‹ Recherches sur les radicaux organométalliquesChapitre 2 sur 47 · AB · texte numérisé non relu

AB

( r étant un nombre entier fort simple), l'expérience dé-

montre qu'on peut former avec ce corps simple et les divers radicaux alcooliques (méthyle, éthyle-, etc.) des composés à différents états de saturation. Tant que le nombre de molécules du radical alcoolique qui entre dans la combinaison est inférieur à le nouveau composé formé peut se combiner à l'oxygène, au chlore, etc., et fonctionner à la manière d'un véritable radical. L'expérience apprend pareillement qu'à mesure que le nombre des équivalents du radical alcoolique qui s'accouple à À va en augmentant, le composé qui en résulte est doué d'affinités de plus en plus énergiques pour l'oxygène, le chlore, l'iode, etc., les composés oxygénés d'acides ou de neutres qu'ils étaient primitivement marchant vers l'alcalinité de la manière la plus prononcée. L'arsenic nous offre à cet égard un exemple des plus frappants et des plus instructifs. Ce corps tend en effet à former les deux groupements principaux :

AsX 3

et

AsX*.

Nous pourrons donc former avec l'arsenic et le méthyle en maximum cinq corps définis, le dernier étant incapable d'engendrer de nouvelles combinaisons puisqu'il est à saturation. Or les expériences de M. Bunsen, de M. Bacycr, de M. Landolt, .les miennes propres démontrent qu'on peut réaliser avec l'arsenic et le méthyle les quatre composés

As Me, AsMe% As Me 3 , As Me',

Si nous mettons, ces divers composés en présence d'un excès d'oxygène de façon à obtenir des combinaisons à saturation, nous aurons

As Me 0«, As Me 1 0% As Me 5 O', As Me 1 O,

qui forment avec l'eau les composés suivants :

As Me O 1 , 2 HO , acide bibasique, AsMe*0*, HO, acide monobasique, As Me* 0 J , corps indifférent,

AsMe'O, HO, base énergique comparable à la

potasse er à la soude.

La combinaison oxygénée qui occupe le terme supérieur présentant les caractères d'un acide très-énergique, on voit que le dernier possède une alcalinité telle, qu'il peut rivaliser avec les bases les plus puissantes.

L'azote, 'de même que Parsenic, est susceptible de donner naissance à cinq groupements parfaitement définis qu'on peut formuler de la manière suivante :

AzX, AzX', AzX 3 , AzX*

et

AzX».

On peut réaliser avec l'oxygène ces cinq groupements qui présentent tous un très-grand intérêt et dont le plus remarquable, tant au point de vue de la théorie qu'à celui des applications, est le terme à saturation Az O 5 . Remplacet-on dans ces composés une partie de l'oxygène qu'ils renferment par des quantités équivalentes de chlore, on obtient les acides chloronitreux et chloronitriquc dont la constitution, comparable à celle du chloroxyde de phosphore, de l'acide chlorosulfurique, correspond parfaitement à celles s ides acides azoteux et hypoazotique d'où ils dérivent.

Contrairement à ce qu'on observe avec l'oxygène, on n'a pu jusqu'à présent isoler qu'une seule combinaison de l'azote avec l'hydrogène. Celle-ci, bien connue de tout le monde sous le nom d'ammoniaque, et dont la composition est ex-

primée par la formule

AzH J ,

correspond au groupement

AzX\

ce composé remarquable pouvant échanger un ou plusieurs équivalents d'hydrogène contre un nombre égal de molécules élémentaires ou de groupements plus ou moins complexes. L'ammoniaque, étant douée de propriétés basiques, engendrera par ces substitutions des bases, si Ton remplace tout ou partie de son hydrogène par des corps doués do fonctions chimiques analogues, tandis qu'elle pourra pro duire des corps neutres et même des acides si Ton remplace cet hydrogène par des corps dont les fonctions chimiques sont opposées. Lorsque le corps qui se substitue à l'hydrogène est du méthyle, de l'éthyle, de lamyle, du phényle, etc. , par exemple, on obtient des produits qui présentent nonseulement le parallélisme de composition. le plus complet, mais dont les caractères chimiques se confondent tellement avec ceux de l'ammoniaque, que l'histoire de ces composés sijvariés se déduit de celle de cette substance elle-même ^ ce qu'on conçoit sans peine, les fonctions chimiques de ces carbures d'hydrogène se rapprochant beaucoup de celles de l'hydrogène, et ce qu'il y a de fort digne d'attention ici, c'est que l'alcalinité de ces corps s'accroît avec le nombre des équivalents de méthyle, d'éthyle, etc., qui se sont substitués. Ces résultats deviennent bien plus frappants encore si l'on considère les composés résultant de semblables substitutions opérées dans l'hydrogène phosphore. La triméthylphosphine

Ph Me 1 ,

et la triéthylphosphine

jouissent en effet de la propriété de se combiner avec les divers acides, ce qu'on n'observe pas à l'égard de l'hydrogène phosphore qui ne s'uuit qu'à l'acide iodhydrique et dont la combinaison est tellement instable, que le contact de l'eau suffit pour la détruire.

Si jusqu'à présent on n'a pu réaliser entre l'azote et l'hydrogène aucun composé correspondant à l'acide azotique et par conséquent de la forme

Az H*,

on en connaît du moins un grand nombre qu'on peut considérer comme se rapportant à ce type et qui sont compris dans la formule générale

Az H 4 Y.

C'est ainsi que le gaz ammoniac sec à la manière d'un grand nombre de carbures d'hydrogène s'unit directement volume à volume aux gaz chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, etc., pour former des composés qui rentrent dans la formule précédente, savoir :

AzH*CI, AzH«Br, AzH'I,

composés dans lesquels quelques chimistes admettent avec Ampère l'existence du radical AzH*, radical qu'on n'a pu jusqu'à présent se procurer à l'état de liberté malgré toutes les tentatives qu'on a faites, et dont on ne saurait admettre la formation dans le contact de l'acide chlorhydrique et l'ammoniaque, la faible tendance qu'a l'ammoniaque à s'unir à l'hydrogène ne pouvant raisonnablement détruire l'affinité si puissante du chlore pour ce gaz v II est beaucoup plus simple d'admettre que la réunion des deux corps mis en présence produit un groupement particulier qui se rapporte au type

AzX 4 ,

qui pour l'azote parail être le terme de saturation des combinaisons qu'il est susceptible déformer.

Il en est de même à l'égard des dérivés de l'ammoniaque connus sous les noms de trimétbyliaque, triéthyliaque et triamyliaque,

Az Me 1 , Az E 3 , Az Amy s ,

qui peuvent fixer

Me Cl, ECI, AinyCI,

pour former des composés du même ordre dans lesquels il faudrait sans raisons plus sérieuses admettre l'existence de nouveaux radicaux dérivés de l'ammonium, radicaux qui jusqu'à présent n'ont pas plus été isolés que l'ammonium lui-même. N'est-il pas plus simple d'admettre que l'azote, ainsi que ses congénères, est susceptible de former diverses combinaisons définies dont le terme à saturation est de la forme

Az X».

Tant qu'on n'a pas atteint ce terme on peut ajouter au produit que Ton considère un ou plusieurs équivalents de la même substance ou de substances de nature différente jusqu'à ce qu'on y soit parvenu. Si le terme que l'on considère jouit de la faculté de fixer certains corps* pour former des combinaisons définies et s'en séparer intact sous certaines influences, ce composé se comportera comme un véritable corps simple, il y aura là des analogies fort dignes d'intérêt et qui méritent une étude sérieuse, mais qui résident, il faut l'avouer, beaucoup plus dans la forme que dans le fond, ce qui ne constitue pas évidemment une raison suffisante pour les assimiler l'un à l'autre.

En supposant qu'on isole un jour le terme AzH', ce qui ne présente rien d'invraisemblable, il est plus que probable qu'à la manière du métbyle et de Téthyle il fournirait, sous l'influence du chlore et du brome, des produits de substitu-

lion, cl non des chlorures ou des bromures à la manière du potassium et du sodium. Si l'ammoniaque ne fixe pas directement 2 équivalents d'oxygène, de chlore, de brome, etc., pour former des composés qui rentrent dans le groupement précédent, et s'il en est de même de ses dérivés

A/Me', A*.E\ AzAmy 3 ,

cela tient, d'une part, à la grande alcalinité de ces produits, à la très-grande affinité du chlore et du brome pour l'hydrogène et aux faibles tendances de l'azote à la combinaison. Il n'en est pas de même pour les composés correspondants du phosphore et de l'arsenic, les produits

Ph Me», Ph E J , As Me», AsE J ,

sonten effet susceptibles d'absorber 2 équivalcnlsd'oxygèue, de soufre ou de chlore; de là les différences que Ton observe entre l'azote et ses congénères, bien que ces corps soient liés par des analogies très-étroites.

Les métaux formant avec l'oxygène, Je chlore, le soufre, etc., des combinaisons définies, on pouvait supposer avec raison que ces mêmes corps pourraient former des composés semblables avec le méthyle, l'éthyle, etc. On connaît par les belles recherches de M. Francklaud le méthylure et Téihylure de zinc, composés appartenant au groupement

ZnX,

qui sont devenus la source de réactions pleines d'intérêt. Les travaux plus récents de M. Vanklyn nous ont appris que les métaux alcalins pouvaient également former des combinaisons analogues; mais celles-ci sont tellement instables, que jusqu'à présent on ne les connaît qu'unies au méthylure et à 1 ethylure de zinc. Mis en présence de l'eau, tous ces produits en opèrent la décomposition im-

médiate en produisant des oxydes et dos hyd ruées de méthylc et d'éthyle, résultat facile à comprendre si Ton songe que ces divers produits représentent des composés à saturation, renfermant des éléments doués d'affinités énergiques pour les principes constituants de ce liquide et par conséquent fort aptes à en amener la destruction tout en se décomposant eux-mêmes. L'élhylure de zinr, pas plus que les éthylures alcalins, ne sauraient fonctionner commedes radicaux, puisqu'ils représentent le groupement le plus stable que ces métaux soient susceptibles de former.

Il était intéressant de rechercher si tous les métaux sont susceptibles de former des combinaisons semblables. Je me suis assuré qu'un grand nombre jouissent de la propriété de réagir en vases clos sur les iodures de méthyle et d'éthyle à des températures qui varient entre i ao et 200 degrés. Dans certaines circonstances, on obtient des élhylures libres, tel est le cas du magnésium ; dans d'autres, et notamment avec l'étain, on obtient tantôt des éthylures, tantôt des combinaisons de ces produits avec l'iode. Dans le cours de ce travail, j'ai pu vérifier l'exactitude de la plupart des faits^ annoncés par mes devanciers, j'ai eu le bonheur d'enregistrer quelques faits nouveaux, et je me suis surtout efforcé de rattacher la constitution de ces composés, si curieux dans leur forme, aux combinaisons si bien connues qde ces méaux forment avec l'oxygène, le chlore et leurs analogues.

ACTION DU MAGNÉSIUM SUR LES IODURES d'ÉTHVLE

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