II
Résultats qui, traduits en centièmes, donnent :
Carbone 4°>33 C 40
Hydrogène. ... '* 8,89 H"
Arsenic. ...... » As.
L'arsenic forme donc avec le méthyle et l'éthyle une série de produits entièrement comparables à ceux qu'engendre l'azote et qu'a fait connaître M. Hofmann dans la série de travaux si remarquables qu'il a publiés sur les ammoniaques composées. Nous connaissons en effet, d'après les observations que je viens de rapporter, les produits
qui présentent une composition parallèle à celle des bases ammoniacales composées
Me
Az lt 5, Az E
Me \ / Me \ jKj
Me , AzlMej, Az)e(.
E J (Me) (e)
ACTION OES 10DLRES d'ÊTHYLE ET DE MÉTHYLE SUR LES
PHOSPHURES MÉTALLIQUES.
Les analogies si manifestes qu'on observe entre l'arsenic et le pbospbore conduisaient naturellement à penser qu'en faisant agir les iodures de méthyle ou d'éthyle sur les phosphurcs métalliques, on obtiendrait des résultats comparables à ceux que nous avons signalés précédemment. 'L'expérience est venue confirmer complètement ces prévisions.
Lorsqu'on verse de l'iodure de méthyle ou son homologue éthylé sur du phosphure de potassium ou de sodium, il ne tarde pas à se manifester une réaction tellement vive, que, si Ton ne prenait pas la précaution d'opérer dans une atmosphère d'un gaz inerte, d'acide carbonique par exemple, les .produits formés s'enflammeraient, et l'opérateur courrait risque d'être brûlé. Dans l'action réciproque de l'iodure de méthyle et du phosphure alcalin, il ne se forme pas moins de trois produits, deux liquides, dont l'un, le plus volatil, qui nejouit pas de la propriété de s'enflammer spontanément à l'air à la température ordinaire, possède les caractères et la composition de la triméthylphosphine, tandis que l'autre, moins limpide, moins volatil, s'enflammant spontanément au contact de l'atmosphère, représenterait le cacodyle de la série du phosphore. Quant à la substance solide et cristallisable qui se forme en proportions assez considérables, surtout lorsqu'on emploie l'iodure méthylique en excès, elle n'est antre que l'iodnre de phosphométhylium.
La préparation des phosphures de potassium ou de sodium par l'union directe des éléments qui les constituent présentant quelques dangers, surtout lorsqu'on opère sur dés proportions un peu notables de ces matières, nous avons dû rechercher, M. Hofmann et moi, des procédés de préparation plus sûrs et moins dangereux que ceux qui reposent sur l'action réciproque desélhers iodhydriques et des phosphures précédents lorsque nous nous sommes occupés de l'étude des bases phosphorées.
C'est alors que nous avons été conduits à étudier l'action si simple du terchlorure de phosphore sur le zinc-méthyle ou le zinc-éthyle, réaction féconde, qui permet par un simple phénomène de double décomposition d'obtenir des combinaisons éthylées ou méthylées d'un grand nombre de corps simples, combinaisons qui, toutes les fois qu'elles ne représentent pas l'état de saturation, se comportent à la
manière des corps simples et constituent de véritables radicaux composés.
Les phosphures alcalins pouvant s'obtenir aujourd'hui, grâce aux recbercbes récentes de M. Vigier, très-facilement, sans danger, et dans un état de division très-considérable, ce qui les rend très-propres aces réactions, j'ai cru devoir reprendre mes anciennes expériences dans le but de les vérifier et de les compléter.
Le phosph;.ire de sodium peut, suivant M. Yigier, s'obtenir sous forme d'une poudre noire très-ténue en introduisant dans de l'huile de naphte ou de la benzine bien anbydres du pbosphore qu'on chauffe légèrement, puis on ajoute successivement des globules de sodium en ayant soin d'écraser la matière à l'aide d'un agitateur à tête plate. Le carbure d'hydrogène étant décanté, ce liquide est remplacé par du sulfure de carbone qui dissout l'excès de pbosphore libre dont on enlevé les dernières traces au moyen de lavages répétés. On dessècbe enfin la poudre au bain-marie dans un courant d'hydrogène jusqu'à disparition complète de sulfure de carbone. La poudre noire étant ainsi purifiée, la cornue qui la renferme étant munie d'un récipient à deux tubulures et l'appareil rempli d'hydrogène ou d'acide carbonique, on fait arriver l'iodure élhylique ou méthylique goutte à goutte au contact du phosphure, de manière à l'humecter complètement. Bientôt le mélange s' échauffe, et par la distillation on recueille dans le récipient un liquide qui s'enflamme spontanément à l'air, et qu'une distillation fractionnée sépare en plusieurs produits. Les propriétés de ces corps m'ayant démontré leur identité complète avec ceux que nous avions étudiés quelques années auparavant, M. Hofmann et moi, je n'ai pas cru devoir en tenter l'analyse. J'ai porté toute mon attention, au contraire, sur les phosphures métalliques.
Un bel échantillon de phosphure de zinc cristallisé (préparc par M. Vigier) a été introduit avec de l'éther iodhy-
drique dans des tubes de verre vert qu'on a chauffés pendant vingt-quatre heures au bain d'huile entre 170 et 180 0 , après les avoir scellés préalablement à la lampe.
Les tubes ayant été retirés du bain, on en a brisé la pointe après leur complet refroidissement. Une faible quantité de gaz s'en est dégagée. Les tubes renfermaient alors une substance visqueuse que surnageait une couche trèsmince d'un liquide incolore et transparent doué d'une grande volatilité. Le contenu des tubes ayant été épuisé par l'alcool bouillant et la dissolution alcoolique évaporée au bain de sable, on a obtenu une masse gommeuse jaunâtre, dépourvue de toute apparence de cristallisation. Cette dernière se dissout dans l'alcool faible, et fournit une liqueur de couleur ambrée) qui, par l'évaporation spontanée sous une cloche, à côté d'un vase renfermant de l'acide sulfurique concentré, laisse déposer de beaux cristaux jaunâtres qui sont isomorphes avec ceux qu'on obtient dans l'action réciproque de l'éther iodhydrique et de l'arscniure de zinc. Ils présentent en outre une composition analogue, ainsi que le prouvent les analyses suivantes :
I. o gr ,36o de matière m'ont donné o |r , 391 d'iodure d'argent.
II. o gr ,5o9 du même produit m'ont donné o gr ,2i8 d'eau et o |r , 406 d'acide carbonique. *
Résultats qui, traduits en centièmes, conduisent aux nombres suivants :