DES PESÉES
Toutes les fois que la nature des matières n'y a pas apporté un obstacle absolu , j'ai effectué leur pesée dans l'air, en plaçant comme contre-poids du vase qui les ren-
fermait un autre vase de même oatore , de mène surface et aataol que possible de même poids que celui auquel il était destiné à faire équilibre. La difiéreoce de poids était suppléée par une addition de même matière. Je n'ai eu recours aux pesées faites dans le vide que comme eooirôle, ou bien lorsque j'avais affaire à des matières hygrométriques ou capables de condenser de Tair. Pour les pesées dans le vide, je me suis conduit différemment suivant la /orme des jases qui reofermaieut les matières et suivant la nature des produits que j'avais à j faire réagir. Lorsque l'opération se faisait dans des tubes de verre, ceux-ci, contenant les matières, étaient introduits dans un cylindre de verre muni d'un ajutage métallique et d'un robinet pour pouvoir y opérer le vide. J opposais comme contre-poids à ce cylindre, un autre absolument identique quant à son volume extérieur, à la forme et aux matières qui le constituent. Enfin je prenais toutes les précautions qui ont été indiquées pour la première fois par M. Dumas pour faire avec sécurité une pesée dans le vide et obtenir des poids toujours constants. Lorsque la forme des vases ne se prêtait pas à ce mode de procéder, j'appliquais soit un ajutage métallique sur l'ouverture du vase, à l'aide d'une matière résineuse, soit une fermeture de caoutchouc naturel muni d'un robinet. Dans ce dernier cas, je prenais soin de me servir, comme moyen de ligature, soit d'un fil épais de platine légèrement aplati, soit d'un fil épais d'argent ou de cuivre rouge également aplati. Afin d'éviter l'influence de l'air sur le caoutchouc, car dans l'air le caoutchouc augmente de poids en s'emparant de l'oxygène, je tournais le fil métallique en spires tellement rapprochées que la surface en était entièrement couverte. Un système de ce genre tient parfaitement le
vide , iurlout lorsqu'on a soin de dépolir la surface du verre sur laquelle le caoutchouc doit s'appliquer.
J'établissais réqailibre à l'aide d'un appareil absolument identique à celui-ci pour le volume extérieur et la nature de la surface. Ce système, suspendu dans une grande cage au-dessous de la balance, floUait librement dans de l'air tenu aussi sec que possible et abrité, à l'aide de cloisons épaisses de bois, de toute cause de mouvement, soit pardes courants, soit par la chaleur. MM. Dumas et Regnault ont déjà prouvé qu'en pesant un pareil système, l'équilibre, une fois établi , se maintient indéfiniment.
Toutes les fois que mes appareils ont tenu parfaitement le vide (ce qui est beaucoup plus difficile à obtenir qu'on ne le suppose) , j'ai eu l'occasion de constater l'exactitude de celte observation.
Dans toutes mes pesées dans le vide , la tension interne a été, avant et après l'expérience, de 0"',0025 à 0,''003 : la pompe pneumatique ne permettait pas d'aller au delà.
J'ai déjà dit pins haut qu'à moins d'une nécessité absolue, j'ai effectué les pesées dans l'air, parce quej'ai constaté, de la manière la plus certaine, que des vases pleins d'air présentent toujours des poids invariables, du moment que les surfaces des systèmes qui se font équilibre se trouvent dans les mêmes conditions.
Lorsqu'on a changé ces conditions, soit par une élévation un peu considérable de température , soit par le frottement» il faut un temps assez long pour les ramener à leur état primitif. Ainsi, un tube de verre dur de 60 à 80 centimètres de longueur sur 2 à 2,5 centimètres de diamètre , après avoir été chauffé fortement, exige de deux à trois heures de séjour dans la cage de la balance avant de présenter un poids invariable. Des vases de verre de i
à 4 liires de capacité, après avoir été chauffes ou Trottes, De possèdeot de poids constant qu'au bout de cinq à huit heures de séjour dans la cage de la balance.
Le platine poft, chauffé en dehors desatteintes des flammes, reprend très-rapidement son poids primitif. Mais^^e même métal plus ou moins dépoli reprend son poids beaucoup plus lentement que le verre et que la porcelaine.
DES VASES EMPLOYÉS DANS LES Dl^ERHINATIONS.
J*ai eu recours à des vases de platine toutes les t'ois que la nature des opérations me Ta permis. Hors de là, je n'ai * pris pour mes déterminations .que des vases et des tubes de verre de Bohême. Berzelius a souvent émis des doutes sur l'inaltérabilité des vases employés dans les analyses. D'après mon expérience, ce doute est parfaitement fondé. J'ai trouvé, en effet, que le poids des tubes, des <;ornues, des ballons de verre et même de verre dur de Bohême, peut changer très-notablement, soit par des flammes, soit par l'action des agents chimiques que l'on croit généralement sans action sur eux. Sans exception aucune , tout verre chauffé longtemps au rouge dans la flamme de l'alcool ou du gaz éclairant, diminue de poids lentement ^ mais constamment. Cette perle peut atteindre 35 et même 40 milligrammes dans l'espace de 2 heures, lorsqu'on expose au rouge bien décidé, dans la flamme du gaz éclairant, un tube de verre de Bohême de 50 à 60 centimètres de longueur. Le même verre conserve, au contraire, parfaitement son poids lorsqu'on le chauffe au point de le ramollir et de l'aplatir sous son propre poids , à l'abri de la flamme , soit à l'aide du charbon , en le préservant des atteintes des cendres de celui-ci, soit dans un bain de magnésie pur e , qui
Venveloppe complélement , On le verra plus loin , à loccasion de Tanalyse du chlorate de potasse, j*ai chauffé, pendant une journée entière^ des tubes et des ballons de verre de Bohême, au point de rendre le verre laiteux et même blanc, sans altérer eu rien leur poids. Le bain de magnésie m'a rendu de très-graads services. J*y ai rougi noo-seule* ment le verre, mais les vases de platine dans lesquels j'ai fait des déterminations. Le lavage à Teau acidulée par l'acide cblorhydrique enlève complètement les traces de magnésie adhérant toujours au verre et au platine qui ont été chauffés en contact avec elle. Sans ce bain, j'aurais dû renoncer, dans un grand nombre de cas, à l'emploi du gaz comme combustible. A ma connaissance, ce sont MM. Erdmann et Marchand qui se sont servis les premiers de la magnésie pour soustraire les surfaces aux atteintes des tlammes.
J'ai constaté, à suffisance de preuve, qu'à une température qui ne dépasse pas 500 ou 350 degrés, les acides azotique et cblorhydrique n'exercent absolument aucune action sur le verre de Bohême et en général sur tous les verres durs privés complètement d'alumine et d'excès d'alcali.
Des vases de verre de Bohême, après avoir servi à un grand nombre de synthèses de l'azotate d'argent, de l'azotate de plomb et du chlorure de plomb, ont conservé presque absolument leur poids.
La très-légère altération qu'ils peuvent avoir subie provient plutôt du frottement du bouchon, qui est usé à l'émeri sur le goulot, que de l'action des acides.
Le verre commun des cornues, des ballons, des flacons ordinaires cède déjà, à la température ordinaire, aux acides cblorhydrique et azotique des traces des bases qu'il renferme.
L'expérience in*a prouvé que Tacide sulfurique el Tacide cblorhydrique, ainsi que ia vapeur de sel ammoniac, altaquenl au rouge tous les verres.