont la suite des désordres laiteux qui peuvent être efficacement traités par les eaux minérales. Au milieu d'un grand nombre d'observations que nous pourrions
présenter, qui confirmeraient tous nos antécédeus , nous nous contenterons d'en offrir seulement deux, prises au hasard dans notre journal.
lcre. Observation. — Madame N. , âgée de vingt-six ans , d'un tempérament lymphatique sanguin , mère de trois enfans , était tourmentée depuis sa seconde couche de pertes blanches abondantes qui n'avaient fait qu'augmenter lors de la troisième couche. Depuis cette dernière époque , des douleurs vagues dans l'hypogastre, une pesanteur considérable dans le bassin, se manifestèrent. Des chagrins profonds arrêtèrent l'écoulement ; l'inflammation de la matrice en étant devenue la suite, un traitement approprié dissipa la gravité du mal. L'affection utérine aiguë se termina en affection chronique ; bientôt le volume de la matrice se fit apercevoir. La sensibilité de cet organe se manifestait à la moindre impression du toucher. Des douleurs dans les aines , des lassitudes, des tirailletnens , la perte de l'appétit , furent les phénomènes consécutifs de l'état chronique de la matrice. Divers traitemeus ayant été employés sans succès, la malade fut envoyée à Barèges en 1820. Notre honorable collègue Dassieu , convaincu que les
eaux dont il dirige depuis long-temps i'admi-< nislration avec tant de sagacité , étaient beaucoup trop actives et ne convenaient aucunement à la malade, nous l'envoya à Bagnères. Huit bains de la source de Salut, pris chaque jour, durant une heure, rappelèrent les règles, dont la cessation fut suivie d'un écoulement vaginal peu abondant. Tout traitement ayant été suspendu pendant la durée des menstrues, il fut repris avec l'usage journalier * et à jeun , de trois verres d'eau de la même source , dont la malade prenait aussi un bain toutes les vingtquatre heures. Après l'intervalle de trois semaines , la perte blanche reparut enfin , et dèslors le volume de l'utérus diminua peu-à-peu. Les accidens que cet état pathologique avait occasionés disparurent insensiblement. L'appétit avait repris. Néanmoins des faiblesses , des langueurs d'estomac, tourmentaient parfois la malade, à raison de la perfe plus ou moins abondante en blanc. L'eau ferrugineuse soulagea le système digestif , diminua même la leucorrhée , sans toutefois guérir radicalement la malade., parce que la saison d'automne força madame N. de quitter Bagnères avant d'avoir eu le temps de combattre plus victorieusement tous les désordres pour lesquels elle avait eu recours aux eaux minérales. Encore fut-elle
délivrée de tous les accidens qui faisaient craindre une dégénérescence squirrheuse de l'utérus.
IIe. Observation. Madame la marquise de L», âgée de quarante ans, après avoir éprouvé beaucoup de chagrins et de fatigues, fil plusieurs fausses couches , qui finirent par quelques indispositions d'abord légères , puis par donner naissance à une affection chronique de la matrice. Des pertes blanches , parfois rouges , durèrent plusieurs années. Elles devinrent si considérables , que la malade , ne pouvant plus souffrir aucune cohabitation ni aucun exercice à pied ou à cheval , eut recours aux lumières de Monsieur le baron Dupuytren , premier chirurgien du E.oi et célèbre praticien. Après divers traitemens qui paraissaient avoir soulagé la malade , sans l'avoir guérie, il se détermina à faire un examen plus approfondi de la matrice , à la faveur du spéculum uteri. Des fongosités existant autour du col de cet organe , monsieur le baron prit sagement le parti de les détruire par la cautérisation. Après dix à douze applications convenables, tantôt avec le nitrate d'argent, tantôt avec le nitrate acide de mercure, la partie malade devint dans l'état naturel. Pensant alors que les douches ascen-
dantes contribueraient beaucoup à consolider la guérison, que l<i cautérisatiou semblait avoir opérée, madame la marquise fut envoyée à Bagnères en 1825.
A son arrivée, dès notre première visite, nous apprîmes que les pertes en blanc et en rouge s'étaient déjà renouvelées. Une exaltation nerveuse et une migraine opiniâtre aggravaient encore l'état primitif de la malade. Les déjections alvines ne pouvaient avoir lieu qu'à la faveur des lavemens , dont depuis fort longtemps madame la marquise L... faisait un fréquent usage. Pour peu qu'elle prît le moindre exercice , une pesanteur gravative se faisait sentir dans le bas-ventre. Souvent, à raison de la marche , la sensibilité de l'utérus se développait, ainsi que la douleur.
Après quelques jours de repos, madame la marquise prit, pendant quatre jours, un bain d'une heure à la source de Salut. La migraine , l'irritation nerveuse se calmèrent; mais les pertes en blanc et en rouge augmentèrent : les règles eurent lieu sans accident; ce qui fit suspendre l'usage des bains, qui fut repris après la cessation des menstrues. Des douches ascendantes tempérées furent dirigées vers l'utérus. Dès la seconde , la perte en blanc, qui avait reparu après la menstruation , cessa insensiblement.
Cinq jours après, madame la marquise éprouva des lipothymies , des mouvemens convulsifs et une céphalalgie permanente. Ces accidens, qui durèrent environ six jours, disparurent à mesure que les pertes blanches et sanguinolentes se furent manifestées de nouveau par l'effet d'une médication appropriée à l'indication. Une première douche ayant été administrée dans le rectum , donna lieu à quatre selles bilieuses. La continuation de ce moyen curalif régularisa l'action des intestins au point que la malade n'eut plus besoin de lavemens pour aller à la garde -robe. L'époque de la menstruation ayant reparu, sans accidens, madame la marquise reprit, après leur cessation , les douches ascendantes à la source de la Gutière. Les pertes rouges accidentelles cessèrent, celles en blanc n'eurent plus lieu que de loin en loin et en petite quantité. La santé de madame la marquise se rétablit si bien, qu'après trois mois de traitement les divers accidens pour lesquels elle avait eu recours aux eaux de Bagnères avaient disparu. Un nouvel examen des parties primitivement affectées n'a laissé aucun doute sur leur parfaite cautérisation et sur les bons effets consécutifs de l'emploi des eaux minérales de Bagnères.
Madame la marquise revint l'année sui-
vanle pour se soumettre à l'usage des eaux minérales , sous différentes formes , pendant deux mois et demi. Le succès le plus satisfaisant combla ses vœux et ceux de toutes les personnes qui s'intéressent à sa conservation.
Réflexions. — Les faits parlent, ils sont consignés pour toujours dans les fastes de l'art. On ne peut se refuser à leur authenticité. Les eaux minérales de Bagnères ne sont pas moins efficaces pour la guérison d'un certain nombre d'affections de la matrice, que pour quelques autres maladies des femmes, dont nous allons donner un simple aperçu.