SYNTHÈSE DU SULFATE DE PLOMB
Dans presque toutes les déterminations du plomb, les chimistes ramènent ce métal à l'état de sulfate pour le peser. Après avoir exécuté un si grand nombre d*analyses
délicates, je D*hésite pas à déclarer qii*4l n'en existe aucune présentant autant de difficultés ei autant d^iocértitudes, lors même qu'on s'entoure des précautions les plus minutieuses, les plus fasttdieusies. Beraetius a déjà fait remarquer l'eiirème éiStoniié qii*<w éi^màvû k m^etee a bonne fin une synthèse du aulfete de plomb.
Tai essayé d*abord ces déterminations dans le ¥erre ré* fractaire; mais j*ai obtenu ainsi les résultats les plus cou* tradictoires. Lorsqu'on essaye de chauffer le sulfate de plomb, le verre est déjà attaqué avant même que Texcé* dant de Tacide sulfurique soit entièrement chassé. Il est donc indispensable d'exécwler Topéraiiofi dans des vases de platine. Voici fes dispositions auxquelles je me suis arrêté :
Afin de m'épargner le travail, plus considérable qu'on ne te suppose, de la préparation de la quantité de plomb nécessaire à une détermination de ce genre, j'ai combiné quelques-unes des synthèses de l'azotate de plomb avec celles du sulfate de ce métal. Ainsi Tazotate, obtenu dans la synthèse n"* IV, a été transformé en sulfate : le n*" I du tabteau en présente le résultat. Les azotates produits 4tatis les expérientrés in<^ V, VII , VHI , IX et X t)nt été également convertis en sulfates, et les résultats sont successivement indiqués aux n"* II, III, IV, V et VI. J'ai procédé à cette transformation de la manière suivante : l'azotate de plomb provenant d'un poids connu de plomb était dissous dans la plus petite quantité possible d'eau chaude et pure, et la solution était versée dans it cucnrbi^ d'une cornue de platine pesée, contenant une quantité d'acide sulfurique pur et dilué un peu plus que suffisânle pour transformer tout le plomb en solhle. Après un repos conveuabte , l'eau acrde, devenue complètement limpide, a été enlevée
avec sue pipette el iiUnMfaiiie ddos unis Irèsrgr^n^^ g^çt s»te de platîae qui avait lété pesée <en bloe dv^c la çprBue de platine, et soumise itaoïédiatemept à révaporation a^i bain-marie, eugarafitissaot, autant que possible, I^isurface des atteintes des matièfes suspendues dan$ jl*9.îr. Le ballon de verre , qui avait :Conteoii Ta^M^ia» a été lavé k plusieurs reprises par de Teau pure. Toutes 1^ ^ujl de lavage <mt été ajoutées à la ciicurbina reuifermant déjà le aulfate de plpmb.
Une petite quantité d*acide sulfurique a été Vi^r^ée eur «vite daos le lifulde de Ja cuciirbite, pour;$*assur^j$'jlJ n'y avait plus «de plomb à Tétai d'azoute, A m^esure que le liquide dans la ^fisHk €*éva|M>rait , je le renapsl^çais par une nouvelle qu^fllité puisée dans la ^euribite. Afip d'^n- -lever, autant qoe possible, Texcès d'acide jsuJfuriqH^ ^ (PHte sobstattceÉxesolubie, j'ai lavé à deux reprises différentes le MlEate à Teau pure. Toutes le$ eaux de lavage , p^r&ite* ment éclaircies par le repos, ont été ajoiutées au liqMide de la capsule et évaporées à leur tour. Alors j'ai exposé la cueurbite à la vapeur d'eau pour dessécher le sujrajte de plomb. Locsquç, sous l'ioflueBûed'Aine températMre de 100°, eille ne dégageait plus de vapeur qnelcotuque, je l'ai engagée assez profondément dans un bain de oaagné^i^ que j'ai porté graduellement a.u r^uge sombre. Après ja volatilisation de tant soit peu de vapeurs d'acide su^lfuriqu^^ j^ai vu apparaître, dans toutes jnes expéi1ienee$, des va^ pevrs nitreuses. Comme œs vapeurs pouvaient provenir de ia présence de quelqiues traces d'azotate de ploupi.b ^a^ traîné par le sulfate, j'ai, dans chaque .essai et après le refroidissement du vase, ^vosé le sel avec de l'eau /ti]ès* faiblement acidulée par de l'acide «ulfurique pur, J'ai des- ^séché de nouveau Ja uiiasse an bain-marie et calciné nw
seconde fois le sulfate en chauffant le vase dans le bain de magnésie. Jamais je n*ai vu apparaître des vapeurs rutilantes h celle seconde calcination.
Dans toutes mes expériences, le suKate de plomb a été d*un blanc éblouissant. Sa dessiccation a été faite avec un tel soin , que la paroi de la cucurbite ne présentait aucune trace de projection.
Pour garantir le sulfate de plomb, pendant son refroidissement, contre Thumidité atmosphérique, j*ai suspendu dans rintérieur de la cucurbite un vase renfermant du chlorure de calcium. Ce vase était attaché à une tige de verre passant par le col du chapiteau mobile. L'ouverture du col était d'ailleurs fermée par un bouchon.
J*arrive maintenant aux eaux de îavage du sulfate de plomb. La capsule de platine qui les renfermait a été maintenue sur le bain de vapeur tant que son contenu dégageait des vapeurs. Après que tout le liquide susceptible de se volatiliser à 100° se fut dissipé, j'ai couvert le vase de platine d'une capsule de porcelaine, trouée par le haut, et plus large que lui. Par l'ouverture pratiquée dans la capsule, j'ai fait passer un tube de verre jusqu'à près de la surface du résidu liquide contenu dans le vase de platine. J'ai dégagé alors de l'ammoniaque pure, pour transformer en sulfate et en azotate l'acide sulfurique et l'acide azotique que celui-ci contenait. Lorsque la masse s'était à peu près solidifiée, j'ai placé la capsule dans le bain de magnésie et je l'ai chauffée -très- lentement jusqu'au rouge. Vers SOO"", le sulfate d'ammoniaque se décomposant en produits volatils, la capsule ne retient absolument que le sulfate de plomb mêlé à des traces de matières étrangères existant dans le plomb ou dans l'acide sulfurique. Pour éliminer les sulfates solubles que pouvait contenir le sul-
fate de plomb dans la capsule, j*ai toujoars lavé le sel à Teau acidulée très- légèrement par Tacide sulfurique. Après le lavage et la dessiccation, j'ai calciné une deuxième fois la petite quantité de sulfate ainsi obtenue.
Dans les deux premières déterminations que j'ai faites, j'ai eu la maladresse de jeter les eaux de lavage , j'ignore si elles contenaient un produit fixe. Dans les quatre suivantes, je les ai évaporées dans un vase de platine pesé. Le résidu, que j'ai rougi, pesait :
Pour le n"" III 0^,0140 formés de sulfates alcalins avec
traces de fer et de cuivre.
Pour le n" IV 0«',0193 id.
Pour le n« V 0«',0190 id.
Pour le n« VI 0«',0205 id.
Ces sulfates alcalins provenaient évidemment du potas* sium et du sodium contenus dans le plomb employé. Je dois ajouter que le peu de sulfate de plomb provenant de
I evaporation des eaux de lavage n'était pas absolument blanc, même après avoir élé calciné une seconde fois avec un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique : il était teint en gris.
Après cinq heures de refroidissement à l'abri de l'air humide, la cornue et la capsule de platine ont été pesées en bloc à la grande balance.
Avant de donner le résultat de ces expériences si laborieuses, je dois signaler une cause d'erreur qui m'a échappé. J'ai pesé le sulfate de jilomb dans l'air, mais ce sel peut condenser une quantité d'air assez grande pour être sensible sur les masses énormes mises en expérience.
II y a moyen de constater le fait et de corriger plus tard le résultat, s'il y a réellement erreur de ce chef, et je n'en serais pas surpris.
Je me &uis abaleno de corriger ie poids du sulfate de plomb produit par 100,000 de plomb, d'après le poids des métaux étradgers enlevés à Tétat de sulfate au résidu des eaux de lavage du sel de plomb, parcô que je considère cette correction comme éiant plus ou moins arbitraire, dans rignorance où je suis du rapport du potassium au sodium dans ces sulfates alcalins. D'ailleurs, la présence dans le plomb de ces traces excessivement faibles de mé-* taux étrangers diminue le poids du sulfate de plomb; le résultat serait donc plus élevé si le métal employé avait été absolument pur^et cela m'ocarterait encore davantage du chiffre calculé d'après la loi de ProOt.
Synthèses du sulfate de plomb.
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dans l'air.
rédnit au Tid«.
100,000 de plomb.
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ANAl^YSe DC CHLORATE D£ POTAS^P.
La délerminalion de Toxygène contenu dans le chlorate de potasse a été faite si souvent., qu*on peut se demaader s*il y avait encore quelque utilité à la répéter» Ce qui n)*a porté ï reprendre cette analyse, c'est que les résults^ts si cpQcordaots de Berzelius, de M. Pelouze et de M* de Marignac, sont en désaccord avec ceux de M. Maumené et de M. Penny, dont j*ai pu apprécier Teiiactitude. Pour exécuter cette détermination , je me suis servi de deux méthodes distinctes, qui devaient me donner des erreurs en sens inverse. En agissant ainsi , j'avais pour but de chercher l'extrême limite entre laquelle le véritable chiffre se trouve compris. L'une des méthodes consiste h décomposer le chlorate par la chaleur, de manière k peser le résidu de chlorure : c'est le procédé pratiqué successivement par Berzelius, Pelouze, de Marignac et Maumené; l'autre consiste h décomposer le chlorate par l'acide chlorhydrique et à peser encore le résidu de chlorure : c'est le moyen employé par Penny, mais que j'ai changé dans son exécution.
Le chlorate mis en expérience a été préparé par le moyen que j'ai indiqué en parlant du chlorure de potassium obtenu à l'aide du chlorate* Je n'y reviendrai pas. Je dirai seulement que je suis certain qu'il ne renfermait ni fer, ni manganèse, ni cuivre, ni chlorures, ni sulfates alcalins, Je suis au contraire certain qu'il contenait des traces de silice, qu'il n'a pas été en mon pouvoir d'en séparer, sans le décomposer.
Je vais faire connaître les dispositions que j'ai prises pour exécuter l'opération par chacune des deux méthodes.
Détermination de l'oxygène du chlorate en dëcompoiant
ce sel par la chaleur.
J*ai fait cinq expérieaces par celle mélhode : deux dans un ballon de verre dur de deux litres environ de capacité, muni d*un col de 55 à 60 centimètres de longueur et large de 2 centimètres; et trois dans une sphère de verre dur à deux cols opposés Tun à Tautre, analogue aux appareils que M. Dumas a employés pour la synthèse de Teau.
Pour les expériences dans le ballon simple, j'ai courbé le col à angle droit aussi près que possible du réservoir. A l'ouverture de ce col, j'ai adapté, à l'aide d'un mastic résineux , une armature de métal sur laquelle se vissait un robinet : le système tenait parfaitement le vide. Je déterminais l'équilibre, en me servant comme contre- poids d'un ballon de capacité et de poids absolument identique à celui qui me servait pour l'expérience, et en mettant en même temps sur les deux plateaux de la balance un poids supérieur à celui que j'avais à déterminer. Je faisais ainsi des pesées successives par soustraction. Je plaçais ce même poids supplémentaire sur chaque plateau, pour ne pas devoir me fier au maintien de l'égalité des bras de la balance pendant les pesées successives. La correction des poids pour la réduction au vide ne s'opérait ainsi que sur les différences avec les poids primitifs, différences qui, dans ce cas, étaient les poids de la matière.
Lorsque l'équilibre du ballon parfaitement desséché et vide d'air était établi, et lorsque j'avais même, crainte d'accident, déterminé son poids absolu, j'y introduisais le chlorate de potasse pulvérisé que j'avais chauffé dans un courant d'air sec et pur jusqu'à près de son point de
fusion. Le col du ballon étant nettoyé pour détacher toute trace de chlorate adhérent, je plongeais celui-ci dans un bain d*huile chauffé vers 200'', et j*y opérais cinq ou six fois le vide, en y faisant rentrer à chaque fois de Tair pur et sec et qui n'avait point passé par la machine. Après avoir amené exactement la tension interne à ce qu'elle était à la première pesée, je déterminais de nouveau l'équilibre, en soustrayant à cet effet des poids du plateau auquel le ballon avec le chlorate était attaché. Le ballon étant de nouveau rempli d'air sec, je dévissais le robinet et Je remplissais tout le col , depuis l'origine de la sphère jusqu'à dix centimètres de l'armature fixée à son col, d'amiante calciné avec de l'eau régale. J'avais transformé cet amiante en une espèce de feutre, en le délayant dans de l'eau et en recevant ensuite la pâte sur un tamis. Les gaz passent au travers de ce feutre absolument comme un liquide par un filtre de papier.
J'opérais encore le vide dans l'appareil en chauffant le col sur presque toute la longueur, pour entraîner avec l'air les moindres traces d'humidité qui auraient pu y pénétrer pendant l'introduction de l'amiante chauffé, et j'en déterminais upe troisième fois le poids, après y avoir raréfié l'air au même point qtAe dans les deux pesées précédentes.
L'appareil étant ainsi préparé, je plaçais le ballon dans un bain de magnésie, de manière que son col fût parfaitement horizontal. Au robinet qui le terminait, j'adaptais, à l'aide d'un tuyau de caoutchouc, un tube de verre dur de Bohème, de 60 centimètres de longueur sur un et demi-centimètre de largeur, effilé des deux bouts. Le tube contenait, à chacun de ses bouts, un tampon d'amiante feutré, les neuf dixièmes étaient remplis par de l'argent pur pulvérulent, précipité par le phosphore. Avant d'être
( iiO)
mis en communicalioD avec la corûue, il élail soigueusement séché ei pesé. Ce lobe était saivi de deux autres , courbés en U , remplis de ponce suirurique, également pesés et, enfin , d*un troisième tube en U contenant de la ponce snlfurique et destiné à empêcher l'arrivée d'un gaz humide. L'appareil était terminé par un tube recourbé piongéant, d*un millimètre seulement, dans Tëau d'un flacon de Woulf , qui était lui-même muni d'an tube recourbé permettant de recueillir l'oxygène dégagé.
Comme tput le monde le sait, la décomposition du chlorate de potasse exige, pour s'accomplir lentement, des précautions excessives. La moindre inadvertance fait perdre l'expérience. Mais, en revanche, une fois bien connue et établie, elle s'exécute avec une régularité extrême. Pour opérer la décomposition lente et régulière du chlorate, il est indispensable que le ballon placé dans le bain ne repose sur la magnésie que par une surface de cinq à six centimètres carrés. Le restant de la panse doit en rester éloigné, au moins d'un à deux centimètres, aussi longtemps qu'on y voit du chlorate fondu. Lorsque le chlorate est entièrement passé à l'état de perchlorate et de chlorure» on peut, sans crainte d'accident, commencer à tasser la magnésie chauffée contre le ballon ; mais on acquiert bientôt la certitude que, eu égard au pouvoir rayonnant considérable de la magnésie, le contact de cette base chauffée n'est nullement nécessaire pour déterminer la décomposition du perchlorate.
Lorsque le dégagement de l'oxygène commence à se ralentir, je tasse la magnésie tout autour du ballon, et j'élève la température du bain jusqu'à près du rouge sombre ; arrivé à ce moment, je couvre d'une double toile métallique la partie supérieure du ballon, j'en entoure égale-
ment la partie courbée du col, et je rougis Taiblement la toile à Taide de charboos iDcaDdesceots que je place par^ dessus.
D*un autre côté, en disposaot TappareiK j*ai engagé le col du ballon, depuis la courbure jusqu'à une quinzaine de centimètres de Tarmature , dans une gaine de tôle rem* plie de magnésie. Lorsque Topération est terminée, je chauffe également cette gaine au rovge. De cette manière le chlorate et le perchlorate entraînés à la partie supérieure du ballon et retenus dans l'amiante contenu dans le col , se décomposent en laissant du chlorure.
En même temps que je chauffais le bain de magnésie pour déterminer la décomposition du chlorate, je portais près du rouge sombre le tobe contenant de Targent divisé et précipité par le phosphore. Ce tube était déposé dans une gaine de tôle remplie de magnésie qui le recouvrait complètement. Il a été maintenu au rouge sombre tant qu'a duré le dégagement du gaz oxygène. Le but de ce tube était de retenir les traces de chlore, qui accompagne presque toujours l'oxygène dégagé par la calcination du chlorate de potasse»
Après avoir traversé l'appareil , l'oxygène s'est dégagé tout à fait transparent pendant toute la durée de l'opération. Cependant, malgré la précaution que j'ai prise de décomposer le chlorate avec une extrême lenteur, et de placer sur le trajet de l'oxygène un long tube contenant de l'argent divisé^ je crois que des traces du chlore ont encore été entraînées sans se fixer sur ce métal. En tout cas, l'oxygène, à sa sortie du ballon , ne devait renfermer que des quantités excessivement minimes de chlore , puisque la tfiajettre partie, retenue par Tangent, ne représentait qu'un Crois fniUième du poids de loxygéne.
Dans les expériences , la dessiccation du chlorate de po* lasse et des appareils a été si complètement effectuée, que jamais les tubes en U à ponce sulfurique n*ont augmenté au delà de 0«%004.
Le ballon étant refroidi , j'ai fait de nouveau le vide et je Tai pesé.
Ainsi la détermination de Toxygène du chlorate exige par ce moyen quatre pesées successives :
La pesée 1*" du ballon vide d*air;
— 2^ du ballon avec le chlorate et vide d'air;
— S** du ballon avec le chlorate et le col rempli
d'amiante, destiné à retenir le chlorate et le perehiorate, et vide d'air ;
— 4° du ballon avec le chlorure et vide d'air. Dans le but de réduire ces quatre pesées à (rots, j'ai
remplacé le ballon à un col par un autre à deux cols op* posés. A l'ouverture de chacun d'eux, j'adaptais des armatures métalliques à l'aide d*un mastic résineux peu fusible. L'une de ces armatures était munie d'un robinet; l'autre se fermait par une pièce pleine, vissée. Le col muni de l'armature portant un robinet, était rempli aux trois quarts d'amiante feutré. Le ballon étant desséché à une haute température, en y faisant passer un courant d'air, je le pesais. Par l'ouverture du col opposé, j'y introduisais ensuite le chlorate de potasse desséché et chaud. Après avoir établi, pendant quelques heures, un courant d'air sec au travers du ballon porté à la température de 200*" environ, j'y faisais le vide, et je le pesais une seconde fois, lorsqu'il était complètement refroidi. Enfin j'adaptais le ballon au système précédemment décrit, et je procédais à la décomposition du chlorate, comme je l'ai dit plus haut, mais avec assez de lenteur pour faire durer l'opération de
bail heures du matiu à neuf heures du sair. Le dégagement de Foxygèue termioé, je décomposais, par le moyen indiqué, tout le perchlorate et le chlorate déposés à la partie supérieure du ballon et retenus dans Tamiante placé dans le col.
Après le refroidissement, j*opérais le vide dans le ballon et je le pesais.
On se Ogure difficilement que des vases de verre puissent conserver leur poids intact, lorsqu'on les chauffe pendant si longtemps. La concordance si parfaite de mes résultats avec ceui de Berzelius, de M. Pelouze et de M. de Marignac, doit rassurer à cet égard. Cependant, pour montrer jusqu'à quel point on peut répondre de la conservation du poids des vases de volume considérable chauffés dans de la magnésie, je vais donner le résultat d'expériences que j'ai faites avec les ballons mêmes qui ont servi à l'expérience n° I et aux expériences n** 111 , IV et V.
1« Poids du ballon de 11^39 vide d'air à 0",003 .... 8938',917 2® Poids du ballon, après avoir été chauffé, pendant six heures, dans un bain de magnésie , au point de rendre le fond
laiteux, a. Après trois heures de refroidissement . . SSSs'jOlS
b. Après huit heures 8â3e%917
c. Le lendemain 823k<',917.5
No» III , IV et V.
1« Poids du ballon vide à 0» 0032 17368^409
2" Poids du ballon chauffé au rouge dans la magnésie, après
huit heures de refroidissement 1736<*',410
3" Poids du ballon chauffé dans la magnésie depuis huit
heures du matin jusqu'à quatre heures de l'après-midi.
Le fond est devenu complètement laitetup, vide à 0™,003,
après cinq heures de refroidissement 1736s',408
4» Poids du ballon le lendemain 17368<',409
J'ai employé poar Tanalyse du chlorate de polatse irais écbaDtillons de sel de $ouree$ différentes, mais paritiés par le même procédé. Un échanUilon a servi pour re;ipé^ rience n** I, un aolre pour les n** Il et III et un Iroisième pour les n^* IV et V.
Délerminaiian de l'oxygène du chlorate de potaêse à Vaide de l'action de l'aeidê thtorhfdrique.
Pour effeeUier Topéraiiofi e4 la pesée du vase renfermajot les matières, j*ai pris un tisailof» de irerre dur d*uQ liire^t demi de cajiacité. Sur son col, j'ai fait <user à rémeri un bouckon de verre dur, percé de deux trions daxi$ le^qveU peuvent «^engager -à rrottemeni deux tubes de verre dur, Estérieuremeui, le ool du ballon « de yerre très^épaia, est dépoli sur une longueur de m centimètres; sur cette partie dépolie j'adaptie une coiffe de caoutcboue nature^ munie d*uQ robinet, en prenant toutes les précautions que j*ai indiquées en |)arlant des moyens employés pour faire la pesée dans le vide. Après avoir pesé lé ballon ^de d*air d*aborâ, et ensuite vide d'air, mais contenant du càlorate de potasse sécbé, équiiJhrédAns les deux cas avec un vase fermé de même volume, j^eiiilève Ja coiffe de caoutchouc et je la place et la conserve dans le vide avec le 61 métallique aplati qui sert de ligature.
D*nn autre côté, je monte un appareil fournissant de Tacide clilorhydrique pur; à cet effet, je dégage, à faîde de Tacide sulfurique, le gaz acide idtilarbydrique de r.acide chlorhydriqiie liquide, eotncentré et dépoiûUé d^dcid^sult fureux. Pour plus de sûreté, je lave le ^z en le faisant passer au travers de deux flacons de Wou1f contenant de l'aeide chlorhydrique pur. Je mets ensuiile Taipparteil à dé-
gâgeroeni d*actde cblorbydriqueen commiiaîcalioii avec le ballon^ dans lequel j*ai versé, avant d'y mettre le boiiebon, une centaine de centimètres cubes d'eau absolameot pure. A cet effet, j'aigage, dans une des ouvertares du bouchon de verre, un long tube de verre dur descendant jusque dans la panse dm ballon , qui est inciioé de manière que le col soit f>resque iiorizonlai*
Ce tube est engagé, par son eitrémké opposée, dans un tuyau de caoïitcbouc adapté au tube de dégagement d'acide cMorhydrique. Dans l'autre ouverture du bouchon troué, j'engage un tube qui se rend jusqu'à la moitié du coi du ballon. La partie de ce dernier tube qui sort du ballon est doublement recourbée, et munie de deux fortes boules faisant l'office de flacons laveurs. Tous les gaz qui sortent du ballon doivent traverser le liquide renfermé dans les l)ouIes , avant de se rendre dans un flacon de Woulf, conte*" nant de l'eau pure et destiné encore à retenir les traces de chlorure qae le premier système de condensation aurait pu laisser échapper. A ce flacon de Woulf était adapté on tube conduisant les gaz dans une bonne cheminée.
Après avoir entouré de glace toute la fsiQse du ballon , je dégage de f acide chlorfaydrique. Le chiorate de potasse bafigné d'eau est immédiatement attaqué avec dégagement de chlore et même d'acide cliioreux,q«ii sortent du ballon par le second tube, en traversant le liquide eoolenu «dafis les boules dont il est muni. Si le dégagement d'acide chlorfaydrique est rapide, ta température s'élève trop dans le ballon, malgré la glace qui l'entoure, et l'acide chloreux qui prend naissance détone en Tenant en pvésence de l'acide cMorhydrique. Cet accident m'est arrivé dans une eipéneoce et a détruit l'appareil. Si , au contraire, l'acide chlorfaydrique pénètre trop lentement dans le ballon, il
se forme de Tliydrate de chlore qui enveloppe le chlorate et rend rexpérieoce presque interminable. Pour éviter à la fois ces deux inconvénients, j'ai opéré, dans les deux dernières analyses, la décomposition du chlorate sur le sel préalablement fondu. J'avais pesé le sel avant la fusion; je l'ai pesé après, et j'ai pu constater que le Morale de potasse peut être fondu et maintenu en fusion sans perdre de l'oxygène. Le chlorate de potasse fondu et couvert d'eau se décompose par l'acide chlorhydrique toujours amené en excès, sans produire sensiblement du gaz acide çhloreux. J'ai pu décomposer en cinq ou six heures de temps de cent à cent cinquante grammes de chlorate, sans apercevoir dans le ballon les vapeurs blanches que produit toujours la présence simultanée de l'acide chlorhydrique et de l'acide chloreux. Lorsque tout le chlorate de potasse est décomposé, ce que l'on remarque immédiatement à 1^ décoloration de l'atmosphère du ballon, j'interromps le courant, j'enlève Feau glacée, je la remplace par de l'eau de plus en plus chaude; enfin, je débouche le ballon et j'y faits couler tout le liquide contenu dans les boules du tube à dégagement; je procède ensuite h l'évaporalion de tout le liquide du ballon. Dans aucune des trois expériences que j'ai faites par ce procédé, la quantité de liquide n'a pas été suffisante pour dissoudre à 0° la moitié de chlorure de potassium produit.
Le ballon étant convenablement incliné, j'engage son col dans un ballon de verre dur, et je le chauffe à une temtempérature voisine, mais cependant toujours au-dessous du point d'ébullition du liquide qu'il renferme. L'évaporation du liquide et la dessiccation du chlorure étant opérées, le chlorure restant retient de l'acide chlorhydrique qu'on ne saurait en éliminer sans fondre le chlorure, ce
( H7) qui est une opération impossible dans un vase de verre, même réfractaire. M. Penny avait déjà constaté la présence de Tacide chlorbydrique dans ce cas.
Pour éliminer cet acide, j'ai eu recours à Tartifice suivant : j*ai ajouté au chlorure une petite quantité de chlorate de potasse soigneusement séché et pesé (un à cinq grammes), et puis j'ai versé de Teau absolument pure sur la masse. J'ai évaporé de nouveau tout le liquide. Pendant révaporation , il s'est dégagé une odeur sensible de chlore. Le ballon a été placé ensuite dans un bain de magnésie et porté à une température élevée. Le chlorate contenu dans le chlorure a été détruit avec dégagement d'oxygène, et il est resté du chlorure de potassium pur, incolore, tout à fait neutre.
Pendant que le balloo se trouvait dans le bain de magnésie, j'ai adapté la fermeture de caoutchouc, et après son refroidissement complet, j'y ai opéré le vide.
L'eau de lavage contenue dans le flacon de Wouif a été évaporée au bain-marie, dans une petite capsule de porcelaine, et a laissé un résidu qui, étant desséché , a pesé 0^,0038, consistant en une matière jaune que la chaleur et l'air ont complètement détruite. 11 n'y avait donc pas eu de chlorure entraîné.
Le liquide , obtenu par l'évaporation du chlorure du ballon, ayant été évaporé à siccité^ n'a lai^é dans aucune des trois expériences de trace de chlorure. Aussi, quoi qu'on en ait dit, je suis convaincu qu'on peut évaporer la solution des chlorures alcalins sans entraîner avec la vapeur d'eau la moindre trace de ces composés.
Les trois analyses que j'ai faites par celte méthode s'accordent très-bien entre elles, et le résultat se confond avec celui obtenu par la calcinaiion du chlorate de potasse.
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